Apollo 1

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Apollo 1
Insigne de la mission
Données de la mission
Vaisseau Module de commande Apollo
Module de service Apollo
Fusée Saturn IB
Équipage 3 hommes
Date de lancement prévue le
Site de lancement Centre spatial Kennedy, Floride
Date d'atterrissage prévue le
Site d'atterrissage prévu dans l'Océan Atlantique
Durée prévue 14 jours
Photo de l'équipage
L'équipage avant l'incendie : Virgil Grissom, Edward White et Roger Chaffee
L'équipage avant l'incendie : Virgil Grissom, Edward White et Roger Chaffee
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Apollo 1 (initialement AS-204) devait être la quatrième mission du programme Apollo et la première emportant un équipage. Elle n’eut jamais lieu car un incendie éclata dans le module de commande du vaisseau lors d'une répétition au sol en conditions réelles le provoquant la mort de son équipage constitué des astronautes Virgil Grissom, Edward White et Roger Chaffee. Le vaisseau avait rencontré de nombreux problèmes de mise au point avant l'accident. Le déclenchement de l'incendie fut attribué par la commission d'enquête à un court-circuit dû à un fil électrique dénudé. L'enquête révéla l'utilisation de nombreux matériaux inflammables dans la cabine et beaucoup de négligences dans le câblage électrique et la réalisation du circuit de refroidissement. Le déclenchement et l'extension de l'incendie avait été favorisé par l'atmosphère d'oxygène pur (dépourvu d'azote) donc extrêmement inflammable, solution technique qui était déjà celle employée à bord des vaisseaux Mercury et Gemini.

A la suite de cet accident de nombreuses modifications furent apportées pour que la cabine du vaisseau offre une meilleure résistance au feu. L'écoutille fut modifiée pour pouvoir être ouverte en moins de 10 secondes. De l'azote fut ajouté à l'atmosphère de la cabine durant la première phase du vol. L'ensemble du programme Apollo subit une revue qui entraîna la modification de nombreux composants. Les exigences de qualité et les procédures de test furent renforcées. Tout le programme Apollo subit un décalage de 21 mois.

Contexte[modifier | modifier le code]

Construction du module de commande (n° de série 12) chez North American.

La mission AS-204 devait constituer le quatrième vol du programme Apollo et le premier à emporter un équipage. Les trois vols qui avaient précédé avaient permis de tester l'étage S-IVB, 3ème étage du futur lanceur Saturn V, ainsi que le vaisseau Apollo. Dans le cadre de cette quatrième mission, lancée comme les précédentes par une fusée Saturn IB, l'équipage devait tester le fonctionnement du vaisseau placé sur une orbite terrestre basse pour une durée de 14 jours si la mission se déroulait de manière nominale. Ce lancement devait également permettre de tester les opérations de lancements, de suivi depuis le sol et l'intégration du vaisseau avec le lanceur. La version du vaisseau utilisée n'était pas la version destinée à aller vers la Lune mais une version intermédiaire, dite Bloc I, développée

L'équipage[modifier | modifier le code]

L'équipage principal était composé de :

Deux équipages de remplacement ont été successivement désigné sur Apollo 1. D'avril à décembre 1966 :

Qui est devenu l'équipage de Apollo 9

Et de décembre 1966 à janvier 1967 :

Qui est devenu l'équipage de Apollo 7

L'accident[modifier | modifier le code]

Le 27 janvier 1967 l'équipage composé de Grissom, White et Chaffee débute un test destinée à s'assurer que le vaisseau est capable de fonctionner de manière autonome. Le vaisseau Apollo placé dans la tour de service au sommet de son lanceur est fermé de manière hermétique avec son équipage à l'intérieur entièrement équipé, les liaisons avec l'extérieur sont physiquement débranchées tandis que les communications ne se font plus que par radio. Comme il s'agit d'une répétition de lancement, les réservoirs de la fusée ne sont pas remplis. Ce test est une étape essentielle avant le lancement planifié pour le 21 février. Dès le début du test, plusieurs problèmes surgissent, dont une odeur âcre et irritante pour la gorge et des grésillements sur la radio rendant indiscernables les voix des trois astronautes.

