SMART-1

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SMART 1
SMART-1
Caractéristiques
Agence ESA
Objectifs Survol de la Lune
Taille 1 m
Masse totale 366,5 kg
Lancement 27 septembre 2003
Lanceur Ariane 5
Fin de mission 3 septembre 2006
Durée 3 ans
Index NSSDC 2003-043C
Site SMART-1

SMART-1 (pour Small Missions for Advanced Research in Technology) est une sonde spatiale propulsée par un moteur ionique alimenté par des panneaux solaires. Sa mission s'est déroulée du 27 septembre 2003 au 3 septembre 2006[1]. Il s'agit d'un démonstrateur technologique construite par l'Agence spatiale européenne avec l'objectif de mettre au point des sondes spatiales plus petites et moins couteuses que celles développées jusque là par la NASA.

Objectifs[modifier | modifier le code]

L'objectif principal de SMART-1 était de valider plusieurs technologies, comme :

  • le moteur ionique ;
  • un système de navigation automatique, sans intervention de l'Homme ;
  • une communication par rayon laser (Laser Link), à la place des ondes radios.

Une fois en orbite autour de la Lune, SMART-1 commença à étudier notre satellite, afin de mieux connaître son origine et sa composition, notamment la présence éventuelle de glace au pôle sud de la Lune.

SMART-1 avait également pour mission de trouver des terrains d'atterrissage pour de futures missions.

Présentation[modifier | modifier le code]

SMART-1 se présente sous la forme d'un cube de 1 mètre de côté avec, sur deux d'entre eux, deux panneaux solaires assurant son alimentation électrique. Les panneaux solaires déployés donnent une envergure de 14 mètres à la sonde européenne. Sa masse au lancement était de 366,5 kilogrammes, dont 15 kilogrammes d'instruments.

Le coût total de la mission est de 110 millions d'euros.

Le centre des opérations contrôlant la sonde est celui de l'European Space Operations Centre (ESOC), à Darmstadt en Allemagne.

Instruments[modifier | modifier le code]

Équipement Description Objectifs Concepteur
Advanced Moon micro-Imager Experiment (AMIE) Appareil photographique numérique miniature en couleur. Le capteur CCD dispose de trois filtres de 750, 900 et 950nm et a une résolution de 80 mètres par pixel. AMIE pèse 2,1 kilogrammes pour une consommation de 9 watts. Centre suisse d'électronique et de microtechnique (CSEM), Suisse
Demonstration of a Compact X-ray Spectrometer (D-CIXS) Spectromètre à rayons X. Sa fenêtre de détection X s'étend de 0,5 à 10 keV. Le spectromètre (avec l'XSM) pèse 5,2 kg et consomme 18 watts. Destiné à l'identification des composants chimiques de la surface lunaire. Il détecte la fluorescence X des éléments de la croûte lunaire, provoquée par l'interaction entre leur nuage électronique et les particules du vent solaire, et mesure l'abondance des principaux constituants que sont le Magnésium, le Silicium et l'Aluminium. La détection du Fer, du Calcium et du Titane repose sur l'activité solaire. Laboratoire Rutherford Appleton, Royaume-Uni
X-ray solar monitor (XSM) Spectromètre à rayon X Observe l'activité solaire dans les rayons X en complément du D-CIXS. Observatoire de l'Université d'Helsinki, Finlande
SMART-1 Infrared Spectrometer (SIR) Spectromètre infrarouge. Il couvre une plage de longueurs d'ondes allant de 0,93 à 2,4 µm, sur 256 canaux. SIR pèse 2,3 kg pour une consommation de 4,1 watts. Identifie le spectre des minéraux que sont l'olivine et le pyroxène. Institu d'aéronomie Max Planck, Allemagne
Electric Propulsion Diagnostic Package (EPDP) D'une masse de 800 grammes, il consomme 1,8 watt. Fournit des informations sur le nouveau système de propulsion ionique de SMART-1. Unité de propulsion électrique de l'ESA à l'ESTEC, Pays-Bas
Space Potential Electron und Dust Experiment (SPEDE) Cette expérience pèse 0,8 kg et consomme 1,8 watt. Institut météorologique d'Helsinki, Finlande
X/Ka-band Telemetry and Telecommand Experiment (KaTE) Système de communication radio, pèse 6,2 kg pour une consommation de 26 watts. Teste l'utilisation des bandes de fréquences X (8 GHz) et Ka (32 à 34 GHz) pour communiquer avec la Terre, ainsi que les installations au sol. Le code correcteur turbo code est également testé. ESA et Astrium, Allemagne
Radio Science Investigations with SMART-1 (RSIS) Université de Rome, Italie
On-board Autonomous Navigation (OBAN) En utilisant les photos prise par AMIE, cet équipement détermine la position exacte de la sonde et ainsi lui permettre d'être autonome. ESTEC, Pays-Bas

Déroulement de la mission[modifier | modifier le code]

L'impact de SMART-1
  • 27 septembre 2003 : SMART-1 est envoyée dans l'espace par une fusée Ariane 5 generic du Centre spatial guyanais près de Kourou.
  • 21 mai 2004 : la sonde prend une image test de la Terre avec l'appareil qui sera utilisé pour les photos rapprochées du sol lunaire. On y voit une partie de l'Europe et de l'Afrique.
  • 2 novembre 2004 : SMART-1 effectue sa dernière orbite autour de la Terre.
  • 15 novembre 2004 : la première orbite autour de la Lune est effectuée.
  • 15 février 2005 : l'ESA annonce accepter la proposition de prolonger d'un an la mission de SMART-1 jusqu'à août 2006. Cette date fut plus tard étendue au 3 septembre 2006, pour permettre des observations scientifiques depuis la terre[2].
  • 3 septembre 2006 : la sonde s'écrase sur la surface de la Lune à 7 h 42 min 22 s (CEST) (5 h 42 min 22 s Temps Universel). L'impact a lieu sur la face visible de la Lune au début de la zone à l'ombre, aux coordonnées 34.4° sud 46.2° ouest. Son moteur n'a consommé que 60 litres de carburant.

Observations amateurs[modifier | modifier le code]

Les amateurs de l'hémisphère sud ont pu suivre en direct le crash. Il n'y a pas d'image précise en provenance d'amateurs, mais certaines personnes ont essayé en vain d'observer les suites, rien n'était observable.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Capderou, Satellites : de Kepler au GPS, Springer,‎ 2011, p. 786
  2. ESA Portal - SMART-1 manoeuvres prepare for mission end

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Bouchoule (GREMI, Université d'Orléans), Olivier Duchemin (SNECMA), Michel Dudeck (Université Pierre et Marie Curie, Paris), Stéphane Mazouffre (ICARE, CNRS Orléans), « La propulsion électrique pour les missions spatiales », dans La Lettre AAAF, no 6, juin 2007

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]