Missile balistique

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Tir d'un missile Titan II depuis son silo ; cet engin fut opérationnel à partir de 1962.

Un missile balistique est un missile dont une partie de la trajectoire est balistique, c'est-à-dire influencée uniquement par la gravité et la friction aérodynamique (traînée). La phase balistique est précédée par une phase d'accélération alimentée par un moteur-fusée donnant à l'engin l'impulsion nécessaire pour atteindre sa cible.

Si certains missiles anti-char, anti-aéronef ou anti-navire sont balistiques, il est inhabituel d'en parler comme tels, de même que pour les corps correspondant à cette définition mais n'étant pas utilisés à des fins militaires. Par conséquent, cet article décrit uniquement les missiles balistiques tactique ou stratégique, ce qui est le sens habituel du terme.

Ces deux catégories sont distinguées par le rôle du missile dans le cadre de la politique de défense de l'État qui en dispose.

  • Le missile tactique (dit aussi opérationnel ou de théâtre) est destiné à étendre la capacité offensive des forces armées au-delà de celle de l'artillerie traditionnelle. Généralement sa portée se limite à quelques centaines de kilomètres et il est doté d'une charge conventionnelle.
  • Le missile stratégique est destiné à un rôle dissuasif ou d'intimidation. Il est généralement doté d'une charge non-conventionnelle, particulièrement nucléaire. Par sa capacité à frapper les intérêts de l'ennemi sans réelle possibilité d'interception, il permet à l'État en disposant d'attaquer même lorsque ses forces armées ne sont pas en mesure de le faire.

Du fait de l'impact politique et social du missile balistique stratégique doté d'une charge nucléaire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, il n'est pas rare que le terme « missile balistique » soit utilisé en parlant de cette arme.

Histoire[modifier | modifier le code]

Décollage d'un V2 sur le site d'expérimentations de Peenemünde sur la mer baltique, le 21 juin 1943. Peenemünde ainsi que le site de production de Dora-Nordhausen seront examinés sous toutes les coutures par les services secrets américains et soviétiques après la chute du Troisième Reich.
Une copie de missile allemand V2 au musée de Peenemünde.

Le premier engin que l'on puisse qualifier de missile balistique est la fusée V2, d'une portée de 200 km environ, développée par l'Allemagne nazie et Wernher von Braun dès 1938 et utilisé pendant la Seconde Guerre mondiale. Dès la fin de la guerre, les États-Unis et l'URSS se lancent dans le développement de missiles balistiques tactiques, d'abord basés sur le V2 comme le Scud-A ou le Redstone puis de plus en plus sophistiqués. Ces deux pays resteront seuls à la pointe de la technologie des missiles balistiques tout au long de la guerre froide et jusqu'à aujourd'hui.

Dans les années 1950 et 1960, la portée des missiles va augmenter de manière spectaculaire. En URSS par exemple, un missile parcourt 550 km en 1949 (R-2), 1 200 km en 1955 (R-5), 8 000 km en 1957 (R-7), 13 000 km en 1961 (R-9) pour atteindre une portée planétaire en 1965 (R-36O).

Souvent armés de charges nucléaires et du fait de leur portée toujours plus grande, les missiles balistiques ont un intérêt stratégique évident. Aux États-Unis, c'est en 1959 qu'est mis en service le premier missile balistique à portée intercontinentale spécifiquement assigné à un rôle stratégique : le missile Atlas d'une portée de 11 000 km qui sera par la suite utilisé comme fusée pour le programme Mercury.

En 1960, un missile américain Polaris est lancé depuis un sous-marin. Bien qu'ayant une portée inférieure à 2 000 km, il sera traité, ainsi que tous les missiles balistiques lancés par un submersible, comme un missile stratégique. En effet, sa capacité d'être tiré à proximité du territoire ennemi lui donne un évident effet dissuasif.

Durant les années 1970 et 1980, le problème de la portée des missiles stratégiques devient caduc : on sait attaquer n'importe quel point du territoire ennemi. D'autres propriétés sont recherchées.

