Lycée privé Sainte-Geneviève
| Lycée privé Sainte-Geneviève | ||||
Le bâtiment Notre-Dame. |
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| Devise | Servir | |||
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| Généralités | ||||
| Création | avril 1854 | |||
| Pays | ||||
| Coordonnées | ||||
| Adresse | 2 rue de l’École des Postes 78029 Versailles |
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| Site internet | www.BGinette.com | |||
| Cadre éducatif | ||||
| Type | Enseignement privé sous contrat | |||
| Directeur | Jean-Noël Dargnies | |||
| Formation | CPGE scientifiques et commerciales | |||
| Langues étudiées | Allemand, anglais, arabe, chinois, espagnol, italien | |||
| Localisation | ||||
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Géolocalisation sur la carte : France Géolocalisation sur la carte : Île-de-France |
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Le lycée privé Sainte-Geneviève situé à Versailles est un des lycées de classes préparatoires les plus réputés de France en raison de son exceptionnelle réussite aux concours des grandes écoles d'ingénieurs et de commerce[1].
L'établissement est couramment surnommé « Ginette » ou encore « BJ » (pour « boîte à jèzes »),
Sommaire |
Histoire [modifier]
Paris (1854-1913) [modifier]
En avril 1854 est fondée à Paris l'école Sainte-Geneviève, dans l’hôtel de Juigne, au 18 de la rue Lhomond, alors appelée rue des Postes[2], dans une maison où les jésuites avaient auparavant installé leur noviciat.
La loi Falloux permettant, depuis 1850, la création d'un enseignement catholique secondaire, le père Pierre-Jean Beckx, supérieur général de la Compagnie de Jésus, autorise l'ouverture de classes préparatoires pour Saint-Cyr, Polytechnique et Centrale, encadrées par 27 jésuites. L'année s’ouvre avec 48 élèves. Jusqu'en 1880, l'enseignement et la direction sont assurés par les seuls jésuites, dont certains, tout en poursuivant leurs propres études, assurent un certain nombre d’heures de cours dans l'école.
Le premier recteur[3], le père Philippe Delvaux, ne veut pas d'uniforme pour les élèves ; il institue le système des « colles[4] », exemple qui sera suivi par les autres classes préparatoires. D'année en année, le nombre des élèves augmente : 85 en 1855, 110 en 1856, 202 en 1857, et plus de 300 dix ans après la fondation. Jusqu'en 1861, les « math élem » sont majoritaires, mais sont bientôt dépassés en nombre par les élèves de classes préparatoires.
L'établissement connaît une phase d'incertitudes : en 1870-1871, l'école est occupée pendant la Commune (jusqu'au 29 mai 1871), et un moment transformée en service ambulancier, puis en caserne. Le recteur, le père Ducoudray est arrêté, ainsi que plusieurs autres pères et employés, et incarcéré comme otage. Le 24 mai, au cours de la « semaine sanglante » qui voit l'écrasement des insurgés par les Versaillais, il est fusillé en même temps que Mgr Darboy, archevêque de Paris[5].
La rentrée d'octobre 1871 a lieu au château d'Athis-Mons, où l'école a été momentanément transférée.
L'école faillit encore fermer définitivement en 1879-1880 à cause d'un projet de loi interdisant l'enseignement aux membres de toute « congrégation religieuse non reconnue ». La loi est adoptée sans cette disposition, mais les décrets de Jules Ferry des 29 et 30 mars 1880 la reprennent et imposent aux jésuites de se disperser et d'évacuer leurs communautés et établissements scolaires. Les pères jésuites sont expulsés de l'école en 1880. Ils reviennent à partir de 1887, mais la loi du 1er juillet 1901 interdit de nouveau l'enseignement aux membres des « congrégations non autorisées » et les jésuites quittent encore une fois la rue Lhomond. Des mesures sont prises pour assurer, sans les pères, la continuité de l'école. Le directeur est alors un laïc et de nombreux prêtres diocésains participent à la vie de l'institution.
Versailles (depuis 1913) [modifier]
En 1913 l'institution déménage rue de la Vieille-Église à Versailles, dans la propriété dite du « Grand Montreuil », emplacement de la maison des sœurs du Cénacle évincées en 1911. L'emplacement actuel comportait, en 1913, le bâtiment Notre-Dame, la chapelle et le quartier latin (actuellement Saint-François Régis) construits près du pavillon appartenant à Joséphine-Louise de Savoie, épouse du comte de Provence, frère du roi Louis XVI, futur roi Louis XVIII (pavillon Madame).
