Roland Bonaparte

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Roland Bonaparte
Roland Bonaparte
en tenue d'académicien

Roland Napoléon Bonaparte, « prince Bonaparte », est né le 19 mai 1858 à Paris et est décédé dans cette même ville le 14 avril 1924. Descendant de Lucien Bonaparte, c'est un géographe et un botaniste français.

Famille[modifier | modifier le code]

Fils du prince Pierre-Napoléon Bonaparte et d'Éléonore-Justine Ruffin, Roland Bonaparte est le petit-fils de Lucien Bonaparte, prince de Canino, dont il est le dernier descendant mâle.

Du fait de la non-reconnaissance du mariage de ses parents[1], Roland Bonaparte ne fit pas usage des titres de prince romain de sa famille et même son titre de Prince Bonaparte fut contesté par les chefs de la famille impériale[2].

Il épousa le 18 novembre 1880 Marie-Félix Blanc, fille du richissime François Blanc, fondateur du casino de Monte-Carlo et de la Société des bains de mer de Monaco. Marie-Félix Blanc décéda en 1882 en mettant au monde une fille, la princesse Marie Bonaparte, qui épousa en 1907 le prince Georges de Grèce et devint femme de lettres et psychanalyste, amie et protectrice de Gustave Le Bon et de Sigmund Freud.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Bien sorti de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr dans la promotion de Novi-Bazar (1877-1879)[3], il sert comme sous-lieutenant dans l'infanterie. Le prince résida à Guyancourt vers 1880 en tant que sous-lieutenant, au 36e régiment d'infanterie, de la batterie de Bouviers[4]. Mais il doit renoncer à la carrière militaire après l'adoption de la loi du 4 juin 1886 interdisant aux membres des familles ayant régné sur la France de servir dans l'armée.

À cette époque, sa famille réside à Guyancourt dans le hameau de Bouviers : sa femme Marie-Félix Blanc, Jeanne Bonaparte (la sœur de Roland), et Éléonore-Justine Ruflin (veuve du prince Pierre Bonaparte, décédée à Versailles en 1881, et mère de Roland). Selon les registres communaux de nombreux serviteurs accompagnaient la famille Bonaparte[5].

Carrière scientifique[modifier | modifier le code]

Il se tourne alors vers la géographie, la géologie, la spéléologie et l'ethnologie.

Grand voyageur, il essaie d'utiliser la photographie pour réaliser un inventaire anthropologique des populations humaines. Projet qu'il abandonne par la suite pour se consacrer à la botanique et à la constitution du plus grand herbier privé du monde. Il recueille lui-même de nombreux échantillons, mais fait aussi travailler de nombreux collecteurs à travers le monde.

En 1895, il fait partie des 121 membres fondateurs, en tant membre donateur, de la Société de spéléologie[6], association dont il est élu président pour l'année 1896 lors de l'assemblée générale du 26 décembre 1895[7].

Ce prince fut également le fondateur et Président d'honneur de la Société des peintres de Montagne (Paris) en 1898. Il fut membre de nombreuses autres sociétés savantes (Académie de Versailles, des Yvelines et de l'Île-de-France, Académie des sciences, Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon, Comité des travaux historiques et scientifiques, Société botanique de France, Société d'histoire littéraire de la France, Société de géographie, Société des américanistes, Société des amis des monuments parisiens, Société des lettres, sciences et arts « La Haute-Auvergne »)[8]. Il est président de la Société botanique de France en 1919.

Hôtel particulier du Prince, devenu aujourd'hui un palace de la chaîne Shangri-La.

Grâce à la fortune considérable héritée de sa femme, il installe l'herbier dans l'hôtel particulier qu'il fait construire en 1896 à Paris au no 10 avenue d'Iéna (ensuite siège de la Société de géographie jusqu'en 1943, puis siège d'Ubifrance, agence française pour le développement international des entreprises, l'hôtel est transformé en palace de la chaîne d'hôtels Shangri-La, fin 2010). Il y renferme également une riche collection de souvenirs napoléoniens, et une bibliothèque de 150 000 volumes abritée dans quatre salles ornées de riches boiseries.

