Auschwitz

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Camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz
Birkenau gate.JPG
Entrée de Birkenau (Auschwitz II), vue depuis l'intérieur du camp
Présentation
Nom local Konzentrationslager Auschwitz
Type Camps d'extermination nazis
Superficie Auschwitz I:
Auschwitz II: 170 hectares
Auschwitz III:
Gestion
Utilisation originelle Camp de travail forcé
Date de création 27 avril 1940
Auschwitz I: 20 mai 1940
Auschwitz II: 8 octobre 1941
Auschwitz III: 31 mai 1942
Créé par Heinrich Himmler
Dirigé par Rudolf Höss
Date de fermeture 27 janvier 1945
Fermé par l'Armée rouge
Victimes
Type de détenus Juifs (à 90%)
prisonniers de guerre
opposants politiques polonais et soviétiques
Tziganes
résistants
Morts Plus de 1,1 million
Géographie
Pays Drapeau de la Pologne Pologne
Région Voïvodie de Petite-Pologne
Localité Oświęcim
Coordonnées 50° 02′ 11.84″ N 19° 10′ 33.23″ E / 50.0366222, 19.175897250° 02′ 11.84″ Nord 19° 10′ 33.23″ Est / 50.0366222, 19.1758972  

Géolocalisation sur la carte : Pologne

(Voir situation sur carte : Pologne)
Camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz

Protection  Patrimoine mondial
Notes Au patrimoine mondial depuis 1979 (3e session)
Localisation des camps d'extermination nazis.

Auschwitz-Birkenau ou plus simplement Auschwitz (en allemand : Konzentrationslager Auschwitz Prononciation du titre dans sa version originale Écouter : Camp de concentration d'Auschwitz) est le plus grand camp de concentration et d'extermination du Troisième Reich. Sa situation est partagée entre les localités d'Oświęcim (Auschwitz en allemand) et de Brzezinka (Birkenau en allemand), annexées au Reich (province de Haute-Silésie) après l'invasion de la Pologne.

Ce camp de concentration et d'extermination, dirigé par les SS, est créé le 27 avril 1940 par Heinrich Himmler[1] et libéré par l'Armée rouge le 27 janvier 1945. En cinq années, plus de 1,1 million d'hommes, de femmes et d'enfants meurent à Auschwitz, dont 900 000 immédiatement à la sortie des trains qui les y transportaient. 90% de ces personnes étaient juives. Ces victimes, de ce que les nazis appelèrent la « solution finale », furent assassinées dans les chambres à gaz ou parfois par arme à feu, mais elles moururent aussi de maladies, de malnutrition, de mauvais traitements ou d'expériences médicales.

En raison de sa taille, Auschwitz est considéré comme le symbole des meurtres de masse commis par les nazis et plus particulièrement comme celui de la Shoah, au cours de laquelle près de six millions de juifs furent assassinés.

Comme les autres camps de concentration nazis, Auschwitz était sous les ordres de Heinrich Himmler et de la SS. Le responsable du camp fut le SS-Obersturmbannführer Rudolf Höss jusqu'à l'été 1943, remplacé ensuite par Arthur Liebehenschel et Richard Baer.

Monument historique et culturel majeur, qui contribue au « devoir de mémoire », Auschwitz est inscrit depuis 1979 (3e session du Comité du patrimoine mondial) au patrimoine mondial en Pologne de l'UNESCO.

Un vaste complexe[modifier | modifier le code]

Plan de situation des trois camps d'Auschwitz, à l'été 1944

Auschwitz était principalement constitué de trois camps :

  1. Auschwitz I, ouvert le 20 mai 1940 — Le camp souche (principal) est un camp de concentration où périrent près de 70 000 personnes, au début des prisonniers de guerre et des opposants politiques polonais[Note 1] et soviétiques ; ensuite des Juifs et des résistants de toutes nationalités.
  2. Auschwitz II (Birkenau), ouvert le 8 octobre 1941 pour les prisonniers de guerre soviétiques — À la fois camp de concentration et centre de mise à mort immédiate où périrent plus d'un million de personnes, juives dans leur immense majorité ainsi que des Tziganes.
  3. Auschwitz III (Monowitz), ouvert le 31 mai 1942 — Un camp de travail pour la société IG Farben.