À cette époque, l'école innove sur beaucoup de points. Il y a environ 10 % de demi-pensionnaires, tous les internes sont en chambre particulière ou presque ; des douches modernes, tièdes, sont prévues une fois par semaine et le lever est retardé à 6 h 25… On reconnaît l'existence des responsables de classe, les Z dans le vocabulaire des prépas.
La Première Guerre mondiale verra les lieux successivement transformés en caserne improvisée, puis occupés par l'Institut catholique d'arts et métiers. Après la guerre, la vie de l'école reprend et, à la suite de l'action de la DRAC (Droits des religieux anciens combattants), les lois de 1901 s'assouplissent. À la rentrée 1931, le père Gabriel de Boissieu devient le premier recteur jésuite à Versailles.
Durant la Seconde Guerre mondiale, la scolarité est perturbée par les actions de la police allemande, les convocations pour le STO, etc. Une partie des élèves loge en ville. Le pain est rationné, une basse-cour installée, les pelouses transformées en potagers...
Un monument aux morts, restauré en 1995, rappelle que plus de 2 500 anciens élèves sont morts pour la France.
En 1953, la rue de la Vieille-Église de Versailles est rebaptisée rue de l’École des Postes, en souvenir des origines de l’école.
Suite à la loi Debré, l'établissement signe un contrat d'association avec l'État en 1960. De ce fait, les professeurs sont payés par l’Éducation nationale.
Diverses réformes dans les années 1960 associent davantage les élèves à la vie de l'établissement (voir ci-dessous § Pédagogie). La première jeune fille est inscrite en 1970. Il y avait, lors de la rentrée scolaire 2010[6], 824 élèves dont 277 filles. C'est un établissement accueillant des étudiants de cultures, de religions et d'horizons divers (un gros tiers des élèves vient de la région parisienne, la moitié de province, plus de 10 % de l'étranger – notamment Maroc, Tunisie et Liban)[7].
Organisation actuelle [modifier]
Les classes préparatoires [modifier]
Les filières MPSI-MP, PCSI-PC, PSI, BCPST (classes scientifiques, préparation aux écoles d'ingénieurs et aux écoles normales supérieures) et ECS (classes économiques et commerciales, voie scientifique) sont représentées. À la rentrée 2012-2013 sera ouverte une classe de PTSI (physique technologique et sciences de l'ingénieur).
Dans la filière scientifique, on trouve en première année trois classes de MPSI, trois classes de PCSI et une classe de BCPST (Agro-véto). En deuxième année, il y a deux MP*, une MP, deux PC*, une PC, une PSI* et une BCPST. Dans la filière économique et commerciale, on trouve quatre classes : deux de première année, deux de seconde année.
| Tauxnote | Effectif intégrant une des écoles sélectionnées par l'étudenote / Effectif total |
Moyenne nationale |
Classement national |
Évolution sur un an |
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|---|---|---|---|---|---|
| MP / MP* | 75,6 % | 93 / 123 élèves | 12,8 % | 1er sur 116 |
= |
| PC / PC* | 65,0 % | 91 / 140 élèves | 11,1 % | 2e sur 108 |
|
| PSI / PSI* | 89,7 % | 35 / 39 élèves | 13,3 % | 1er sur 116 |
|
| BCPST | 95,3 % | 41 / 43 élèves | 39,0 % | 1er sur 53 |
= |
| ECS | 83,3 % | 70 / 84 élèves | 32,7 % | 18e sur 95 |
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| Source : Le classement 2013 des prépas - L'Étudiant (année scolaire 2011 - 2012). Note : le taux d'admission dépend des écoles retenues par l'étude. Ici, l'Étudiant retient une sélection stricte. |
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Pédagogie jésuite : « l'esprit co » [modifier]
Les élèves du lycée Sainte-Geneviève sont invités et incités à développer un esprit d'équipe, et à prendre part à l'organisation de la scolarité. Ils sont responsables, par exemple, de la programmation des interrogations orales (les « khôlles »), de l'accueil et l'intégration des nouveaux entrants, des activités culturelles, sportives, spirituelles ou humanitaires. C'est ce que l'administration du lycée appelle la « coresponsabilité ».
Une réflexion a été menée au début des années 1960 sur le type de discipline vécue à Sainte-Geneviève et a conduit, en 1965, à définir par la coresponsabilité le nouveau régime qui se veut ni discipline aveugle, ni autodiscipline. Le but est que les élèves ne soient pas uniquement « consommateurs », mais prennent une part de plus en plus active au fonctionnement et à la vie de l'établissement. Il y avait déjà des délégués dans chaque classe. Peu à peu, il va y avoir des élèves responsables dans chaque classe et à l'échelle de toute l'école, chargés des sports, des activités sociales, des différentes matières, Rab (aumônerie et solidarité), etc.
