Lycée militaire de Saint-Cyr

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Lycée militaire de Saint-Cyr
Image illustrative de l'article Lycée militaire de Saint-Cyr
Généralités
Création 19 septembre 1966 par Charles de Gaulle
Pays Drapeau de la France France
Académie Versailles
Coordonnées 48° 48′ 03″ N 2° 03′ 48″ E / 48.80083, 2.063348° 48′ 03″ Nord 2° 03′ 48″ Est / 48.80083, 2.0633  
Adresse 240, avenue de l'ESM
78211 Saint-Cyr-l'École
Site internet www.lm-st-cyr.fr
Cadre éducatif
Type Lycée public
Lycée de la Défense
Président Colonel Leclerc (chef de corps)
Proviseur Sophie Labre
Population scolaire 500 (lycée)
250 (classes préparatoires)[1]
Enseignants 70[1]
Formation Lycée général
CPGE scientifiques, économiques littéraires,
CPES littéraire.
Langues étudiées anglais, allemand, espagnol, russe
Localisation

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Point carte.svg

Le lycée militaire de Saint-Cyr (ou Coldo) est l'un des six lycées de la Défense (anciens lycées militaires) du ministère de la Défense français, situé sur la commune de Saint-Cyr-l'École, dans le département des Yvelines. Il se situe dans un cadre historique particulièrement riche : en effet, l’ont précédé la Maison royale de Saint-Louis, le Prytanée militaire et l'École spéciale militaire. Les devises du lycée sont « Plutôt mourir »[2] et « La véritable école du commandement est donc la culture générale »[3].

Le but premier du lycée est l'aide à l'éducation des jeunes dont les parents sont au service de l'État, et ce n'est que pour les classes préparatoires aux grandes écoles qu'il effectue sa mission de formation des jeunes élèves-officiers. Ces élèves sont préparés aux concours pour les grandes écoles militaires de la même manière que leurs camarades du civil ; la formation sportive obligatoire à raison de quatre heures par semaine et la présence d'un encadrement militaire constituent les seules différences avec les autres classes préparatoires[4].

Sommaire

Historique du lycée[modifier | modifier le code]

Le domaine de Saint-Cyr et les élèves de la Maison Royale de Saint-Louis, gravure, vers 1690, auteur inconnu.

Le site du lycée militaire de Saint-Cyr a accueilli successivement plusieurs établissements[5] :

  • la Maison royale de Saint-Louis (1686-1793) ;
  • l'Hôpital militaire du Val-Libre (1793-1800) ;
  • le Collège militaire de Saint-Cyr (1800-1805) ;
  • le Prytanée militaire de Saint-Cyr (1805-1808) ;
  • l'École Spéciale Militaire (1808-1940) ;
  • le Collège devenu Lycée militaire (1966-).

La Maison royale de Saint-Louis (1686-1793)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Maison royale de Saint-Louis.
Portrait de la marquise de Maintenon.

La fin du règne du roi Louis XIV est marquée par des guerres longues et coûteuses en vies humaines. En outre, une partie de la noblesse doit vendre ses biens et se retrouve par conséquent ruinée. Le roi décide dès lors de créer trois établissements pour accueillir les enfants de nobles qui ne peuvent donner à leurs descendants une éducation digne de leur rang : l'Hôtel des Invalides, les Compagnies de Cadets et la Maison royale de Saint-Louis[6].

Décision et construction[modifier | modifier le code]

En 1684, le Roi décide donc en Grand Conseil, sur les instances de sa maîtresse Madame de Maintenon, la fondation « d'une maison et communauté où un nombre considérable de jeunes filles, issues de familles nobles et particulièrement des pères morts dans le service (…) soient entretenues gratuitement (…) et reçoivent toutes les instructions qui peuvent convenir à leur naissance et à leur sexe »[5]. Il n'est pas question d'en faire des religieuses, mais des futures mères de famille pour la reconstitution de la noblesse française[7]. François Michel Le Tellier de Louvois et Jules Hardouin-Mansart sont chargés de réaliser ce projet. La marquise s'y intéresse dès 1681, prenant exemple sur son amie Madame de Brinon : celle-ci avait créé à Rueil une maison d'éducation pour jeunes filles. Madame de Maintenon installe tout d'abord son pensionnat au château de Noisy. Ce château est néanmoins trop petit pour y éduquer un nombre conséquent de demoiselles et connaît en outre des problèmes d'approvisionnement en eau ; un domaine est donc acheté aux environs de Versailles, dans le village de Saint-Cyr (val de Gally) en 1685, les architectes notant que « l'établissement serait ainsi placé à l'ombre du trône ». La maîtresse royale regrette néanmoins ce choix en raison de la grande humidité des lieux : « J'aurais voulu donner à mes filles une complexion forte et une santé vigoureuse, et le mauvais choix de Mansart m'est un obstacle insurmontable. Je ne puis voir la méchante mine de ces pauvres enfants sans maudire cet homme »[8]. Les travaux commencent le 1er mai 1685 ; trois mille ouvriers militaires (dont neuf cent maçons et quatre cents tailleurs de pierre) sont réquisitionnés pour ce chantier d'un an, comprenant douze corps de bâtiments sur trois niveaux entourant cinq cours (de 210 mètres sur 120 mètres) et qui nécessite de détruire le petit château qui s'y trouve[7]. La construction comprenant une chapelle, une boulangerie, des écuries et un escalier d'honneur en fer forgé est alors des plus modernes pour l'époque, comme en témoignent la présence d'une infirmerie, d'une apothicairerie et de quinze latrines[7].

Présentation de l'institution[modifier | modifier le code]

Gravure représentant deux « demoiselles de Saint-Cyr ».

L'installation de la Maison royale d'éducation de Saint-Louis à Saint-Cyr a lieu du 26 août au 2 septembre 1686. Madame de Maintenon dit alors : « Puisse cet établissement durer autant que la France et la France autant que le monde »[5]. Pour célébrer la fondation de l'institution, Louis XIV fait frapper une médaille en or le représentant en bienfaiteur de la Maison royale[9],[10]. Cette maison, unique en Europe, n'est pas confiée à des religieuses mais à trente-six dames laïques. La marquise est désignée comme « fondatrice et directrice perpétuelle » et Madame de Brinon est nommée supérieure de l'institution : les supérieures sont par la suite élues par les trente-six dames, selon un rituel codifié (âge minimum de trente ans, quatre ans d'ancienneté dans l'institution et vote à bulletin secret) ; quinze supérieures se succèderont jusqu'à la fermeture de la Maison royale. L'organe de direction est composé de la supérieure, d'une sous-supérieure qu'elle nomme, d'une dépositaire (intendante) et de la maîtresse des novices (qui s'occupe de la formation des futures dames)[7]. Vingt-quatre converses s'occupent néanmoins du service et de l'entretien. La Maison garde toujours un côté religieux en étant placée sous l'invocation de Saint-Louis, ceci constituant en même temps un hommage au roi.

Elle accueille deux cent cinquante demoiselles nobles et pauvres qui sont « élevées, nourries et entretenues gratuitement jusqu'à leurs vingt ans »[6] ; elles doivent néanmoins prouver cent quarante ans de noblesse pour pouvoir y entrer, avoir de neuf à douze ans, et y rester jusqu'à l'âge de vingt ans maximum. Doté de cent cinquante mille livres de rentes, l'établissement est organisé de façon simple : quatre « maisons » sont créées, avec chacune un dortoir, une salle d'étude, un réfectoire et une couleur de ruban pour chaque classe d'âge : rouge jusqu'à dix ans, vert de onze à quatorze, jaune de quinze à dix-sept et bleu de dix-huit à vingt ans[8]. Les cours donnés à la Maison royale sont ludiques et varient en fonction de l'âge des pensionnaires : littérature française, histoire, géographie, musique et même arithmétique et sciences naturelles pour les plus âgées.

Le 20 janvier 1689, le Roi est convié pour la représentation d'une pièce de théâtre que Jean Racine a spécialement créé pour les demoiselles, à la demande de la marquise : Esther. Racine crée aussi, mais en 1691, la pièce Athalie. Son ami Nicolas Boileau aide à faire répéter les demoiselles[7]. Des membres de la Cour, à l'instar de Madame de Sévigné, assistent à certaines représentations.

Racine faisant répéter Esther.

Une rupture se produit lorsque la marquise décide de donner une nouvelle impulsion religieuse à la Maison, voyant que le flot de courtisans venant de la Cour de Versailles a pour effet que les demoiselles commencent à se montrer « fières, dédaigneuses, hautaines, présomptueuses, peu dociles »[8]. L'intérêt financier compte aussi pour beaucoup, Louis XIV voulant en effet unir la très aisée mense abbatiale de Saint-Denis à la Maison royale de Saint-Louis. Le pape Innocent XII accepte à contrecœur cette modification et l'institution devient, en 1692, un monastère régulier. L'encadrement n'est alors plus assuré par des dames mais par des religieuses, ce qui conduit le Roi à durcir les conditions d'entrée pour ces dernières. En 1694 est créé un « Conseil extérieur », composé d'un conseiller d'État, d'un avocat et d'un intendant, chargés de veiller aux biens temporels de la Maison royale, devenus conséquents.

La Maison royale après Madame de Maintenon[modifier | modifier le code]

Les séjours à Saint-Cyr de Madame de Maintenon se font désormais plus fréquents. En 1715, à la mort du Roi, elle se retire définitivement à Saint-Cyr. Seules quelques visites comme celles du Régent, de la princesse Palatine ou du tsar Pierre le Grand changent son quotidien. Elle y décède en 1719 et est enterrée dans la chapelle. Ces cendres sont exhumées en 1793, pendant la Révolution française et traînées dans les rues de la ville. Un domestique les enterre dans le parc et ce n'est que pendant les années 1810 qu'elles sont déterrées et placées dans un coffre de l'économat, jusqu'à ce qu'en 1895 elles soient replacées dans leur caveau d'origine, dans la chapelle[8]. Après la Seconde Guerre mondiale, elles sont envoyées à Versailles puis définitivement remises dans la chapelle, lors d'une cérémonie, le 15 avril 1969.

