Apollo 13

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Apollo 13
Insigne de la mission
Données de la mission
Vaisseau Module de commande Apollo
Module de service Apollo
Module lunaire
Fusée Saturn V
Équipage 3 hommes
Indicatif radio CM : Odyssey
LM : Aquarius
Date de lancement
13:13:00 CST
Site de lancement Centre spatial Kennedy, Floride
LC39A
Date d'atterrissage
12:07:41 CST
Site d'atterrissage Océan Pacifique
Durée 5 j 22 h 5 min 19 s
Date d'alunissage Annulé à la suite de l'explosion d'un réservoir d'oxygène
Site d'alunissage Cratère de Fra Mauro (prévu)
Date de départ Annulé
Photo de l'équipage
Jim Lovell, Jack Swigert et Fred Haise
Jim Lovell, Jack Swigert et Fred Haise
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Apollo 13 (, 13 h 13 CST - ) est une mission lunaire habitée du programme Apollo interrompue à la suite de l'explosion d'un réservoir d'oxygène du module de service Apollo au cours du trajet vers la Lune. Ne pouvant faire demi-tour, le vaisseau et son équipage furent obligés de poursuivre leur voyage jusqu'à la Lune et d'en faire le tour pour utiliser son attraction gravitationnelle afin de revenir vers la Terre. Le module de commande et de service Apollo étant devenu inhabitable, l'équipage se réfugia dans le module lunaire, Aquarius. L'occupation du module lunaire par l'ensemble de l'équipage n'avait pas été prévue sur une période prolongée. Les astronautes et le contrôle au sol durent trouver des méthodes pour récupérer de l'énergie, économiser l'oxygène en quantité suffisante et éliminer le dioxyde de carbone. L'équipage put être récupéré sain et sauf.

Équipage[modifier | modifier le code]

Titulaires[modifier | modifier le code]

Remplaçants[modifier | modifier le code]

Déroulement de la mission[modifier | modifier le code]

Comme les missions antérieures, Apollo 13 devait permettre le ramassage de roches lunaires et diverses expériences.

Sur la photo officielle de l'équipage avant le vol (ci-contre), les astronautes apparaissent en costume de ville (et non en combinaison spatiale) à cause du changement de pilote du module de commande à la dernière minute et du manque de temps (mettre et enlever les combinaisons prenait beaucoup de temps).

Pendant le lancement, un des cinq moteurs du second étage de la fusée Saturn V s'éteignit prématurément. La combustion dans les quatre autres moteurs de cet étage fut légèrement prolongée pour compenser la perte de puissance.

Le 14 avril 1970 à 03:07:53.555 UTC, un réservoir d'oxygène explose[1] à 321 860 km de la Terre.

En parallèle, à cause du rationnement de l'eau consécutif à cette explosion, Fred Haise développe une infection urinaire et arrive sur Terre avec de la fièvre.

Causes de l'accident[modifier | modifier le code]

Une enquête minutieuse après la mission permit de déterminer la cause de l'explosion d'un des réservoirs d'oxygène[2],[3] :

  • Le réservoir d'oxygène numéro 2, à l'origine de l'accident, était initialement installé sur un autre module de service. Lors de son démontage à l'aide d'une grue, un des quatre boulons de fixation ne fut pas desserré ce qui faussa l'une de ses conduites de vidange.
  • Pendant la préparation du vol, il était prévu de remplir les réservoirs du module de service afin de les tester. Ces réservoirs étaient ensuite vidangés, mais le réservoir numéro 2 refusa de se vider.
Vue du module de service endommagé depuis le module de commande le 17 avril 1970.
  • La déviation de la conduite de vidange fut alors décelée mais le réservoir fut laissé en place car la conduite d'évacuation ne devait jamais être utilisée en vol.
  • Il fut décidé de surchauffer le réservoir numéro 2 afin de faire sortir l'oxygène par ébullition. Pour cela, les résistances chauffantes du réservoir numéro 2 furent soumises pendant 8 heures à une tension de 65 volts, ce qui était la norme électrique pour les tests de matériels au sol.
  • Tous les modules Apollo avaient été modifiés afin de fonctionner électriquement sous 65 volts pour les essais au sol, et sous 28 volts une fois en vol. Les rupteurs des thermostats des réservoirs d'O2 furent oubliés : il s'agissait justement de deux contacteurs qui avaient pour fonction de couper l'alimentation électrique des résistances de chauffage lorsque la température dépassait 26 °C dans le réservoir d'oxygène.
  • Durant la vidange du réservoir numéro 2 d'Apollo 13, les deux rupteurs fondirent en se soudant, et ne furent plus en mesure de remplir leur rôle.
  • Le cadran indiquant la température du réservoir était gradué jusqu'à 26 °C car au-delà les rupteurs thermostatiques étaient censés interrompre le chauffage.
  • On a estimé a posteriori que la température à l'intérieur du réservoir dépassa 600 °C pendant la vidange ; les isolants en Téflon des câblages à l'intérieur du réservoir furent vaporisés.
  • Lorsque Jack Swigert actionna le brassage du réservoir numéro 2, après 55 h 54 min 53 s de vol à 321 860 km de la Terre, les câbles dénudés générèrent des étincelles à l'intérieur du réservoir.
  • Le mélange de Téflon et d'oxygène, hautement inflammable, fit exploser le réservoir numéro 2 qui endommagea au passage les conduites du réservoir numéro 1, bloqua les valves de propulseurs de contrôle de position, et laissa l'équipage avec très peu d'électricité et d'eau (fabriquées à partir de piles à combustibles alimentées par l'O2).

