Collège Stanislas (Paris)

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Collège Stanislas
Image illustrative de l'article Collège Stanislas (Paris)
Le bâtiment des classes préparatoires, côté cour intérieure.
Armoiries
Détail
Généralités
Création 15 août 1804
Pays Drapeau de la France France
Coordonnées 48° 50′ 43″ N 2° 19′ 39″ E / 48.845278, 2.3275 ()48° 50′ 43″ Nord 2° 19′ 39″ Est / 48.845278, 2.3275 ()  
Adresse 6, rue du Montparnasse
75006 Paris
Site internet www.stanislas.fr
Cadre éducatif
Réseau Enseignement catholique
Type Enseignement privé
Pouvoir organisateur Stanislas S.A.
Directeur Daniel Chapellier
Population scolaire 3400 (en octobre 2012)
Formation École maternelle, collège, UPI, SEGPA, lycée général S L ES, CPGE, licence-3 de gestion économie
Options Russe, Chinois, Grec ancien, Latin
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Point carte.svg

Géolocalisation sur la carte : 6e arrondissement de Paris

(Voir situation sur carte : 6e arrondissement de Paris)
Point carte.svg
Collège Stanislas en 1905. Vue générale d'après une aquarelle de H. Basin (carte postale ancienne).

Le collège Stanislas (souvent appelé « Stan » par ses élèves) est un établissement privé catholique sous contrat d'association avec l'État fondé en 1804 par l'abbé Claude Liautard (1774-1844) dans le quartier Notre-Dame-des-Champs à Paris. Il est situé depuis 1847 au no 22 rue Notre-Dame-des-Champs 6e arrondissement de Paris. Les entrées se trouvent aux nos 6 et 28 de la rue du Montparnasse, celle du 155 bis, rue de Rennes n'est plus utilisée.

Les bâtiments sont compris dans le pâté de maisons que forment les rues citées, à l'exception du bâtiment de l'angle des rues du Montparnasse et Notre-Dame-des-Champs construit en 1988 par l'ISEP, et sont constitués de locaux anciens et modernes[1]. Ainsi, la colonnade Louis XVI de l'hôtel de Silène (1777) y côtoie des bâtiments des années 1960 de Jacques Barge ou plus récents (2011). Deux de ses portes ont été inscrites aux monuments historiques par arrêté du 22 février 1926, puis d'autres éléments de l'édifice ont été inscrits à leur tour par arrêté du 16 mars 1966[2].

Stanislas est l'un des plus prestigieux établissements scolaires français (3e en 2011 d'après l'Etudiant)[3]. Il est la propriété d'une société anonyme fondée en 1903 par d'anciens élèves. Depuis 1804, cette institution a failli plusieurs fois disparaître ; son maintien dans le cadre de l'éducation catholique est dû à plusieurs de ses directeurs et anciens élèves. En 2012-2013, l'établissement comptait 3 400 élèves allant de la maternelle (petite section) aux classes préparatoires[4].

Bref historique[modifier | modifier le code]

Le collège Stanislas est fondé par l'abbé Liautard en 1804 sous le nom de Maison d'éducation de la rue Notre-Dame-des-Champs. En 1821, il est élevé au rang des collèges royaux de l'Université de France, et change de nom en Collège Stanislas, en hommage à Stanislas Leszczinski, arrière-grand-père de Louis XVIII. Avant 1847, le premier collège Stanislas était situé dans la rue Notre-Dame-des-Champs, entre la rue Stanislas et la rue Bréa, à l'emplacement du boulevard Raspail.

Ses élèves sont régulièrement primés au Concours général depuis 1824, ce qui lui excite la colère de la presse républicaine à la fin du XIXe siècle, dans un contexte anti-religieux violent. Dans son édition de 1896, le guide Paris-Parisien y voit « deux camps très tranchés : fils de famille et domestiques »[5]. Charles de Gaulle l'a fréquenté en 1908-1909.