C'est aussi afin de créer un esprit d'équipe qu'a lieu à chaque rentrée la « semaine d'intégration », nouvellement rebaptisée « journées d'accueil » depuis 2005, et destinée à remplacer la semaine de bizutage. Elle est censée permettre de « cimenter » les élèves de 1re année et de leur faire découvrir le système scolaire au sein duquel ils vont évoluer. Ce système se caractérise par un très fort esprit d'équipe, un relatif rejet de l'individualisme et, partant, une forte adhésion à l'école et à son esprit.
Un système dit « de financement solidaire » permet de faciliter l'entrée des élèves ayant des moyens financiers limités.
La question du bizutage [modifier]
Avant 1995, l'intégration des nouveaux se traduisait par des bizutages qui, s'ils se voulaient ludiques et humoristiques, se révélaient également humiliants et éprouvants[8], inspirés de la préparation militaire des élèves officiers[réf. nécessaire]. Ces bizutages étaient organisés par les redoublants de mathématiques spéciales (dits « cinq-demis ») sur les élèves de première année[9].
Depuis, en raison notamment de l'arrivée d'élèves de sexe féminin en plus grand nombre[réf. nécessaire], cette pratique a été officiellement abolie au lycée (avant même son interdiction par la loi[10]) même s'il a fallu quelques années pour que certaines habitudes disparaissent. Certains élèves ont, semble-t-il, regretté l'abolition des traditions d'intégration, craignant la disparition de la cohésion des promotions et des bons souvenirs de camaraderie qui y étaient liés, mais les élèves actuels et beaucoup d'anciens trouvent heureuses les évolutions de ces dernières années. Ils soulignent la place de « l'esprit co » et des amitiés à « Ginette ».
En 2004, des réserves sur l'absence de bizutage depuis son interdiction officielle ont été émises suite à la mutation d'un professeur ayant dénoncé le bizutage[11]. Il n'y a cependant plus eu de médiatisation de ces affaires de bizutage au lycée Sainte-Geneviève depuis un reportage[12] de France 2, en octobre 2007, dans lequel, quelques prises de vue du lycée, montrant des étudiants marchant banalemment dans l'enceinte de l'établissement, et une interview d'un membre de son administration succèdent à des photos de scènes de bizutage plutôt dures dans une université, sans qu'il soit précisé laquelle.
Anciens élèves célèbres [modifier]
- Source : Annuaire des anciens élèves de l'école Sainte-Geneviève, édition 2011
- Pierre Savorgnan de Brazza (1852-1905), explorateur de la rive droite du fleuve Congo
- Hubert Lyautey (1854-1934), maréchal de France
- le bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916), explorateur et religieux français
- Louis Franchet d'Espèrey (1858-1942), maréchal de France
- Jean de Lattre de Tassigny (1889-1952), maréchal de France
- Antoine Béthouart (1889-1982), Compagnon de la Libération
- Fulgence Bienvenüe, (1852-1936), inspecteur général des Ponts et Chaussées et père du métro de Paris avec Edmond Huet
- Henry de Bournazel (1898-1933), capitaine de spahis et héros de l'épopée coloniale
- Honoré d'Estienne d'Orves (1901-1941), héros de la résistance
- Philippe de Hautecloque (1902-1947), résistant et maréchal de France (le maréchal Leclerc)
- le prince Hubert de Broglie (1903-1972)
- Yves du Manoir (1904-1928), capitaine de l'équipe de France de rugby, qui donna son nom à un challenge
- Pierre Segrétain (1909-1950), commandant du BEP
- Alain de Boissieu (1914-2006), Compagnon de la Libération et général d'armée
- Tom Morel (1915-1944), héros de la Résistance
- Albert Ducrocq (1921-2001), scientifique (cybernéticien), journaliste et écrivain français
- Albert Jacquard (né en 1925), statisticien, généticien
- Jean Bastien-Thiry (1927-1963), organisateur de l'attentat du Petit-Clamart
- Jean-François Deniau (1928-2007), homme politique, écrivain, ambassadeur et membre de l'Académie française
- Bernard Fresson (1931-2002), acteur de cinéma
- Philippe Sollers (né en 1936), écrivain
- Xavier Le Pichon (né en 1937), géodynamicien, professeur au Collège de France, membre de l'Académie des Sciences
