Pueblos

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Pueblos

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Carte des réserves des Pueblos du Nouveau-Mexique

Populations significatives par région
Drapeau des États-Unis États-Unis 55 330 (1990)
Population totale 55 330 (1990)
Autres
Langues

Hopi, Kiowa-Tano, Keresan, Zuñi

HopiHouse1.JPG

Les indiens Pueblos, de l'espagnol pueblo (village), sont des Amérindiens vivant dans des pueblos, qui sont des maisons juxtaposées en pierre (comme les Hopis) ou en adobe (comme dans la vallée du Rio Grande). Par extension, on utilise le terme pour désigner leurs habitants, bien que les pueblos ne forment pas un peuple unique. Au contraire, il s’agit de tribus distinctes parlant chacune leur langue. On les regroupe cependant sous le nom de Pueblos, car ils partagent la même culture. Chaque pueblo a son propre gouvernement. Les centres religieux se trouvent dans des kivas. Traditionnellement, les Pueblos vivaient de l’agriculture et leurs poteries, tissages et bijoux sont réputés. Les deux tribus les plus importantes sont les Hopis et les Zuñis. Les Indiens Pueblos de l'époque précolombienne sont appelés Anasazis.

Territoires[modifier | modifier le code]

Le territoire des Pueblos se situe dans le sud-ouest des États-Unis

Actuellement, il y a des pueblos dans le centre-nord, le nord-ouest et le centre du Nouveau-Mexique, la majorité dans la vallée fertile du Río Grande. En Arizona se trouvent les villages Hopis. Ces pueblos étaient déjà habités lors de l'arrivée des Espagnols au XVIe siècle. Ces derniers avaient connaissance d'environ 70 pueblos.

Les Anasazis avaient un territoire comprenant les territoires toujours habités, une grande partie du sud-ouest et de l'ouest de l'actuel Colorado, toute la partie nord de l'Arizona, ainsi qu'une partie de l'actuel État d'Utah. Certains pueblos ont été abandonnés suite à des périodes de sècheresse. Les vestiges de pueblos les plus célèbres sont Chaco Canyon et Bandelier dans le Nouveau-Mexique, Mesa Verde (Colorado) et Canyon de Chelly (Arizona).

Architecture[modifier | modifier le code]

Les pueblos sont des habitations construites sur plusieurs étages. Le plus haut encore habité aujourd’hui est le Pueblo de Taos, avec cinq étages. Chaque étage est un peu en retrait par rapport à celui d’en dessous. Ils sont reliés entre eux par des échelles. Les pièces d'un même étage sont reliées entre elles par des portes intérieures. Sur les places se trouvent les kivas souterrains, des lieux de cérémonies religieuses réservés aux hommes, auxquels on accède par le toit.

La période Basketmaker II (100 à 500)[modifier | modifier le code]

On peut dater le début de la construction de pueblos dans la période Basketmaker II. À cette époque les Anasazis commencent à construire des maisons en puits (pit houses) avec des murs en bois calfeutrés de torchis. Ces constructions sont rondes, d’un diamètre de 2,50 m à 9 m. Elles n’ont qu’un seul étage. Les provisions sont stockées dans des paniers en vannerie, (basketmaker est le mot anglais pour vannier).

Basketmaker III (500 à 750)[modifier | modifier le code]

Pendant les siècles suivants (période Basketmaker III), l’agriculture se développe avec l’apparition du haricot et du coton. On trouve les premières poteries grises. Des fouilles dans Chaco Canyon, par exemple dans les vestiges du village de Shabik’eshchee, montrent des changements dans l’architecture. Si au début de cette ère les maisons sont toujours rondes et abaissées d’environ un mètre dans la terre, elles sont plus tard rectangulaires et collées les unes aux autres, formant des rues et des places. Pour la première fois, on distingue des bâtiments pour les cérémonies, toujours ronds: ce sont les premiers kivas, qui n’ont pas encore l’entrée dans le toit mais sur le côté.

Pueblo I et II (750 à 1150)[modifier | modifier le code]

Les techniques se développent. Les maisons sont collées les unes aux autres, formant de grands ensembles de 50 pièces et plus. Deux styles de villages existent : ceux groupés en demi-cercle autour d’une place centrale avec les kivas, comme Pueblo Bonito dans Chaco Canyon où vivaient 1500 personnes, et d’autres constitués de plusieurs rues et places parallèles.