La devise « Français sans peur, chrétien sans reproche », inspirée du chevalier Bayard, est instaurée par l'abbé Louis de Lagarde, directeur de 1871 à 1884. La Société de Marie est obligée de vendre la propriété en 1903 à une société anonyme créée par d'anciens élèves, les lois anti-congréganistes obligeant les Marianistes à s'en séparer sous peine de mise sous tutelle par l'État et d'intégration de l'établissement au corps des établissements publics.

La Société anonyme acquiert des terrains entre 1911 et 1922, pour s'agrandir et bâtir les nouveaux bâtiments de ses classes préparatoires, avant et après la seconde Guerre mondiale, sous la direction des abbés Beaussart et Mèjecaze. D'importants travaux de restructuration sont effectués dans les années 1960 sous la direction de l'architecte Jacques Barge, à l'initiative de l'abbé Roger Ninféi. Le grand bâtiment moderne qui porte son nom, est inspiré de Le Corbusier. S'y sont ajoutés d'importants équipements sportifs et des piscines. La démolition des chapelles du XIXe siècle a permis la reconversion de l'ancienne cave de la brasserie en une chapelle souterraine. D'autres constructions ont eu lieu en 1974, 1988 et plus récemment en 2009-2011 le long de la rue du Montparnasse.

Sur le plan de son histoire pédagogique, la mixité y a été introduite à la même époque dans les CPGE, puis en 1992 au collège et au lycée, tout en conservant des classes non mixtes. L'internat était réservé aux étudiants masculins[6] jusqu'à l'ouverture de 10% des places de l'internat aux filles en 2013. En 2001, le collège Stanislas a été l'objet d'une enquête judiciaire du Parquet de Paris, suite aux dénonciations de « surfacturations » et « travail au noir » par son directeur d'établissement[7]. En 2003, un responsable du lycée a été condamné à sept ans de réclusion criminelle pour viols répétés sur un élève de 5e[8],[9].

Administration[modifier | modifier le code]

Direction[modifier | modifier le code]

Le directeur actuel est Daniel Chapellier, depuis la rentrée 2002. Il fut auparavant directeur du collège de Juilly puis de l’institution Saint-Martin-de-France à Pontoise.

Il est assisté de trois censeurs-directeurs pour les collège, lycée et classes préparatoires et d’une directrice académique pour l’école primaire.

Personnel[modifier | modifier le code]

La communauté éducative est composée d'aumôniers, d'un corps professoral, d'un personnel d'éducation et d'encadrement, ainsi que d'un personnel administratif :

(chiffres 2007)

  • 7 personnes à la direction
  • 5 prêtres
  • 223 professeurs
  • 69 cadres de jour
  • 14 personnes pour l'encadrement de nuit
  • 14 personnes activités scolaires
  • 55 personnes dans les services administratifs et techniques

Enseignement[modifier | modifier le code]

Anciens bâtiments du collège Stanislas, carte postale.

Stanislas est l'un des plus grands établissements scolaires privés français[10].

À la rentrée 2011[4], l'établissement comptait 3 369 inscrits, répartis en 106 classes (dites divisions), dont :

  • 511 écoliers ;
  • 1 250 collégiens ;
  • 897 lycéens ;
  • 711 prépas.

Depuis la rentrée 2013, le collège Stanislas comprend un internat de garçon d'environ 400 places répartis dans les bâtiments Bayard, Ozanam ancien et Ozanam nouveau, Montparnasse, et Guynemer et un internat de fille de 25 places (soit un internat 95 % masculin et 5 % féminin).

École[modifier | modifier le code]

L'école maternelle et l'école primaire comprennent dix-sept classes, de la petite section de maternelle jusqu’aux classes de CM2.