Ces trois camps étaient complétés par une cinquantaine de petits camps dispersés dans la région et placés sous la même administration.

Auschwitz I[modifier | modifier le code]

La création du camp souche Auschwitz I est décidée par les SS en février 1940 : c'est un camp de concentration et de travail forcé. Il se situe au milieu d'une région polonaise riche en matières premières : eau (au bord de la rivière Sola, zones marécageuses à proximité), chaux, et charbon30 km du camp se trouvent des gisements parmi les plus riches d'Europe). Ces ressources sont nécessaires pour la production d'essence synthétique et de caoutchouc synthétique ; elles sont essentielles pour l'effort de guerre allemand. C'est pourquoi les nazis chargent le groupe chimique IG Farben d'en assurer l'exploitation sur le site[2]. La main-d'œuvre sera celle du camp de concentration. Le Reichsführer Himmler comprend l'importance du projet et projette de passer d'une population carcérale de 10 000 à 100 000 lors de sa visite en mars 1941[3]. Himmler veut faire d'Auschwitz un camp modèle de colonisation à l'Est, avec une Kommandantur et un quartier général monumental du parti nazi ; ce dernier aurait eu des appartements privés de grand luxe ; ce gigantesque projet aurait été financé par la manne générée par la revente des matières premières à IG Farben, mais il n'a pas été appliqué en raison du déroulement de la guerre : en juin 1941 Adolf Hitler donne l'ordre d'attaquer l'Union soviétique[3]. Le commandant SS Rudolf Höss est chargé de la construction du camp et de son maintien. Il n'aura pas toujours le matériel nécessaire à la construction, c'est pourquoi il sera obligé d'en voler, par exemple cent mètres de fil de fer barbelé[4]. Le camp se situe sur l'emplacement d'une ancienne caserne de l'armée polonaise, dont les bâtiments délabrés entourent un vaste terrain pour le dressage des chevaux[5]. Il se situe au milieu de la région de la Pologne annexée par le Reich en 1939. Les premiers prisonniers sont des opposants politiques polonais, socialistes ou communistes pour la plupart. Une première vague, au nombre de 720, arrive en juin 1940. Le camp est prévu pour ceux que le régime nazi estime dangereux : suspects de résistance, hommes politiques, intellectuels, puis des prisonniers de guerre soviétiques, des Allemands condamnés par les tribunaux, des prisonniers politiques, ainsi que ce que les nazis appellent des « éléments asociaux » : Tziganes, prostituées, homosexuels, handicapés, Témoins de Jéhovah, Juifs. En 1940, le camp renferme de 13 000 à 16 000 détenus, pour 300 gardiens SS[6]. Le nombre de prisonniers atteint environ 20 000 en 1942. Durant les vingt premiers mois, plus de la moitié des 23 000 prisonniers polonais meurent à la suite des traitements inhumains et des tortures infligés par les gardiens SS[7]. À partir de l'agression contre l'URSS, Hitler redirigera des prisonniers de guerre soviétiques vers Auschwitz, ce qui modifie les plans initiaux de Himmler (lire supra). La brutalité des gardiens SS augmente particulièrement quand les prisonniers de guerre soviétiques arrivent dans le camp : ces derniers sont les plus mal traités de tous les prisonniers[8]. À mesure que les troupes allemandes pénètrent en URSS, elles abattent toutes les populations juives (hommes, femmes, enfants, du bébé au vieillard) des régions traversées, mais en août 1941 des officiers se plaignent de cette tâche barbare et déshumanisante ; les Allemands pour une raison de coût refusent d'envoyer sur le front les bonbonnes de monoxyde de carbone nécessaire au gazage ; c'est pourquoi en septembre 1941 le médecin SS Albert Widmann (en) (qui a déjà participé au gazage des handicapés au monoxyde de carbone) teste une méthode à base d'explosifs, mais c'est encore pire ; Wideman pense alors utiliser les gaz d'échappement des camions dans lesquels les prisonniers seront chargés. Cette méthode est testée sur des prisonniers de guerre soviétiques.