Le vaisseau après l'incendie

Cinq heures après le début des tests, ceux-ci se poursuivent encore car ils ont été interrompus à plusieurs reprises pour résoudre différents incidents. Un sursaut dans le voltage du circuit électrique est constaté vers 18h30 et 54 secondes (heure locale) et 10 secondes plus tard Chaffey pousse un cri puis White annonce qu'il y a le feu dans le cockpit. Certains témoins racontent qu'ils ont vu sur les moniteurs de télévision White tenter d'atteindre la manette permettant d'ouvrir l'écoutille interne. Six secondes après l'intervention de White, on entend Chaffee s'exclamer qu'il a un incendie vraiment dangereux. Immédiatement après la coque pressurisée cède car la combustion des gaz a porté la pression interne à 2 bars : des flammes et des gaz de combustion se répandent dans les deux étages de la tour de service. On entend un dernier cri et une exclamation 'je suis en train de bruler' puis les communications sont interrompues. Il ne s'est écoulé que 15 secondes depuis que White a signalé le début de l'incendie.

Les personnes situées à proximité du vaisseau tentent d'ouvrir l'écoutille mais sont gênées par l'épaisse fumée qui a envahi les installations. Il faut près de 5 minutes pour qu'ils parviennent à ouvrir les trois trappes successives. Ils constatent que deux des astronautes se sont libérés des fixations de leur siège tandis Chaffee est resté attaché car c'est son rôle de maintenir les communications. Les combinaisons en nylon ont partiellement fondu et il faut près de 90 minutes pour que les corps des trois astronautes puissent être extraits de la cabine.

Le rapport de la commission d'enquête[modifier | modifier le code]

Immédiatement après l'incendie, Robert Seamans, l'administrateur adjoint de la NASA, nomme une commission d'enquête composée de l'astronaute Frank Borman, de Maxime Faget et de six autres personnes placées sous la direction de Floyd L. Thompson responsable du centre de recherche Langley. Des prises de photos tridimensionnelles de l'intérieur de la cabine du vaisseau incendié sont prises puis celui-ci est démonté tandis qu'un vaisseau identique, le CM-014, subit en parallèle les mêmes opérations. Chacune des pièces est alors examinée. Par ailleurs une autopsie des corps des trois astronautes est réalisée: les trois hommes sont décédés d'un arrêt cardiaque lié aux concentrations élevées de monoxyde de carbone. Leurs corps présentent des brûlures au troisième degré mais celles-ci se sont sans doute produites après leur décès. L'incendie en brulant les combinaisons des astronautes et les tubes d'amenée de l'oxygène les a plongé dans l'atmosphère hautement toxique de la cabine.

L'enquête menée montre que plusieurs erreurs ont été commises en partie liées à la complexité du projet, au planning très tendu découlant de l'objectif fixé par le président Kennedy (poser un homme sur la Lune avant la fin de la décennie) et la compétition dans laquelle la NASA pensait était engagée avec ses homologues soviétiques. Des problèmes de conception (entraînant l'utilisation de mauvais composants ou encore de matériaux inflammables) mais également d'organisation (les risques n'étaient pas assez pris en compte).

  • Le déclenchement de l'incendie sera attribué, sans être clairement identifié, à un court-circuit dû à un fil électrique dénudé. Il se serait produit sous le siège de Virgil Grissom. À cause de l'oxygène pur sous pression, la cabine s'embrasa rapidement, tuant les astronautes en moins de neuf secondes.
  • La cabine était tapissée de bandes de scratch, afin de permettre aux astronautes de coincer tout ce qui risquerait de flotter au milieu de la cabine, en apesanteur. Cependant, le Velcro explose dans une atmosphère d'oxygène. En 1966, il y avait 10 fois plus de Velcro dans la cabine que prévu à l'origine, parce que les astronautes avaient « personnalisé » leur vaisseau et en voulaient toujours plus partout[1].
  • le système d'ouverture de la capsule nécessitait une longue procédure de plus de deux minutes, là où les trappes des capsules Mercury s'ouvraient en moins d'une seconde à l'aide de boulons explosifs.
  • L'enquête révèle l'utilisation de nombreux matériaux inflammables dans la cabine
  • Beaucoup de négligences dans le câblage électrique et la plomberie[2].


