Comanches

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Comanches

Populations significatives par région
Drapeau des États-Unis États-Unis 14 050
Population totale 14 050
Autres
Langues

langue uto-aztèque, dialecte shoshone

Drapeau des Comanches

La Nation Comanche est un groupe amérindien, aujourd'hui d'environ 14 050 personnes, dont la moitié vit en Oklahoma (ancien Territoire indien) ; le reste se répartit entre le Texas, la Californie et le Nouveau-Mexique.

Nom et langue[modifier | modifier le code]

Il existe deux explications de l'origine du nom « Comanche », qui est une dégénération soit du terme ute « komants », qui signifie « ceux qui nous combattent toujours », soit de l'espagnol « camino ancho », signifiant « large piste ». Ils étaient également appelés « Paducah » par les premiers explorateurs français et américains[1], mais leur propre nom préféré est « Numunuh », signifiant « le Peuple ». Les Comanches parlent une langue uto-aztèque, parfois classifiée comme un dialecte shoshone.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire des Comanches.
Quanah Parker, Chef des Comanches

Naissance des tribus Comanches[modifier | modifier le code]

Les Comanches ont émergé comme un groupe distinct peu avant 1700, lorsqu'ils se sont détachés des Shoshones vivant le long de la partie supérieure de la Platte River au Wyoming. Ceci coïncide avec leur acquisition du cheval, qui leur a permis une plus grande mobilité dans leur recherche de meilleurs terrains de chasse. Leur migration originelle les a menés vers les Grandes Plaines, d'où ils se déplacèrent vers le sud sur un territoire s'étendant de l'Arkansas River au centre du Texas. Pendant ce temps, leur population augmenta de manière importante grâce à l'abondance de bisons, une affluence de migrants shoshones, et l'adoption d'un nombre significatif de femmes et d'enfants faits prisonniers dans les groupes rivaux. Néanmoins, les Comanches n'ont jamais formé une entité tribale unie, et étaient divisés en une douzaine de groupes autonomes, qui partageaient les mêmes langue et culture, mais qui pourraient s'être battus entre eux aussi souvent qu'ils ont coopéré. Ces groupes étaient très souples, et se sont souvent unis et séparés, selon les circonstances.

Particularité des Comanches[modifier | modifier le code]

Les indiens Pueblos avaient appris à monter le cheval, à l'utiliser comme source de nourriture ou comme marchandise d’échange avec les indiens des plaines. À la suite de la Révolte des Pueblos en 1680, les Utes deviennent maîtres dans l’art du commerce de chevaux, puis les Utes en s'alliant aux Comanches les initient à la culture équestre dans les années 1705, ces derniers les utilisant notamment comme attelage de leurs travois, pour faire la guerre et pour chasser le bison à cheval[2]. Le cheval a été un élément clé de l'émergence d'une culture comanche spécifique. On a même suggéré que c'est la recherche de nouvelles sources d'approvisionnement en chevaux parmi les colons mexicains du sud (plutôt que la recherche de nouveaux troupeaux de bisons) qui a d'abord mené les Comanches à se séparer des Shoshones. Les Comanches pourraient même avoir été le premier groupe amérindien des Plaines à complètement inclure le cheval dans leur culture, et ont peut-être aussi introduit le cheval auprès des autres peuples des Plaines. Vers le milieu du dix-neuvième siècle, ils fournissaient des chevaux aux commerçants et aux colons français et américains, et ensuite aux migrants traversant leur territoire sur la route de la ruée vers l'or californien. Beaucoup de ces chevaux étaient volés, et les Comanches acquirent bientôt une réputation de formidables voleurs de chevaux et plus tard de bétail. Leurs victimes comprenaient les colons espagnols et américains, ainsi que les autres tribus des Plaines, ce qui menait souvent à la guerre. Ils étaient des adversaires redoutables, qui développèrent des stratégies complètes pour le combat à cheval avec des armes traditionnelles.

À une culture de chasse se succède ainsi une économie nomade pastorale qui allie la chasse à l'élevage et au commerce du cheval et de la peau de bison[3].

Distribution des tribus Comanche, 1740-1850.

Les guerres comanches[modifier | modifier le code]

Avec les Apaches et les Espagnols[modifier | modifier le code]

En fait, la guerre était une part essentielle de la vie des Comanches. Leur émergence au tournant du dix-huitième siècle et leur migration vers le sud les mit en conflit avec les Apaches, qui vivaient déjà dans la région et qui commencèrent à migrer vers le Texas et le Nouveau-Mexique, dominés par les Espagnols. Pour tenter d'empêcher les incursions apaches, les Espagnols leur offrirent de l'aide dans leurs guerres contre les Comanches, mais ces efforts échouèrent la plupart du temps, et les Apaches durent quitter les Plaines du Sud vers le milieu du siècle. À ce moment, les Comanches dominaient l'aire entourant le Texas Panhandle, incluant l'ouest de l'Oklahoma et le nord-est du Nouveau-Mexique.