Pueblo III (1100 à 1300)[modifier | modifier le code]

La période du XIIe siècle au XIVe siècle voit la plus grande étendue géographique de la culture des Pueblos. Dans les canyons, où sont construits des Cliff Dwellings (habitats dans les falaises), soit on élève des murs devant des abris naturels (Chaco Canyon), soit on creuse le rocher comme à Puye dans le canyon de Santa Clara, non loin de l’actuel Pueblo de Santa Clara.

Pueblo IV (1300 à 1600)[modifier | modifier le code]

C’est une période de grands mouvements de populations. La thèse la plus répandue est celle de périodes de sècheresse qui asséchaient des canyons autrefois fertiles. La population de Chaco Canyon diminue et le lieu est finalement complètement abandonné, tandis que les pueblos en Arizona sur le territoire Hopi et le long de la vallée du Rio Grande s’agrandissent.

Pueblo V (Depuis 1600)[modifier | modifier le code]

Il n’y a pas de changements dans l’architecture. Et de plus en plus de pueblos sont abandonnées pour diverses raisons. À leurs arrivée, les Espagnols ont recensé 71 pueblos, alors qu'actuellement, il n’y en a plus que 19 dans le Nouveau-Mexique et ceux sur les trois mesas Hopi en Arizona. Les Espagnols ont introduit le catholicisme chez les Pueblos et chaque pueblo a son église.

Les langues parlés dans les pueblos[modifier | modifier le code]

Les langues des Amérindiens du sud-ouest au XIXe siècle

Actuellement, la très grande majorité des Indiens pueblos parle anglais, en plus de la langue première dans un degré variable d'un pueblo à l'autre. Les langues premières sont : le Hopi, le Keresan, le Tewa et le Zuñi.

Les 19 villages pueblos dans le Nouveau-Mexique[modifier | modifier le code]

Les pueblos habités du Nouveau-Mexique

Ces pueblos sont toujours habités, bien que beaucoup de familles se soient installées dans des villages aux environs et ne reviennent qu'au moment des cérémonies. Chaque pueblo a son propre dialecte. Ils tirent une grande partie de leurs ressources du tourisme (entrée du pueblo, vente d'objets artisanaux comme la poterie). Quelques-uns ont ouvert des casinos et des terrains de golf.

Pueblos de la famille de langues kiowa-tanoanes[modifier | modifier le code]

Il s'agit des pueblos les plus au nord et à l'est du Río Grande.

Tiwa du Nord

Pueblo Taos, Nouveau-Mexique
  1. Pueblo de Taos (Tuah-Ta) : situé sur les bords du Río Pueblo, un affluent du Río Grande, c'est un très ancien lieu d'habitation. Il est depuis 1992 inscrit sur la la liste du patrimoine mondiale de l'UNESCO.
  2. Pueblo Picuris. Depuis les années de révolte contre les Espagnols (1680 - 1696), la population y a diminué continuellement. Il ne compte actuellement que 300 habitants et est très américanisé.

Tewa

  1. Pueblo San Juan : une partie de la population n'y vit que pendant les périodes des grandes cérémonies.
  2. Pueblo Santa Clara : "Kha-Po" (vallée des roses sauvages).
  3. Pueblo San Ildefonso : un petit pueblo surtout connu pour sa poterie noir-sur-noir.
  4. Pueblo Nambe : Nambe signifie "peuple de la terre ronde". L'influence espagnole y est très forte.
  5. Pueblo Tesuque (Tet-Sugeh) : un petit pueblo qui existe depuis le XIIIe siècle, situé au nord de Santa Fé.
  6. Pueblo Pojoaque : Po-Suae-Geh "l'endroit où l'on cherche de l'eau", habité, d'après des recherches archéologiques, depuis 1500 ans. Il a plusieurs fois été abandonné par ses populations, la dernière fois entre 1900 et 1934.
Jeunes filles Tewa en 1922

Tiwa du Sud

  1. Pueblo Sandia : sa fondation remonte à la même période que celle de Pojoaque. Actuellement le pueblo a environ 500 habitants qui ont depuis 1952 l'eau courante et l'électricité.
  2. Pueblo Isleta : nom d'origine espagnole signifiant "petite île". Le pueblo est habité depuis l'arrivée des Espagnols, au moins.

Towa ou Jemez

  1. Pueblo Jemez compte environ 1500 habitants. Seul le village principal Walatowa est accessible aux touristes. En 1830 les survivants du pueblo Pecos l'ont rejoint.

Pueblos de langue Keresan[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une langue isolée.