  • Afin d'augmenter la probabilité de détruire des cibles durcies pour lesquels même l'arme nucléaire doit être appliquée avec précision (silos de missiles en particulier), le guidage de l'arme est amélioré. Des précisions de l'ordre de 200 à 300 m sont obtenues dans les années 1980 comme sur le SS-18.
  • Afin de rendre le système de missile plus résistant aux attaques, la taille de l'engin est réduite, ce qui permet de le rendre mobile. Des missiles stratégiques sont installés sur des trains ou des camions. Les silos blindés deviennent eux aussi plus résistants, car les missiles qu'ils contiennent sont plus petits.
  • Enfin, vu le cout prohibitif des missiles et les besoins de destruction totale que la doctrine stratégique de l'époque demande, on installe sur un seul missile parfois jusqu'à 13 ogives nucléaires séparées.

Le développement des missiles balistiques tactiques continuera en parallèle avec celui des missiles stratégiques, mais avec moins d'urgences. En 1988, le traité américano-soviétique sur les forces nucléaires à portée intermédiaire interdit la possession de missiles sol-sol nucléaires ou conventionnels dont la portée est comprise entre 500 km et 5 500 km. Ceci stoppe définitivement le développement de missiles balistiques tactiques dans ces deux pays. D'autres pays, tels le Pakistan, l'Inde, Israël, l'Iran ou la Corée du Nord continuent aujourd'hui à développer des missiles balistiques à portée intermédiaire, mais dans un rôle stratégique.

En 2010, le Conseil de l'Atlantique Nord estimait qu’en dehors de l’OTAN, de la Russie et de la Chine, 5 550 à 6 250 missiles balistiques étaient en service dans le monde, dont 500 à 700 d’une portée de 2 000 à 3 000 km et une quarantaine pouvant atteindre de 3 000 à 5 500 km[1].

Typologie[modifier | modifier le code]

Un missile américain Trident II tiré depuis un sous-marin perce la surface d'eau.

On distingue :

  • Les missiles balistiques à courte portée (SRBM : Short Range Ballistic Missile) ou missiles tactiques. Leur portée est inférieure à 800 kilomètres. Exemples : Iskander-E, Pluton, Scud, MGM-31 Pershing.
  • Les missiles à portée « moyenne » (MRBM : Medium Range Ballistic Missile), qui ont une portée comprise entre 1000 et 3 000 kilomètres. Exemples : Shahab-3, Nodong-1, Jericho II.
  • Les missiles à portée intermédiaire (IRBM : Intermediate Range Ballistic Missile), qui ont une portée comprise entre 2 400 et 6 400 kilomètres. Exemples : S3, SS-20.
  • Les missiles à longue portée (ICBM : InterContinental Ballistic Missile, qui ont une portée qui va de 6 000 à 13 000 kilomètres. Exemples : Topol-M, Peacekeeper, SS-18.
  • Lorsqu'ils sont lancés depuis des sous-marins, les missiles sont désignés SLBM : Submarine Launched Balistic Missile. Exemples : Missile M45, Polaris, Poseïdon

Conception et fonctionnement[modifier | modifier le code]

La conception d'un missile balistique est fondamentalement similaire à celle d'une fusée. Ainsi, la fusée Mercury-Redstone (USA, 1961) qui propulsa A. Shepard, le premier Américain dans l'espace, descendait assez directement de la fusée V2. De même, la fusée russe Zemiorka, qui propulsa Spoutnik 1 en 1957 et dont les dernières versions servent encore aujourd'hui pour les vaisseaux Soyouz, est à l'origine un missile balistique intercontinental.

Un missile est organisé par étages superposés. L'étage supérieur contient la charge utile, c'est-à-dire en général une ou plusieurs bombes, des systèmes de positionnement et de correction de la trajectoire, ou encore des systèmes de contremesures.

Les étages inférieurs sont des étages de propulsion. Ils contiennent un mélange de substances — appelé propergol — dont la réaction génère une très grande quantité d'énergie. Ils contiennent également un moteur-fusée qui dirige cette réaction pour assurer la propulsion du missile.

Phases de vol et trajectoire[modifier | modifier le code]

La trajectoire d'un missile balistique quitte l'atmosphère et traverse l'espace — dont la limite a été arbitrairement fixée à 100 km —, mais n'atteint pas une vitesse suffisante pour rester dans l'espace, c'est-à-dire pour se satelliser. On parle de « trajectoire suborbitale ». La vitesse maximale d'un missile est variable et dépend de sa portée. Le missile V2, portant à 320 km, atteignait une vitesse maximale de 1,6 km/s ; un missile intercontinental moderne, portant à plus de 10 000 km, atteindra 7 km/s. La vitesse de satellisation en orbite basse est d'environ 8 km/s.

