Cherokees

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Cherokees
Tchérokîs

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Drapeau des Cherokees (Oklahoma)

Populations significatives par région
Drapeau des États-Unis États-Unis 819 105 (2010)
Population totale 819 105 (2010)
Autres
Langues

Anglais, cherokee

Carte de l’aire cherokee actuelle en Oklahoma

Les Tchérokîs, Chérokîs ou Cherokees (ᎠᏂᏴᏫᏯ ah-ni-yv-wi-ya dans la langue cherokee) d’après l’orthographe anglaise sont un peuple d’Amérique du Nord qui habitaient dans l’est et le sud-est des États-Unis avant d’être forcés à se déplacer vers le plateau d’Ozark. Ils faisaient partie de l’organisation dite des Cinq tribus civilisées. Les ethnologues estiment qu’il existe aujourd’hui entre 5 et 7 millions de personnes descendant des Cherokees.

Actuellement, les principales communautés sont la Nation Cherokee, l’United Keetoowah Band of Cherokee Indians (Oklahoma) et l’Eastern Band of Cherokee Indians (Caroline du Nord). La nation est également représentée en Géorgie, en Alabama, en Arkansas, dans le Missouri et dans le Tennessee.

Pour certains, le cœur spirituel de la nation est la Keetoowah Nighthawk Society.

Le nom Cherokee vient de Tsalagi, le nom des Cherokee dans la langue des Creek, et également le nom qu’ils utilisaient eux-mêmes le plus souvent. Tsalagi se prononçait Cha-ra-gi dans un dialecte aujourd’hui disparu. Il s’est ensuite transformé au cours du temps jusqu’à devenir Cherokee. À l’origine, les Cherokees se nommaient Aniyunwiya.

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon une tradition orale, les Cherokees, parlant une langue iroquoienne, auraient migré vers le Sud depuis la région des Grands Lacs, où l’on retrouve différents peuples iroquois [1]. Selon une autre tradition orale, les Cherokees seraient originaires du Sud-Est des États-Unis, mais aucune preuve archéologique ne soutient cette théorie.

De 1736 à 1743, l'utopiste allemand Christian Priber se rend en territoire cherokee et organise en tant que « premier ministre » la résistance indienne face aux Anglais.

À l’époque de la Guerre d’Indépendance, les violations répétées des traités par les colons blancs poussèrent certains Cherokees à quitter la nation cherokee. Ces dissidents furent nommés les Chickamaugas. Menés par le chef Dragging Canoe, les Chickamauga s’allièrent avec les Shawnee et menèrent des raids contre les établissements des colons, aidés par les Britanniques.

John Ross (Koowescoowe en langue cherokee) fut un des personnages importants dans l’histoire de la nation cherokee. Son père émigra d’Écosse avant la révolution américaine. Sa mère, également fille d’Écossais, possédait un quart de sang cherokee. John Ross commença sa carrière publique en 1809. Comme l’autorisait la constitution de l’époque, la Nation Cherokee fut créée en 1820, avec des représentants officiels élus. John Ross devint le chef de la nation en 1828 et le resta jusqu’à sa mort.

Les Cherokees furent déplacés de force de leurs terres ancestrales du nord de la Géorgie et des Carolines vers le Territoire Indien en Oklahoma, principalement à cause de la ruée vers l'or aux environs de Dahlonega dans les années 1830. La déportation du peuple cherokee porte le nom de Piste des Larmes.

Great seal of the cherokee nation.svg

Une fois arrivés, les tensions s’aggravèrent et la suspension de la Loi du Sang cherokee fut ignorée. Le 22 juin 1839, après l’ajournement d’une assemblée tribale, plusieurs des plus importants signataires du Traité de New Echota furent assassinés, y compris le rapporteur de la Loi du Sang, Major Ridge, ainsi que John Ridge et Elias Boudinot. Ce fut le début d’une guerre civile de 15 ans parmi les Cherokees. Un des survivants notables fut Stand Watie, qui devint général confédéré pendant la Guerre de Secession. Les Cherokee sont une des Cinq tribus civilisées qui ont signé des traités, et ont été reconnus par les États confédérés d'Amérique.