Keresan, ouest

  1. Pueblo Laguna (Ka Weikah : peuple du lac) Un grand pueblo avec plus de 8 000 membres, en comptant les habitants des villages qui s'y rattachent.
  2. Pueblo Acoma : Acoma signifie "peuple du rocher blanc". Le pueblo est habité depuis le XIIe siècle, les moines franciscains y ont établi une mission en 1629.

Keresan, est

  1. Pueblo Cochiti, qui est le plus américanisé avec l'électricité, l'eau courante, etc.
  2. Pueblo Santo Domingo (Khe-Wa) : le cinquième pueblo par sa taille. On y confectionne des bijoux et de la poterie traditionnelle.
  3. Pueblo Zia (Tsia) : ce pueblo a une histoire d'au moins 600 ans. Son symbole du soleil (zia) est devenu celui de l'État du Nouveau-Mexique.
  4. Pueblo Santa Ana "Tamaya" : ce lieu n'est habité qu'à l'occasion des cérémonies. Habituellement les gens habitent deux autres villages, l'un sur les rives du Rio Grande, l'autre sur la rivière Jemez.
  5. Pueblo San Felipe.

Pueblo de langue Zuñi[modifier | modifier le code]

Le zuñi est une langue isolée qui n'est parlée qu'au sud de Gallup sur la réserve des Zuñi.

  1. Pueblo Zuñi (She-We-Na) : on y travaille la turquoise.

Pueblos dans l'Arizona[modifier | modifier le code]

Les pueblos de l'Arizona se trouvent tous repartis sur trois mesas sur la réserve Hopi.

Un pueblo des Hopis

First Mesa (première Mesa), à l'ouest de Keams Canyon, il y a trois villages au sommet :

  1. Walpi : le plus ancien, fondé en 1690 quand les habitants ont quitté l'ancien village Koechaptevela, au pied de la mesa, par peur d'attaques espagnoles. Un village très traditionnel sans eau courante ni électricité.
  2. Sichomovi : Créé au milieu du XVIIIe siècle, près de Walpi, parce que ce dernier était surpeuplé.
  3. Hano (Tewa) : un village de Tewa, qui s'étaient réfugiés chez les Hopis lors de la révolte des pueblos. Les habitants ont gardé leur langue et leurs traditions Tewa. Il se trouve juste à côté de Sichomovi.

Second Mesa (deuxième Mesa), 16 km à l'ouest de First Mesa, il y a trois villages sur le sommet. Avant la révolte des pueblos, ils se trouvaient au pied de la mesa :

  1. Shungopavi : Le plus ancien pueblo Hopi créé par le clan des ours.
  2. Sipaulovi : Fondé dans les années 1690.
  3. Mishongnovi : Créé vers 1600 au pied de la montagne, puis déménagé vers le sommet dans les années 1690, devait protéger Corn Rock, un lieu sacré.

Third Mesa (troisième Mesa) :

  1. Kykotsmovi (New Oraibi) : Son nom signifie "la colline des maisons en ruine". Créé par des habitants d'Old Oraibi.
  2. Orayvi (Old Oraibi) : une très ancienne fondation datant de 1150.

À la fin du XIXe et le début du XXe siècle trois villages ont été fondés suite à des scissions. Hotevilla, Bacavi et Moenkopi.

Histoire[modifier | modifier le code]

Pour la période avant l’arrivée des Européens

Article détaillé : Anasazis.

Les conquistadores sous les ordres de Francisco Vásquez de Coronado arrivent au pueblo des Zuñis en 1540, croyant avoir trouvé une des sept cités d'or de Cibola. En 1698, l'année de la création d'une colonie permanente d'Espagnols dans ce qui est aujourd'hui le Nouveau-Mexique, le pueblo Acoma fut presque entièrement détruit par les troupes de Juan de Oñate en réponse à la mort de treize de ses soldats. En signe de paix on y construisit une mission catholique en 1629. Toutefois des tensions persistèrent et menèrent à la révolte des pueblos en 1680: ils organisèrent une attaque commune, surmontant la difficulté qu'étaient leurs nombreuses langues et dialectes. Les causes de la révolte sont l'exploitation de la main d'œuvre indienne, l'obligation de payer un impôt aux Espagnols et la christianisation forcée. Jusqu'en 1698, il n'y eut plus un seul Espagnol dans la région.

Après la guerre américano-mexicaine (1846-1848), le Nouveau-Mexique et l'Arizona devinrent, en 1848, territoires des États-Unis, avec le statut d'états en 1912.