Après le décès de la fondatrice, le roi Louis XV ne délaisse pas l'institution, et veille même à sa bonne marche, mais ne s'y intéresse que de loin. Il fait cependant construire le « pavillon des archives », dont les plans ont été dressés quarante ans plus tôt par Jean Cailleteau (mais qui, faute d'argent, n’ont été mis en œuvre) et réadaptés par Gabriel. Le centenaire de la Maison d'éducation, en 1786 est somptueusement fêté, mais il ne doit plus sa survivance qu'à la sœur du roi, Madame Élisabeth. En effet, Louis XVI ne va jamais sur les lieux et n'observe les feux d'artifice de l'anniversaire que depuis les terrasses du château de Versailles, alors que l'école n'est qu'à quelques kilomètres[8].

L'hôpital militaire du Val Libre (1793-1800)[modifier | modifier le code]

La Révolution française sonne le glas de la Maison royale. Louis XVI tente de sauver l'institution en publiant un décret, le 26 mai 1790, où il propose que toutes les filles d'officiers, sans distinction de naissance puissent l'intégrer[8]. Pourtant, un inventaire est fait et la majorité des biens fonciers et matériels sont vendus au plus offrant, respectivement pour 8 millions de livres et 185 619 livres[11]. Comme tous les établissements religieux, le 16 août 1792, la Maison royale de Saint-Louis, qui a éduqué plus de trois mille demoiselles, est supprimée par décret de l'Assemblée législative.

Le 1er octobre, elle est évacuée et transformée en hôpital militaire appelé, comme la commune, Val Libre. Les bâtiments accueillent neuf cent lits et vingt salles d'hôpital. La chapelle subit une reconversion totale, puisque séparée en deux étages : elle accueille les malades à l’un, les blessés à l'autre[8]. En 1798, sous le Directoire, l'hôpital devient une succursale de l'hôtel des Invalides de Paris ; il ne redevient un lieu de culte qu'en 1808[12].

La tradition d'éducation pour les jeunes filles est reprise ensuite et perpétuée jusqu’à nos jours par la Maison d'éducation de la Légion d'honneur (fondée en 1805 et située à Saint-Germain-en-Laye pour la partie collège et Saint-Denis pour la partie lycée).

Le Collège militaire de Saint-Cyr (1800-1805) et le Prytanée militaire de Saint-Cyr (1805-1808)[modifier | modifier le code]

En 1800, le Premier Consul Bonaparte, ancien officier d'artillerie qui connaissait l'établissement pour être venu chercher sa sœur Élisa à la Maison royale, en 1792, peu avant la dissolution de l'institution[13], redonne à Saint-Cyr sa vocation scolaire, mais masculinisée, en y établissant une division du Prytanée français, école gratuite pour les fils de militaires. Il s'agit d'y instruire et d'y élever gratuitement les fils de ceux qui sont morts au champ d'honneur. Le centre principal, à Fontainebleau, est officiellement fondé le 28 janvier 1802[14]. L'hôpital est alors évacué et le « collège militaire de Saint-Cyr » est inauguré par le frère du Premier consul, Lucien Bonaparte, qui rend hommage à Madame de Maintenon lors du discours inaugural. Cette nouvelle école compte six cents élèves se destinant à une carrière soit civile, soit militaire.

Il y a une moitié d'élèves boursiers, les frais des autres incombant aux familles. Le trousseau est à la charge des parents mais les fournitures scolaires sont payées par l'établissement. Les cours dispensés sont : l'écriture, le français, le latin, le grec, l'histoire, la géographie, les mathématiques, la physique, les sciences naturelles, le dessin et les arts militaires[15]. Un bulletin est envoyé chaque année aux familles et un conseil de classe fait le point chaque mois des résultats de l'élève. Les meilleurs élèves se voient octroyer une place au tableau d'honneur et des cours particuliers avec un maître de musique, de danse, d'escrime ou d'équitation.

Proviseurs du Collège militaire
Nom Date d'entrée en fonction Date de cessation de fonctions
François Sallior 1800 1801
Jacques Bellun de Balu 1801 1801
Pierre Crouzet 1801 1805

En 1803, Napoléon Bonaparte renforce le caractère militaire de l'école en lui ajoutant comme vocation de préparer l'admission à l'École spéciale impériale militaire de Fontainebleau. Le prytanée de Saint-Cyr est alors seul à pouvoir s'appeler « Prytanée français », les autres collèges ou divisions ayant été supprimés. En 1805, il devient le « Prytanée militaire français ». Les élèves n'y peuvent alors plus préparer une carrière civile.

L'École Spéciale Militaire (1808-1940)[modifier | modifier le code]

Représentation du shako saint-cyrien, avec la plume de casoar.

Pendant le Premier Empire[modifier | modifier le code]

Napoléon Ier voulant faire restaurer pour son usage personnel le château de Fontainebleau, l'École spéciale impériale est transférée à Saint-Cyr, et le Prytanée militaire qui s'y trouvait est déplacé le 1er juin 1808 à La Flèche. Le 7 juin 1808, les cinq cents élèves du bataillon arrivent. Le cadre est alors strict et sévère. Un aspirant de l'époque déclare : « J'avais déjà vu des hôpitaux, j'avais déjà vu des prisons ; mais hélas ! je n'avais pas vu Saint-Cyr. Une haute et longue muraille, noircie par le temps, arrêtait tout d'abord les regards. C'était l'enceinte extérieure de l'ancien couvent. Quelques peupliers montraient au-dessus leurs têtes mouvantes, et laissaient apercevoir une longue suite de fenêtres grillées, donnant le jour aux étages les plus élevés d'un vaste et sombre bâtiment ». Les élèves y restent trois années avant d'être nommés sous-lieutenants de cavalerie ou d'infanterie[14]. Le 3 juillet 1808, le dernier détachement du Prytanée militaire français quitte Saint-Cyr, dont les bâtiments sont remis le lendemain au général Bellavène, commandant de la nouvelle École.

Le nombre d'élèves fréquentant l'École est considérable, mais il n'y a jamais plus de mille élèves en même temps, car Napoléon Ier a de plus en plus besoin d'officiers. Parmi les élèves les plus âgés de l'École est constituée en juin 1812 une promotion de trois cents officiers, qui ne restent pas longtemps : ils intègrent la Grande Armée à Spandau.

En 1808, Napoléon Ier fait construire un manège. Il a visité une dizaine de fois les lieux, que ce soit en tant que Premier consul ou empereur, seul ou avec les impératrices Joséphine et Marie-Louise[16].

Pendant les première et seconde Restaurations[modifier | modifier le code]

Lors de la Restauration, le nouveau roi Louis XVIII est décidé à dissoudre Saint-Cyr, symbole de l'ère napoléonienne. Il veut rétablir l'École Militaire de Paris. Il revient néanmoins sur son choix et adjoint à Saint-Cyr l'École de cavalerie de Saint-Germain-en-Laye. Les élèves de cette dernière faisant partie de la noblesse de l'Ancien Régime, le but est donc de modifier l'esprit de Saint-Cyr, afin de la rendre plus royaliste que bonapartiste. Et cela réussit ; en témoigne ce que les élèves déclarent à propos de Napoléon Ier pendant les Cent jours : « l'ennemi public », celui qui a conduit la « patrie sur le bord du précipice (et) vient encore y porter le fer et la flamme ». Mais Napoléon Ier réussit son arrivée à Paris et il rétablit l'école impériale[8].

La chute définitive de l'Empire amène la chute de l'École, qui est finalement fermée le 16 juillet 1815 et dissoute le 6 septembre 1815 par Ordonnance royale[14]. Le gouvernement de la seconde Restauration adjoint cependant à l'École Militaire préparatoire de La Flèche un second établissement à Saint-Cyr, alors que le maréchal de Gouvion Saint-Cyr prépare une loi sur le recrutement.

La « Petite École »[modifier | modifier le code]

L'École préparatoire de Saint-Cyr ou « Petite École », ouvre le 17 mars 1816 et forme cinq cent soixante trois élèves, qui fourniront à l'armée quinze généraux de division et dix-huit généraux de brigade, venant tous de la plus haute noblesse. Cette école préparatoire ne subsiste pourtant que deux ans avant de devenir l'École Royale Spéciale Militaire (ESM), grâce aux deux ordonnances royales de 1817 puis 1818. Le gouvernement de la première Restauration avait choisi Paris, mais le roi Louis XVIII opte finalement pour Saint-Cyr.

La « Grande École »[modifier | modifier le code]

L'ESM, en souvenir, prend le surnom de « Grande École ». Mais il y a peu de candidats, surtout nobles ou grands bourgeois, pour des postes d'officiers d'état-major, de cavalerie et d'infanterie. L'École est alors encore plus marquée par le royalisme et ne manque pas de montrer son soutien au monarque. Les élèves gardent le château de Saint-Cloud et le pont de Sèvres en juillet 1830, lorsque le roi Charles X est en mauvaise posture, et l'escortent la nuit du 30 au 31, jusqu'à ce qu'il s'exile.

Désireux de se donner une autre image que celle du roi précédent, et peu apprécié des élèves parce qu'il est un roi orléaniste et non légitimiste, Louis-Philippe Ier songe un temps à dissoudre l'École, vivier de futurs opposants à son régime. Ainsi, la monarchie de Juillet ne tient pas à offrir aux saint-cyriens une grande carrière : les postes sont en effet complets après que le roi a rappelé les officiers déchus de l'Empire. Aux alentours des années 1830, l'écrivain Honoré de Balzac loge régulièrement chez les Carraud, un couple habitant l'École et dont le mari est directeur d'études ; il prend d'ailleurs comme modèle le commandant Viénot, un professeur de maniement d'armes, pour le personnage Génestas du Médecin de campagne[17].

La journée type d'un Saint-Cyrien se compose de cours théoriques le matin (littérature, histoire, physique, dessin, etc.) et d'exercices l'après-midi (maniement d'armes, sorties, équitation…).