Par contre, l'altitude atteinte par un missile balistique peut être très significative du fait de la forme elliptique de la trajectoire. Un missile intercontinental moderne s'élèvera jusqu'à 1 200 km au faîte de sa trajectoire, bien plus haut, par exemple, que la station spatiale internationale dont l'orbite ne s'étend pas au-dessus de 350 km.

Le parcours d'un missile balistique le long de sa trajectoire est séparé en trois phases distinctes.

  1. Une phase de propulsion. Celle-ci débute au moment de l'enclenchement du premier moteur et dure jusqu'à ce que l'intégralité du propergol soit consommée. C'est lors de cette phase que le missile accumule l'énergie cinétique nécessaire pour atteindre sa cible. La durée de cette phase est généralement courte par rapport à la durée totale de vol.
  2. Une phase de vol balistique. Cette phase a lieu dans l'espace et représente la portion la plus longue de la trajectoire, particulièrement pour les missiles à longue portée. L'absence de propulsion pendant cette phase implique que la trajectoire soit déjà entièrement déterminée à la fin de la phase précédente.
  3. Une phase de rentrée dans l'atmosphère. Balistique également, cette phase diffère de la précédente par l'effet du frottement de l'air sur le missile. Celui-ci ralentit le missile, le rend plus instable (du fait du vent et des turbulences) et génère une très grande quantité de chaleur.

Ces trois phases sont présentes dans la trajectoire de tous les missiles, qu'ils soient à très courte portée ou intercontinentaux. La durée totale du vol et de chaque phase diffère. Le missile V2 parcourait sa trajectoire en 5 min 30 s, dont 60 s en phase de propulsion. Le missile atteignait alors la limite de l'espace, mais l'immense majorité du vol avait lieu dans l'atmosphère. Un missile intercontinental moderne vole un peu plus de 30 min, dont 3 min en phase de propulsion et 2 min en phase de rentrée.

Exemple : description des phases de vol du missile Minuteman III[modifier | modifier le code]

En 2009, le LGM-30G Minuteman III est le seul missile intercontinental basé au sol déployé par les États-Unis. Sa conception date de 1970, mais plusieurs systèmes critiques ont été modernisés depuis. 450 exemplaires sont en service à cette date.

Le Minuteman a une portée de 10 000 km. Il est capable de transporter trois bombes H — quoique ce nombre ait depuis été réduit à une seule pour être en conformité avec le traité START II.

Phases de vol du missile Minuteman III
  1. Le moteur de l'étage A du missile est allumé alors qu'il se trouve encore dans son silo. Un revêtement spécial le protège de l'intense chaleur de ses propres moteurs réfléchie par les parois du silo.
  2. Pendant la phase de propulsion du moteur A, la trajectoire du missile est déterminée en agissant sur le positionnement de la tuyère d'éjection du moteur. Une minute plus tard, l'étage A ne contient plus de propergol et s'éteint. Il est alors éjecté : des explosifs se déclenchent et sectionnent l'interface entre l'étage A et B.
  3. Le moteur B se déclenche et accélère le missile. Une minute plus tard, c'est-à-dire deux minutes après le décollage, l'étage B ne contient plus de propergol et s'éteint. Il est lui aussi éjecté.
  4. Finalement, l'étage C fournit son énergie au missile et est éjecté une minute plus tard, après épuisement de son propergol. La vitesse du missile à ce moment est proche de 7 km/s.
  5. Le dernier étage, contenant la charge utile, continue sa trajectoire vers la cible de façon purement balistique. Le missile a quitté l'atmosphère à ce moment, ce qui permet à des leurres d'être déployés autour du missile afin que sa trajectoire (et donc son point d'impact) ne puisse être déterminée avec précision par radar ou encore pour confondre d'éventuels systèmes antimissiles.
  6. Peu avant la rentrée dans l'atmosphère, soit environ 30 min après le décollage, un petit moteur positionne l'étage supérieur et éjecte les véhicules de rentrée les uns après les autres, de façon à ce que chacun d'entre eux dispose d'une trajectoire propre.
  7. Les véhicules de rentrée pénètrent l'atmosphère. Le frottement aérodynamique les ralentit rapidement, tout en produisant une très grande quantité de chaleur qui est éliminée par l'ablation d'un bouclier thermique — le bouclier évacue la chaleur par sa propre évaporation tout au long de la rentrée.
  8. Quelques instants avant le point d'explosion, les bombes sont armées par un mécanisme de sécurité qui s'assure que le missile a suivi une trajectoire normale. Les bombes exploseront au sol dans le cadre d'une attaque contre des cibles blindées (silos de missiles) ou en l'air si l'attaque a lieu contre des infrastructures non blindées (infrastructures civiles).

