Régolithe

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La surface de Deimos, une lune de Mars, vue d'une hauteur de 30 km est couverte par une couche de régolithe estimée à 50 m.

Le régolithe, ou régolite (de ῥῆγος, rhē̂gos, signifiant couverture et λίθος, lithos, signifiant roche) peut désigner la couche de poussière produite par l'impact des météorites à la surface d'une planète sans atmosphère ou d'un satellite, mais également "tout matériel d’origine continentale, quel qu’en soit l’âge, recouvrant les roches saines et dures (“bedrock”) et incluant parfois des roches saines interstratifiées ou incluses dans du matériel meuble ou altéré"[1].

Il recouvre la Lune sur plusieurs mètres. Des échantillons ont été collectés par les missions Apollo. Les astéroïdes approchés par des sondes spatiales se sont également révélés couverts de régolithe, ainsi que la surface de la planète Mercure et celle des satellites de la planète Mars.

Le régolithe est, contrairement à la poussière terrestre, fortement chargé par le rayonnement solaire (puisqu'il n'y a pas d'atmosphère). De fait, cette poussière lunaire colle énormément aux combinaisons spatiales, et les astronautes des missions Apollo eurent bien du mal à s'en débarrasser. De plus, étant beaucoup plus fin que du sable terrestre, il peut aussi pénétrer les voies aériennes de l'astronaute et même provoquer des allergies[2].

Les planètes dotées d'une atmosphère n'ont pas de ""régolithe" en ce sens, car l'atmosphère provoque une érosion (vent, précipitations) bien plus forte que l'action des météorites (qui d’ailleurs se consument généralement dans l'atmosphère avant d’atteindre la surface).


Mais le terme régolithe (aussi appelé proche sous – sol) désigne en outre aussi, sur Terre, l’espace compris entre le sol enrichi en matière organique (sol cultivable) et la roche mère saine. Il est constitué de formations géologiques dites de surface (ou de subsurface) par opposition au domaine géologique profond. Ces formations géologiques de surface comprennent des roches généralement non consolidées. On y distingue des formations allochtones et autochtones. Ces terrains constituent l’épiderme de la Terre et résultent de l’interaction chimique et physique de la lithosphère avec l’hydrosphère, l’atmosphère et la biosphère. Ils recouvrent l’essentiel des terres émergées et immergées d’un manteau presque continu et forment un ensemble de roches le plus souvent meubles formées in situ(altérites ou régolithe autochtone) ou d’origine sédimentaire et transportées constituant le régolithe allochtone (unités alluviales, colluviales, éoliennes, lacustres, glaciaires, gravitaires)[1].

Les formations allochtones sont les sédiments fluviatiles, lacustres, côtiers, glaciaires, ou éoliens, les éboulis, les colluvions et les formations de pente.

Les formations autochtones sont les profils d’altération formés in situ sur tous types de roches. Les « altérites » formées dans ces profils sont des roches dont la genèse ou les propriétés actuelles résultent de processus d’altération supergène, quel qu’en soit l’âge. À ce titre, on peut dire que le régolithe est formé par interaction de la géosphère avec l’atmosphère, l’hydrosphère et la biosphère.

Au plan sociétal, le régolithe est désormais envisagé comme une ressource (sensu lato) et un enjeu car, l’essentiel des activités humaines s’y déroulent. De ses propriétés dépendent les possibilités d’occupation de notre espace de vie et les contraintes à prendre en compte pour sa gestion rationnelle et raisonnée.

Le terme a été défini par Merill en 1987[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]