Société[modifier | modifier le code]

La société des indiens Pueblos, à part les Tewas, est matriligne. La communauté est organisée en clans, qui portent des noms de plantes, d'animaux ou de phénomènes naturels. Bien que les bâtiments soient construits par les hommes, ils sont la propriété des femmes. Quand un jeune homme se marie, il rejoint la famille de sa femme. Chez les Tewas le jeune couple rejoignait soit le clan de l’homme ou de la femme, en tenant compte de la situation économique de chacun.

Chaque pueblo a un gouvernement autonome dirigé par les sociétés d’hommes. Les Espagnols, et plus tard les Américains, ont instauré un gouverneur civil, en principe une personnalité qui avait leur confiance. Mais de fait, c’étaient les dirigeants des pueblos qui contrôlaient les nominations, ce qui explique pourquoi des rites traditionnels ont été conservés malgré la présence de missionnaires catholiques depuis le XVIIe siècle[1].

Les indiens Pueblos étaient agriculteurs et cultivaient surtout du maïs, des courges et des haricots. Depuis le VIe siècle ils élevèrent également des dindons. Il n’y avait que peu d’échanges entre les différents pueblos.

Les hommes filaient et tissaient des vêtements avec le coton qu’ils cultivaient. Les métiers à tisser étaient installés dans les kivas.

Les armes étaient l’arc et les flèches, la lance, différentes massues, ainsi qu’une sorte d’épée en obsidienne, comme en utilisaient les Aztèques. Ils avaient également des boucliers en cuir de bison et plus tard aussi en cuir de vache.

Les paniers et autres ustensiles en vannerie étaient utilisés partout, ainsi que la poterie. Chaque pueblo utilise des décorations qui lui sont propres.

Religion[modifier | modifier le code]

À côté du christianisme, les Pueblos pratiquent toujours leurs cultes animistes traditionnels. Ce ne sont pas des divertissements pour touristes. Au contraire, les pueblos sont souvent interdits aux étrangers au moment des grandes cérémonies.

Les rites et cérémonies se déroulent sous la responsabilité des sociétés secrètes. Les objets sacrés sont conservés dans les kivas où se déroulent également certaines cérémonies, d’autres à l’extérieur. Dans ce cas, elles sont accessibles aux femmes qui n’ont pas le droit de pénétrer les kivas. Il existe des cérémonies de pluie, de récolte, de chasse, de guerre, etc. Chez les Hopis, elles régissent toute la vie quotidienne. Les esprits sont représentés par des Kachinas. Un danseur qui met le masque de son kachina devient cet esprit. À Santa les femmes avaient le droit d’être danseuses de kachina à la différence des autres pueblos où elles étaient au mieux acceptées comme membres des sociétés de kachinas[2].

À la mort d’une personne, elle était enterrée sans cérémonie et ses biens brûlés. En effet, les maladies et la mort étaient pour les Pueblos le fait de magie noire. Ceux qui avaient été en contact avec un mourant ou un cadavre devaient suivre une cérémonie de purification[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. W. Lindig: Die Kulturen der Eskimo und Indianer Nordamerikas. Wiesbaden, 1972. S. 333.
  2. W. Lindig S. 342.
  3. W. Lindig, S; 345

Sources[modifier | modifier le code]

  • James Griffin : Feldbauern in Nordamerika. In : Die Cambridge Enzyklopädie der Archäologie. München: Christian Verlag, 1980. S. 375-381. (Titre original: The Cambridge Encyclopedia of Archeology, London, 1980)
  • Wolfgang Habermas : Nordamerika. Indianer, Eskimo, Westindien. 3. Aufl. Baden-Baden ; Holle Verlag, 1979 ((Kunst der Welt)
  • Wolfgang Lindig : Die Kulturen der Eskimos und Indianer Nordamerikas. Wiesbaden: VMA Verlag, 1972
  • (en) La révolte de 1680

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) « Les ancêtres des Pueblo rentrent chez eux », dans National Geographic France, no 14, novembre 2000
  • (fr) « Histoire du Mexique », François Weymuller, Que sais-je ?-Presses universitaires de France, 1953
  • (fr) Pérez Patrick (2005) : "Les Indiens Hopi d'Arizona ; Six études anthropologiques", Paris : L'Harmattan.
  • Julia M. Keleher and Elsie Ruth Chant, The Padre of Isleta: The Story of Father Anton Docher, Sunstone press,‎ 2009 (ISBN 9780865347144)
  • Samuel Gance, Anton ou la trajectoire d'un père, L'histoire romancée du père Anton Docher. L'Harmattan, Paris, 2013, 208 p. (ISBN 978-2-336-29016-4)- La vie d'un missionnaire Français chez les indiens Tiwas du Nouveau-Mexique.

Articles connexes[modifier | modifier le code]