D’autres Cherokee, dans l’ouest de la Caroline du Nord, servirent au sein de la Thomas' Legion, une unité d’environ 1 100 hommes d’origines cherokee et blanche, combattant principalement en Virginie, où leur réussite fut impressionnante. La Thomas' Legion fut la dernière unité confédérée à se rendre en Caroline du Nord, à Waynesville, le 9 mai 1865.

Avant la guerre de Sécession, les Cherokees, comme d'autres peuples indiens du sud des États-Unis, avaient des esclaves. Ceux-ci ont été libérés à la fin de la guerre, mais nombre d'entre eux sont alors restés dans les nations où ils étaient, et certains se sont mariés à des Indiens. Ce sont leurs descendants que les Cherokees veulent exclure en 2007.

Les Cherokees d’Oklahoma perdirent le droit d’élire leur propre chef en 1907 lorsque l’Oklahoma devint un État. Divers dirigeants furent désignés par les présidents jusqu’en 1970 quand les Cherokees récupérèrent le droit d’élire leur gouvernement grâce à un décret du Congrès signé par le président Richard Nixon. W. W. Keeler fut le premier chef élu des Cherokees d’Oklahoma. Il était également président de Phillips Petroleum. Ross Swimmer, Wilma Mankiller, Joe Byrd et actuellement Chad Smith lui succédèrent.

Le 14 juin 2004, le Conseil Tribal de la Nation Cherokee définit officiellement le mariage comme une union entre un homme et une femme, mettant de fait hors la loi le mariage homosexuel. Cette décision répondait à une demande d’union d’un couple lesbien déposée le 13 mai. Le chef Chad Corntassel Smith expliqua que le motif principal de cette décision était d’homogénéiser les lois de la Nation Cherokee et de l’État d’Oklahoma.

Début mars 2007, les Cherokees ont voté en majorité, à 77 %, pour l'expulsion des descendants, notamment métis, d'anciens esclaves Africain-américains de leur nation[2]. Les Cherokees pratiquaient l'esclavage des Noirs avant la guerre de Sécession. Les esclaves ont été affranchis après la guerre et certains ont épousé des Amérindiens.

Comme toutes les nations indiennes officiellement reconnues par le gouvernement des États-Unis, les Cherokees bénéficient d'avantages et de subventions, et les critiques ne voient dans ce scrutin qu'une façon d'écarter de ces avantages ceux qui ne sont pas de pur sang indien.

Démographie[modifier | modifier le code]

Les recensements du peuple cherokee ont été effectués suivant une méthode différente à partir de 1970.

Évolution de la population
Année Population
1650 22 000
1808 13 000
1835 21 500
1850 16 000
1890 28 000
1910 31 500
1970 66 000
1980 232 000
1990 308 132
2000 729 533

Langue et alphabet[modifier | modifier le code]

Article principal : Langue cherokee

Les Cherokee parlent une langue iroquoienne polysynthétique, le Tsa-la-gi qui s’écrit grâce à un syllabaire inventé par Sequoyah. Pendant des années, beaucoup de gens transcrivaient en alphabet latin ou utilisaient des polices peu adaptées pour écrire le syllabaire sur les outils informatiques. Cependant, après l’ajout récent des syllabes cherokee à Unicode, la langue cherokee est en train de vivre une renaissance de son utilisation sur Internet. Il existe un Wikipedia en cherokee.

Cherokees célèbres[modifier | modifier le code]

Parmi les Cherokees les plus connus, on peut citer :

Les personnes suivantes ont des origines Cherokees :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mooney, 1902
  2. « Les Noirs exclus par les Cherokees » dans Libération du 05/03/2007, [lire en ligne]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Russell Thornton (1997), Les Cherokees. Éditions du Rocher (Monaco), collection Nuage rouge : 415 p. ISBN 2-268-02722-8.
  • Bernard Vincent (2002), Le Sentier des larmes : Le Grand Exil des indiens Cherokees. Flammarion (Paris) : 250 p. ISBN 2-08-210113-4.
  • James Mooney, Myths of the Cherokee, 1902. (copie en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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