Collège[modifier | modifier le code]

Le collège se compose des quatre classes de la sixième à la troisième. Les élèves sont répartis en 44 divisions, comme suit :

  • 44 divisions selon le tableau suivant :
Niveau Classes de garçons Classes de filles Classes mixtes Classes SEGPA Total
Sixième (6e)
5
3
2
1
11
Cinquième (5e)
5
3
2
1
11
Quatrième (4e)
5
3
2
1
11
Troisième (3e)
4
3
2
1
10
Total
19
12
8
4
43
  • 2 divisions UPI d'enseignement adapté, mêlant les quatre classes du collège.

Les langues qu'il est possible d'étudier en LV1 (de la 6e à la 3e) sont l'anglais et l'allemand. À partir de la 4e, une LV2 vient s'ajouter à l'ensemble des matières. Cette fois-ci, l'élève a le choix entre l'anglais, l'allemand et l'espagnol.

Lycée[modifier | modifier le code]

Le Lycée se compose des trois classes d'enseignement général de la seconde à la terminales, et les élèves sont répartis en 27 divisions, comme suit :

Les langues étrangères vivantes enseignées au lycée sont l'anglais (LV1 ou LV2), l'allemand (LV1 ou LV2) et l'espagnol (LV2). Les options possibles (dont une au moins est obligatoire) sont le chinois (LV3), le russe (LV3), le latin et/ou le grec, les sciences économiques et sociales (option possible pour une durée d'un an en seconde) et la musique.

Classe préparatoire aux grandes écoles[modifier | modifier le code]

Le lycée abrite aussi des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) littéraires (Khâgnes B/L), économiques et commerciales (ECS), scientifiques (MPSI, PCSI, MP, PC, PSI).

Tauxnote Effectif intégrant une
des écolesnote / Effectif total
Moyenne
nationale
Classement
national
Évolution
sur un an
MP / MP* 55,3 % 42 / 76 élèves 16,1 % 3e
sur 116
en augmentation 2
PC / PC* 50,0 % 49 / 98 élèves 12,2 % 5e
sur 108
=
PSI / PSI* 72,9 % 62 / 85 élèves 14,4 % 5e
sur 116
en augmentation 2
ECS 93,8 % 60 / 64 élèves 53,9 % 6e
sur 95
en diminution 1
B/L 69,2 % 18 / 26 élèves 50,6 % 1re
sur 20
en augmentation 4
[11]

Les classes préparatoires où l'internat est obligatoire sont parmi les dernières en France à perpétuer les traditions du Khalot, qui est porté pour les taupins  : noir à liseré rouge, pour les littéraires  : marron à liseré jaune et pour les HEC : bleu ciel. Ce khalot est en général accompagné d'insignes et de couleurs de rubans spécifiques à chaque classe et aux diverses fonctions dans la classe, les élèves ne portant plus (sauf exception, lors du week-end d'intégration ou de quelques sorties) leur khalôt à l'extérieur du lycée, mais régulièrement en intérieur, notamment lors des joutes oratoires opposant les diverses classes.

Anciens élèves[modifier | modifier le code]

L’ancienneté du collège Stanislas et son implantation au cœur de Paris font que nombre de ses anciens élèves ont exercé des responsabilités importantes dans la société. Ils ont constitué en 1865 une association toujours active[12] et reconnue d'utilité publique en 1877[13].

Selon les données diffusées par le collège à l’occasion de son bicentenaire[14] :

  • 1 074 de ses élèves furent reçus à Polytechnique de 1846 à 1953 ;
  • 1 510 de ses élèves furent reçus à Saint-Cyr de 1846 à 1953 ;
  • 392 de ses élèves furent reçus à Navale de 1846 à 1953 ;
  • 28 officiers généraux sont sortis du collège avant la Première Guerre mondiale.

Plus de 1 370 anciens élèves sont morts pour la France, dont 976 lors de la Première Guerre mondiale, 332 lors de la Seconde Guerre mondiale (dont 36 au titre de la Résistance et 31 en déportation), 41 en Indochine et 30 en Algérie[15]. Par ailleurs, 9 anciens élèves sont morts en service commandé depuis 1940.

