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Ku Klux Klan

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Une cérémonie du Ku Klux Klan, en 1922.

Le Ku Klux Klan (appelée souvent par son sigle KKK ou également le Klan), fondé le 24 décembre 1865 est une organisation suprématiste blanche protestante des États-Unis. Classée à l'extrême-droite sur l'échiquier politique américain, elle n'a cependant jamais été un parti politique, mais une organisation de défense ou de lobbying des intérêts et des préjugés des éléments traditionalistes et xénophobes de certains Blancs protestants, les White Anglo-Saxon Protestant (WASP - acronyme en jeu de mots avec la guêpe en anglais) qui se revendiquent en tant que communauté « ethnico-religieuse » et appuient leur revendication d'une « suprématie blanche » sur une interprétation très particulière de la Genèse 9:27 (très présente dans le « Bible belt »)[1] et sur les doctrines racistes de l'anthropologie du XIXe siècle[2].

Au XXIe siècle, elle est surtout une nébuleuse d'organisations plus ou moins formelles et structurées, légales ou clandestines, souvent rivales entre elles. Bien qu'elle demeure un symbole fort, elle n'en est pas moins concurrencée aujourd'hui par des organisations à l'image moins archaïque, comme les groupes néonazis, plus ouvertement révolutionnaires, ou les milices privées d'autodéfense, plus communautaires et communalistes.

Le Ku Klux Klan prône schématiquement la suprématie de la « race » blanche sur les autres « races » — Noirs (descendants des anciens esclaves), Asiatiques (immigrés chinois et japonais), la communauté Arabe, Hispaniques (Mexicains, Cubains, Portoricains et autres peuples issus d'Amérique latine), ainsi que généralement l'antisémitisme, l'anticatholicisme (ici sont surtout visés, à l'origine du moins, les immigrés d'obédience catholique : Polonais, Italiens et Irlandais), l'antiorthodoxie (ici sont visés les levantins et les Européens orientaux tels les Grecs, Roumains, Yougoslaves, Russes ou Ukrainiens...), l'anticommunisme et l'homophobie. Il est d'abord conservateur et xénophobe. Dans une large mesure, il est aussi très anticentraliste (très hostile à ce qu'il considère comme des empiètements des autorités fédérales sur les droits des États) et plutôt isolationniste en politique étrangère.

Le Ku Klux Klan est primitivement issu de la défaite et de l'occupation des onze États sécessionnistes de l'Union en 1860-1861 et membres des États confédérés d'Amérique (CSA), territoire familièrement appelé Dixieland par les troupes fédérales et de la réaction spontanée des éléments les plus actifs de la population devant les excès commis par celles-ci et surtout par leurs collaborateurs civils.

Il renaît beaucoup plus tard au moment de la Première Guerre mondiale, mais cette fois-ci sous la forme d'une association légale et culturelle, ouverte à tous les WASP, du Nord comme du Sud, désireux de défendre les valeurs qu'ils considèrent comme fondamentales de la « Nation blanche » américaine. Le second Ku Klux Klan disparaît officiellement en 1944.

Étymologie

Le nom « Ku Klux Klan » vient du mot grec kuklos, qui signifie cercle. C'est l'un des fondateurs, James R. Crowe, qui a l'idée de séparer le mot en deux et de changer la fin, ce qui donne Ku Klux (en latin, lux signifie « lumière »). Comme les fondateurs ont tous des ancêtres écossais, un autre fondateur, John C. Lester, propose de rajouter le mot clan à la fin, en remplaçant le C par un K, de manière à uniformiser la première lettre des trois mots[3].

Débuts

La création du Ku Klux Klan est à l'origine une conséquence directe de la défaite des troupes confédérées sudistes contre les unionistes nordistes (Yankees) à la fin de la guerre de Sécession et s'inscrit durant une période tendue de l'histoire des États-Unis avec l'assassinat du président Abraham Lincoln en 1865, les massacres des Noirs à Memphis et à La Nouvelle-Orléans en 1866 et la procédure de destitution du président Andrew Johnson de 1867 à 1868.