Retour de l'équipage sain et sauf[modifier | modifier le code]

Les corolles blanches et rouges des trois parachutes d'Apollo 13 lors de son amerrissage.

Le directeur de vol Gene Kranz demande de fermer les valves des piles à combustibles pour arrêter la fuite, mais cette procédure ne sert à rien.

Les trois hommes passent dans le module lunaire « Aquarius » qui jouera le rôle de canot de sauvetage jusqu'à leur récupération. « Aquarius » n'a pas de siège et n'est pas prévu pour trois hommes mais ses dispositifs (notamment l'approvisionnement en électricité et en oxygène) lui garantissent provisoirement l'autonomie pour le retour sains et saufs des trois astronautes. De plus, seul le moteur d'« Aquarius » peut réaliser les corrections de trajectoire pour le retour, celui du module de commande « Odyssey » étant inutilisable.

Afin d'économiser de l'énergie pour la rentrée dans l'atmosphère, 80 % des dispositifs électriques sont coupés (notamment les systèmes de guidage et l'« Environment Control System » qui assure entre autres le chauffage par des radiateurs, ce qui fait chuter la température du module à °C et l'ordinateur, ce qui rend difficile les corrections de trajectoires), à l'exception de la communication avec Houston. Néanmoins, les trois hommes se trouvent confrontés à un autre problème: le taux de CO2 (qui est toxique à fortes doses) augmente dans l'Aquarius, car il a été conçu pour deux hommes et non trois. Ils bricolent alors un adaptateur à l'aide de duct tape qui leur permet d'installer des cartouches de rechange sur le filtre à air du module lunaire[4] pour éliminer l'excédent de CO2[5].

Pour la rentrée dans l'atmosphère, ils se réinstallent dans « Odyssey », seul équipé d'un bouclier thermique, et réactivent étape par étape les systèmes du module. Après l' amerrissage dans les eaux du Pacifique, à six kilomètres du porte-avion USS Iwo Jima, l'hélicoptère Sikorsky SH-3 Sea King récupère les trois hommes et les transporte au porte-avion qui les ramène à terre[6].

Dans la culture et les arts[modifier | modifier le code]

Fichier audio
Houston, nous avons eu un problème (info)
La célèbre phrase prononcé par Jack Swigert lors de sa conversation radio avec Houston.

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  • L'expression « Houston, we've had a problem » (en français, « Houston, on a eu un problème »), qui fut prononcée par Jack Swigert avec un calme fantastique pour annoncer la panne, est vite entrée dans la culture américaine, la mission Apollo 13 étant très médiatisée. La phrase a été déformée et est surtout connue de nos jours sous la forme « Houston, we have a problem » (« Houston, on a un problème »)[7].
  • La mission a inspiré le film Apollo 13 sorti en 1995, qui retrace assez fidèlement l'histoire du voyage (par exemple, l'affaire de la rougeole de Ken Mattingly), mais garde un décalage avec la réalité sur certains détails. Dans la version originale, la plupart des transmissions radio sont les bandes originales de la mission.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Apollo 13 Timeline.
  2. (en) Jim Lovell et Jeffrey Kluger, Apollo 13. ISBN 2-221-07969-8.
  3. (en) Rapport d'enquête de la NASA sur la mission Apollo 13.
  4. Les épurateurs de rechange du module de service ont des cartouches de forme différente de celles du module lunaire.
  5. (en) Jim Lovell, Jeffrey Kluger, Apollo 13, Houghton Mifflin Harcourt,‎ 2000, p. 256
  6. (en) Jim Lovell, Lost Moon. The Perilous Voyage of Apollo 13, Houghton Mifflin,‎ 1994, 378 p.
  7. Robert Nemiroff & Jerry Bonnell (traducteur Didier Jamet), « Houston, nous avons eu un problème », sur http://www.cidehom.com, Astronomy Picture of the Day (traduction Ciel des Hommes),‎

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]