Impact sur le programme Apollo[modifier | modifier le code]

Durant vingt-et-un mois, la fusée Saturn V et Apollo sont revues de fond en comble et plusieurs modifications importantes sont effectuées :

  • Remplacement de l'oxygène pur par un mélange d'azote (60 %) et d'oxygène (40 %),
  • les combinaisons sont améliorées pour les rendre moins inflammables
  • les câbles électriques sont mieux isolés
  • L'écoutille est modifiée pour s'ouvrir en moins de 10 secondes.

Ce réexamen complet du programme Apollo fut bénéfique pour la suite, à tel point que Donald Slayton, chef des équipes d'astronautes déclara[réf. souhaitée] :

« Je suis persuadé que nous aurions fini par nous casser la figure à plusieurs reprises avant d'arriver sur la Lune, peut-être même n'y serions-nous jamais arrivés s'il n'y avait pas eu Apollo 1. Nous sommes tombés sur un nid de vipères qui nous aurait donné bien du fil à retordre par la suite. Les problèmes auraient été traités petit à petit, sur plusieurs vols, en zigouillant plusieurs personnes au passage. L'incendie nous a obligés à arrêter tout le programme et à faire le grand nettoyage. »

Hommages[modifier | modifier le code]

Une plaque en marbre noir, sur laquelle on peut lire "In memory of those who made the ultimate sacrifice so others could reach for the stars. AD ASTRA PER ASPERA (A rough road leads to the stars). God speed to the astronauts of Apollo 1.
Plaque en mémoire des astronautes d'Apollo 1.

L'astronaute David Scott déposa une plaque commémorative et une petite sculpture sur la lune lors de la mission Apollo 15, en l'honneur des victimes de la conquête spatiale, toutes nationalités confondues.

La mémoire de Roger Chaffee est honorée par l'attribution de son nom à un cratère sur la face cachée de la Lune, et de son prénom (épelé à l'envers) à l'étoile Gamma des Voiles (baptisée « Regor »).

Les noms de Gus Grissom, Ed White et Roger Chaffee ont également été donnés à des collines entourant le site d'atterrissage sur Mars du rover Spirit lors de la mission MER.

Le complexe de lancement où a eu lieu l'accident, LC-34 (en), abrite désormais un mémorial à la mémoire des astronautes d'Apollo 1[3].

Références[modifier | modifier le code]

  1. D'après Andrew Chaikin et son livre "A man on the Moon", « Annexe 23 - Les vérités d'Apollo », sur le site web Capcom Espace (consulté le 23 juin 2014)
  2. W. David Compton SETBACK AND RECOVERY: 1967 Death at the Cape
  3. « Sur une base abandonnée, un mémorial pour les victimes d'Apollo 1 » (consulté le 24 avril 2015)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Frank A. Long, Robert W. Van Dolah et George Jeffs, Apollo 204 Review Board Final Report,‎ (lire en ligne)
    Rapport de la commission d'enquête
  • (en) G. Brooks, James M. Grimwood, Loyd S. Swenson, Chariots for Apollo : A History of Manned Lunar Spacecraft,‎ (lire en ligne)
    Histoire du développement des deux vaisseaux Apollo CSM et module lunaire avec le chapitre 9 consacré à Apollo 1 (document NASA n° Special Publication-4205)
  • (en) Charles D. Benson and William Barnaby Faherty, Moonport: A History of Apollo Launch Facilities and Operations,‎ (lire en ligne)
    Histoire des installations de lancement des missions Apollo avec le chapitre 18 consacré à Apollo 1 (document NASA n° Special Publication-4204)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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