Le Ku Klux Klan est fondé dans la nuit du 24 au 25 décembre 1865, par six jeunes officiers sudistes (J. Calvin Jones, Frank O. McCord, Richard R. Reed, John B. Kennedy, John C. Lester, James R. Crowe) habitant la ville de Pulaski, dans le Tennessee. Des tentatives sont faites pour créer une structure allant des groupes locaux dans les comtés jusqu'à une organisation nationale. Notamment un questionnaire à soumettre aux nouveaux membres avant admission est conçu, qui teste l'adéquation des idées du candidat avec celles du Klan (en particulier sur la supériorité des droits des Blancs sur les Noirs). Cependant, les structures locales demeurent autonomes, et aucune structure intermédiaire au niveau des États ou des districts n'est mise en place.

L'association s'inspire à l'origine des fraternités d'étudiants, tradition américaine venue d'Europe et en particulier des universités britanniques et allemandes, d'où l'utilisation de termes grecs et d'un rituel parodique des loges maçonniques. Quelques auteurs spécialistes comme Walter Lynwood Fleming et Susan Lawrence Davis (en) ont tenté de tracer un lien entre le Klan et la franc-maçonnerie[4]. En effet, le chef maçonnique Albert Pike aurait occupé un rang élevé au sein du KKK[5],[6].

Par ailleurs, le terme kadosh est emprunté au langage de l'ésotérisme, de l'occultisme des sociétés secrètes[7].

Premier Klan ou « Klan primitif »

Nathan Bedford Forrest, le premier Grand Sorcier du Ku Klux Klan.

Petit à petit, le Ku Klux Klan devient de plus en plus important et cherche à se structurer avec l'aide plus ou moins ouverte de notables civils ou militaires de l'ancienne confédération sudiste. Le Klan va se transformer en une armée secrète de résistance du Sud.

C'est ainsi que Nathan Bedford Forrest, un ancien général de cavalerie de l'armée confédérée, est choisi comme chef et organisateur en 1867. Forrest prend alors le contrôle de l'organisation en proclamant une Constitution, qui fixe les buts et le fonctionnement du Ku Klux Klan. Bien que se définissant comme une « institution chevaleresque, humanitaire, miséricordieuse et patriotique », il se fixe comme « but sacré » le « maintien de la suprématie de la race blanche dans cette république », et ce par des méthodes contredisant souvent ces valeurs. Un organigramme est créé, avec à sa tête le premier « Grand Sorcier du Ku Klux Klan ». Ce rôle revient en 1867 à Forrest lui-même qui veut faire du KKK une force influente sur la scène politique.

La victoire des nordistes a plusieurs conséquences : le maintien des ex-états confédérés de 1860 dans l'Union, l'abolition de l'esclavage, l'économie rurale du Sud ruinée. Le Klan s'oppose aux récentes lois qui accordent aux Noirs des droits plus proches de ceux des Blancs qu'auparavant. La volonté de laisser aux habitants du sud une autonomie politique vis-à-vis de l'état fédéral est un levier important dont se sert le Klan. Le Ku Klux Klan souhaite avoir un impact sur le résultat des élections. Il va influer par toutes sortes de moyens : intimidation, chantage et corruption pour imposer ses candidats au sein du parti démocrate, puis pour faire triompher ceux-ci aux élections pour les institutions des états sécessionistes. Par exemple, dans le comté de Columbia, à l'élection d'avril 1868, 1222 personnes votèrent pour le candidat républicain au poste de gouverneur de Géorgie, mais seulement une seule pour le candidat Ulysses S. Grant à l'élection présidentielle de novembre.

Dessin paru dans le Harper's Magazine d'octobre 1874, critiquant l'alliance de la White League et du Ku Klux Klan contre la reconstruction du Sud.

Pour cela, Forrest va sillonner le pays pour y tenir des réunions. Chacune de ses apparitions sera suivie d'une vague de violence contre les Noirs. Les membres du KKK brûlent des croix devant les maisons des Noirs, font irruption chez eux pour les fouetter ou même les tuer en les pendant aux arbres. Certaines femmes enceintes sont éventrées et des hommes castrés. Les Blancs qui côtoient ou instruisent les Noirs sont également visés par le Ku Klux Klan ainsi que les carpetbaggers[8].

Anticipant une réaction officielle bien que tardive des autorités de Washington, Forrest dissout officiellement le Klan en 1869.

