Sioux

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Sioux

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Le chef Sioux Red Bird vers 1908

Populations significatives par région
Population totale 150 000 (2005)
Autres
Langues

Anglais, sioux, français

Le nom « sioux » désigne un important groupe linguistique du centre et du sud-est de l'Amérique du Nord, plus souvent[réf. souhaitée] appelé « siouan », lui-même subdivisé en deux sous-groupes, les Catobas aujourd'hui presque disparus (il existe encore une petite réserve dans la Caroline du Sud)[1], et la grande famille Sioux, qui comporte elle-même d'autres subdivisions (chiwere, dhegiha, winnebago, mandan, etc.). Mais le même nom, « sioux », est utilisé pour indiquer un groupe spécifique de tribus, culturellement et linguistiquement très proches, Lakota, Nakota et Dakota, noms qui signifient tous « alliés ». Le présent article traite fondamentalement ce deuxième usage du terme.

Quoique ce point soit incertain et discuté, le mot « sioux » proviendrait de l'expression « nadowe-is-iw-ug », qui, dans la langue des Ojibwés, signifierait « ennemis (nadowe) petits (is) ils sont (iw ug) » [2], parce que les Iroquois leur paraissaient des ennemis beaucoup plus dangereux. Ce terme a été repris par les Français au XVIIe siècle, et ensuite adopté par les Sioux eux-mêmes, mais aujourd'hui, ils préfèrent réutiliser leurs noms d'origine en disant « je suis lakota », « dakota » ou, très rarement, « nakota »[3]. « Nadowe-is-iw-ug » serait donc à l'origine un terme péjoratif que les Ojibwés et les Saulteaux, leurs parents des grandes plaines, utilisaient pour désigner les peuplades voisines dont les Blancs s'enquéraient de savoir le nom ; par simplification linguistique il n'en serait resté que le terme sioux qui aurait perdu ce sens péjoratif.

Les Sioux s'appellent entre eux « Oceti sakowin oyate », « le Peuple des Sept Feux » ou « le Conseil des Sept feux », en référence à leurs sept divisions politiques d'origine.

Tribus[modifier | modifier le code]

Groupe de Sioux, peint par Charles Deas, vers 1845

Ce peuple se partageait en trois grands groupes géographiques et dialectals, à leur tour subdivisés en sept tribus qui constituaient les « Sept feux du Conseil » d'origine :

Les Santis ou Dakotas (territoire traditionnel Minnesota) qui comprennent :

Les Sioux centraux ou Nakotas[3] (territoire national Dakota) qui comprennent (ou comprenaient) :

  • Yanktons « Iyanktonwan » (« Ils habitent au bout »). Yankton Sioux Tribe (Yankton - Dakota du Sud); Spirit Lake tribe (Réserve de Devil's Lake - Dakota du Nord)
  • Yanktonnais « Iyanktonwanna» (« Les petits Yankton »), qui étaient subdivisés dans les deux groupe des Upper Yanktonnais et des Hunkpatina[4] (« Ils campent à l'extrémité ») ou Lower Yanktonnais. Standing Rock Sioux Tribe (Réserve de Standing Rock - Dakota du Sud e du Nord); Réserve de Fort Peck (Montana); Lower Brulé Sioux Tribe et Crow Creek Sioux Tribe (Réserves de Lower Brulé et de Crow Creek - Dakota du Sud)

Les Tetons ou Lakotas (territoire traditionnel Dakota/Wyoming) qui constituaient à l’origine l’un des Sept Feux du Conseil, mais qui se subdivisèrent au XVIIIe siècle, après leur émigration vers les grandes plaines, en sept groupes :