Pendant la Deuxième République[modifier | modifier le code]

Les dissensions avec le roi des Français amènent paradoxalement à ce que les élèves soient favorables à la révolution de février 1848 qui amène la Deuxième République, certains allant même jusqu'à Paris se déclarer prêts à défendre le gouvernement provisoire. Le général Cavaignac calme néanmoins leurs ardeurs : « Calmez votre jeune courage. Vous le réserverez pour d'autres ennemis »[8]. En réalité, ils attendent la restauration d'un roi légitimiste.

Pendant le Second Empire[modifier | modifier le code]

Napoléon III devient empereur en 1852 et s'intéresse beaucoup à Saint-Cyr, si bien qu'il y fait construire un quartier de cavalerie, deux amphithéâtres, un château d'eau pour desservir les étages supérieurs, et installer l'éclairage au gaz, après avoir remis l'aigle impérial comme emblème à l'École. Celle-ci se modernise et, par les différentes batailles que mène le régime, permet aux élèves de parcourir le monde, comme le montrent les noms choisis pour baptiser les promotions : Kabylie (1850-1852), Crimée (1854-1856), Solférino (1858-1860), Mexique (1861-1863). Il visite trois fois l'École : en 1850 (en tant que président de la République), en 1852 et en 1860.

La tenue des Saint-Cyriens prend sa forme définitive en 1852, d'après des esquisses de 1845[18]. Mais c'est à l'occasion de la visite de la reine Victoria en France qu'est adopté le plumet (provenant d'un casoar, un ratite, symbole de la colonie australienne) porté sur le shako. Napoléon III décide en effet de flatter la reine lors de la revue militaire du 24 août 1855 à laquelle elle va assister, en choisissant les couleurs rouge et blanc de l'oiseau, qui sont aussi celles de la Maison royale d'Angleterre[14].

En 1861, le ministre de la guerre, le maréchal Randon, autorise chaque année la venue d'un contingent d'élèves étrangers. Nombre de ceux-ci sont enfants de personnalités influentes dans leur pays, à l'instar de Pierre Karageorgévitch, futur Pierre Ier de Serbie[19].

En 1870, les saint-cyriens ou « cyrards » croient en la victoire dans la guerre contre l'Allemagne mais c'est la défaite et la chute du Second Empire ; l'École est alors occupée pendant le siège de Paris par les Prussiens.

Pendant la Troisième République[modifier | modifier le code]

Lithographie d'un élève officier de Saint-Cyr, section cavalerie par Édouard Detaille, publié en 1885 dans L'Armée française.

L'École résiste à la chute du Second Empire, en 1871. Elle continue d'exister en effet sans trop d'encombres sous les régimes successifs (Restauration, Monarchie de Juillet, IIe République et Second Empire), mais c'est sous la IIIe République qu'elle connaît son apogée en formant une élite militaire (officiers d'infanterie, de cavalerie et d'état-major), que ce soit pour la défense française, la formation des officiers coloniaux ou l'accueil d'élèves étrangers attirés par son prestige. Comme il est écrit dans le Livre d'or de Saint-Cyr : « les institutions utiles et bien conçues subsistent d'elles-mêmes et les gouvernements qui se succèdent ne peuvent guère songer à les bouleverser »[8].

Cependant, la refonte du régime amène la nouvelle République à remplacer la devise de l'École « Ils s'instruisent pour vaincre » par « Ils s'instruisent pour la défense de la Patrie » et à lui donner un drapeau provisoire sur lequel est inscrit « Premier bataillon de France »[14]. Ce drapeau est néanmoins remplacé en 1880 par une copie de ceux utilisés par la grande majorité des troupes, avec leur devise commune « Honneur et patrie ».

La promotion de 1871 est baptisée « la promotion de la Revanche ». Comme pour les hommes politiques de l'époque, le déshonneur de la défaite rassemble toutes les fractions politiques et a le paradoxal avantage de ne plus laisser les dissensions politiques infiltrer l'École. Les leçons tirées de la défaite sont appliquées par le chef de corps, le général Hanrion, qui tient à donner aux élèves autant de cours théoriques que pratiques, comme le montre la création du « Marchfeld », le champ de tir de l'École. Cette nouvelle approche de l'instruction militaire a pour effet d'attirer beaucoup d'élèves étrangers, surnommés les « crocos »[20]. En outre, les élèves effectuent un travail sur le terrain, généralement dans les colonies françaises, comme Madagascar ou Annam.

Le 24 juillet 1912, le président de la République Armand Fallières inaugure le musée du Souvenir, structure rassemblant des anciens uniformes, documents, médailles et objets ayant trait à l'histoire de l'École ; nombre des souvenirs présentés sont alors des dons de famille d'anciens élèves. En vertu de la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905, il est d'abord installés dans la chapelle[21]. La loi n'influe pourtant pas sur le sort des sœurs de Saint Vincent de Paul, qui s'occupent de l'infirmerie, avec des médecins militaires, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale[22]. De nouveaux cours apparaissent, comme l'éducation morale en 1906 et une escadrille est créée en 1922 (jusqu'en 1935, date de l'inauguration de l'école de l'Air de Salon-de-Provence), les élèves pouvant recevoir une instruction en aviation grâce à l'aérodrome voisin.

Bien que la structure de l'enseignement ait beaucoup changé depuis la fondation de l'École (la dernière grande réforme ayant lieu en 1929), il reste que les deux ans d'enseignement séparent deux groupes d'élèves en deux bataillons, eux-mêmes composés de compagnies puis de sections, dont l'encadrement est assuré soit par des officiers gradés, soit par d'anciens élèves.

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Première Guerre mondiale.

En août 1914, beaucoup d'élèves partent faire leur devoir. Pourtant, le 31, a lieu le « baptême » de la promotion sortante, dite de la « Croix du Drapeau ». Un jeune officier, Jean Allard-Méeus récite alors ces vers :

Vous nous avez volé l'Alsace et la Lorraine
Vous n'arracherez pas ce sentiment humain
Germé de notre cœur, et qu'on nomme la haine ;
Gardez votre pays, nous y serons... demain [23]!

Après quelques chants et un défilé, la troupe se disperse mais certains élèves, dont Alain de Fayolle, Durosoy, Hachette, Robert de Saint-Just, Perrault, Le Balle, Castelnau, Poussin, de Brésis, de Rigaud, d'Ampherney, tous regroupés autour du soldat-poète, ont l'idée de prêter le serment de monter pour la première fois à l'assaut en casoar et en gants blancs. Trois jours après, ils reçoivent leur ordre de mobilisation et vont tenir le « serment de 14 »[23] ; tous succombent, à l'image du sous-lieutenant au 162e régiment d'Infanterie Jean Allard-Méeus qui a chargé à la bataille de Pierrepont en tenue de saint-cyrien. Il est cité au Panthéon de Paris, comme écrivain mort au champ d'honneur.

La promotion « Montmirail » laisse deux cent neuf des siens sur les champs de bataille ; « La Croix du Drapeau », deux cent quatre-vingt-dix. Quant à « La Grande Revanche », elle en donne quatre cent cinquante trois. Après la Grande Guerre, en 1919, l'École retrouve l'ancienne devise du Second Empire. En ce même temps, elle se modernise avec la construction d'un château d'eau plus élevé, d'une usine électrique et de nouvelles annexes.

L'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

L'entre-deux-guerres est une période ambiguë. Si l'on compare les années 1920 à celles qui suivirent la défaite de 1870, l'engagement des élèves et anciens élèves est à la gloire de l'École mais nuit sur le long terme au recrutement des élèves. La promotion de 1920 ne compte que trois cent quatre-vingt-six candidats, ce qui est peu, comparé aux trois-mille pour les cinq à six cents places de 1895. La Grande Guerre a ouvert les yeux de ceux qui étaient attirés vers une carrière militaire, si bien que les Écoles militaires ne drainent plus : les anciens aspirants veulent profiter de la vie et prétendre à un meilleur salaire. C'est la crise de 1929 qui revalorise les carrières à Saint-Cyr, par l'attrait d'une carrière modeste mais avec des avantages matériels assurés.

Photographie du monument aux morts de la Grande Guerre, restauré après la Seconde Guerre mondiale.

Le prestige national est cependant sauf, le président de la République Alexandre Millerand se déplaçant le 20 mai 1922 avec le ministre de la Guerre André Maginot et les maréchaux Franchet d'Espèrey, Foch et Pétain pour inaugurer dans la cour Wagram un monument aux morts (endommagé pendant la Seconde Guerre mondiale et restauré après 1945). Il rajoute en outre la Croix de guerre à la cravate du drapeau de l'École où se trouve la Légion d'honneur depuis 1914. Et André Maginot, ministre de la Guerre de rajouter : « Par la valeur et l'héroïsme des officiers qu'elle a formés, [l'École][24],[25] a consacré, au cours de la Grande Guerre, sa longue tradition de sacrifices à la Patrie et a justifié d'éclatante façon sa devise glorieuse : « Ils s'instruisent pour vaincre. ».

Le prestige international de Saint-Cyr va croissant : l'École accueille un nombre important d'élèves-officiers étrangers, européens (tchécoslovaques, polonais, finlandais, lituaniens ou roumains) voire asiatiques (chinois ou siamois)[8]. L'École diversifie aussi ses formations : un groupement d'élèves-officiers de réserve est établi en 1920. Une piscine couverte est également construite, en 1930[6],[26].

La France déclare la guerre à l'Allemagne le 5 septembre 1939, deux jours après le Royaume-Uni. Les élèves de seconde année (la 124e promotion, appelée Marne et Verdun) sont alors intégrés aux armées françaises, ceux de première sont envoyés dans des dépôts et la nouvelle promotion, alors que la France est envahie, gagne le nouveau site de l'école, à Aix-en-Provence, le 20 mars 1940[6],[27].

Postérité de l'École spéciale militaire[modifier | modifier le code]

Depuis son installation à Saint-Cyr en 1940, l'École spéciale militaire a formé quarante mille jeunes officiers dont huit mille sont morts pour la France. Trente-sept généraux se sont succédé à la tête de l'établissement (dont un seul porta le titre de maréchal, Achille Baraguey d'Hilliers). Le 8 mai 2002, la contre-allée située entre l'avenue Jean Jaurès et le lycée prend le nom d'« avenue de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr ». Le lycée y occupe le no 240, choisi à titre de mémoire car ayant été un symbole de tradition dans l'ancienne École[28],[29]. Un buste du général de Gaulle, ancien élève et ancien professeur, est inauguré le même jour devant l'entrée de l'établissement, alors qu'on célèbre les cérémonies du bicentenaire de l'École spéciale militaire.