Suite à l'assassinat le 18 mai 1870, du sénateur républicain John Stephens (en) en plein tribunal et à la violence croissante des klanistes, le gouvernement fédéral va réagir officiellement. Aussi le 20 avril 1871, la loi Ku Klux (The Klan Act) est votée au Congrès des États-Unis pour abolir le Ku Klux Klan[8]. Le Président des États-Unis de l'époque, le général Ulysses Simpson Grant, instigateur de la loi Ku Klux, déclare la loi martiale dans 9 comtés de Caroline du Sud. Plusieurs milliers de membres du KKK sont arrêtés. La plupart sont libérés, faute de preuves. Mais le Ku Klux Klan en tant qu'organisation active disparaît rapidement. Il est officiellement interdit en 1877[9].

La plupart des institutions des anciens états confédérés sont alors déjà repassées sous le contrôle des sudistes. Le principe de la ségrégation raciale s'est imposé, y compris dans les États du Nord, confrontés à une émigration importante des anciens esclaves, désormais sans travail, vers les grands centres industriels.

D'autres organisations comme la White League ou Shot Gun (en) furent alors créées par d'anciens membres du Klan. Elles continuèrent de mener des campagnes de lynchage et de terreur, mais elles n'eurent pas l'importance et l'influence du Ku Klux Klan original.

Second Ku Klux Klan ou « Klan moderne » (1915-1944)

William J. Simmons, fondateur du second Ku Klux Klan.

C'est le livre The Clansman (L'Homme du Clan) de Thomas Dixon paru en 1906, mais surtout son adaptation au cinéma par David Wark Griffith dans son film The Birth of a Nation (Naissance d'une nation) sortie en 1915, qui marque la renaissance du KKK. Celle-ci est principalement l'œuvre de William Joseph Simmons. Ce dernier se sert de la popularité du film et de son parti pris pour le Klan et les sudistes pour réunir quelques personnes et relancer le Klan. Il inaugurera la renaissance du Klan au sommet de la Stone Mountain, en Géorgie.

À cette époque et alors qu'ils s'engagent dans la Première Guerre mondiale sous la direction d'un président progressiste, mais sudiste et partisan de la reconnaissance de la libre-détermination des peuples par le droit public international (thèse qui justifie la sécession a posteriori et condamne ainsi paradoxalement Abraham Lincoln et invalide l'arrêt de la Cour Suprême sur la perpétuité de l'Union), les américains blancs de tous les états ont la sensation pour la première fois de constituer une véritable nation centrée autour des valeurs des pères fondateurs : autodétermination, liberté d'entreprise, individualisme et respect absolu de la propriété.

Le second Ku Klux Klan sera donc très différent du premier, bien qu'il combatte également aussi pour la « suprématie de la race blanche ». Mais comme les blancs ne se sentent plus menacés en ce sens, il rajoute désormais à cette problématique le rejet de la nouvelle immigration non "nord-européenne" et non protestante et la préservation des valeurs qu'il considère comme celles que les Pères fondateurs ont incarnées. Le nouveau Ku Klux Klan n'est plus uniquement une organisation née de la défaite sudiste, il est parfaitement légal, ouvert à tous les américains blancs, protestants et conservateurs, transcende les anciens clivages partisans et régionalistes et cherche à rassembler tous les américains "authentiques" qui voient comme des influences permissives endogènes ou venues de l'étranger les nouvelles tendances de la société (communisme, syndicalisme révolutionnaire, socialisme, féminisme, athéisme, catholicisme, crime organisé, libéralisation des mœurs…).

Discrètement patronné par le président Wilson, puis ses successeurs, le mouvement prend une ampleur considérable en quelques années et ne concerne plus uniquement le Vieux Sud. Il apparait comme une fraternité de masse, et en être membre est considéré comme une marque de patriotisme. Au milieu des années 1920, les membres du second Ku Klux Klan sont estimés à cinq millions[10]. Rapidement, il devient une force politique influente avec laquelle les hommes politiques doivent compter. Le quartier général du second Ku Klux Klan s'installa à Washington, plusieurs parades gigantesques furent même organisées dans la capitale.