  • Hunkpapas (« Ils campent à l'entrée ») Standing Rock Sioux Tribe (Réserve de Standing Rock - Dakotas du Sud et du Nord); Réserve de Fort Peck (Montana)
  • Oglalas (« Ils se dispersent ») Oglala Sioux Tribe et Rosebud Sioux Tribe (Réserves de Pine Ridge et de Rosebud - Dakota du Sud)
  • Sicangu (« Cuisses brûlées » ou «brulés»). Rosebud Sioux Tribe, Brule Sioux Tribe et Crow Creek Sioux Tribe (Réserves de Rosebud, de Lower Brule et de Crow Creek - Dakota du Sud)
  • Minneconjous « Mnikwojupi» (« Ils plantent près de l'eau »). Cheyenne River Sioux Tribe, Rosebud Sioux Tribe et Crow Creek Sioux Tribe (Réserves de Cheyenne River, de Rosebud et de Crow Creek - Dakota du Sud)
  • Sans-Arcs (« Sans arc »). Cheyenne River Sioux Tribe (Réserve de Cheyenne River - Dakota du Sud)
  • Two Kettles (« Deux fois bouilli »). Cheyenne River Sioux Tribe, Rosebud Sioux Tribe et Crow Creek Sioux Tribe (Réserves de Cheyenne River, de Rosebud et de Crow Creek - Dakota du Sud)
  • Blackfeet Sioux (« Pieds noirs » à ne pas confondre avec le peuple algonquin des Blackfoot). Cheyenne River Sioux Tribe (Réserve de Cheyenne River - Dakota du Sud) et Standing Rock Sioux Tribe (Réserve de Standing Rock - Dakotas du Sud et du Nord)

Les Assiniboins faisait originairement partie des Hunkpatina-Yanktonnais, mais plus tard ils se détachèrent de leur peuple d’origine pour se déplacer vers les régions canadiennes du Manitoba et de la Saskatchewan, où ils gardèrent leur idiome nakota et entrèrent dans un état de guerre permanente avec tout le reste de l’ancienne confédération Sioux, gagnant à juste titre le nom de Hohes (rebelles); ils peuvent être ainsi classifiés :

Histoire[modifier | modifier le code]

XVIIe siècle : premiers contacts avec les Européens[modifier | modifier le code]

Eddie Plenty Holes, un indien Sioux photographié vers 1899.

Les Français furent les premiers Européens à rencontrer les Sioux, sur la façade occidentale du lac Supérieur, dans les États actuels du Minnesota et du Wisconsin. À l'époque de ces premiers contacts, dans les années 1670-1680, les Sioux étaient sédentarisés en gros villages ; ils alternaient la culture du maïs, la cueillette du riz sauvage et la chasse aux bisons, présents alors dans les clairières du Haut-Mississippi.

XVIIIe siècle : la conquête de l'ouest[modifier | modifier le code]

Au cours du XVIIIe siècle, les bandes sioux, probablement chassées par les conflits alors endémiques autour des Grands Lacs et le développement des épidémies qui décimaient les tribus voisines, commencèrent leur migration vers l'Ouest. Ce mouvement au-delà du Mississippi était également motivé par l'abondance du bison et par l'apparition du cheval, venu des plaines du Sud, où les Indiens l'avaient adopté lorsqu'il était apparu avec l'arrivée des Espagnols, au XVIe siècle.

Au cours du XVIIIe siècle, les tribus sioux se constituèrent un véritable «empire» dans l'Ouest en repoussant les Crows (Corbeaux en français) vers les Montagnes Rocheuses, et les Panis sur la rivière Platte. Ils apparaissent dans les récits pour la première fois en 1650 dans la région des lacs Milles et Leech à proximité du Mississippi, dans le Minnesota. Les frontières de leur nouveau territoire étant à un jour de marche du lac Supérieur. Sous la pression des tribus Ojibwé (parmi les premiers à obtenir des armes à feu), ils se déplacèrent à nouveau plus à l’ouest, poussant devant eux les Cheyennes, les Omahas, les Corbeaux et d’autres tribus plus petites. Ils envahirent rapidement tout l’ouest et le sud-ouest du pays après l’acquisition de chevaux et de fusils.

Vers 1750, ils traversèrent le Mississippi et envahirent les Collines noires.

XIXe siècle : l'affrontement de deux empires[modifier | modifier le code]

Amos Two Bulls, indien Sioux du Dakota dans le Buffalo Bill's Wild West Show (1900), photographié par Gertrude Käsebier
Amos Two Bulls, indien Sioux du Dakota dans le Buffalo Bill's Wild West Show (1900), photographié par Gertrude Käsebier
Amos Two Bulls, indien Sioux du Dakota dans le Buffalo Bill's Wild West Show (1900), photographié par Gertrude Käsebier

L'expédition Lewis et Clark, au début du XIXe siècle, permit aux américains d'approfondir leurs connaissances sur les Sioux. À l'arrivée des colons américains dans les Grandes Plaines, dans les années 1830-1840, les Sioux occupaient ainsi un vaste territoire qui s'étendait depuis le Missouri jusqu'aux monts de la Little Bighorn (les actuels États du Dakota du Nord et du Dakota du Sud), ainsi que sur une partie du Minnesota, du Wyoming et du Nebraska. Dans cette conquête, la Confédération sioux s'est alliée aux Arapahos et aux Cheyennes ; cette alliance, qui perdura tout au long du XIXe siècle, faisait des Sioux la puissance militaire la plus imposante des Plaines du Nord.