Saint-Cyr pendant et après la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Seconde Guerre mondiale.

Les bombardements[modifier | modifier le code]

Aérodrome de Saint-Cyr, situé non loin de l'École.

À partir de juin 1940, une garnison de la Wehrmacht puis un dépôt occupe l'École. Elle est en effet vide : les élèves ont d'abord rejoint un camp militaire improvisé en établissement provisoire, d'abord à Aix-en-Provence, puis, en 1942 en Algérie française, à Cherchell (alors que l'Allemagne envahit la zone libre, L'École, délocalisée, formera quatre promotions). De son côté, le chef de la France libre Charles de Gaulle fonde en mars 1942 l'École militaire des cadets de la France libre, qui entraînera cinq promotions[30]. Des attaques aériennes alliées survenues les 12 et 21 juin, et les 20 et 25 juillet 1944 détruisent l'École, la dernière d’entre elles étant de loin celle qui fait le plus de dégâts. Seuls restent debout la chapelle et le pavillon des Archives. La ville aussi est rasée.

Bien qu'une enquête auprès des habitants rescapés[31] stipule qu'il s'agissait d’avions américains, aucune opération de ce type n'est recensée dans les journaux d'opération de la 8e US Army Air Force. Elle est mentionnée dans des journaux britanniques de la Bomber Command, qui notent que quatre-vingt-quatorze appareils (Lancaster et Mosquitos, escortés par une centaine de Spitfire), larguèrent environ cinq cent tonnes de bombes sur l'objectif Z 756 (« Saint-Cyr près de Versailles », selon la liste des numéros opérationnels établie par le ministère de l'Air du Royaume-Uni, en novembre 1943). L'objectif visé était en premier lieu l'Allemagne, mais l'opération a été détournée à la dernière minute sur la ville de Saint-Cyr qui, outre le fait qu’elle possédait un stock d'armes et des hommes de rangs dans l'École, possédait une base aérienne et une station de radioguidage établie dans les locaux de l'Institut aérotechnique, au Nord-Ouest de la ville. Mais surtout, Saint-Cyr-l'École était un point névralgique tant au niveau routier (trafic en provenance de la capitale et à destination de la Bretagne et du Sud du Cotentin) que ferroviaire (bifurcation des grandes lignes Paris-Rennes et Paris-Granville, voies de la Grande ceinture interconnectant les cinq grands réseaux ferroviaires venant de Paris, embranchements militaire du camp de manutention ferroviaire et du camp de Satory). Il n'est alors pas étonnant que l'état-major d'Eisenhower, embourbé en Normandie, ait fait passer en priorité sur les attaques à destination de l'Allemagne, celles qui pouvaient neutraliser la logistique allemande[32].

Une partie des promotions « Croix de Provence », « Veille au drapeau » et « Rome et Strasbourg » se regroupe en décembre 1944 à Cherchell, en Algérie française[33].

Saint-Cyr après la guerre[modifier | modifier le code]

En 1945, l'École revient en France métropolitaine. C’est notamment grâce au maréchal de Lattre de Tassigny, qui déclare recréer « une école unique pour une France unie »[33] et décide de l’installer, non pas à Saint-Cyr, mais en Bretagne, à Coëtquidan, un site militaire fondé par le roi Louis-Philippe Ier. Elle prend alors le nom d'« École spéciale militaire interarmes ». Le site de Saint-Cyr ne permet en effet plus, à cause des bâtiments détruits et de l'urbanisation croissante de la région parisienne de former et d'entraîner des élèves officiers d'une armée maintenant moderne et mécanisée, qui a besoin de grands espaces. Une partie du parc de Saint-Cyr sert alors de jardin public pour les habitants qui viennent s'y promener le dimanche mais l'accès aux ruines est prohibé et entouré de barbelés en raison des risques d'effondrement ainsi que de noyade pour ce qu'était devenue la piscine. Chaque année, une prise d'arme par des élèves du Premier bataillon de France devant le monument aux morts suivi d'un défilé allant des ruines du quartier de cavalerie au petit bois, a lieu. Des buissons ont poussé dans les cours ou dans les ruines : cette étrange atmosphère inspire le réalisateur Jean Cocteau, qui y tourne en 1950, quelques scènes de son film Orphée.

Pourtant, le sort du premier site le l’École inquiète les anciens élèves. Jérôme et Jean Tharaud publient le 3 mars 1949 une tribune dans Le Figaro : « Ces murs calcinés, lézardés qui ont abrité tant de jeunesse et tant d'espoirs ne retrouveront-ils pas leur destinée unique au monde ? Ne ressuscitera-t-on pas Saint-Cyr ? Ne rendra-t-on pas sa tradition - ou plutôt, sa vocation à ce lieu en quelque sorte sacré? »[8]. Le général Desmazes, ancien professeur d’histoire de l’École, écrit : « (...) quarante mille jeunes sont entrés dans ces murs dont huit mille sont tombés pour la Patrie. Une École qui a su infiltrer (...) un tel sens du dévouement et du patriotisme ne peut disparaître [8]! ».

Le collège et le lycée militaire de Saint-Cyr depuis 1966[modifier | modifier le code]

Plaque apposée en 1957 à l'occasion de la reconstruction des murs de l'ancienne École.

La reconstruction[modifier | modifier le code]

Charles de Gaulle, en 1959, ancien saint-cyrien de la promotion « Fez », fait part de son souhait de « la reconstruction dans cet ensemble d'un carré de bâtiments destinés à perpétuer la tradition de Saint-Cyr »[34]. Les associations « La Saint-Cyrienne » et « Les Amis de Saint-Cyr » pour la reconstruction de l'École existent depuis la fin des années 1940 ; le secrétaire d'État Max Lejeune a pris la décision en septembre 1950 de rebâtir les lieux et une première pierre est posée en 1957 par le ministre de la Défense nationale, André Morice. Mais cela reste à l'état de projet et n’a pas de réelle suite[35].

La note numéro 9217 du 6 avril 1966 du ministre des Armées Pierre Messmer décide de la reconstruction des bâtiments et, le 19 septembre 1966, le collège militaire de Saint-Cyr ouvre ses portes[réf. nécessaire]. Il y a alors 268 élèves (logés dans des nouveaux bâtiments, la réhabilitation des anciens bâtiments n'étant pas encore achevée), encadrés par dix officiers, six professeurs titulaires, une quinzaine de professeurs du contingent et une trentaine de sous-officiers[36]. Il est inauguré officiellement le 4 novembre de la même année par Pierre Messmer.

Il y a, en vain, de nombreuses exhortations d'anciens élèves et de cadres militaires pour que la nouvelle École spéciale militaire, basée à Coëtquidan, vienne se réinstaller sur le site de la commune de Saint-Cyr-l'École. L'héritage est pourtant sauf puisque le site breton prend, en 1961, le nom d'École spéciale militaire de Saint-Cyr, pour commémorer les cent vingt deux années passées dans son environnement historique[33]. Il est à noter que le général de Gaulle pensait donner au nouvel établissement le nom qu'il avait avant 1808, à savoir « Prytanée militaire de Saint-Cyr ». Néanmoins, les élèves du Prytanée militaire de La Flèche manifestent une vive opposition et le chef de corps de l'établissement, le général Catroux, envoie le 5 janvier 1965 une lettre au président de la République. Il rend également visite en uniforme au chef de l'État, qui alors se ravise[37].

En 1967 sont construits les appartements des cadres, les piscines, les gymnases ; les espaces verts sont réhabilités.

Du collège au lycée militaire[modifier | modifier le code]

Les désormais sept cents élèves, de la classe de sixième à la classe de terminale, suivent alors le même enseignement que chaque collégien ou lycéen de France, par des professeurs détachés de l'Éducation nationale. Néanmoins, la présence d'un uniforme de travail pour les jours de cours et de sortie pour les jours de cérémonies constitue une différence conséquente. En outre, un règlement plus strict est imposé, comme les cheveux courts pour les garçons et attachés pour les filles (à partir de 1984). Pour différencier les élèves, chacun porte une bande patronymique, ainsi qu'un passant qui indique son niveau : blanc pour les secondes, vert pour les premières, jaune pour les terminales, rouge pour les élèves de première année de CPGE et bleu pour ceux de deuxième année. Les élèves bénéficient en outre d'un équipement sportif de qualité (les terrains de sports sont aussi utilisés par le lycée voisin et la piscine par l'association municipale, à horaires fixes), d'un amphithéâtre, de plusieurs laboratoires de physique, de biologie et de langue ainsi que de voyages annuels linguistiques (Allemagne, Royaume-Uni, Espagne), scientifiques (géologique, dans le Massif central) ainsi que de mémoire (Auschwitz-Birkenau)[38].

En 1967, les élèves de École spéciale militaire (Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan) défilent sur le site du nouveau collège militaire, pour la première fois depuis la reconstruction des lieux. Le général de Gaulle vient se recueillir en 1969 devant le monument aux morts. Il déclare : « Que ces vieux murs reconstruits et rénovés apprennent aux jeunes qui vivent en ces lieux toute la gloire que leurs Anciens avaient acquise sur tous les champs de bataille. Qu'ils se souviennent aussi qu'aucune catégorie de Français n'avait fait autant de sacrifices pour la France et la liberté du monde »[8]. Le 2 décembre 1968, le chef de corps remet officiellement le fanion au groupement des classes préparatoires. En 1972, le collège militaire reçoit officiellement son drapeau des mains du chef d'état-major de l'Armée de terre, le général de Boissieu.

