Baccalauréat professionnel

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Le baccalauréat professionnel (souvent abrégé Bac Pro) est une des trois filières du baccalauréat français. On l'obtient en trois ans après la fin de la classe de 3e des collèges ou 2 ans après le CAP ou le BEP.

Historique [1][modifier | modifier le code]

Le baccalauréat professionnel a été créé en 1985 sur proposition de la Mission École -Entreprise présidée par Daniel Bloch, Jean-Pierre Chevènement étant alors ministre de l'Education nationale et Roland Carraz secrétaire d’État à l'enseignement technique et technologique.

Le concept de baccalauréat professionnel a émergé assez naturellement dans le contexte de la fin des années 1970 et du début des années 1980. Il y a eu tout d’abord l’accord passé, en février 1979, entre le ministre de l'Éducation nationale, Christian Beullac et la Fédération de l’Éducation Nationale et son secrétaire général André Henry. Cet accord permettait d’introduire des « séquences éducatives en entreprises » dans les formations techniques et professionnelles proposées par l’Éducation nationale. Il y a eu ensuite la nomination de Jean-Pierre Chevènement comme ministre de l’Education nationale. Celui-ci avait été sensibilisé, alors qu’il était ministre de la Recherche et de la Technologie (1981-1982), mais plus encore ministre de la Recherche et de l'Industrie (1982-1983) aux conséquences négatives pour notre économie du faible niveau de formation de la population active. Il y a eu enfin la désignation en 1984 de Laurent Fabius comme Premier ministre, lui-même ayant été confronté à ces mêmes difficultés dans ses fonctions précédentes de ministre de l’Industrie et de la Recherche, puis de la Modernisation Industrielle (1983-1984), ce qui l'a conduit à prendre des initiatives significatives comme celle consistant à développer massivement des « jumelages » entre les écoles et des entreprises.

Jean-Pierre Chevènement, nommé le 19 juillet 1984 comme ministre de l’Éducation nationale, crée le 1er octobre 1984 une Mission École-Entreprise dont le Président sera Daniel Bloch, alors Président de l'Institut Polytechnique de Grenoble. Outre le pilotage des jumelages Écoles-Entreprises, cette Mission se voyait confier des objectifs ambitieux : « étudier les défauts de cohérence entre l’École et l’Économie, dresser, sans complaisance, les bilans des formations initiales, réfléchir au fonctionnement des instances consultatives, proposer des procédures pour renforcer les liens avec l’entreprise et améliorer le dispositif d’orientation des élèves ». Ses propositions ont constitué le cœur de la loi programme du 23 décembre 1985 sur l’enseignement technologique et professionnel. Parmi ses nombreuses propositions figure la création du baccalauréat professionnel. Plusieurs études prospectives ont alors été réalisées, avec le soutien du Bureau d’Information et de Prévision Économique (BIPE), sur les niveaux de formation de la population active nécessaires à l’horizon 2000 et par voie de conséquence sur les flux et niveaux de sortie du système éducatif. On envisageait, à la Direction des Lycées, dès l’été 1984, de développer quantitativement les premières d’adaptation, pour conduire des titulaires d’un BEP à un baccalauréat technique, mais aussi de développer un diplôme préexistant, de niveau supérieur à celui du BEP, le brevet de technicien en autorisant sa préparation au sein des lycées d’enseignement professionnel. L’ensemble des mesures envisagées visait, modestement, à élever en dix ans de 10 points le taux d’accès au « niveau du baccalauréat ». La mission École - Entreprise a fixé un objectif plus ambitieux, doubler ce taux d'accès, en conduisant 80 % de la classe d’âge « au niveau du baccalauréat » soit environ 75 % au baccalauréat lui-même. Parmi les mesures proposées pour atteindre cet objectif figure au premier rang la création du baccalauréat professionnel. Il s’agissait de mettre en place dans les lycées professionnels de classes de 1ère et de terminale professionnelles accessibles aux titulaires d’un BEP, et plus exceptionnellement d’un CAP, afin de les conduire à ce nouveau baccalauréat. La préparation du baccalauréat professionnel nécessitait alors quatre années au-delà de la classe de 3ème des collèges : deux années pour préparer un Brevet d’Études Professionnelles (BEP), puis ensuite deux autres années pour pouvoir, à leur terme, être apte à passer les épreuves du baccalauréat. Il s’agissait également de mettre à contribution les entreprises pour mettre en œuvre la formation envisagée.

