Pierre Ier de Serbie

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Pierre Ier
Petar I
Петар I
Le roi Pierre Ier.
Le roi Pierre Ier.
Titre
Roi des Serbes, Croates et Slovènes

(&&&&&&&&&&&&09892 ans, 8 mois et 15 jours)
Prédécesseur Lui-même
(roi de Serbie)
Successeur Alexandre Ier
(roi de Yougoslavie)
Roi de Serbie

(&&&&&&&&&&&0564815 ans, 5 mois et 16 jours)
Couronnement
Prédécesseur Alexandre Ier
(roi de Serbie)
Successeur Lui-même
(roi des Serbes, Croates et Slovènes)
Biographie
Dynastie Karađorđević
Nom de naissance Petar Aleksandrović Karađorđević
Date de naissance
Lieu de naissance Belgrade
Date de décès (à 77 ans)
Lieu de décès Belgrade
Père Aleksandar Karađorđević
Mère Persida Nenadović
Conjoint Ljubica Petrović-Njegoš
Enfant(s) Jelena Karađorđević
Đorđe Karađorđević
Alexandre Ier Red crown.png

Pierre Ier de Serbie Pierre Ier de Serbie
Monarques de Serbie

Pierre Ier de Serbie (de son nom de naissance Petar Aleksandrović Karađorđević[1], en serbe cyrillique Петар Карађорђевић), né le 29 juin 1844 à Belgrade, et mort le 16 août 1921, fut roi de Serbie de 1903 à 1918, puis au terme de la Première Guerre mondiale, roi des Serbes, des Croates et des Slovènes de 1918 à 1921.

Il s'était engagé dans la Légion étrangère lors de l'invasion de la France par l'Allemagne en 1870.

Biographie[modifier | modifier le code]

Petar Karađorđević fait ses études militaires à Saint-Cyr, à titre étranger, de 1862 à 1864- promotion « Puebla ». En 1870, ne supportant pas de voir la France battue par les Prussiens, il s’engage comme sous-lieutenant au 5e bataillon de la Légion étrangère, sous le nom de Pierre Kara et se bat dans les rangs de l’Armée de la Loire. Le 11 octobre, il est blessé sous Orléans. Fait prisonnier, il s’évade en traversant la Loire et rejoint l’arrière-garde de l’armée de Chanzy pour reprendre sa place au combat.

Timbre serbe à l'effigie de Pierre Ier.

En 1875, il fait partie des insurgés serbes qui combattent les Ottomans en Bosnie. En 1876-1877, il est le chef de sa propre unité sous le nom de guerre Petar Mrkonjić, mais il doit bientôt retourner en Suisse, puis au Monténégro où il se marie avec la princesse monténégrine Ljubica Petrović-Njegoš.

Un complot militaire à Belgrade met fin en 1903 au règne autoritaire d'Alexandre Ier de Serbie, dernier membre de la dynastie des Obrénovitch. Pierre Karageorgévitch monte sur le trône de Serbie sous le titre de Pierre Ier, roi des Serbie. Atteint par la maladie, il désigne en fin juin 1914 son fils Alexandre comme Prince régent et lui laisse le soin de mener les opérations militaires jusqu'à l’offensive victorieuse d’automne 1918.

Nommé roi des Serbes, des Croates et des Slovènes le , après le traité de Saint-Germain-en-Laye Pierre Ier cède le trône en à son fils qui règnera sous le nom d’Alexandre Ier de Yougoslavie. Pierre finira ses jours dans une modeste demeure où il recevra, régulièrement, son meilleur ami et voisin Rodolphe Archibald Reiss, ce dernier fera souvent référence aux séjours de Pierre à Genève.