Höss a tenu à reprendre la devise du camp de concentration de Dachau[9], Arbeit macht frei : « Le travail rend libre » qu'il inscrit en haut du portail d'entrée. Chaque jour, lorsque les prisonniers quittent le camp pour aller travailler, c'est au rythme d'une marche jouée par l'orchestre des femmes détenues, et il en est de même à chaque arrivée de déportés.

Pour surveiller les détenus, les SS utilisent des Kapos, recrutés parmi les prisonniers allemands de droit commun les plus violents. Les détenus sont catégorisés par un symbole cousu sur leur combinaison de bagnard : prisonnier politique, Juif, etc. Les détenus sont identifiés par un numéro tatoué sur le bras.

Entrée d'Auschwitz I avec l'inscription Arbeit macht frei (« le travail rend libre »).

Les prisonniers travaillent pendant six, voire sept jours par semaine. Le dimanche est en principe réservé à la « toilette personnelle ». Mais l'absence d'hygiène, la malnutrition, les mauvais traitements causent rapidement de nombreux décès.

Auschwitz est un camp de travail. Les prisonniers valides doivent travailler, ceux qui sont malades ou blessés sont fusillés. Des exécutions sont aussi le fait des médecins du service d'euthanasie du Reich : ceux qui sont chargés de tuer les handicapés mentaux et physiques. 575 prisonniers seront transférés dans des chambres à gaz en Allemagne pour y être éliminés[10].

Lorsque Hitler décide l'extermination systématique des Juifs à grande échelle, Rudolf Höss, alors responsable du camp, expérimente divers modes d'exécution. Le nombre de déportés augmente rapidement et il est chargé de « préparer à Auschwitz une installation destinée à l'extermination en masse »[11]. Son approche du problème est technique et pragmatique. Les exécutions sont jusqu'ici menées à l'arme à feu, les déportés fusillés au bord de fosses communes qu'ils ont eux-mêmes creusées. D'autres prisonniers recouvrent les corps de chaux. Cette méthode est décrite par lui, lors de son interrogatoire après sa capture, comme peu efficace, lente, et coûteuse en munitions. Prenant modèle sur le camp d'extermination de Treblinka, il fait construire deux petites chambres à l'extérieur du camp, où les déportés sont asphyxiés par les gaz d'échappement d'un camion. Höss raconte que cette opération prenait du temps, que les SS chargés de l'opération l'abrégeaient souvent, et qu'un nombre non négligeable des gazés reprenaient conscience alors que leurs bourreaux les enterraient.

C'est en observant les précautions importantes que nécessite l'emploi d'un pesticide utilisé pour nettoyer les baraquements que l'idée vient à l'assistant de Höss, Karl Fritsch, d'employer le Zyklon B[12]. Il l'utilise d'abord dans le block 11 sur des prisonniers russes. Höss satisfait de la méthode de Fritsch décide de généraliser la méthode[3]. Le Zyklon B était un pesticide connu et utilisé couramment dans l'armée allemande, le camp d'Auschwitz en possédait donc de grandes quantités en stock. Pour nettoyer un baraquement de la vermine qui l'infestait, il fallait en faire sortir tous les prisonniers, fermer hermétiquement toutes les ouvertures et répandre les cristaux de ce pesticide sur le sol. Après environ une demi-heure, un soldat pénétrait dans le baraquement, muni de gants et d'un masque à gaz, pour ouvrir et ventiler la pièce.

Testé en septembre 1941 sur des prisonniers de guerre soviétiques, le produit se révèle mortel même en très petite quantité. Les SS ajoutent des ventilateurs pour accélérer la ventilation après le gazage. Les corps des premières victimes recouvrant souvent les cristaux de Zyklon B qui réagissent à l'air, ils installent également des colonnes percées de trous, où le produit est versé depuis le toit par un soldat. Des fosses sont transformées en bûchers pour brûler les corps arrosés de gasoil.