« Le Prince, écrit André de Fouquières, était de belle stature, avec des épaules massives, un visage large, aux traits quelque peu empâtés, la moustache et les sourcils épais et noirs : un physique apparenté, en quelque sorte, aux cariatides de la cheminée de pierre blanche de sa salle à manger et qui figuraient deux grenadiers de la Garde, d'après Raffet. »

Reconnu par ses pairs, Roland Bonaparte fut président de la Société de géographie de 1910 à sa mort et, en 1907, membre de l'Académie des sciences, dont il devient président en 1919. Il fut également un ardent propagandiste de l'aviation naissante : en octobre 1905 il préside la conférence constitutive de la Fédération aéronautique internationale. Il était également membre de l'Académie roumaine.

L'herbier de Roland Bonaparte rassemble plus de 2 500 000 échantillons concernant près de 100 000 espèces. Proposé après sa mort au Muséum national d'histoire naturelle de Paris, qui le refuse faute de place, à l'exception des Ptéridophytes groupe dans lequel Bonaparte s'était illustré, il est transporté à Lyon à l'initiative d'Édouard Herriot. Cet herbier, augmenté d'autres collections, est aujourd'hui hébergé par l'université Claude Bernard sur le Campus de la Doua à Villeurbanne et constitue le deuxième herbier de France et le septième dans le monde.

Roland Bonaparte laisse aussi à sa mort un fonds important qui enrichira la bibliothèque de la Société de géographie comme celle de la ville d'Ajaccio. Il laisse le souvenir d'un homme de culture et d'un mécène de la science. N'ayant pas laissé de postérité mâle, Roland Bonaparte fut le dernier représentant de la branche de Lucien.

Il eut un moment pour secrétaire l'accompagnant dans ses voyages Dominique Bonnaud, qui devint par la suite un célèbre chansonnier.

Fonds Roland Bonaparte[modifier | modifier le code]

Le fonds d'archives, de cartes et de photographies anciennes a rejoint la bibliothèque de la Société de géographie, laquelle est entièrement déposée au département des cartes et plans de la Bibliothèque nationale de France.

Article détaillé : Fonds Roland Bonaparte.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Les Habitants de Suriname, notes recueillies à l'Exposition coloniale d'Amsterdam en 1883, Paris, 1884
  • Les Derniers voyages des Néerlandais à la Nouvelle-Guinée, Paris, 1885
  • Le Premier établissement des Néerlandais à Maurice, Paris, 1890
  • Une excursion en Corse, Paris, 1891
  • Le Prince Bonaparte. Notes ptéridologiques, 14 fascicules, Paris, 1915-1924
  • Nombreux articles dans le Bulletin du Muséum d'histoire naturelle et dans le Bulletin de la Société botanique de France, ainsi que dans d'autres publications.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le mariage de ses parents ne fut dans un premier temps que béni par un ancien précepteur des enfants de Lucien Bonaparte, l'abbé Casanova, sans mariage civil préalable. Le 2 octobre 1867, dans leur villa des Epioux en Belgique, le maire belge de Lacuisine procéda au mariage civil des deux amants, mais Napoléon III refusa d'en reconnaître la validité.
  2. Hervé Pinoteau, Le chaos français et ses signes, PSR éditions, 1998, p. 496.
  3. Source : Annuaire de la Saint-Cyrienne. Les Promotions de Saint-Cyr de 1818 à 1912, Librairie militaire universelle, Paris, p. 268.
  4. Source : Société géologique de France, Bulletin de la Société géologique de France, 1882, p. 340 [1]
  5. Ralf Woodal, Isabelle Gourmelin Quand les Bonaparte vivaient à Bouviers Bulletin municipal de Guyancourt de juin 2012, page 15,
  6. (fr) Martel, E.-A. (1895) - « Liste des membres (150) », Spelunca 1re série tome I no 1, Société de spéléologie, Paris, p. 15,20
  7. (fr) Martel, E.-A. (1895) - « Assemblée générale du 26 décembre 1895 », Spelunca 1re série tome I no 4, Société de spéléologie, Paris, p. 113
  8. (fr) « BONAPARTE Roland (prince) », sur le site du Comité des travaux historiques et scientifiques (C.T.H.S.) (consulté le 10 juillet 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bonap. est l’abréviation botanique officielle de Roland Bonaparte.
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