Le roi libéral[modifier | modifier le code]

Dès son arrivée sur le trône de Serbie en 1903. Pierre Ier de Serbie, lecteur et admirateur de la pensée de John Stuart Mill, met en place en Serbie la constitution la plus démocratique et la plus libérale en Europe après celle de Grande-Bretagne. Elle s'inspirait aussi de la constitution de 1888 supprimée par Alexandre Ier de Serbie en 1894 :

  • Monarchie constitutionnelle de type britannique[2], mais avec un taux de votants sans commune mesure, en effet, 23 % de sa population avait le droit de vote[2],
  • Création d'une école publique, en 1884, qui offrit à la Serbie ses premiers bacheliers[2],
  • Instauration de la liberté de la presse, d'opinion et d'association, en 1909, il existait 79 journaux dont 13 quotidiens[3],
  • Mise en place de syndicats dont la confédération générale des ouvriers en 1904, ce qui permit à la Serbie d'instaurer des lois sociales avancées[3].

Cette liberté en Serbie favorisa un foisonnement culturel qui fit de Belgrade un phare de liberté pour tous les Serbes des Balkans ainsi que pour Croates et les Slovènes qui souffraient dans l'Empire d'Autriche-Hongrie et qui rêvaient d'une Yougoslavie avec le même régime démocratique à leur tête. Certain milieu réactionnaire à Vienne n'attendait que l'occasion d'écraser le Piémont serbe avant qu'il contamine les esprits de tous les Slaves du sud de l'Empire[3].

L'opposant de l'expansion agressive germanique dans les Balkans, le roi Pierre s'est fortement retourné vers la France et la Russie, à la différence des derniers souverains de la dynastie rivale Obrenović, qui étaient surtout attachés à Vienne. En fournissant à l'armée serbe des canons de l'usine Schneider — Creuzot, le roi Pierre n'a pas seulement confirmé sa francophilie, mais il a aussi créé les bases solides pour la défense et les guerres de libération à venir. Les grandes réussites dans la guerre douanière contre les Austro-Hongrois et les victoires spectaculaires de la Serbie durant les guerres balkaniques (1912-1913), un an après sa visite à Paris, ont renforcé le prestige du roi Pierre et de la Serbie, non seulement en Europe mais à l’échelle mondiale.

Après seulement quelques années de son règne selon les meilleurs critères de la démocratie parlementaire, Pierre Ier devient le symbole d’espoirs multiples : il était non seulement le porteur de l’amitié franco-serbe dans les Balkans mais aussi le promoteur et le gardien des libertés politiques, et de la gouvernance constitutionnelle et parlementaire dans toute la région de la péninsule. Encore plus, en libérant l’énergie démocratique en Serbie et en définissant les bases de sa modernisation, il devient le symbole d’espoir de tous les Serbes, et les Slaves du Sud, qui était à cette époque-là, les sujets inégaux, voire victimes de pratiques discriminatoires au sein des Empires avoisinants des Habsbourg et des Ottomans.

Après 1903, Pierre Ier n’a pas oublié ses camarades de Saint-Cyr et la guerre de 1870, certains devenus des colonels et des généraux, qu’il a accueilli à Belgrade à plusieurs reprises. À Belgrade le roi Pierre fut également le président de la Société littéraire qui favorisait l’amitié avec la France, alors que la Serbie demeura, jusqu’à 1914, le prestigieux centre de la démocratie et des libertés politiques, et comme Piémont serbe, le centre des rassemblements politiques des Slaves du Sud. Les libertés politiques en Serbie favorisaient un foisonnement culturel qui fit de Belgrade un phare de liberté pour tous les Serbes des Balkans ainsi que pour Croates et les Slovènes, les Slaves musulmans, les Serbes du Kosovo et de la Macédoine slave.

En doublant presque son territoire dans le sud, la Serbie est devenue une menace pour l’Autriche-Hongrie. L’assassinat de François Ferdinand à Sarajevo en juin 1914, organisé par des patriotes serbes de Bosnie, Ce attentat a servi de prétexte pour les réactionnaires militaristes de Vienne, encouragés par le soutien de l’Allemagne, de commencer le conflit longuement préparé avec la Serbie et de provoquer ainsi « la Grande Guerre ».