Ses membres continuent de pourchasser les Noirs, les immigrants, les catholiques, les juifs et tous ceux qui les côtoient et qui les aident. Certains sont marqués au fer des trois lettres du Ku Klux Klan, d'autres sont badigeonnés de goudron bouillant puis couverts de plumes tels des poulets et les campagnes de lynchage aux branches des arbres se poursuivent. Toutes ces actions violentes font perdre le soutien de certains responsables politiques. La Louisiane vote une loi interdisant de se masquer le visage en dehors de certaines fêtes, comme le Mardi gras. D'autres États vont suivre l'action de la Louisiane. Le président Harding agit contre les lynchages en autorisant le FBI à intervenir. Le Ku Klux Klan est officiellement interdit en 1928[11].

Membres du Ku Klux Klan défilant sur Pennsylvania Avenue à Washington DC en 1928.

Par ailleurs, un certain nombre d'affaires criminelles révèlent la corruption des dirigeants, petits ou grands, d'une organisation qui forte de son ancrage territorial se comporte comme la mafia des Wasp. Toutes ces raisons ainsi que la crise de 1929 affaiblissent l'organisation qui n'en contrôle pas moins un certain nombre de voix nécessaires à l'obtention de l'investiture démocrate. La même année fut créée une Commission des activités antiaméricaines de la Chambre des Représentants, afin de lutter contre le Klu Klux Klan.

Des dissensions au sein du Klan éclatent à l'approche de la guerre. La montée du nazisme en Allemagne attire la sympathie de certains membres. Quelques liens seront même créés, mais tout s'effondre après l'attaque de Pearl Harbor par l'aviation japonaise. De nombreux membres du Klan s'engagent pour partir en guerre contre le Japon. L'Allemagne nazie, alliée du Japon, est désignée comme un ennemi, les liens qu'ont tissés certains membres se brisent.

Le choix de Harry S. Truman, ancien sympathisant du Klan, comme vice-président par Franklin Roosevelt en 1944 a souvent été interprété comme un appel du pied aux électeurs du sud. Bien que démocrate conservateur, Truman a cependant toujours été l'un des plus fermes soutiens de la politique sociale de Roosevelt en tant que représentant du Missouri, très fortement affecté par la crise économique. Il a même permis aux Afro-Américains de devenir officiers dans l'armée au cours de son deuxième mandat[12].

Le second Ku Klux Klan disparait officiellement en 1944 après sa mise en liquidation judiciaire par Evans suite à des impôts impayés depuis 1920 qui s'élèvent à 685 000 dollars et réclamés par le Service des contributions directes.

Groupuscules

Croix enflammée lors d'une réunion du KKK en 1987, dans le comté de Jackson, Ohio.

Après la Seconde Guerre mondiale, de nombreuses personnes tenteront de faire renaître une troisième fois le Ku Klux Klan, mais rien n'y fera. Il arrivera de temps à autre un regain d'activité de certains groupuscules lors d'événements tels que la loi contre la ségrégation dans les années 1950 et 1960. Certains groupes s'essaieront même à l'anticommunisme, mais rien n'y fait ; le Ku Klux Klan, tel qu'il était auparavant, n'existe plus. En 1978, on comptait environ 10 000 membres, mais les effectifs sont en forte diminution depuis cette date.

Le Ku Klux Klan est également associé avec d'autres mouvements de l'extrême-droite américaine tels que Nations aryennes, WASP, The Order, ou Posse Comitatus et au Canada, comme les Orangistes[13].

Le Ku Klux Klan existe aujourd'hui dans de nombreuses organisations toujours actives aux États-Unis, réparties à travers divers États ou répondant à des doctrines particulières, certaines ne contiennent qu'une dizaine de membres tandis que d'autres en sont de véritables organisations.

Dans les années 1990, on estimait à 3 000 le nombre de membres d'un groupe se référant au Ku Klux Klan, mais un rapport national de l'Anti-Defamation League publié en février 2007[14] estime que ce nombre a augmenté depuis 2000. Il compterait actuellement 5 000 à 8 000 membres répartis dans 179 sections, et s'organise avec divers mouvements boneheads (skinheads nazis) dans des actions militantes (organisation de rassemblements, campagnes de recrutement, distributions de tracts et de pamphlets racistes)[15].