Le « pavillon des archives » est restauré début 1976. C'est là que le capitaine Milhiet (auteur de Saint-Cyr trois siècle d'histoire, 1999) établit un musée « destiné, en premier lieu, aux élèves, pour leur apprendre l'histoire de leur Maison, les faire réfléchir sur tous ces jeunes qui, depuis trois cents ans, les ont précédés, pour qu'ils y trouvent eux aussi, la foi dans leur pays et le goût de servir »[8]. Il va être inauguré en 1977 par la première dame de France d'alors, Anne-Aymone Giscard d'Estaing, qui compte des « demoiselles » parmi ses ancêtres : elle offre au musée deux documents autographes de Madame de Maintenon. Le musée fait partie des musées des Yvelines et du circuit organisé par l'association « Paris et son Histoire » ; il peut être visité sur demande.

Toujours en 1976, le colonel Lecouffe, chef de corps du lycée, évoque le palmarès de l'établissement, dû, selon lui au « travail des élèves, à la qualité et au dévouement des officiers, professeurs, sous-officiers et personnels civils, mais aussi au milieu, au cadre extraordinaire dans lequel nous sommes amenés à vivre »[36]. En 1986, à l'occasion du tricentenaire de la fondation des lieux, un colloque historique accueille dans les murs du lycée des personnalités comme Jean Tulard, Bruno Neveu ou Marc Fumaroli[39]. Les classes de la sixième à la troisième sont supprimées successivement, dans cet ordre, entre 1981 et 1984 et l'établissement prend le nom de lycée militaire de Saint-Cyr, en 1983.

L'héritage militaire[modifier | modifier le code]

L'aspect militaire du lycée est conservé à travers la « Corniche », qui regroupe les élèves de l'établissement se préparant aux concours d'entrée à l'École spéciale militaire, à l'École navale et à l'École de l'Air (en référence aux élèves du collège Stanislas situé à Paris, qui ambitionnaient à la fin du XIXe siècle d'intégrer l'École spéciale et qui se réunissaient sous une corniche de ce même établissement). Au cours de la cérémonie traditionnelle du « 2 S », de 1973, elle reçoit le nom de Pol Lapeyre, jeune sous-lieutenant sorti de Saint-Cyr en 1923, qui avait choisi les troupes coloniales et qui au mois d'avril 1925 préféra se faire sauter avec le poste de Beni-Derkoul plutôt que de le céder à Abdelkrim al-Khattabi qui l'assiégeait depuis soixante et un jours[8]. Chaque année depuis 1973, la citation suivante est lue aux élèves : « Lapeyre Pol, sous-lieutenant au 5e Régiment de Tirailleurs Sénégalais, commandant le poste de Beni-Derkoul comprenant quatre Français et trente et un Sénégalais, a tenu en échec pendant soixante et un jours un ennemi ardent et nombreux, a conservé jusqu'au bout un moral superbe, sans une plainte, sans un appel à l'aide. Le 14 juin 1925, submergé par le flot ennemi, a fait sauter son poste plutôt que de se rendre, ensevelissant à la fois sous ses ruines les restes de sa garnison et les assaillants ».

Sur la passerelle du lycée est apposée une citation du général de Gaulle, que le lycée s'est rapidement appropriée comme devise « La véritable école du commandement est donc la culture générale »[34]. Elle est tirée de son ouvrage Vers l'Armée de Métier, publié chez Berger-Levrault en 1934.

Féminisation du lycée[modifier | modifier le code]

En 1984, dix-huit jeunes filles intègrent le lycée militaire, aux côtés des sept cent garçons et, en 2000, vingt-trois entrent au groupement des classes préparatoires. Le lycée compte en 2010 un tiers de filles pour deux tiers de garçons.

Célébrations[modifier | modifier le code]

Le 21 juin 1986 a lieu la célébration du tricentenaire des bâtiments. L'évènement est marqué par un début d'incendie lié aux feux d'artifice, qui enflamment les bosquets de la cour Louis XIV. Le spectacle est néanmoins retardé car il fallait attendre la fin du match France-Brésil (que la France gagne), dans le cadre des quarts de finale de la coupe du monde de football : des écrans de télévision sont par ailleurs installés aux quatre coins de l'établissement pour les familles des élèves et les invités de marque de cette journée porte-ouvertes.

En juin 2010, pour le 70e anniversaire de l'appel du 18 juin 1940, une plaque honorant les Cadets de la France Libre est apposée sur l'amphithéâtre Charles de Gaulle, en présence notamment des résistants Yves Guéna et Pierre Lefranc[40].

Architecture du lycée[modifier | modifier le code]

Le lycée en 2006 : sont visibles les bâtiments reconstruits dans les années 1960 selon les originaux, ainsi que le petit pavillon construit sous Louis XV, au centre (et actuel musée).

Situation et accès[modifier | modifier le code]

Le lycée se situe au coeur de la commune de Saint-Cyr-l'École (Yvelines), dans le prolongement du parc du château de Versailles. L'entrée principale se situe 240, avenue de l'École Spéciale Militaire. Il est desservi par la gare de Saint-Cyr (comprenant les lignes N et U du Transilien ainsi que la ligne C du RER). Deux stations de bus sont également situées en face du lycée, le long de l'avenue Jean-Jaurès ; l'aérodrome de Saint-Cyr-l'École se trouve derrière le lycée.

Corps de bâtiment et éléments d'origine[modifier | modifier le code]

Le lycée militaire de Saint-Cyr fait coexister des bâtiments et des éléments de décoration d'époques très différentes. La chapelle du lycée est en partie d'origine, bien qu'amputée des deux tiers de la surface qu'elle faisait lors de sa construction. En 1695, Fénelon y a été nommé archevêque de Cambrai[12]. Les vitraux ont dû être reconstruits après la Seconde Guerre mondiale ; elle abrite notamment une sculpture en bois polychrome du roi de France Saint-Louis, datant du XVIe siècle[41]. Une petite gentilhommière construite sous Louis XV, auparavant le « pavillon des archives », est aujourd'hui le musée du lycée, après avoir servi de logement aux chefs de corps de l'École spéciale militaire. Les plans avaient été dressés par Jean Cailleteau sous le règne de Louis XIV et repris quarante ans plus tard par Gabriel. Le bâtiment est surmonté de six vasques d'où sortent des flammes tournées en direction du château de Versailles, métaphore du lien qui unissaient ces lieux au centre du pouvoir royal[12].

Il reste également, dans certains endroits du lycée, des éléments architecturaux d'origine, comme une partie de l'infirmerie ainsi que deux portiques, celui situé à côté de l'actuelle entrée et un autre, appelé « porte Notre-dame des Anges », située près de l'infirmerie. Il reste encore, sous la cour Louis XIV, la place d'armes et le parc, les souterrains et égouts de l'ancienne Maison royale ; ceux-ci communiquant avec ceux du château de Versailles, il est dit que c'était le moyen qu'avait trouvé Louis XIV pour rejoindre sa maîtresse[42] : il semble néanmoins qu'une grande partie de ces souterrains se soient, depuis, écroulés, même si nombre d'élèves ont tenté de les retrouver.

Le corps de bâtiment date des années 1960. Reconstruit après la guerre, il garde cependant la même allure que ceux du XVIIe siècle. Cependant, le fronton du lycée (visible dans la galerie d'images), est d'origine. Le corps de bâtiments s'organise autour de six cours, chacune portant le nom d'une personnalité ou d'une bataille, indiqué par une plaque (Austerlitz, Napoléon, Louvois, Rivoli connue aussi comme la « cour tradie », Louis XIV surnommée la « cour du Colon » car communiquant avec le couloir 6, où se trouve le bureau du Colonel, Wagram) ; chacune des neuf ailes porte également un nom (Maréchal de Lattre, Charles de Foucauld, Madame de Maintenon, Lucien Bonaparte, Mansart, etc.).

Bâtiments annexes[modifier | modifier le code]

Perspective de bâtiments construits dans les années 1960 : au premier plan à gauche, le bâtiment Tom Morel et plus loin, le réfectoire ; à droite, le nouveau bâtiment des classes préparatoires aux grandes écoles.

La vague de reconstruction du lycée a vu naître des bâtiments d'un style « années 1960 ». En effet, ont vu le jour le réfectoire, le centre d'habillement, l'ancien « Nouveau dortoir », divers bungalows qui ont auparavant servi de dortoirs et de salles de cours ainsi que de centre d'orientation (BIA : Bureau informations avenir), l'amphithéâtre « Charles de Gaulle », la piste d'athlétisme et les terrains de sport, les gymnases et la piscine, en même temps que le lycée civil voisin, le lycée Mansart. Le « Nouveau dortoir » est baptisé en octobre 1995 « bâtiment Tom Morel »[43].

Pourtant, depuis peu, l'insalubrité de ces bâtiments a donné lieu soit à des réfections totales, comme pour le réfectoire, soit à des fermetures partielles (le dortoir Tom Morel). Il est attendu ainsi, pour le reste de ces bâtiments, soit une rénovation, soit une reconstruction pure et simple, qui peine pourtant à voir le jour en raison de problèmes budgétaires[44]. Depuis septembre 2010 pourtant, après des travaux de rénovation partiels, le bâtiment accueille des élèves de terminale et de seconde[réf. nécessaire].

Les nouveaux bâtiments[modifier | modifier le code]

En 2003, un nouveau bâtiment est construit pour les classes préparatoires, dans un style certes moderne (couleur chocolat), mais moins voyant que ses prédécesseurs. Il est à noter que durant la construction ont été trouvés des ossements de demoiselles de la Maison royale de Saint-Louis, à l'époque où les environs étaient des marais pestilentiels qui rendaient souvent malade. La même année, sur proposition des élèves de classes préparatoires, le bâtiment a pris le nom de « bâtiment Lassalle », du nom du général d'Empire Antoine Charles Louis de Lasalle[43].

Le parc[modifier | modifier le code]

Les jardins[modifier | modifier le code]

Le « Marchfeld ».

Les jardins du parc suivent les règles des jardins à la française. Il y a également une petite forêt, appelée le « petit bois », fortement diminuée lors de la tempête de 1999.

Une grande pelouse, appelée communément « Marchfeld », sur laquelle avaient autrefois lieu les entraînements militaires (après que l'ancien potager, choisi pour sa petite pente qui le préservait de l'humidité, a été transformé en 1870) est aujourd'hui utilisée pour les commémorations devant le monument aux morts et est un lieu de rencontre et de détente privilégié des élèves. Devant lui sont alignées les statues des trois maréchaux napoléoniens.

