Année géophysique internationale

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir AGI.
Réplique de Spoutnik 1 mit en orbite le 4 octobre 1957.
Vue de la station Vostok en 2004.
Timbre japonais de 10 yens sur l'AGI de 1957.
Explosion de la Vanguard TV3 destinée à l'AGI le 6 décembre 1957.
Lancement d'Explorer 1 le 1er février 1958

L’année géophysique internationale (AGI) fut un ensemble de recherches, coordonnées à l’échelle mondiale, menées entre juillet 1957 et décembre 1958, lors d’une période d’activité solaire maximum, en vue d'une meilleure connaissance des propriétés physiques de la Terre et des interactions entre le Soleil et notre planète.

Sommaire

Historique [modifier]

Au XIXe siècle, des expéditions sous drapeau national contribuaient en premier lieu à la recherche des zones polaires de la Terre. Toutefois sur l'initiative des nations scandinaves une première Année polaire internationale fut réalisée en 1882/83. Après une répétition en 1932/33, un troisième exercice fut proposé pour 1956/57.

Alors l’Américain Lloyd V. Berkner représentant un groupe de chercheurs anglo-américains proposa en 1950 d’élargir le périmètre de l'exercice au globe terrestre entier. Cette proposition fut acceptée par le Conseil international des unions scientifiques (ICSU) qui invita les académies nationales de participer. Il était proposé que cette troisième année polaire eut lieu en 1957/1957 pendant la prochaine période d'activité solaire maximum.

Or dans ces années de la guerre froide l’échange scientifique fut extrêmement limité entre le bloc de l'Est et l’Ouest. Heureusement, après la mort de Joseph Staline en changeant sa politique l'Union soviétique sauva l'idée de Berkner en acceptant l'offre. À la fin, 67 États participaient, dont tous les pays importants, à l'exception de la république populaire de Chine (protestant ainsi contre la participation de Taiwan).

En octobre 1952, l'ICSU nommé officiellement cette entreprise "Année géophysique internationale"- AGI et un comité spécial fut créé le même mois qui tenant une réunion à Bruxelles mit en place les grandes lignes de celles-ci. Est et Ouest tombaient d'accord en choisissant le Belge Marcel Nicolet comme secrétaire général de l'entreprise[1].

L’AGI permit de réaliser de nombreuses observations simultanées, portant sur divers phénomènes géophysiques, depuis un grand nombre de zones du globe, surtout celles délaissées jusqu’alors comme les régions polaires, en particulier l’Antarctique avec la mise en place de bases scientifiques comme Amundsen-Scott et la base antarctique Vostok.

Après la fin du projet le roi Baudoin Ier a nomme Nicolet baron héréditaire témoignant ainsi le succès de l'AGI.

Sa préparation stimula puissamment la recherche. Dans beaucoup de domaines on créa pour l'AGI des nomenclatures vraiment internationales remplaçant les systèmes différents appliqués avant. Ainsi des données comparables sont alors obtenues à l’échelle internationale. Nombre d'exercices coordonnés internationaux furent organisés durant l'AGI et sont devenus pratique courante depuis. On peut dire que par l'AGI la géophysique fut internationalisée. L'AGI constitua aussi le début de la conquête de l'espace, les États-Unis et l’Union soviétique ayant annoncé dès juillet 1955 qu’ils lanceraient chacun un satellite artificiel à l’occasion de l’AGI.

Les avatars du programme Vanguard, choisi pour représenter la contribution américaine à l’AGI, valurent à l’URSS d’être, à la surprise générale, la première puissance à mettre en orbite un satellite, Spoutnik 1.

En ce qui concerne les États-Unis, sur l'intervention de Wernher von Braun le président Dwight David Eisenhower se décida enfin en faveur de la ligne de développement militaire. Ainsi le premier satellite américain, Explorer 1, fut enfin lance le 1er février 1958 par une fusée Jupiter-C. Il permit l’une des découvertes les plus importantes de l’AGI : celle de la ceinture de Van Allen.

L’AGI fut également l’occasion pour des nations telles que la France, le Royaume-Uni, le Japon, le Canada et l’Australie de développer des programmes de fusée-sonde pour l’exploration de la haute atmosphère.

C’est ainsi que la France développa la version AGI de la fusée Véronique, qui pouvait emporter une charge utile de 60 kg à 210 km d’altitude.

En 2007/2008, une 4e année polaire internationale eu lieu[2].

Principaux événements [modifier]

En vue de son application et pendant sa durée, ont eu lieu de nombreux événements de grande importance scientifique, dont les suivantes:

  • Janvier 1956: La station de recherche Halley est construite dans l'Antarctique par le Royaume-Uni en vue de l'Année géophysique internationale
  • 9 janvier 1957: Les États-Unis ont inauguré la base permanente de l'Antarctique Amundsen-Scott, placée en face du pôle sud
  • 16 décembre 1957: Le base antarctique Vostok, située au cœur du Plateau de l'Antarctique, la zone la plus froide de la Terre, commença son activité
  • 1958 : la base de Showa est construite par une équipe japonaise, cette même équipe devra être évacuée suite à des conditions climatiques extrèmes et se contraindre à abandonner quinze chiens de traîneau. Koreyoshi Kurahara contera cette histoire dans le film Antarctica.
  • 4 octobre 1957: L'Union Soviétique lance le premier satellite artificiel, Spoutnik I
  • 31 janvier 1958 : Les États-Unis ont lancé son premier satellite, Explorer I
  • 1958: ils ont découvert les ceintures de Van Allen, grâce aux observations faites par les satellites Explorer I et III
  • 1958: la théorie de la tectonique des plaques est confirmée par la découverte de l'expansion des fonds océaniques

Notes et références [modifier]

  1. [PDF] L'année géophysique internationale, Werner Buedeler, UNESCO, 1957
  2. (fr) Site de l'Année polaire

Sources [modifier]