Les plus importants groupuscules sont :

  • Bayou Knights of the Ku Klux Klan, agissant dans le Texas, Oklahoma, Louisiane et d'autres zones du sud des États-Unis
  • Church of the American Knights of the Ku Klux Klan
  • Imperial Klans of America
  • Knights of the White Kamelia
  • Knights of the Ku Klux Klan, dirigé par le directeur national pasteur Thomas Robb, et basé à Zinc dans l'Arkansas. Considéré comme la plus grande organisation portant le nom Ku Klux Klan aux États-Unis. Elle se considère elle-même comme la « sixième zone du Klan » et continue d'être un groupe raciste.

Au Canada

Bien que principalement présent aux États-Unis, le Ku Klux Klan s'est exporté au Canada, notamment en Saskatchewan. Il joue un rôle à la fin des années 1930, mais tout comme aux États-Unis, il devient anecdotique[16],[17],[13].

Culture

Tout un folklore est créé autour du Klu Klux Klan : les membres portent une cagoule blanche pointue sur leur tête et une grande robe assortie sur le corps ; même leurs chevaux sont déguisés de cette façon. Leurs premières « chevauchées » ont pour but de terroriser les Noirs : ils font croire à ces derniers, alors majoritairement dénués d'instruction et très superstitieux, qu'ils sont les fantômes des soldats confédérés morts au combat venus se venger. Ces costumes sont copiés sur les capirotes portés par les processionnaires espagnols. La célébrité du Klan étant devenue très supérieure à celle des processionnaires espagnols, les costumes de ces derniers sont parfois mal perçus.

Une légende urbaine affirme que le cigarettier Marlboro appartient au Ku Klux Klan. Malgré la ressemblance du logo de Marlboro avec un K, la rumeur est vraisemblablement fausse[18].

Grade et hiérarchie

Symbole du Ku Klux Klan.

Une hiérarchie et les grades qui vont avec sont établis, avec lors des cérémonies des couleurs de robes différentes :

  • Klansman : simple membre du Ku Klux Klan (robe de couleur blanche traditionnelle)
  • Nighthawk : responsable de la sécurité (robe de couleur noire)
  • Chaplain : prêcheur (robe blanche avec une écharpe rouge)
  • Exalted Cyclops ou Klavern : responsable d'une ville (robe noire avec une écharpe rouge et 4 chevrons rouge sur les manches)
  • Klaliff : assistant des Exalted Cyclops ou leur second (robe de couleur Or)
  • Titan : responsable d'une large zone équivalent à un district (robe blanche et écharpe verte et 4 chevrons vert sur les manches)
  • Kludd : responsable au-delà d'un certain nombre de Klavern (robe blanche et écharpe couleur pourpre et 4 chevrons pourpre sur les manches)
  • Kleagle : directeur des relations publiques et chargé du recrutement des Chaplains et Cyclops (robe de couleur rouge)
  • Grand Dragon : responsable d'un État (équivalent à un gouverneur) (robe de couleur verte)
  • Imperial Wizard ou Grand Wizard : le rang le plus important du Ku Klux Klan (robe de couleur pourpre)[19]

Analyse socio-historique

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Si l'organisation nationale se dissout volontairement, complètement discréditée après la guerre, peut-être d'ailleurs à l'instigation de Truman lui-même qui tout en partageant ses idées, s'est rapidement démarqué d'une organisation dont il désapprouvait les actions illégales et inopportunes surtout après les excès du nazisme, les structures de bases demeurent et c'est à elles qu'aura à faire le mouvement des droits civiques des années 1960.

Le vrai Klan n'est pas fasciste ou nazi, même s'il peut entretenir des liens avec des partis se réclamant de ces doctrines, les tendances socialisantes, centralistes et autocratiques de ces mouvements lui seraient même antagonistes par principe. En revanche, il est proche idéologiquement des milices, comités de vigilance, groupes anti-fédéralistes, anti-fiscalistes ou conspirationnistes.

D'ailleurs, ce n'est pas un parti mais plutôt une sorte de "syndicat" composé d'une multitude de cellules presque indépendantes les unes des autres depuis les offensives du FBI dans les années 1960-1970 qui l'ont poussé à la discrétion, le cloisonnement, la mise en sommeil "officielle", le recours aux petites structures informelles à recrutement restreint, bref à une sorte de retour aux origines et à la clandestinité, les structures officielles et les membres déclarés et répertoriés n'étant souvent qu'un paravent volontairement "bruyant".