Au fond du parc se trouve l'arrivée de toutes les eaux usées, une grande marre grillagée communément appelée la « fosse aux ours » ou le « bidet Maintenon »[42] ou encore « trou à chouille », du fait de son utilité pour jeter les bouteilles usagées de façon illégale par certains élèves.

Les statues et monuments[modifier | modifier le code]

Le monument Pol Lapeyre.

Au nord de la place d'armes du lycée, se trouve le porte-drapeau ou « mât des couleurs », devant la cour Louis XIV, là où ont lieu les cérémonies officielles. Il s'agit d'une sculpture de l'artiste César, pesant sept tonnes, représentant un mât de 25 mètres (plus élevé que les bâtiments) en forme de glaive « posé » sur un poing. Elle est ainsi couramment appelée « Le Poing de César ». Ce dernier a été fondu par l'entreprise Schneider, au Creusot (Saône-et-Loire). Commandée en 1967, inaugurée en 1970, elle remplaçait un simple mât droit : la construction de la sculpture ayant pris du temps et des élèves s'y amusant, le commandement du lycée se vit obligé de la faire garder militairement, en attendant que les travaux, qui durèrent des mois, prennent fin. Néanmoins, un sculpteur du nom de Courbier obtient en appel le versement de 10 millions de centimes pour plagiat ; en effet, il avait réalisé en 1948 un monument similaire commémorant Jean Moulin, à Chartres[45]. En 1978, César accepte de prêter certaines de ses œuvres et de ses moulages pour une exposition dans le collège, à laquelle il se rend, prenant le temps d'expliquer aux élèves son travail et de répondre à leurs questions[46].

Trois statues sont alignées devant le « Marchfeld ». Elles mesurent chacune 4,35 mètres. Autrefois il s'agissait de celles de Kléber, Marceau et Du Guesclin ; celle de Kléber est envoyée en 1945 à Coëtquidan et les deux autres enlevées. Depuis 1967 trônent les statues de trois maréchaux d'Empire, Lannes, Masséna et Jourdan, offertes par l'administration du château de Versailles (elles étaient disposées dans la cour du château jusqu'en 1931).

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Une statue située auparavant dans le « petit bois » et aujourd'hui près de la chapelle, est célèbre dans le lycée pour être dépourvue de tête. Mesurant 2 mètres 20, elle représente le général d'Empire Auguste François-Marie de Colbert-Chabanais. Élément romantique des jardins, elle avait inspiré à un professeur et militaire du lycée un poème qui avait paru dans le journal du lycée[47].

Près de l'entrée du lycée est inaugurée en 1986 une statue du maréchal Juin. Il existe également dans le parc deux monuments commémoratifs :

Une mosaïque réalisée par le sculpteur belge Raoul Ubac se trouve sur la façade du préau du bâtiment Tom Morel. Une autre, réalisée le sculpteur Germain se situe au niveau de l'extrémité nord du bâtiment des sports[12].

Organisation du lycée[modifier | modifier le code]

L'encadrement[modifier | modifier le code]

Le colonel dirigeant le lycée cumule les fonctions de chef de corps et de chef d'établissement. Il est ainsi le seul responsable du commandement, de l'administration et du fonctionnement de l'établissement. Dans cette tâche, il est assisté d'un commandant en second, officier supérieur lui-même secondé par des services spécifiques, d'un proviseur, directeur des études et d'un proviseur-adjoint[5]. Néanmoins, il est à noter que dans les faits, le colonel a plus vocation à s'assurer de la discipline des élèves et de la représentation du lycée, et le proviseur, aux questions relatives à l'enseignement.

Chaque niveau, de la seconde à la deuxième année de classe préparatoire, est commandé par un capitaine. À l'intérieur de chaque niveau, chaque classe est encadrée par un chef de section sous-officier, allant du grade de sergent à celui d'adjudant-chef. Néanmoins, cet encadrement militaire est souvent restreint à la vie en internat et n'intervient en général pas dans la vie purement lycéenne des élèves, mis à part les conseils de classe. Il existe un CPE pour les classes de seconde, un pour le cycle terminal (classes de première et de terminale) et un autre pour le cycle des deux classes préparatoires aux grandes écoles.

En 2011, le lycée compte « une douzaine d'officiers, une quarantaine de sous-officiers […], une quarantaine de maître d'internats et surveillants d'externats, trois conseillers principaux d'éducation et une conseillère d'orientation-psychologue, 70 professeurs civils, agrégés ou certifiés, détachés de l'éducation nationale, 190 personnels civils, employés ou ouvrier »[1]. En 2013 une femme accède au poste de proviseur, néanmoins aucune femme, jusqu'à ce jour n'a accédé au poste de chef de corps.

Vie des élèves[modifier | modifier le code]

Organisation des études[modifier | modifier le code]

Une salle de cours du lycée.
Une salle d’examen et de devoirs surveillés du lycée.

Le lycée se divise en cinq compagnies et d'une classe « hors-compagnie ». Chaque compagnie se divise en plusieurs sections correspondant à des classes de vingt-cinq élèves environ. On compte 500 élèves au lycée et 250 en classes préparatoires[1] :

Le lycée propose aux élèves du cycle terminal trois baccalauréats de type général : économique et social, littéraire et scientifique, avec comme langues proposées, l'allemand, l'anglais, l'espagnol, le russe, le latin, et parfois le grec ancien. Les résultats des élèves à cet examen sont, dans les années 2000, toujours compris entre 96 et 100 %[50].

Il est proposé aux élèves de classe préparatoire les sections MPSI, MP, PSI, ECO et LET A/L. À l'issue de leurs deux années de classes préparatoires, les élèves des sections scientifiques (MPSI, MP et PSI), peuvent présenter les concours de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr (ESM), de l'École de l'air, de l'École navale et de l'École polytechnique ; les élèves des sections économique (ECO) et littéraire (LET A/L), peuvent présenter seulement l'ESM. En effet, au début de leur scolarité en classes préparatoires, les étudiants signent un contrat qui les engage à seulement présenter des concours pour le recrutement des officiers des armées. Néanmoins, un élève qui redoublerait sa seconde année en classes préparatoires (un « khûbe »), peut présenter, pour assurer ses arrières, des concours dans des établissements civils en plus de ceux de l'armée, au cas où il viendrait à rater ces derniers. Un élève ne peut quitter ses deux années de classes préparatoires que dans le cas où ses résultats scolaires seraient insuffisants ou qu'il soit inapte à suivre les cours d'éducation physique.

Les élèves sont soumis chaque semaine à deux à cinq heures de devoir surveillé - « DS » - à créneau fixe, où ils travaillent en condition d'examen, les épreuves du baccalauréat pour les secondes, premières et terminales et celles des concours des grandes écoles visées pour les classes préparatoires.

Réussite au baccalauréats (S, L et ES)
Année % de réussite[51] L ES S
1995 95 % 96 % 93 % 94 %
1996 97 % 100 % 100 % 95 %
1997 97,9 % 100 % 100 % 96,4 %
1998 91,5 % 100 % 90 % 89,8 %
1999 95,6 % 86 % 96 % 97,7 %
2000 96,9 % 100 % 98 % 95,3 %
2001 99,2 % 100 % 100 % 98,5 %
2002 97 % 100 % 94,4 % 97,7 %
2003 100 % 100 % 100 % 100 %
2004 96,1 % 100 % 89,5 % 98,6 %
Année % de réussite L ES S
2005 97,8 % 100 % 100 % 96,7 %
2006 100 % 100 % 100 % 100 %
2007 97,3 % 91,7 % 100 % 97,3 %
2008 100 % 100 % 100 % 100 %
2009 99,3 % 92,9 % 100 % 100 %
2010 97,8 % 95,2 % 97,6 % 98,7 %
2011 99,2 % 100 % 100 % 98,6 %
2012 100 % 100 % 100 % 100 %
2013 100 % 100 % 100 % 100 %
2014

L'intégration du lycée[modifier | modifier le code]

L'intégration du lycée militaire de Saint-Cyr se fait généralement après la classe de troisième, pour la classe de seconde. Ces classes sont ouvertes au titre de l'aide à la famille aux « enfants de militaires, d'agents du ministère de la défense et de fonctionnaires »[12]. Depuis 2006, 15 % des places sont réservées à des élèves boursiers[12]. Le lycée peut accueillir à titre exceptionnel des élèves étrangers. Ces élèves de troisième passent un concours (entre avril et juin) comportant trois épreuves (mathématiques, français et une langue étrangère, à choisir parmi l'anglais ou l'allemand). Il est possible, mais dans des cas plus rares, de rejoindre le lycée pour la classe de première ou de terminale ; dans ce cas, il n'y a pas de concours, mais un examen du dossier scolaire ainsi qu'un entretien de motivation. Il convient néanmoins d'être âgé de moins de 17 ans pour demander la classe de seconde, 18 pour celle de première et 19 pour celle de terminale. « Le coût pour une année scolaire s'élève à environ 2 000 euros. Ce prix comprend les frais de pension et de trousseau et est payable par trimestre à la réception de la facture. Les élèves boursiers du second cycle sont dispensés de tous frais de scolarité »[52].

Les élèves souhaitant intégrer les classes préparatoires aux grandes écoles du lycée passent nécessairement, pour leur première année, comme tous les lycéens de classe de terminale de France, par des vœux formulés sur le site Internet Admission Post-Bac. Il n'y a dans ce cas pas de restriction quant à la profession des parents. La scolarité y est gratuite mais un « contrat » est passé, certifiant un engagement à présenter les concours d'officier des armées au bout des deux années de classes préparatoires ou un engagement de trois ans au service de l'État ; dans le cas contraire, l'élève devra a posteriori rembourser ces frais[52].

Ni les élèves des classes secondaires ou préparatoires ne sont considérés comme des militaires[52]. Ils sont respectivement lycéens et étudiants.