Au sein du ministère de l’Éducation nationale, le baccalauréat professionnel devait ainsi constituer le premier diplôme de formation professionnelle initiale préparé en alternance école-entreprise. Le ministre de l’Éducation Nationale, Jean-Pierre Chevènement, avait dès le début du mois de janvier 1985 été convaincu du bien-fondé de cette proposition. Cependant les services ministériels et le secrétariat d’État à l’Enseignement Technique ne l’avaient pas, un mois plus tard, réellement pris en compte, de sorte qu’une réunion restreinte du Cabinet de Jean-Pierre Chevènement et du Cabinet du Secrétaire d’Etat à l’Enseignement Technique fut rapidement organisée, sous la présidence de Jean-Pierre Chevènement. Elle se tint le 28 février 1985. Et, à cette réunion, fut présenté en détail ce nouveau concept et les résultats que l’on pouvait en attendre. Le « feu vert » « officiel » de Jean-Pierre Chevènement est alors donné et le projet de loi-programme est reformulé par le Secrétariat d'Etat à l'Enseignement Technique en prenant en compte l’ensemble des objectifs proposés par la mission École-Entreprises, en leur associant les moyens nécessaires à leur réalisation. Mais il restait beaucoup à faire, au début du mois de mars 1985, pour convaincre non seulement les « partenaires » sociaux mais aussi l’administration centrale ainsi que la majorité des Inspecteurs généraux concernés. Le principe de création d’un baccalauréat professionnel avait été soutenu, dès le départ, au prix quelque fois de quelques réserves, par la Confédération Française Démocratique du Travail (CFDT), le Syndicat National de l’Enseignement Supérieur (SNESUP), la Confédération Française de l’Encadrement (CGC), la Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises (CGPME), l’ Assemblée Permanente des Chambres de Commerce et d’Industrie (APCCI), l’Union des Industries Métallurgiques et Minières (UIMM) et le Conseil National du Patronat Français (CNPF), mais il restait à convaincre non seulement les autres « partenaires » sociaux mais plus encore l’administration centrale ainsi que l’Inspection générale. L’opposition de la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens (CFTC), de la Confédération Générale du Travail (CGT) , de Force Ouvrière (FO), du Syndicat national de l’Enseignement secondaire (SNES) , le syndicat majoritaire dans les Lycées et Collèges, a mis un certain temps à être résolue.

La décision de création du baccalauréat professionnel a été confirmée au niveau gouvernemental par le Premier ministre, Laurent Fabius, le 22 avril 1985, à la suite de négociations avec la Fédération de l’Éducation Nationale portant sur les statuts et rémunérations des enseignants des lycées d'enseignement Professionnel. Ces négociations ont permis aux enseignants des lycées professionnels d’accéder aux mêmes grilles de rémunération que celles correspondant aux personnels enseignants dans les lycées, ce qui n’était que justice dès lors que les lycées d’Enseignement Professionnel préparaient aussi au baccalauréat. La mise en place effective, dès septembre 1985, de formations conduisant à ce baccalauréat s’effectue dans le cadre d’une circulaire datée de juillet 1985. Le baccalauréat professionnel est créé par un décret du 27 novembre 1985 alors que la loi-programme dans laquelle était inscrite sa création n'est promulguée que le 23 décembre 1985. Ce calendrier a impliqué que personne n’ait attendu ni circulaire, ni décret, ni loi pour faire, dès le début du mois de mars 1985, ce qui était nécessaire pour qu’il y ait quelques classes avec des élèves dès septembre 1985. Il fallait faire vite car certaines échéances électorales étaient proches. René Monory qui devait succéder en 1986 à Jean-Pierre Chevènement aurait pu mettre fin à cette « expérience » qui au départ ne concernait que quelques centaines d’élèves. Bien au contraire, il a contribué à l’étendre et à la pérenniser. Les lycées professionnels sont alors, au moins pour un temps, sauvés et le niveau de formation professionnelle de la population française peut monter d’un cran. La première promotion sort en juillet 1997, et en juillet 2012, le cap des 2 000 000 diplômés est franchi.

À la rentrée 2009, sa durée de préparation passe de deux à trois ans, alors que le BEP est progressivement supprimé. Les anciennes filières de bac professionnel sont partiellement en vigueur pendant un an supplémentaire, afin que les élèves de l'ancienne formule obtiennent le diplôme de la filière baccalauréat professionnel en deux ans qu'ils ont commencé.