XXIe siècle : le mouvement indépendantiste[modifier | modifier le code]

Le 20 décembre 2007, les représentants lakotas ont déclaré rompre officiellement les traités signés avec les États-Unis, les considérant sans valeur pour avoir été violés maintes fois par les États-Unis. Ils ont affirmé ainsi leur souveraineté sur les cinq États du Dakota du Nord, du Dakota du Sud, du Montana, du Nebraska et du Wyoming pour former la République Lakota[6].

Sioux célèbres[modifier | modifier le code]

Historiques[modifier | modifier le code]

  • Thaóyate Dúta (Sa Nation Rouge, mieux connu comme Little Crow), chef de guerre sioux mdewakanton dans le « soulèvement sioux » de 1862
  • Iŋkpáduta (Inkpaduta - Scarlet Point), chef de guerre sioux wahpekute, ennemi irréductible des Américains (actif 1857/1876)
  • Siŋté Glešká (Spotted Tail), grand chef sioux brulé, favorable à l'intégration dans la civilisation blanche
  • Maȟpíya Lúta (Red Cloud), grand chef sioux oglala, vainqueur de la « Guerre de Red Cloud » (1866-1868), ensuite favorable à l'intégration dans la civilisation blanche
  • Tȟatȟáŋka Íyotake (Sitting Bull), grand chef sioux hunkpapa, un des principaux résistants face à l'armée américaine
  • Tashunca-Uitco (Tȟašúŋke Witkó - Crazy Horse), grand chef Oglala, un des principaux résistants face à la civilisation des États-Unis
  • Wašíčuŋ Tȟašúŋke, American Horse, chef Lakota Oglala (1840-1908).
  • Colonel Gregory Boyington, pilote américain de la Seconde Guerre mondiale, d'origine sioux.

Contemporains[modifier | modifier le code]

Prénoms sioux[modifier | modifier le code]

Les Sioux ont donné des prénoms qui prennent souvent ancrage dans la nature qui les entoure, dans les forces surnaturelles qu'ils perçoivent, dans les qualités des personnes, ou bien dans d'autres évènements de la vie, souvent liés à la naissance. Tout comme l'ensemble des peuples amérindiens dont l'étymologie des prénoms amérindiens est similaire.

  • Abey : prénom féminin signifie « feuille » - Tribu Omaha.
  • Chumani : prénom féminin qui signifie « goutte de rosée ».
  • Eyota : prénom féminin qui signifie « la meilleure ».
  • Migina : prénom féminin qui signifie « lune descendante » - Tribu Omaha.
  • Winona : prénom féminin qui signifie « fille première née ».

Influence sur la toponymie[modifier | modifier le code]

Deux États des États-Unis, le Dakota du Nord et le Dakota du Sud portent le nom de la tribu Dakota. Deux autres États ont des noms d'origine sioux : le Minnesota (« mni » - « eau », et « sota » - « brumeux/fumeux, pas clair ») et le Nebraska dont le nom provient d'un langage proche du Santee, dans lequel « mni » et « blaska » (« plat ») font référence à la rivière Platte (nom français). Les États du Kansas, de l'Iowa et du Missouri portent les noms de tribus cousines des Sioux, respectivement les Kansa, les Iowa et les Missouri, tout comme les villes Omaha dans le Nebraska et Ponca City dans l'Oklahoma. Ces noms démontrent la large dispersion des peuples sioux dans le Midwest

Plusieurs municipalités du Midwest utilisent le mot « sioux » dans leur nom : Sioux City, Sioux Center (Iowa) et Sioux Falls (Dakota du Sud), il en est de même du nom de certaines rivières Little Sioux dans l'Iowa et Big Sioux qui marque la frontière entre l'Iowa et le Dakota du Sud. Une ville de Caroline du Nord a également utilisé un acronyme sioux pour nommer son cartier résidentiel : Pokep (ce qui veut signifier l'accord en langage traditionnel, restranscrit en un signe d'approuvement tel que "d'accord", "dacc'" ou bien "o.k" ,de nos jours)[réf. nécessaire]

Des villes de moindre importance et des entités géographiques des Plaines du Nord portent des noms d'origine sioux ou des traductions de noms sioux comme Wasta, Owanka, Oacoma, Hot Springs (Minnelusa), Minnehaha County, Belle Fourche (Mniwasta, ou « Bonne eau »), Inyan Kara etc.