Organisation par étages[modifier | modifier le code]

S'il peut paraitre plus simple de n'avoir qu'un seul étage de propulsion, cette configuration n'est en général pas efficace et requiert un missile plus lourd, et donc plus cher, pour mener à bien la même tâche.

La masse du missile décroit au fur et à mesure que le propergol est consommé par le moteur. Par contre, dans un missile à un seul étage, la masse des réservoirs — de plus en plus vides — et de la charpente du missile reste constante. Outre la charge utile et le propergol restant, le moteur doit donc accélérer des réservoirs devenus inutiles.

Dans un missile à plusieurs étages, au contraire, chaque étage fonctionnera jusqu'à ce qu'il ne contienne plus de propergol. Il est ensuite éjecté et les étages suivants n'auront plus à accélérer cette masse inutile.

Par contre, chaque étage devra disposer d'un moteur-fusée propre (le précédent ayant été éjecté), ce qui augmente le poids au décollage. Le choix du nombre d'étages doit donc équilibrer l'augmentation de la masse au décollage due à la duplication des systèmes entre étages avec l'allègement ultérieur dû au largage des réservoirs vides. La conception d'une fusée à plusieurs étages est aussi techniquement plus complexe.

En pratique, la plupart des missiles à courte ou moyenne portée n'utilisent qu'un seul étage, alors que les missiles à portée intermédiaire ou intercontinentale en utilisent deux, trois ou quatre de taille décroissante.

À priori, rien n'oblige les étages à être superposés, ce qui empêche l'utilisation des moteurs des étages supérieurs tant qu'un étage n'a pas été éjecté. Toutefois, les missiles balistiques sont quasiment tous à étages superposés. La forme allongée de cette configuration est plus compatible avec leur installation dans des silos blindés, sur des trains ou des camions. Le missile R-7 Semiorka (URSS, 1957), qui est l'ancêtre des fusées Soyouz actuelles, est une exception à ce principe.

Case à équipements[modifier | modifier le code]

Tous les équipements servant au fonctionnement du missile (mais c'est le cas également pour les fusées lanceurs d'engins spatiaux) sont regroupés dans une case à équipements (Equipment bay, en anglais) : pilotage, guidage, alimentation électrique, télémétrie, gestion de la charge utile, etc., le tout géré généralement par un ordinateur embarqué.

Liste des principaux missiles balistiques[modifier | modifier le code]

Les tables suivantes indiquent les principaux types de missiles balistiques qui sont ou ont été en service dans le monde. Les différents modèles pour un même type d'engin ne sont pas indiqués. Et les caractéristiques indiquées s'appliquent au premier modèle mis en service. Pour chaque missile, les données suivantes sont incluses.

  • Pays: Le pays où l'engin a été développé.
  • Dépl.: L'année de mise en service (déploiement) du premier modèle pour ce type d'engin.
  • Ogives: Le nombre d'ogives séparées transportées par le missile.
  • Charge: La puissance explosive d'une ogive transportée. Pour les armes nucléaires, elle est mesurée en milliers de tonnes d'équivalent TNT (kt) ou en million de tonnes (Mt).
  • Masse: La masse du missile au lancement, y compris son carburant.
  • Propulsion: Le nombre d'étages de propulsion et leur type. Pour chaque étage, on indique en fonction du combustible soit kér. (kérosène et oxygène liquide), soit hyp. (ergols hypergoliques), soit sol. (ergols solides). Certains missiles disposent d'un moteur supplémentaire pour l'insertion des ogives dans l'atmosphère qui n'est pas mentionné dans la table.
  • Portée: La distance maximale que le missile peut parcourir.
  • Précision: Le rayon d'un cercle centré sur la cible à l'intérieur duquel la moitié des missiles de ce type atterriront.
  • Tir: Le type de pas de tir utilisé; mobile signifie sur camion ou sur rail. Pour les missiles navals, si le missile est tiré en surface ou depuis un sous-marin submergé.