Organisation[modifier | modifier le code]

Organisation jusqu'à l'année scolaire 2008-2009[modifier | modifier le code]

Le baccalauréat professionnel dans les études secondaires en France jusqu'en 2008.

L'examen se passe après deux années en lycée professionnel, elles-mêmes après un Brevet d'études professionnelles ou un Certificat d'aptitude professionnelle. Le diplôme est donc obtenu en quatre ans après la classe de quatrième ou de troisième.

Organisation depuis l'année scolaire 2009-2010[modifier | modifier le code]

Le baccalauréat professionnel dans les études secondaires en France

Depuis plusieurs années, l'UIMM avait obtenu le droit de faire passer le baccalauréat professionnel en trois ans en sortie de 3e, sans le prérequis du BEP, au sein de ses Centres de formation d'apprentis de l'industrie (CFAI). L'idée était :

  • de recruter des candidats ayant un bon niveau en 3e, capable d'avoir le diplôme en trois ans au lieu de quatre, et donc d'aller chercher des candidats choisissant la filière professionnelle par choix et non par dépit ;
  • de diminuer le nombre d'heures d'enseignement pour obtenir le diplôme, et donc faire des économies.

L'organisation a été étendue à tous les lycées professionnels et CFA, ce qui a pour effet de fermer des sections de BEP, en cohérence avec la diminution programmée du nombre d'enseignants.

Le baccalauréat professionnel est un diplôme de niveau IV. Le diplôme est accompagné d’une spécialité[2]. Il en existe 75[3]. Dans cette nouvelle organisation, les élèves intègrent la seconde de baccalauréat professionnel après la troisième, certains pouvant intégrer la filière en première après un CAP.

Préparation[modifier | modifier le code]

Le baccalauréat professionnel peut être préparé par trois voies différentes[4] :

  • par la voie scolaire dans un lycée professionnel, la formation dure alors trois ans[5];
  • par la voie de l’alternance (contrat d'apprentissage, contrat de professionnalisation), la durée de la formation dispensée en centre de formation d'apprentis ou section d'apprentissage est au moins égale à 1 850 heures[6];
  • par la voie de la formation professionnelle continue.
  • par la voie de l'enseignement à distance (par correspondance), éligible au titre de la formation professionnelle continue.

La formation comporte une période en milieu professionnelle comprise entre 12 et 24 semaines[7].

Conditions de délivrance[modifier | modifier le code]

Le baccalauréat professionnel est obtenu soit par le succès à un examen; soit par la validation des acquis de l’expérience[8].

Examen[modifier | modifier le code]

L’examen du baccalauréat professionnel comporte :

  1. Sept épreuves obligatoires et, le cas échéant, une épreuve facultative.
  2. Une épreuve de contrôle (ECT)[9], c'est-à-dire un rattrapage.

Le baccalauréat professionnel est délivré aux candidats qui ont présenté l’ensemble des unités constitutives du diplôme, à l’exception de celles dont ils ont été dispensés, et qui ont obtenu une moyenne générale supérieure ou égale à 10 sur 20[10]. Les résultats définitifs des évaluations résultent de la délibération du jury souverain[11].

Si le candidat a une moyenne générale inférieure à 10, mais supérieure ou égale à 8 et s'il a une note supérieure ou égale à 10 dans l'épreuve pratique professionnelle, il peut alors passer l'épreuve de contrôle.

Mentions[modifier | modifier le code]

Les mentions ne concernent que les candidats qui ont obtenu une moyenne supérieure ou égale à 12 à l’issue du premier groupe[12].

  • mention « Assez bien » : moyenne supérieure ou égale à 12 et inférieure à 14 ;
  • mention « Bien » : moyenne supérieure ou égale à 14 et inférieure à 16 ;
  • mention « Très bien » : moyenne supérieure ou égale à 16.

Caractère universitaire du diplôme[modifier | modifier le code]

En plus du diplôme proprement dit, le baccalauréat correspond au premier grade universitaire[13].

Débouchés[modifier | modifier le code]

Le baccalauréat professionnel, du fait de son caractère professionnalisant, permet une entrée dans la vie active assez rapide. Cependant, de plus en plus de ces bacheliers continuent leurs études en BTS/DUT ou à l'Université et Classe préparatoire ECP (Économique Commerciale voie Professionnelle).

