Jean Tharaud

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Les frères Jean (à gauche) et Jérôme Tharaud en 1923

Jean Tharaud (né Charles Tharaud), né le 9 mai 1877 à Saint-Junien (Haute-Vienne) et mort le 8 avril 1952 à Paris, est un écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean et Jérôme Tharaud (1874-1953), son frère, sont nés à Saint-Junien en Haute-Vienne, mais passent leur jeunesse à Angoulême.

Ils vont pendant cinquante ans poursuivre une œuvre à quatre mains, signant toujours de leurs deux prénoms, le cadet chargé du premier jet, l'aîné, Jérôme, responsable de la mise au point. Infatigables voyageurs, ils parcoururent de nombreux pays, la Palestine, l'Iran, le Maroc, la Roumanie, et ramènent de leurs voyages la matière de reportages et de livres.

Les frères Tharaud ont été tous deux élus à l'Académie française. L'élection de Jérôme Tharaud avant la guerre a posé aux académiciens un cas de conscience : l'écrivain, en effet, n'était que « la moitié d'un couple d'auteurs » et on ne pouvait pas élire deux personnes au même fauteuil. Jérôme ayant été élu seul en 1938, la Seconde Guerre mondiale puis l'Occupation ont différé l'élection de Jean. Après la Libération, il est, avec Ernest Seillière, René Grousset, Octave Aubry et Robert d'Harcourt, une des cinq personnes élues le 14 février 1946 à l'Académie française lors de la première élection groupée de cette année visant à combler les très nombreuses places vacantes laissées par la période de l'Occupation. Il est reçu le 12 décembre 1946 par Louis Madelin au fauteuil de Louis Bertrand.

Leur œuvre fortement datée est marquée notamment par un esprit de conformisme aux valeurs du temps et notamment par le racisme qui n'exclut pas l'antisémitisme[1] (cf. le chapitre "un ghetto marocain" dans leur ouvrage de 1920 encore réédité en 1939 "Marrakech", ou encore cet échange avec Romain Rolland en 1942 "Ils ont de ces mots, qui vous démolissent tout espoir d'amitié. Ainsi l'exclamation de Jean, à propos des mesures contre les Juifs : "C'est embêtant ! Ça les rend populaires. il ne faudrait pas qu'on les vît revenir, avec les Blum et Cie !") [2] et la célébration du colonialisme.

Il repose au cimetière Saint-Louis de Versailles.

Œuvres[modifier | modifier le code]

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Les frères Tharaud en 1932
Ouvrages cosignés avec son frère Jérôme
  • Le Coltineur débile (1898)
  • La Lumière (1900)
  • Dingley, l'illustre écrivain (1902, prix Goncourt en 1906)
  • Les Hobereaux (1904)
  • L'Ami de l'ordre (1905)
  • Les Frères ennemis (1906)
  • Bar-Cochebas (1907)
  • Déroulède (1909)
  • La Maîtresse servante (1911)
  • La Fête arabe (1912)
  • La Tragédie de Ravaillac (1913)
  • La Mort de Déroulède (1914)
  • L'Ombre de la croix (1917)
  • Rabat, ou les heures marocaines (1918)
  • Une relève (1919)
  • Marrakech ou les seigneurs de l'Atlas (1920)
  • Quand Israël est roi (1921)
  • L'invitation au voyage (1922)
  • La randonnée de Samba Diouf (1922)
  • La Maison des Mirabeau (1923)
  • Le Chemin de Damas (1923)
  • L'An prochain à Jérusalem (1924)
  • Rendez-vous espagnols (1925)
  • Un royaume de Dieu (1925)
  • Causerie sur Israël (1926)
  • Notre cher Péguy (1926)
  • La Semaine sainte à Séville (1927)
  • En Bretagne (1927)
  • Mes années chez Barrès (1928)
  • La Reine de Palmyre (1928)
  • La Chronique des frères ennemis (1929)
  • Fès ou les bourgeois de l'Islam (1930)
  • L'Empereur, le philosophe et l'évêque (1930)
  • L'Oiseau d'or (1931)
  • Paris-Saïgon dans l'azur (1932)
  • La Fin des Habsbourg (1933)
  • La Jument errante (1933)
  • Versailles (1934)
  • Vienne la rouge, Plon, 24 juin 1934
  • Les Mille et un jours de l'Islam I : Les cavaliers d'Allah (1935)
  • Les Mille et un jours de l’Islam II : Les grains de la grenade (1938)
  • Le Passant d’Éthiopie (1936)
  • Cruelle Espagne (1937)
  • L'Envoyé de l'Archange (1939)
  • Les Mille et un jours de l’Islam III : Le rayon vert (1941)
  • Le Miracle de Théophile (1945)
  • Fumées de Paris et d'ailleurs (1946)
  • Vieille Perse et jeune Iran (1947)
  • Les Enfants perdus (1948)
  • Les Mille et un jours de l’Islam IV : La chaîne d'or (1950)
  • La Double confidence (1951)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michèle Cointet, L'Église sous Vichy, Perrin 1998, p.165
  2. Romain Rolland, Journal de Vézelay, 1938 - 1944, p 801' Bartillat, 2012

Lien externe[modifier | modifier le code]