Le Klan représente le fond même de la droite raciste et provinciale américaine, ses racines plongent en quelque sorte dans le cœur de l'âme du pays, de son histoire et de sa société. Il est beaucoup plus aujourd'hui une tradition, une légende ou une référence culturelle qu'une véritable organisation. Il ne peut pour cette raison être combattu institutionnellement qu'en surface, étant toujours prêt à resurgir avec souvent des hommes nouveaux si les racines qui ont amené son apparition dans l'histoire n'ont pas disparu ou ressurgissent ou si les circonstances lui redeviennent à nouveau favorables.

Le Klan est conservateur et raciste. Il ne veut pas la révolution, mais le retour à l'ordre constitutionnel des années 1950 fondé sur la ségrégation, car c'était au prix de cette ségrégation que les sudistes avaient accepté leur défaite, la fin de l'esclavage et la perte de leur influence économique au profit du Nord.

Son programme se résume dans la phrase prêtée au général Forrest : « Vous devez assurer la suprématie de la race blanche dans cette République ».

Bibliographie

Voir aussi

Notes et références

  1. Dans l'interprétation de la Genèse 9:27 sur laquelle s'appuient les doctrines racistes, les blancs descendent de Japhet, fils préféré de Noé, et les noirs de Cham, le maudit, dont la descendance est vouée à l'esclavage ; naturellement tout mélange est à proscrire.
  2. Anthropologie du XIXe siècle : voir notamment Cesare Lombroso.
  3. (fr) Paul-Éric Blanrue, « Le Ku Klux Klan : un contre-pouvoir criminel », Historia (consulté le 25 août 2008)
  4. Voir Authentic History, Ku Klux Klan, 1865-1877, Susan Lawrence Davis, S. L. Davis, 1924
  5. Voir page 27 in Ku Klux Klan: Its Origin, Growth and Disbandment, John C. Lester, Daniel Love Wilson et Walter Lynwood Fleming, Neale Publishing, 1905 qui soutient que « General Albert Pike, who stood high in the Masonic order, was the chief judicial officer of the Klan»
  6. p. 20 in A Chronology and Glossary of Propaganda in the United States, Richard Alan Nelson, Greenwood Press, 1996 :« (...) Ku Klux Klan is founded in Nashville, Tennessee, by General Albert Pike and others as a secret society (...) »
  7. Voir page 483-488 sur le titre 'kadosh' dans la franc-maçonnerie et autres sociétés in Le Grand Manuel de Franc-maçonnerie, Geoffray d'A, Editions Initiatis, 2007, (ISBN 9782952942003)
  8. a et b Jean-Michel Lacroix, Histoire des États-Unis, Paris, Presses universitaires de France,‎ 2007 (2°éd.) (ISBN 978-2-13-056074 6), p.261
  9. Christian Delacampagne, Histoire de l'esclavage. De l'Antiquité à nos jours, Paris, Le livre de poche,‎ 2002 (ISBN 2253905933), p.254
  10. Christian Delacampagne, Histoire de l'esclavage. De l'Antiquité à nos jours, Paris, Le livre de poche,‎ 2002 (ISBN 2253905933), p.257
  11. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées .27Delacampagne254.27.
  12. Christian Delacampagne, Histoire de l'esclavage. De l'Antiquité à nos jours, Paris, Le livre de poche,‎ 2002 (ISBN 2253905933), p.259
  13. a et b « Booze » : when whiskey ruled the West, Macmillan of Canada, 1972, de James H. Gray du Winnipeg Free Press.
  14. (en) The Ku Klux Klan Today
  15. (fr) Le Ku Klux Klan reprend du poil de la bête, dans le Courrier international
  16. Paul Banfield, « Ku Klux Klan », L'Encyclopédie canadienne (consulté le 9 février 2009)
  17. Petite histoire du mouvement orangiste canadien, par Pierre-Luc Bégin, Les Éditions du Québécois, 2008, 200 p. (ISBN 2923365224).
  18. (en) Welcom to Marlboro KKKountry
  19. http://www.kkk.bz/party.htm