Utilisations[modifier | modifier le code]

La tribu Sioux a donné son nom à l'expression française « rusé comme un Sioux », qui signifie être particulièrement malin[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marco Massignan, Il grande libro delle tribù indiane d’America, Xenia, Milan, 1999, pages 150/151, article « Catawba »
  2. M. Massignan, Il grande libro …, page 305, article « Sioux ». Au lieu d'« ennemis » le mot « nadowe » est souvent traduit « vipères » ou « serpents », mais le sens général ne change guère.
  3. a et b Aujourd’hui les Yankton (et les Yanktonnais aussi) préfèrent généralement se nommer « Western Dakotas » (« Dakotas occidentaux ») (cf. (en) Jan Ullrich, New Lakota Dictionary (Incorporating the Dakota Dialects of Yankton-Yanktonai and Santee-Sisseton), Lakota Language Consortium,‎ 2008 (ISBN 978-0-9761082-9-0, LCCN 2008922508)), tandis que l’appellatif de « nakota » (ou « nakona » pour la langue) est utilisé par les Assiniboines ou, dans la forme de « nakoda », par leurs parents canadiens Stoney (cf. (en) South Dakota Office of Tribal Government Relations et (en) Dakota Language / Nakona Language Lessons - Fort Peck Community College). Les anciens « Hohe » tendent aujourd’hui à minimiser les fractures du passé et à se considérer, de quelque façon, une partie de la grande nation, ou, peut-être mieux, tradition, sioux (cf. (en) Our Languages ~ Hohe Nakoda ~ History and Background - Site du Saskatchewan Indian Cultural Centre).
  4. à ne pas confondre avec l’homonyme « thiyóšpaye » (« clan ») des Oglala (in lakota « Hunkpatila ») à qui appartenait le célèbre chef Crazy Horse.
  5. Il y a aussi des Stoney qui soutiennent pour eux-mêmes une certaine plus grande proximité linguistique des Lakotas que des Assiniboines, et prétendent être des « Sioux des Montagnes Rocheuses » plutôt que des simples descendants des Hohes (cf. (en) Our Languages ~ Hohe Nakoda ~ History and Background - Site du Saskatchewan Indian Cultural Centre).
  6. Dépêche AFP publiée sur le site du journal Le Monde
  7. « Les Jeux olympiques d'Athènes à Pékin », dans Les collections de l'Histoire, n°40, juillet 2008, issn:01822411, p.63
  8. Définition rusé comme un sioux - Dictionnaire Définition français, Reverso

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Historiographie[modifier | modifier le code]

  • David Cornut, Little Big Horn, autopsie d'une bataille légendaire (édition augmentée), Éditions Anovi, 391 p., 2006/2008 (ISBN 2-9148-1828-9)
  • George E. Hyde, Histoire des Sioux : Le peuple de Red Cloud, en trois volumes, Éditions du Rocher, 478 p., 1996 (ISBN 2-2680-2410-5) (ISBN 2-2680-1561-0) (ISBN 2-2680-2239-0)
  • Royal B. Hassrick, Les Sioux : Vie et coutumes d'une société guerrière, Albin Michel, 396 p., 1993 (ISBN 2-2260-6479-6)

Mémoires et biographies[modifier | modifier le code]

  • Mary Crow Dog et Richard Erdoes, Lakota Woman : Ma vie de femme sioux, Livre de Poche, 290 p., 2003 (ISBN 2-2531-3715-4)
  • Archie Fire Lame Deer et Richard Erdoes, Le Cercle sacré : Mémoires d'un homme-médecine sioux, Albin Michel (Paris) : 425 p., 2000 (ISBN 2-2261-1448-3)
  • Stanley Vestal, Sitting Bull, chef des Sioux Hunkpapas, Éditions du Rocher, 459 p.,1992 (ISBN 2-2680-1227-1)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]