Uniforme[modifier | modifier le code]

Les élèves portent un uniforme scolaire fourni par le lycée. Il est composé de trois tenues différentes :

  • la tenue de travail (« TT »), portée par les élèves pendant les heures de cours, d'études et plus généralement chaque fois qu'il n'est pas nécessaire d'être vêtu des autres. Elle se compose d'un pantalon de toile bleu marine, de polos bleu clair à manches courtes, de polos bleu marine à manche longue, de chemisettes bleu ciel, d'un pull en coton bleu, d'un chandail bleu marine, d'un coupe-vent, d'une parka, de brodequins noirs et de chaussettes. Le choix de l'uniforme est parfois au choix de l'élève, suivant les saisons, mais il peut arriver que des consignes pour une uniformisation vestimentaire des sections soient décidées. Tous les vêtements hauts de corps sont pourvus de deux bandes à scratch : une sur la poitrine au côté droit, pour pouvoir y scratcher une bande patronymique au nom de l'élève, et une autre au niveau du haut de l'épaule gauche, pour y mettre le passant indiquant la compagnie de l'élève. Le reste des sous-vêtements reste à la charge de l'élève. Cet uniforme « modernisé » est porté depuis 2004 ;
  • la tenue de sortie (« TS »), portée par les élèves lors des cérémonies, des sorties à l'extérieur du lycée ou de manifestations spéciales. Elle se compose d'une jupe grise pour les filles et d'un pantalon gris pour les garçons, d'une veste blazer bleu marine avec l'écusson du lycée, d'un chemisier blanc pour les filles et d'une chemise blanche pour les garçons, d'une lavallière aux armes du lycée pour les filles et d'une cravate aux armes du lycée pour les garçons, de mocassins noirs et de chaussettes noires pour les garçons. Les collants sont à la charge des filles ;
  • la tenue de sport, portée par les élèves pendant les cours de sport ou les concours sportifs. Elle se compose d'un survêtement bleu roi aux armes du lycée, d'un survêtement bleu électrique semblable à ceux des militaires, de T-shirts aux manches longues et courtes et un pull aux couleurs de sa compagnie (blanc, vert, jaune, rouge ou bleu), d'un short, de deux cuissards et d'un maillot de bain.

Vie en internat[modifier | modifier le code]

La grande majorité des élèves a fait le choix de l'internat, bien souvent en raison de la distance géographique avec leur domicile. Néanmoins il est possible de demander exceptionnellement la demi-pension, pour les élèves ayant un domicile dans les communes voisines. Le lycée propose cinq cents lits en second cycle, dont deux cents pour les jeunes filles et deux cent quatre-vingt en classes préparatoires, dont soixante-douze pour les jeunes filles[53].

Récemment une laverie a été installée dans le corps de bâtiments pour permettre aux étudiants de laver leur linge personnel. Les uniformes sont eux, à rapporter au centre d'habillement (SMCAT), qui les échangent contre des neufs et les lavent gratuitement.

Vie extrascolaire[modifier | modifier le code]

Une partie des terrains de sport du lycée.
Le terrain de rugby du lycée, et, au loin, les bâtiments des sports.

Une société, employée par le lycée, regroupée au sein du « Cercle Mess » assure certains services au réfectoire et propose aux élèves dans un foyer (appelé le « Fox ») diverses activités de détente (billard, baby-foot, télévision, Internet, etc.) ainsi que la vente de friandises et de boissons. Il existe également pour les cadres civils et militaires un foyer, appelé « la taverne des grognards », installé dans une ancienne cave.

Il existe pour les élèves pratiquants, un aumônier catholique, un protestant, un israélite et un musulman (depuis la rentrée 2013 ) ; en outre, la chapelle catholique du lycée assure deux offices religieux par semaine (mercredi soir et dimanche soir).

Des clubs, comme les échecs, la musique ou le théâtre (à l'amphithéâtre Charles de Gaulle) sont proposés aux élèves le mardi soir. Des stages de ski et de parachutisme sont organisés pendant les vacances scolaires. Ils peuvent également participer à la rédaction de L'Aiglon, le journal officiel et trimestriel du lycée depuis janvier 1974, qui traite de points historiques du lycée, des manifestations culturelles, sportives qui y ont lieu, des cérémonies militaires, des voyages scolaires et parfois d'économie : il tient son nom d'une citation de Napoléon Ier, qui visitant le « collège militaire de Saint-Cyr » en 1806 se souvint qu'en 1800 son frère Lucien Bonaparte inaugurait l'établissement. Il parlait alors d'un « nid de colombes transformé en aire d'aiglons »[42]. Il est aussi offert aux élèves de participer à une fanfare, qui joue pendant les cérémonies, de participer au concours national de la résistance et de la déportation, pour lequel il a déjà remporté une victoire nationale et chaque année des victoires départementales[54] ou encore au récent prix littéraire du lycée militaire de Saint-Cyr[55], organisé à la bibliothèque du lycée, qui élit, par l'intermédiaire d'un jury composé d'élèves et de professeurs, un livre faisant partie de la rentrée littéraire nationale de septembre. Depuis 2011, L'Aiglon est annuel[56].

L'association sportive du lycée est très active. En effet, chaque lycéen a trois heures de sport supplémentaires aux deux habituellement données dans les lycées normaux : il faut, dès la classe de seconde choisir un sport parmi un large choix (football, basket, handball, volley-ball, athlétisme, natation, karaté, judo, escrime) qu'il aura le choix de présenter ou non au baccalauréat. Chaque année a lieu le Tournoi inter-lycées de la Défense, ou « TILD » : en 2006, le lycée militaire de Saint-Cyr recensait onze victoires sur quinze années de participations[57], ainsi que de nombreux titres. Des dizaines de coupes sont visibles dans les vitrines du hall des gymnases.

Direction du collège puis du lycée[modifier | modifier le code]

Traditions au lycée militaire de Saint-Cyr[modifier | modifier le code]

Le lycée militaire porte couramment le nom de « Coldo ». Depuis l'ouverture du lycée en 1966, de nombreuses traditions ont vu le jour :

Traditions sportives[modifier | modifier le code]

Le dernier mercredi du mois d'octobre[60] a lieu le cross du lycée, où élèves, cadres militaires et parfois professeurs exécutent un parcours de plusieurs kilomètres (5,6 km pour les hommes) dans le parc, sous les yeux de leurs camarades souvent déguisés pour l'occasion.

Courant mai a lieu un match de rugby opposant les meilleurs joueurs du cycle terminal (classes de première et de terminale) à ceux du cycle préparatoire[61]. Il est appelé « match chokis-girons » (des surnoms des élèves des cycles lycée et CPGE[62]) et suscite un fort enthousiasme, autant de la part des élèves que des professeurs et de l'encadrement, donnant parfois lieu à des débordements.

Depuis les 1986 a lieu chaque année le Tournoi inter-lycées militaires ou « TILM », regroupant au sein d'une compétition sportive ayant lieu chaque année dans un lycée différent les élèves les plus sportifs de chacun des six lycées de la défense pour une compétition dans une quinzaine de sports, dans un esprit convivial, ponctué par exemple par des sauts en parachute. Depuis, le tournoi a été rebaptisé Tournoi inter-lycées de la défense, ou « TILD ». Sur les 24 éditions du TILM et du TILD entre 1986 et 2013, le lycée militaire de Saint-Cyr l'a emporté 20 fois[63],[64].

Traditions commémoratives[modifier | modifier le code]

Le début et la fin de l'année scolaire sont sanctionnés par deux cérémonies auxquelles sont conviés les parents des élèves, les responsables politiques locaux, des anciens combattants ou élèves ainsi que le personnel du lycée (corps professoral, administratif et d'entretien). Un général a l'habitude de prendre le commandement du lycée pendant la durée de la cérémonie. Elle se déroule sur la place d'armes, suivant un protocole immuable : rappel de l'historique du lycée, montée du drapeau et chant de La Marseillaise, décoration d'élèves sportifs, de professeurs méritants, ou de cadres exemplaires ou expirants. La cérémonie se poursuit, en septembre, par un cocktail avec la présentation des professeurs et des cadres militaires, et se clôture, en juin, par les remises de prix aux élèves, à l'amphithéâtre Charles-de-Gaulle, dont le très prisé « prix du président de la République ».

Le 2 décembre ou « 2S » est une fête symbolique au lycée, commémorant la victoire d'Austerlitz, où sont morts les premiers Saint-Cyriens. À l'origine, les élèves de l'École spéciale reconstituaient deux scènes de la bataille, en uniforme : la prise du plateau de Pratzen et la visite de Napoléon à ses troupes[65]. Elle donne lieu à une cérémonie d'accueil pour les nouveaux élèves de classe préparatoires, qui se voient remettre leur shako et souvent à des débordements de la part des élèves (ainsi, dans les années 1990, les 800 tables de classes furent dressées en pyramide sur la place d'armes et les 1 000 bols du service de cantine mis à flotter dans la piscine du lycée)[66]. Aujourd'hui, les élèves de seconde assistent premièrement à la crèche khûbale (cf. la partie t« raditions folkloriques »), puis se rendent sur le « Marchfeld » avec leurs traversins pour participer à une bataille de polochons contre les classes supérieures. Celle-ci est encadrée par les différentes « familles » (associations informelles) du lycée (les Tonneaux, la Termalie, la BK, la VO, l'EDS, les Kroisés et la Celtique etc.)[réf. nécessaire].

Le lycée a le privilège de chaque année présenter deux classes ou compagnies qui participeront à des cérémonies officielles. La première à la prise d'arme des Invalides en présence du président de la République et du ministre de la Défense, la seconde pour le ravivage de la flamme de la tombe du soldat inconnu, sous l'Arc de triomphe, à Paris.

Les récompenses des conseils de classe se traduisent par des récompenses lors d'une petite cérémonie. Les encouragements donnent droit à une épinglette en métal ayant la forme d'une étoile et les félicitations à une palme, superposées à une épée. Une note de A en comportement lui donne une couleur « or », B une couleur « argent » et C une couleur « bronze ». Ces insignes avaient été dessinés par un cadre du lycée, le chef Philippe. Jusqu'en 1993 les élèves obtenaient un grade honorifique : un élève obtenant des félicitations et un A était titré « sergent-chef » ou « sergent-major », un B « sergent », un élève obtenant des encouragements et un A était titré « caporal-chef », un B « caporal »[42].