Filières du baccalauréat professionnel en France[modifier | modifier le code]

Il existe de nombreuses spécialités[14] :

  • Accompagnement, Soins et Services à la Personne (ASSP)
  • Aéronautique ;
  • Agroéquipement ;
  • Aménagement finition ;
  • Artisanat et métiers d’art ;
  • Aménagements paysagers;
  • bâtiment : technicien du bâtiment étude et économie ;
  • bâtiment : métal aluminium verre et matériaux de synthèse ;
  • bio-industries de transformation ;
  • boulangerie
  • boulangerie pâtisserie
  • bois construction et aménagement du bâtiment ;
  • carrosserie ;
  • commerce ;
  • conduite et gestion de l’élevage canin et félin ;
  • conduite et gestion de l’exploitation agricole (systèmes à dominante "cultures" ou systèmes à dominante "élevage") ;
  • conduite routière et transport de marchandises ;
  • construction bâtiment gros œuvre ;
  • cultures marines ;
  • électrotechnique, énergie, équipements communicants (ELEEC) (remplace EIE : première session en 2006) ;
  • électromécanicien marine ;
  • étude et définition de produits industriels (EDPI) ;
  • énergétique ;
  • environnement nucléaire ;
  • exploitation des transports ;
  • gestion administration (fusion du baccalauréat comptabilité et du baccalauréat secrétariat) ;
  • gestion et conduite de chantiers forestiers ;
  • hygiène et environnement ;
  • industries de procédés ;
  • industrie graphique ;
  • industries des pâtes, papiers et cartons  ;
  • interventions sur le patrimoine bâti ;
  • logistique ;
  • maintenance de l’audiovisuel électronique ;
  • maintenance des appareils et équipements ménagers et de collectivités ;
  • maintenance des matériels ;
  • maintenance des équipements industriels (MEI, remplace MSMA : première session en 2007) ;
  • maintenance des systèmes mécaniques automatisés (MSMA : dernière session 2006, remplacé par MEI)
  • maintenance de véhicules automobiles ;
  • métiers de l’alimentation ;
  • métiers de la mode et industries connexes - productique ;
  • métiers du pressing et de la blanchisserie ;
  • micro-informatique et réseaux, installation et maintenance ;
  • microtechniques ;
  • mise en œuvre des matériaux ;
  • outillage de mise en forme des matériaux (OMFM : dernière session en 2005, remplacé par TO) ;
  • pâtisserie
  • photographie ;
  • pilotage de systèmes de production automatisée ;
  • plasturgie ;
  • production graphique ;
  • production imprimée ;
  • productions aquacoles ;
  • productique bois ;
  • productions horticoles ;
  • réalisation d’ouvrages chaudronnés et de structures métalliques (ROC-SM : dernière session en 2011) ;
  • restauration ;
  • sécurité-prévention  ;
  • services (accueil assistance conseil) ; devenu en 2010 (ARCU) Accueil Relation Clients et Usagers
  • services en milieu rural ;
  • systèmes électroniques et numériques ;
  • services de proximité et vie locale (SPVL) ;
  • Servives Aux Personnes et Aux Territoires (SAPAT)
  • technicien conseil - vente en animalerie ;
  • technicien géomètre - topographe (TGT) ;
  • technicien en chaudronnerie industrielle (TCI, remplace ROC-SM : première session en 2012) ;
  • technicien en installation des systèmes énergétiques et climatiques (TISEC);
  • technicien conseil - vente en animalerie (TCVA) ;
  • technicien conseil - vente en produits horticoles et de jardinage ;
  • technicien menuisier agenceur ;
  • technicien modeleur ;
  • technicien outilleur (Remplace OMFM : première session en 2006) ;
  • technicien d'études du bâtiment option A, études et économie
  • technicien d'études du bâtiment option B, Assistant en Architecture
  • technicien d'usinage (remplace productique mécanique) ;
  • technicien de maintenance des systèmes énergétiques et climatiques (TMSEC) ;
  • technicien vente et conseil-qualité en produits alimentaires ;
  • technicien vente et conseil-qualité en vins et spiritueux ;
  • travaux paysagers ;
  • travaux publics ;
  • traitements de surfaces ;
  • vente (prospection - négociation - suivi de clientèle).

Notes et références[modifier | modifier le code]