Météorite lunaire

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Météorite lunaire Allan Hills 81005

Une météorite lunaire est une météorite de type achondrite connue pour être originaire de la Lune. En d'autres termes, une météorite lunaire est une roche trouvée sur Terre éjectée de la Lune à la suite d'un impact avec un objet céleste.

Découverte[modifier | modifier le code]

En janvier 1982, John Schutt, menant une expédition en Antarctique pour le programme ANSMET, découvrit une météorite non commune. Peu après, la roche désormais appelée Allan Hills 81005 fut envoyée à Washington, où le géochimiste Brian Mason admit que cet échantillon était différent de tout autre météorite et présentait des ressemblances avec les roches ramenées de la Lune par le programme Apollo[1]. Quelques années plus tard, des scientifiques japonais reconnurent aussi avoir collecté une météorite lunaire Yamato 791197, durant l'année 1979 en Antarctique. En février 2008, près de 112 autres météorites lunaires ont été découvertes, représentant probablement 50 différentes chutes de météorites. En effet, la plupart de ces roches sont des fragments similaires d'un même météorite. La masse totale des objets découverts dépasse 46 kg. Toutes ces météorites lunaires ont été découvertes dans des déserts, principalement en Antarctique, en Afrique du Nord et dans le Sultanat d'Oman. Aucune roche n'a été trouvée en Amérique du Nord, Amérique du Sud ou en Europe.

L'origine lunaire est établie en comparant la minéralogie, la composition chimique, et la composition isotopique entre les météorites et les échantillons prélevés sur la Lune par les missions Apollo.

Transfert sur Terre[modifier | modifier le code]

La plus grande partie des météorites lunaires éjectées de la Lune sont issues des cratères d'impact lunaires de quelques kilomètres de diamètre[2]. Aucun cratère n'a pu être identifié comme la source. Il y a cependant une spéculation sur la météorite lunaire hautement anormale Sayh al Uhaymir 169. Elle proviendrait du cratère d'impact Lalande[3],[4].

L'historique d'exposition aux rayons cosmiques établis par les mesures des gaz nobles ont montré que toutes les météorites lunaires furent éjectées ces 20 derniers millions d'années. La plupart ont quitté la Lune ces 100 000 dernières années. Après avoir été éjectés, les météorites lunaires entrent en orbite autour de la Terre et éventuellement succombent à la gravité terrestre. Il arrive que certaines météorites se mettent en orbite autour du Soleil. Ils restent dans l'espace plus longtemps avant d'éventuellement intercepter l'orbite terrestre.

Pertinence scientifique[modifier | modifier le code]

L'ensemble des six missions Apollo ayant ramassé des échantillons alunirent vers le centre de la face visible de la Lune, une région présentant une anomalie géochimique démontré par la suite par la mission Lunar Prospector. D'un autre côté, les nombreuses météorites lunaires sont des échantillons aléatoires de la Lune et par conséquent, fournissent une meilleure représentation de la surface lunaire que les échantillons de la mission Apollo. Par exemple, la moitié des météorites lunaires sont susceptibles d'être issues de la face cachée de la Lune.

Lors de la première découverte d'un fragment lunaire en 1982, une théorie supposait que d'autres météorites exotiques seraient d'origine martienne. L'identification positive des météorites lunaires a permis de renforcer l'hypothèse que les impacts de météorites sur Mars puissent éjecter de la roche hors de la planète. Il existe aussi des spéculations sur la possibilité de trouver des "météorites terrestres" sur la surface de la Lune[5]. Lesdites roches pourraient se révéler très intéressantes car dans ce cas, elles seraient âgées de plus de 3,9 milliards d'années, sachant que de telles roches ont été détruites par divers processus géologiques sur Terre. Ainsi, certains scientifiques proposent de nouvelles missions sur la Lune pour chercher ces antiques roches terrestres.

Histoire[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, environ une météorite sur mille est une météorite lunaire, tandis que la vaste majorité est issue de la ceinture d'astéroïdes. Au début du XIXe siècle, la plupart des scientifiques croyaient que toutes les météorites provenaient de la Lune. Bien qu'aujourd'hui soutenues par une minorité de chercheurs, il existe des théories sur l'origine lunaire des tectites. Cependant, la plupart des scientifiques estiment ce genre de théorie obsolète.

Collections personnelles[modifier | modifier le code]

Les météorites lunaires trouvées en Afrique et en Oman sont, de facto, les seules sources de roche lunaires disponibles pour les collections personnelles. Les roches collectées durant le programme Apollo sont la propriété du gouvernement des États-Unis ou d'autres nations ayant reçu des échantillons en cadeau. De même, toutes les météorites lunaires trouvées pendant les missions en Antarctique par les États-Unis et le Japon sont seulement gardées par traité, par ces gouvernements à titre de recherche et d'éducation. Bien qu'il n'existe aucune loi aux États-Unis interdisant la propriété personnelle des roches lunaires d'Apollo, aucune n'a jamais été offerte ou vendue par le gouvernement à des particuliers. Même dans le cas des plaques contenant de véritables morceaux de roche lunaire données en 2004 aux astronautes et à Walter Cronkite, la NASA conserve la propriété de ces roches[6]. La plupart des roches lunaires collectées par Luna 16 sont également indisponibles à la collection personnelle, bien que trois petits échantillons furent vendus aux enchères pour $442 500 en 1993[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marvin U. B. (1983) The discovery and initial characterization of Allan Hills 81005: The first lunar meteorite, Geophys. Res. Lett. 10, 775–778
  2. (en) James N. Head, H. Jay Melosh, and Boris A. Ivanov, « High-speed ejecta from small craters », Science, vol. 298,‎ 2002, p. 1752–1756 (liens PubMed? et DOI?)
  3. Gnos E., Hofmann B. A., Al-Kathiri A., Lorenzetti S., Eugster O., Whitehouse M. J., Villa I., Jull A. J. T., Eikenberg J., Spettel B., Krähenbühl U., Franchi I. A., and Greenwood G. C. (2004) Pinpointing the source of a lunar meteorite: Implications for the evolution of the Moon, Science 305, 657–659
  4. (en) G. Jeffrey Taylor, « New Lunar Meteorite Provides its Lunar Address and Some Clues about Early Bombardment of the Moon », Planetary Science Research Discoveries,‎ October 31, 2004
  5. (en) John Armstrong, Llyd Wells, and Guillermo Gonzalez, « Rummaging through Earth’s Attic for Remains of Ancient Life », Icarus, vol. 160,‎ 2002, p. 183–196 (lien DOI?)
  6. MS-NBC story, "Astronauts, Cronkite to get moon rock plaques"
  7. NY Times story, "F.B.I. Revisits Earthly Theft of Moon Rock

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]