Avec les colons[modifier | modifier le code]

Les Comanches maintinrent des relations ambiguës avec les Européens et ensuite les Américains tentant de coloniser leur territoire. Ils étaient appréciés en tant que partenaires commerciaux, mais ils étaient également craints pour leurs raids. De même, les Comanches ont été en guerre à un moment ou à un autre avec chacune des tribus des Grandes Plaines, laissant ainsi la possibilité aux puissances coloniales européennes et aux États-Unis de manipuler politiquement les groupes rivaux. À un moment, Sam Houston, le président de la République du Texas naissante, a failli réussir à signer un traité de paix avec les Comanches, mais ses efforts furent détruits lorsque le pouvoir législatif texan refusa de créer une frontière officielle entre le Texas et le territoire comanche.

Alors que les Comanches parvenaient à maintenir leur indépendance et même à agrandir leur territoire, ils passèrent près de l'annihilation au milieu du dix-neuvième siècle à cause de la vague d'épidémies introduite par les colons blancs ainsi que de l'épuisement de leurs ressources en chevaux et bisons. Les épidémies de petite vérole (1817, 1848) et de choléra (1849) coûtèrent très cher en vies humaines aux Comanches, dont la population chuta d'environ 20 000[4] au milieu du siècle à seulement quelques milliers vers 1870, ce qui les obligea notamment à passer des traités avec les Espagnols. Ils s'adaptèrent durant les années 1860 et 1870, le traité de Medicine Lodge (en) leur redonnant des herbages et la Guerre de Sécession rendant disponible pour leurs raids des millions de têtes de bétail[3].

Pacification[modifier | modifier le code]

Les efforts pour déplacer les Comanches dans des réserves commencèrent à la fin des années 1860 avec le Traité de Medicine Lodge (1867), qui leur accordait des églises, des écoles et un revenu annuel en échange d'un vaste morceau de terrain dépassant les 160 000 km². Le gouvernement promit d'arrêter les chasseurs de bisons, qui décimaient les grands troupeaux des Plaines, à condition que les Comanches, avec les Apaches, les Kiowas, les Cheyennes et les Arapahos, s'installent dans une réserve de moins de 13 000 km² de superficie. Pourtant, le gouvernement ne parvint pas à empêcher les chasseurs de bisons de massacrer les troupeaux, ce qui amena les Comanches, menés par Isa-Tai (White Eagle) à attaquer un groupe de chasseurs dans le Texas Panhandle lors de la Bataille de Adobe Walls (1874). L'attaque fut un désastre pour les Comanches, et l'armée fut appelée pour ramener les Comanches restants dans la réserve. En à peine dix ans, les bisons furent sur le point de s'éteindre, mettant fin au mode de vie des Comanches en tant que chasseurs. En 1875, le dernier groupe de Comanches libres, dirigé par un guerrier Quahadi nommé Quanah Parker, capitula et partit pour la réserve de fort Sill dans l'Oklahoma.

Entre-temps, le gouvernement négocia le Jerome Agreement (1892) avec les Comanches, les Kiowas et les Apaches, réduisant encore leur réserve à 1940 km² pour le prix de 308,88 dollars par kilomètre carré. Chaque tribu obtint un territoire correspondant à un lopin de terre de 0,6 km² par membre de la tribu. En 1906, on accorde de nouveaux lopins de terre à tous les enfants nés après le Jerome Agreement, et la terre restante fut ouverte à l'installation des colons.

Les Comanches n'étaient pas préparés à la vie dans un système économique occidental moderne, et beaucoup perdirent ce qu'il restait de leur terre et de leurs possessions. Pendant la Seconde Guerre mondiale, beaucoup de Comanches quittèrent les réserves en Oklahoma à la recherche d'opportunités financières dans les villes de Californie et dans le sud-ouest. Aujourd'hui, ils font partie des peuples amérindiens les mieux éduqués des États-Unis. Près de la moitié de la population comanche habite toujours en Oklahoma, autour de la ville de Lawton. C'est le lieu du pow-wow annuel, lorsque les Comanches de tout le pays se réunissent pour célébrer leur héritage et leur culture.

Code comanche[modifier | modifier le code]

À l'instar des Navajos sur le théâtre pacifique, un groupe de soldats d'origine comanche fut employé sur le théâtre européen pendant la Seconde Guerre mondiale pour coder et transmettre des messages de l'armée américaine. Ce qui a été appelé plus tard le code comanche.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pekka Hämäläinen, L'Empire comanche , traduit de l'anglais par Frédéric Cotton, Anacharsis, 2012.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. À l'époque de la Louisiane française, les Français appelaient Padouca cette nation amérindienne connue actuellement sous le nom de Comanche, elle fut approchée et décrite en 1724 par l'explorateur français Étienne de Veniard, sieur de Bourgmont.
  2. Les indiens adoptent le cheval
  3. a et b Pekka Hämäläinen, L'empire comanche, Anacharsis,‎ 2012, 736 p. (ISBN 2914777841)
  4. Les sources hautes vont jusqu'à 40 000.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]