- Patrick Peugeot (né en 1937), président de la Cimade
- Pierre Gadonneix (né en 1943), président-directeur général de Gaz de France de 1996 à 2004 puis président-directeur général d'EDF de 2004 à 2009
- Jean-Louis Battet (né en 1944), amiral, chef d'état major de la Marine de 2001 à 2005
- Jean-François Bizot (1944-2007), journaliste, écrivain, homme de radio et de cinéma
- Louis Gallois (né en 1944), président de la SNCF puis d'EADS et d'Airbus
- Ivar Ekeland (né en 1944), mathématicien français
- Marc Tessier (né en 1946), ancien président de France Télévision
- Jean-Martin Folz (né en 1947), ancien président de PSA Peugeot Citroën
- Bernard Ramanantsoa (né en 1948), directeur général d'HEC
- Bernard de Montmorillon (né en 1950), universitaire, président de l'université Paris-Dauphine de 1999 à 2007
- Édouard Guillaud (né en 1953), amiral, chef d'état-major des armées depuis 2010
- Philippe Varin (né en 1953), PDG de PSA Peugeot Citroën depuis 2009, ancien ZG (représentant des élèves auprès de l'administration) de la promotion 1972-1973
- Jean-Marie Petitclerc (né en 1953), éducateur spécialisé, écrivain et prêtre salésien, expert des questions d'éducation dans les zones sensibles
- Charbel Nahas (né en 1954), ministre libanais
- Benoît Potier (né en 1957), président-directeur général d'Air liquide
- Jacques Arnould (né en 1961), dominicain, historien des sciences et théologien
- Mac Lesggy (né en 1962), journaliste scientifique, présentateur de l'émission e=M6
- Laurent Touvet (né en 1962), conseiller d'État, directeur des libertés publiques et des affaires juridiques au ministère de l'Intérieur
- Édouard Michelin (1963-2006), dirigeant de Michelin
- Stanislas Dehaene (né en 1965), mathématicien et cognitiviste, professeur au Collège de France, membre de l'Académie des Sciences
- Elyès Jouini (né en 1965), économiste et universitaire tunisien, membre de l'Institut universitaire de France
- Valérie Pécresse (née en 1967), ancienne ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
- Emmanuelle Mignon (née en 1968), ancienne conseillère de la présidence de la République
- Julien Coupat (né en 1974), sociologue, cofondateur de la revue Tiqqun
Une amicale d’anciens élèves, très active, a été créée en 1875.
Notes et références [modifier]
Source principale [modifier]
Notes [modifier]
- Classement de L'Étudiant.
- D'où l'ancien nom de l’établissement « École des Postes », qui a donné son nom à la rue à Versailles.
- Directeur de l'école.
- Entraînement régulier aux épreuves orales des concours d'entrée dans les grandes écoles.
- Annuaire des anciens élèves de l'école Sainte-Geneviève, édition 2011, p. 5.
- Ibid., p. 10.
- Sur l'histoire de l'établissement, voir :
Petite chronique des 150 ans de Ginette
Historique
La promotion 2006-2007 - Dans son livre Je suis morte et je n'ai rien appris, Solenn Colléter dénonçait la facilité avec laquelle des humains peuvent recourir à la manipulation mentale ou à des pressions psychologiques terribles. Elle racontait pour cela, en la romançant, sa propre expérience traumatisante de bizuth au lycée Sainte-Geneviève.
- Ainsi, ceux qui « intégraient » (réussissaient aux concours) dès la première fois, subissaient le bizutage sans avoir jamais l'occasion de l'infliger eux-mêmes…
- L'article 225-16-1 du Code pénal (en France) punit de 6 mois d’emprisonnement et de 50 000 francs d’amende « le fait pour une personne d’amener autrui, contre son gré ou non, à subir ou à commettre des actes humiliants ou dégradants lors de manifestations ou de réunions liées aux milieux scolaire ou socio-éducatif. »
- Témoignage de Mathieu Savin, muté pour avoir dénoncé des faits de bizutage en 2004.
- JT de 20 h de France 2, édition du 4 octobre 2007, « Le dossier de l'édition : le bizutage ».
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
Liens externes [modifier]
- bginette.com : site officiel de l’école
- bginette.org : site officiel de l’amicale des anciens élèves
- « L’école Sainte-Geneviève, 150 ans d’histoire » par Henri Madelin, revue Études 2004-4 (tome 400), pp. 477-487