Traditions folkloriques[modifier | modifier le code]

Début décembre a lieu la « crèche khûbale », une crèche humaine organisée par les élèves masculins et féminins des classes préparatoires qui se déguisent et proposent une heure durant un spectacle loufoque avec musique, chorégraphies, imitations et parodies autour d'une trame, parfois avec des descentes en rappel des toits du lycée[67]. Pourtant, en 2009, pour des raisons de sécurité, elle a été supprimée, mais rétablie l'année suivante [68].

Un carnaval est également organisé les jours suivant le 1er avril où les élèves peuvent, de 6 à 9 heures, défiler dans le parc et dans le réfectoire.

Depuis 1975 a lieu courant avril le bal des Terminales, ou « BDT »[69], organisé à l'origine au sein du lycée puis dans de prestigieuses salles de bal parisiennes ou des environs. Le but était autrefois que les élèves puissent rencontrer les demoiselles de la Maison d'éducation de la Légion d'honneur de Saint-Germain-en-Laye et y trouver leur promise, coutume tombée en désuétude depuis que la féminisation du lycée existe. Il est organisé par un petit groupe d'élèves élus, appelé « comité BDT ». Plus tard dans l'année a lieu le bal du groupement des classes préparatoire, ou « BDK » (Bal des cadets)[67] au Cercle national Saint-Augustin, rue de la Pépinière (Paris).

Le lycée possède un jargon très spécifique à ses murs et un langage écrit que seuls les initiés peuvent comprendre. La présence aussi de fraternités (uniquement réservées aux garçons), appelées « familles », s'inspire des traditions universitaires, quasi-généralisées en classes préparatoires mais également présentes au lycée. Pour se reconnaître, ils portent des attributs spécifiques (bretelles de couleurs particulières, etc.).

Aujourd'hui, les élèves font partie de la grande famille des « AET », pour Ancien Enfant de Troupe. Ce terme existe depuis 1762, mentionné dans un décret de Louis XV et consacré en 1800 par Napoléon Bonaparte.

Autour du lycée[modifier | modifier le code]

  • Le lycée est couramment appelé par ceux qui le fréquentent le « Coldo ». C'est une ancienne contraction d'éCOLe D'Officiers.
  • Le blason du lycée, couleur or, rend compte de son héritage multiple : la gravure au centre d'un soleil fait référence au Roi-Soleil, Louis XIV et l'aigle à la période de l'Empire, et de Napoléon Ier. Il est ainsi décrit sur le site du lycée, avec le vocabulaire d'héraldique convenu : « Ecu moderne de sinople au chef d'azur adextré et senestré de deux faisceaux de licteur d'or, chargé du soleil royal d'or soutenu d'une aigle contournée du même. Inscription en chef : « Lycée militaire », en pointe « St Cyr » »[42].
  • Le lycée est situé dans la ville de Saint-Cyr-l'École, qui tient son nom de saint Cyr, saint chrétien de la fin du IIIe siècle.
  • L'expression populaire « ne pas être sorti de Saint-Cyr » vient du fait que les études , au sein de l'établissement, notamment lorsqu'il accueillait l'École spéciale militaire, sont difficiles.
  • Six ancêtres de Valéry Giscard d'Estaing fréquentèrent Saint-Cyr, mais sous les diverses formes que le site connut : quatre demoiselles connurent la Maison royale de Saint-Louis (par la branche paternelle), deux élèves l'École spéciale militaire (un par branche). Son épouse Anne-Aymone compte également parmi ses ancêtres la reine Marie Leszczyńska, qui faisait de très fréquents séjours à Saint-Cyr où elle avait un appartement, car délaissée par son mari[42].

Anciens élèves et professeurs renommés[modifier | modifier le code]

Maison royale de Saint-Louis[modifier | modifier le code]

Élèves

Collège puis Prytanée militaire[modifier | modifier le code]

Élèves

École spéciale militaire[modifier | modifier le code]

Élèves[modifier | modifier le code]

Professeurs[modifier | modifier le code]

Collège puis lycée militaire[modifier | modifier le code]

Élèves[modifier | modifier le code]

Professeurs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d http://www.lm-st-cyr.fr/ Onglet « organisation ».
  2. Cf. Liste de devises militaires françaises.
  3. Charles de Gaulle, Vers l'Armée de Métier, Berger-Levrault, 1934.
  4. Lycée militaire de Saint-Cyr, consulter l'onglet « mission » dans la section « Au coeur du lycée »
  5. a, b, c et d Brochure de renseignements administratifs pour le second cycle, édition juin 2006, page 6
  6. a, b, c et d Saint-Cyr magazine, magazine d'informations municipales, n°142, juin 2008, page 7.
  7. a, b, c, d et e J.-J. Milhiet (1999), p. 23
  8. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p SAINT-CYR A TROIS CENTS ANS, par Alain-René Gennari, sur son site personnel.
  9. aujourd'hui présente dans les collections de l'hôtel des Monnaies, numéro 282A.
  10. J.-J. Milhiet (1999), p. 25
  11. J.-J. Milhiet (1999), p. 156
  12. a, b, c, d, e et f Lycée militaire de Saint-Cyr, site officiel.
  13. J.-J. Milhiet (1999), p. 149
  14. a, b, c, d et e Saint-Cyr magazine, magazine d'informations municipales, n°142, juin 2008, page 6
  15. J.-J. Milhiet (1999), p. 174
  16. J.-J. Milhiet (1999), p. 222-223
  17. J.-J. Milhiet (1999), p. 347
  18. Il incombait aux services idoines de l'Infanterie de dessiner les uniformes.
  19. J.-J. Milhiet (1999), p. 320
  20. Deux origines possibles à cette tradition : les premiers élèves étrangers venaient d'Égypte, mais il était également dit qu'ils « croquaient les places des élèves français »
  21. J.-J. Milhiet (1999), p. 342
  22. J.-J. Milhiet (1999), p. 335
  23. a et b SAINT-CYR: TROIS CENTS ANS D'HISTOIRE, chronologie du Lycée militaire de Saint-Cyr, sur un site personnel.
  24. La citation épinglée sur la cravate par le ministre se présente avec cette erreur syntaxique.
  25. Les titres de gloire de Saint-Cyr, La Saint-Cyrienne
  26. J.-J. Milhiet (1999), p. 307
  27. J.-J. Milhiet (1999), p. 374
  28. Le « 240 » était une tradition militaire consistant à disperser son paquetage militaire puis de le reconstituer.
  29. [PDF] Armel Dirou, André Thiéblemont, Saint-Cyr : des traditions turbulentes
  30. J.-J. Milhiet (1999), p. 376
  31. Saint-Cyr: 25 juillet 1944
  32. Journal L'Aiglon, juin 2002, n°97, pages 6 et 7.
  33. a, b et c Saint-Cyr magazine, magazine d'informations municipales, n°142, juin 2008, page 8.
  34. a et b Brochure de renseignements administratifs pour le second cycle, édition juin 2006, page 7
  35. J.-J. Milhiet (1999), p. 378
  36. a et b Journal L'Aiglon, novembre 2006, n°110, page 6
  37. J.-J. Milhiet (1999)
  38. Saint-Cyr magazine, magazine d'informations municipales, n°142, juin 2008, page 9.
  39. J.-J. Milhiet (1999), p. 386
  40. http://vdz-750212.amen-pro.com/Accueil/Agenda/Actualitesceremoniefin2010.htm
  41. Journal L'Aiglon, février 2007, n°111, page 14.
  42. a, b, c, d, e et f ANCIENS, sur un site personnel.
  43. a, b et c PERSONNALITÉS, sur un site personnel.
  44. Journal L'Aiglon, juin 2008, n°115, page 4.
  45. Journal L'Aiglon, juin 1976, n°24.
  46. J.-J. Milhiet (1999), p. 419
  47. Journal L'Aiglon, avril 1975, n°12.
  48. Journal L'Aiglon, juin 2008, n°115, page 14.
  49. Journal L'Aiglon, juin 2002, n°97, page 9.
  50. Brochure de renseignements administratifs pour le second cycle, édition juin 2006, page 9
  51. http://vdz-750212.amen-pro.com/Accueil/Aucoeurdulycee/Palmares/histobac.pdf
  52. a, b et c Onglet « questions fréquentes ».
  53. Brochure de renseignements administratifs pour le second cycle, édition juin 2006, page 8
  54. Cérémonie de remise des prix du Concours national de la Résistance et de la Déportation 2004
  55. Journal L'Aiglon, octobre 2008, n°116, page 4.
  56. http://vdz-750212.amen-pro.com/ElementsCommuns/documents/aiglon2011.pdf
  57. a et b Brochure de renseignements administratifs pour le second cycle, édition juin 2006, page 10
  58. [PDF] Palmarès 2009-2010
  59. http://vdz-750212.amen-pro.com/Accueil/Agenda/Actualites_110322.htm
  60. Journal L'Aiglon, février 2002, n°96, page 8.
  61. Journal L'Aiglon, juin 2008, n°115, page 15.
  62. Dictionnaire analytique des termes spécifiques au Coldo
  63. http://coldo.perso.sfr.fr/CSports.htm Article « Le palmarès depuis 1986 ».
  64. http://vdz-750212.amen-pro.com/Accueil/Agenda/Actualitestild.htm
  65. J.-J. Milhiet (1999), p. 363
  66. J.-J. Milhiet (1999), p. 383
  67. a et b Journal L'Aiglon, juin 2002, n°97, page 8.
  68. http://vdz-750212.amen-pro.com/Accueil/Agenda/Actualites_101212.htm
  69. Journal L'Aiglon, février 2008, n°114, page 4.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Joseph Milhiet, Saint-Cyr - Trois siècles d'histoire, Éditions Christian,‎ 1999, 475 p. (ISBN 978-2-86496-075-1)
  • Saint-Cyr, la société militaire, la société française, Cahiers d'études et de recherches du musée de l'Armée (CERMA), numéro 4, 2002.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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