Caroline Aigle

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Caroline Aigle
Commandant
Plaque de rue de Chambolle-Musigny, proche de la Base aérienne 102 Dijon-Longvic en Côte d'Or.
Plaque de rue de Chambolle-Musigny, proche de la Base aérienne 102 Dijon-Longvic en Côte d'Or.

Naissance
Montauban
Décès (à 32 ans)
Allégeance France Armée française
Arme Armée de l'air
Grade Commandant
Années de service 20002007
Commandement 2005 : commandant de l'escadrille SPA 57 Mouette
Distinctions Médaille de l'Aéronautique en 2007 à titre posthume

Le commandant Caroline Aigle ( - ) est une femme militaire française. Elle est en 1999 la première femme pilote de chasse à être affectée au sein d’un escadron de combat de l'Armée de l'air française[1],[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Issue d'une famille lorraine[3], mais née à Montauban, Caroline Aigle parcourt très jeune une bonne partie de l’Afrique où son père sert comme médecin militaire, avant de rejoindre, à quatorze ans le lycée militaire de Saint-Cyr[4] où elle reste jusqu'en classe de terminale.

Elle effectue ensuite sa préparation aux grandes écoles au Prytanée national militaire de la Flèche (mathématiques supérieures et mathématiques spéciales-M') avant d'intégrer l'École polytechnique, promotion X1994. Les élèves de l'X servant sous statut militaire, elle effectue son service militaire obligatoire de 1994 à 1995 au 13e bataillon de chasseurs alpins. Pendant ses études à l'X, elle décide de servir dans l'Armée de l'air. En , elle intègre donc celle-ci et débute sa formation au pilotage en ralliant la « division des vols » qui correspond à la troisième et dernière année de l'École de l'air.

Pilote de chasse[modifier | modifier le code]

Le , Caroline Aigle est brevetée pilote de chasse[2], et reçoit son « macaron » des mains du général d'armée aérienne Jean Rannou[5], chef d'état-major de l'armée de l'air.

En 2000, elle intègre la base aérienne 115 d'Orange dans l'escadron de chasse 2/5 Île-de-France et effectue sa formation sur Mirage 2000. Elle est affectée sur Mirage 2000-5 à l'escadron de chasse 2/2 Côte-d'Or à la BA102 de Dijon, en 2000, puis devient commandant d'escadrille à partir de 2005.

En septembre 2006, elle est affectée à la « sécurité des vols » du commandement des forces aériennes de la BA 128 de Metz.

Son surnom dans l'Armée de l'air : « le moineau », à cause de son nom et en raison de sa petite taille[réf. nécessaire].

Une sportive accomplie[modifier | modifier le code]

Caroline Aigle est aussi une sportive accomplie, championne de France militaire de triathlon 1997, championne du monde militaire de triathlon par équipe 1997 et vice-championne du monde militaire de triathlon par équipe 1999. Elle pratique également une autre de ses passions, la chute libre et le parachutisme d'une manière générale[6].

Caroline Aigle est sur le point d'être sélectionnée comme astronaute de l'Agence spatiale européenne[7]. Mais très malade, sa dernière grande participation à un événement est d'être, en , la marraine du meeting aérien Airexpo à Toulouse. Elle décède le , âgée de trente-deux ans, d'un cancer foudroyant, un mélanome[8], décelé quelques mois avant sa disparition. Elle totalise alors près de 1 600 heures de vol[9].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Caroline Aigle, mariée à Christophe Deketelaere (pilote de la Patrouille Breitling de Dijon) et mère d'un enfant, Marc, apprend sa maladie alors qu'elle est enceinte du second. Contre l'avis des médecins qui lui conseillent de ne pas garder l'enfant pour préserver au mieux sa santé, elle choisit avec son époux de le garder[10]. Gabriel naît ainsi par césarienne à cinq mois et demi, Caroline Aigle décédant quelques jours plus tard[11].

Postérité[modifier | modifier le code]

Giratoire de l'entrée Nord de Montauban, surmonté d'un hélicoptère de « type Gazelle ».

Caroline Aigle est décorée de la médaille de l'Aéronautique à titre posthume par le président de la République, le .

Des rues à Poitiers, Dijon et Aix-en-Provence, Montauban et Wasquehal (Nord), des groupes scolaires à Mondonville et Verdun ainsi qu'une station du tramway T7 en Île-de-France portent son nom.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « L'armée de l'air pleure Caroline Aigle, sa légende », Cyrille Louis, Le Figaro, 30 août 2007.
  2. a et b « […] Mais ce n'était pas la première femme à être brevetée pilote de chasse. C'était Élisabeth Boselli, brevetée à Tours en 1946 ». Cf. Le Piège, Revue des anciens élèves de l'École de l'air, « Femmes pilotes militaires », no 191, décembre 2007, p. 5.
  3. Jean-Dominique Merchet, Caroline Aigle, rêve brisé
  4. Journal L'Aiglon, décembre 2007, no 112-113, p. 4.
  5. Biographie sur le site des AET
  6. « Caroline Aigle était la chevalière du ciel » La Provence, 23 août 2007.
  7. Point presse de David Martinon du 30 août 2007, présidence de la République, 30 août 2007
  8. Gabriel, le dernier combat de Caroline Aigle.
  9. Communiqué sur le site du ministère de la Défense.
  10. « Caroline Aigle a voulu mener à bien sa grossesse malgré la maladie, a confié son époux », AFP.
  11. Interview de son époux sur RTL le 5 septembre 2007 ; et homélie de sa messe d'enterrement, Armée de l'air, 29 août 2007.

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Bibliographie[modifier | modifier le code]