Vu la nature sensible des informations sur la plupart de ces engins, les valeurs ci-dessous sont sujettes à des imprécisions importantes.

Stratégiques sol-sol[modifier | modifier le code]

nom local code OTAN pays dépl. ogives charge masse propulsion portée Précision tir
R-7 SS-6 Sapwood URSS 1957 1 2.9 Mt 265 t kér. et kér. 8 000 km 3700 m tour
SM-65 Atlas U.S.A 1959 1 1.4 Mt 121 t kér. 11 000 km 3700 m tour et silo
R-16 SS-7 Saddler URSS 1961 1 5 Mt 140 t hyp. et hyp. 11 000 km 2700 m tour et silo
SM-68 Titan USA 1961 1 4 Mt 100 t kér. et kér. 10 000 km 1400 m silo
LGM-30 Minuteman USA 1962 1 1.2 Mt 29 t sol., sol. et sol. 10 000 km 2400 m silo
R-9 SS-8 Sasin URSS 1964 1 2.3 Mt 81 t kér. et kér. 11 000 km 2000 m tour et silo
R-36 SS-9 Scarp URSS 1966 1 18–25 Mt 210 t hyp. et hyp. 15 500 km 920 m silo
UR-100 SS-11 Sego URSS 1967 1 500 kt 42 t hyp. et hyp. 11 000 km 1400 m silo
RT-2 SS-13 Savage URSS 1968 1 1.5 Mt 50 t sol., sol. et sol. 9 500 km 2000 m silo
RT-20P SS-15 Scrooge URSS 1969 1 500 kt 30 t sol. et hyp. 11 000 km 600 m mobile
R-36 SS-9 Scarp MRV URSS 1970 3 2 Mt 180 t hyp. et hyp. 12 000 km 1800 m silo
LGM-30F Minuteman III USA 1971 3 170 kt 35 t sol., sol. et sol. 13 000 km 280 m silo
Jericho I Israël 1971 n.d. 6.5 t sol. et sol. 500 km 1000 m tour
DF-3A CSS-2 Chine 1973 1-3 3 Mt (ogive unique) 64 t hyp. 2800 km 1000 m silo
RS-20 SS-18 Satan URSS 1974 1 à 10 11 Mt (ogive unique) 210 t hyp. et hyp. 11 200 km 400 m silo
UR-100MR SS-17 Spanker URSS 1975 1 3.5–6 Mt 71 t hyp. et hyp. 10 100 km 420 m silo
UR-100N SS-19 Stiletto URSS 1975 6 650 kt 105 t hyp., hyp. et hyp. 9 700 km 350 m silo
RT-21 SS-16 Sinner URSS 1976 1 1–1.5 Mt 44 t sol., sol. et sol. 10 500 km 450 m mobile
S3 France 1980 1 1.2 Mt 25 t sol. et sol. 3500 km n.d. silo
DF-5 CSS-4 Chine 1981 1 2 Mt 183 t hyp., hyp. et hyp. 12 000 km 500 m silo
RT-2PM SS-25 Sickle URSS 1985 1 550 kt 45 t sol., sol. et sol. 10 500 km 150 m mobile et silo
LGM-118A Peacekeeper USA 1986 10 300 kt 88 t sol., sol., sol. 9 600 km 100 m silo
Jericho II Israël 1986 n.d. 26 t sol. et sol. 3500 km n.d. tour
RT-23 SS-24 Scalpel URSS 1987 10 400 kt 104 t sol., sol. et sol. 10 000 km 150 m mobile et silo
RT-2UTTH SS-27 Topol-M Russie 1997 1 550 kt 47 t sol., sol. et sol. 11 000 km 350 m mobile et silo
DF-31 CSS-9 Chine 2000 1 1 Mt 42 t sol., sol. et sol. 8 000 km 300 m mobile