La Serbie reçut le surnom de berceau de la démocratie dans les Balkans modernes[3]. Ce régime de liberté sera en place jusqu'au début de la Première Guerre mondiale en 1914. La démocratie avait vécu. La constitution de 1903 de Pierre Ier restera la référence de tous les mouvements démocratiques dans la Yougoslavie royaliste d'entre les deux guerres[3].

Pendant sa visite officielle en France en novembre 1911, le roi Pierre Ier de Serbie reçoit la médaille commémorative de guerre de 1870. Une promotion à Saint-Cyr était nommée Pierre Ier de Serbie.

Le roi Pierre atteint par la maladie et les luttes politiques internes, décide de se retirer de la scène politique. Il désigna en juin 1914 son fils cadet Alexandre comme Prince régent et lui laisse le soin de mener les opérations militaires jusqu'à l’offensive victorieuse d’automne 1918. Malgré sa maladie et l’absence de la vie politique, Pierre Ier, appelé par le peuple l’« oncle Pierre » était dans les premiers rangs durant les épreuves les plus difficiles de la guerre et donnait l’inspiration et la force aux soldats épuisés par le combat. Lorsque la Serbie, cette alliée héroïque de la France attaquée en 1915, de trois côtés différents, fut militairement écrasée, le roi Pierre traversa, ensemble avec l’armée les montagnes enneigées d’Albanie, en se faisant admirer par les souverains, généraux et soldats alliés.

Transporté par les navires français sur l’île de Corfou, comme la majorité des soldats serbes et des civils sauvés, simple et modeste, Pierre Ier était admiré pour son courage et sa loyauté à sa patrie, son dévouement à l’idée de la liberté et l’unification serbe et yougoslave. Le vieux roi Pierre Ier, inspiré par les doctrines françaises, promouvait les valeurs de liberté, de justice et de souveraineté, qui ont servi de bases pour l’amitié franco-serbe, forgée dans les tranchées du Front d’Orient, en arrière-pays de Salonique.

Un monument fut érigé à son honneur à Orléans, ainsi que le grand monument à Pierre Ier de Serbie, « le Grand Libérateur », et son fils le roi Alexandre de Yougoslavie, « le Grand Unificateur », à Paris en 1936 (Porte de la Muette). Une avenue de Pierre Ier de Serbie se trouve à Paris, dans les 16e et 8e arrondissements.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Pierre Ier est le petit-fils de Karageorges et fils du prince Alexandre Karađorđević et de Persida Nénadović. En 1883, il épouse la princesse Zorka Petrović-Njegoš, Zorka de Monténégro, la fille du prince Nicholas de Monténégro.

De cette union naîtront à Cetinje:

Sources[modifier | modifier le code]

  • Généalogie des rois et des princes de Jean-Charles Volkmann Édit. Jean-Paul Gisserot (1998)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Karageorgévitch en français
  2. a, b et c Alexis Troude, Géopolitique de la Serbie, éditions Ellipses (ISBN 2729827498), page 33
  3. a, b, c, d et e Catherine Lutard, Géopolitique de la Serbie Monténégro, éditions Complexe (ISBN 2870276478), page 88 : article « La Serbie berceau de la démocratie dans les Balkans ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dragoljub R. Živojinović, Kralj Petar I Karadjordjević (Le roi Pierre Ier Karadjordjević), vol. I-III, Belgrade, BIGZ 1988-1992.
  • Dušan T. Bataković, Yougoslavie. Nations, religions, idéologies, Lausanne, L'Âge d'Homme, 1994.
  • Dušan T. Bataković (dir.), Histoire du peuple serbe, Lausanne, L'Âge d'Homme 2005.
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1889-1903
Coat of arms of Serbia small.svg
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1921-1929
Royaume de Serbie
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1918-1921
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