Quatorze anciens élèves ont été faits compagnons de la Libération[16], ordre créé par le général de Gaulle (unique grand-maître) qui fut également élève au collège Stanislas.

Par ailleurs, au moins 46 anciens élèves ont été élus dans une ou plusieurs académies de l'Institut de France, dont 19 furent membres de l'Académie française[17].

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

  • Le Collège Stanislas, notice historique (1804-1870), Paris, Soussens, 1881
  • Henry Bordeaux, Le Collège Stanislas, Paris, Gallimard, 1936
  • Bernard Desoutter, La Vie à Stan, collège Stanislas : 1940-1947, Bernay, éd. du Chanoine, 2003 (ISBN 2951947011)
  • Clément de La Jonquière, Notice biographique sur l'abbé de Lagarde, par un ancien élève du collège Stanislas, Paris, Librairie catholique internationale, 1884
  • Pierre Laurent et alii, Centenaire du collège Stanislas (1804-1905)... Paris, J. Dumoulin, 1905
  • Abbé Louis de Lagarde, s.m. Histoire du collège Stanislas,... Paris, Putois-Cretté, 1881
  • Alain Raab, Anne Mézin, L’Épopée de Stan, 1804-2004, Paris, Association Liautard, 2004, [lire en ligne], (ISBN 2952234604)
  • Georges Sauvé, Le Collège Stanislas, deux siècles d’éducation, Chauray, Patrimoines & Médias, 1994 (ISBN 2910137066)
  • P. Joseph Simler, Vie de l'abbé de Lagarde, directeur du collège Stanislas, Paris, V. Lecoffre, 1887

Littérature[modifier | modifier le code]

Art et architecture[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Sauvé, Le Collège Stanislas, deux siècles d’éducation, Chauray, Patrimoines & Médias, 1994 (ISBN 2910137066), chap. X.
  2. « Notice no PA00088499 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. http://www.letudiant.fr/etudes/lycee/lycees-dexcellence--les-mille-et-une-manieres-dy-e/le-palmares-des-lycees-dexcellence-realise-par-letudiant-14931.html
  4. a et b Stanislas. Annuaire 2012-2013. Paris, Stanislas, décembre 2011, p. 235, (ISSN 0752-8574)
  5. Paris-Parisien, Ollendorff,‎ 1896, p. 207
  6. http://www.lexpress.fr/actualite/societe/prepas-les-internats-sont-ils-sexistes_957798.html
  7. http://www.liberation.fr/societe/0101385771-les-comptes-pas-catholiques-du-college-huppe-stanislas
  8. http://www.liberation.fr/societe/0101453915-l-educateur-de-stanislas-condamne
  9. http://www.liberation.fr/societe/0101453751-silence-souffrance-au-college-stanislas
  10. Le plus grand étant l'Institution Sainte-Marie d'Antony dans les Hauts-de-Seine (source : décompte du nombre d'élèves, explicité dans l'article Institution Sainte-Marie d'Antony)
  11. Le classement 2013 des prépas - L'Étudiant. Note : Le taux d'admission dépend des écoles retenues par l'étude. Ici, l'Étudiant retient une sélection stricte.
  12. Stanislas. Annuaire 2011-2012. Paris, Stanislas, décembre 2011 ; p. 25 (ISSN 0752-8574)
  13. Décret du président Mac Mahon du 10 août 1877. ARUP n° 75.000.1618 [1]
  14. L’Épopée de Stan, 1804-2004, p. 50 & 60.
  15. Aux morts de Stanislas 1914-1918, Paris, Association des anciens élèves de Stanislas, 1922 et Mémorial de Stanislas. Morts pour la France 1919-1999, Ibid, id., 2000.
  16. L’Écho de Stan, no 176, mars 2006 & no 178, novembre 2007, p. 90-92.
  17. Nicolas Lecervoisier. Statistique des anciens élèves du collège Stanislas, membres de l'Institut in L’Écho de Stan, no 184, novembre 2009, p. 114-116.