Stratégiques mer-sol[modifier | modifier le code]

nom local nom O.T.A.N. pays dépl. ogives charge masse propulsion portée Précision tir
UGM-27 Polaris USA et G.-B. 1960 1 600 kt 13 t sol. et sol. 1850 km 1800 m submergé
R-13 SS-N-4 Sark URSS 1961 1 1 Mt 14 t hyp. 600 km 1800 m surface
R-21 SS-N-5 Sark URSS 1963 1 1 Mt 19 t hyp. 1400 km 1800 m surface
R-27 SS-N-6 Serb URSS 1969 1 1 Mt 14 t hyp. 2400 km 1100 m submergé
M-1 France 1971 1 1 Mt 20 t sol. et sol. 3000 km n/d submergé
UGM-73 Poseidon USA 1972 10 50 kt 30 t sol. et sol. 4600 km 550 m submergé
R-29 SS-N-8 Sawfly URSS 1974 1 1–1.5 Mt 33 t hyp. et hyp. 7800 km 900 m submergé
M-20 France 1977 1 1.2 Mt 20 t sol. et sol. 3000 km 1000 m submergé
UGM-96 Trident I USA 1979 8 100 kt 33 t sol., sol. et sol. 7400 km 380 m submergé
R-29R SS-N-18 Stingray URSS 1979 7 100 kt 35 t hyp. et hyp. 6500 km 900 m submergé
R-39 SS-N-20 Sturgeon URSS 1983 10 100 kt 90 t hyp., hyp. et hyp. 8250 km 500 m submergé
M-4 France 1985 6 150 kt 35 t sol., sol. et sol. 4000 km 500 m submergé
R-29RM SS-N-23 Skiff URSS 1986 4 100 kt 40 t hyp. et hyp. 8300 km 500 m submergé
JL-1 CSS-N-3 Chine 1988 1 200–300 kt 15 t sol. et sol. 1700 km 300 m submergé
UGM-133 Trident II USA et G.-B. 1990 6 300–475 kt 59 t sol., sol. et sol. 11 000 km 120 m submergé
M-45 France 1997 6 110 kt 35 t sol., sol. et sol. 6000 km 350 m submergé
M-51 France 2010 10 100 kt 56 t sol., sol. et sol. 10000 km 200 m submergé

Tactiques[modifier | modifier le code]

Il n’aura fallu qu’une cinquantaine d’années pour qu’avec des portées environ 50 fois supérieures, la précisions des tirs soit devenues au moins 50 fois meilleure, les écarts probables ne se chiffrant plus qu’en décamètres : ces écarts sont tout théoriques s’agissant de « coup au but ».

nom local nom OTAN pays dépl. charge masse propulsion portée précision tir
V-2 Allemagne 1944 738 kg (conventionnel) 13 t alcool 320 km 17 km tour
Redstone USA 1958 500 kt ou 3.5 Mt 28 t alcool 320 km 300 m mobile
R-11FM SS-1B Scud-A URSS 1959 100–500 kt 5.6 t kér. 150 km 4 km tour ou mobile
Pluton France 1974 20 kt 2.4 t sol. 120 km 150 m mobile
Hadès France 1991 80 kt 1.8 t sol. 480 km 150 m mobile

Évolution des missiles tactiques sol-sol de l'US Army à ogive nucléaire de la guerre froide[modifier | modifier le code]

Tout ces engins ont été démantelés après le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire interdisant la possession de missiles d'une portée comprises entre 500 et 5 500 kilomètres signé le 8 décembre 1987 par les États-Unis et l'Union Soviétique après la crise des euromissiles.

Nom Date de mise en service Portée (km) Ecart circulaire probable (m) Vitesse Charge nucléaire (Kt)
Honest John 1954 5 - 38 1 800 Mach 1,5 1 - 20
Pershing I 1962 185 -741 450 Mach 8 60 - 400
Lance 1972 5 - 125 150 - 375 Mach 3 1 - 150
Pershing II 1983 150 - 1 800 20 - 45 Mach 8 5 - 50

Autres missiles balistiques par pays[modifier | modifier le code]

Corée du Nord[modifier | modifier le code]

Inde[modifier | modifier le code]

Iran[modifier | modifier le code]

Pakistan[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La défense anti-missile balistique navale », sur Mer et Marine,‎ 2 avril 2013 (consulté le 2 avril 2013)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]