La première chambre à gaz (partiellement reconstituée) située à Auschwitz I

Les SS utilisèrent alors dans le camp souche un bâtiment comprenant une chambre à gaz et un crématoire composé de trois fours. Cette installation fut mise en service entre 1941 et 1942, avant d'être transformée en bunker de protection en cas d'attaque aérienne. Pour cette raison, le bâtiment n'a pas été détruit par les nazis. Le four crématoire actuellement visible y a été reconstruit après la guerre à partir du matériel original resté sur place.

En 1942, le camp vit également l'arrivée des premières femmes. Entre avril 1943 et mai 1944, les femmes juives servirent de cobayes pour des expériences de stérilisation par le professeur Karl Clauberg. Le docteur Josef Mengele menait, lui aussi, des expérimentations sur les détenus, s'intéressant particulièrement aux enfants jumeaux. Lorsque les prisonniers ne guérissaient pas assez rapidement, ils étaient tués par injection de phénol au cœur.

Sur les ordres de Heinrich Himmler, le Block 24 fut transformé en bordel pour récompenser les détenus méritants[Note 2],[13],[14].

Auschwitz II (Birkenau)[modifier | modifier le code]

Auschwitz II Birkenau - août 1944

En novembre 1943 le camp est fractionné en trois parties; tandis qu'Auschwitz I devient le Stammlager le camp-souche, Birkenau devient Auschwitz II; il comprend le centre d'extermination ainsi qu'un gigantesque camp de travail forcé. C'est là que périrent plus d'un million de personnes, principalement des Juifs et des Tziganes. À partir de 1943, Auschwitz II a son propre commandant (Lagerführer) sous l'autorité du Lagerkommandant : Friedrich Hartjenstein de 1943 à 1944, puis Josef Kramer de mai 1944 à décembre 1944[15].

Birkenau est à trois kilomètres d'Auschwitz, dans des marécages[16], [17]; à l'emplacement du village de Brzezinka (Birkenau en allemand) détruit pour construire le camp.

D'une capacité théorique de 100 000[réf. nécessaire] détenus, il s'étend sur une superficie de 170 hectares. Il comprend, dans sa configuration finale, trois parties ou Lager : le camp des femmes, le camp des hommes et une extension jamais terminée "Mexico". Chacun des Lager est entouré de clôtures de barbelés électrifiés à haute tension. Certains détenus désireux de se suicider se jetaient sur ces fils de fer (il y en a eu très peu en réalité)[réf. nécessaire]

Entrée de Birkenau (Auschwitz II), vue depuis l'intérieur du camp
La même entrée le 27 janvier 1945

Dans un premier temps, Himmler avait pensé Birkenau comme une extension d'Auschwitz destinée à accueillir des prisonniers de guerre soviétiques dans le cadre de l'invasion de l'Union soviétique[réf. nécessaire]. Ce sont d'ailleurs ces prisonniers soviétiques qui commencent à construire les baraquements en brique qui deviendront plus tard le camp des femmes. Le rôle principal de Birkenau, défini dès fin 1941, a ensuite été d'appliquer la solution finale à la question juive, c’est-à-dire la mise à mort systématique et programmée des Juifs d'Europe, à l'échelle industrielle. Dans ce but, les nazis firent construire à Birkenau, quatre complexes de chambres à gaz-crématoires (K II, K III, K IV et K V). La construction débuta en 1942. Le K I est l'ensemble chambre à gaz-crématorium d'Auschwitz I. C'est d'abord dans deux anciennes fermes situées à proximité du camp et transformées en chambres à gaz, nommées la maison rouge et la maison blanche, (Bunker I et II) que sont morts une partie importante des Juifs déportés de France depuis principalement la gare du Bourget (1942-1943) et la gare de Bobigny (1943-1944).

Le parcours des déportés vers la chambre à gaz

Les détenus arrivaient de toute l'Europe à Auschwitz-Birkenau en train, souvent après plusieurs journées passées dans des wagons à bestiaux. Certains mouraient durant le voyage de soif, de faim, de maladie ou encore d'asphyxie.

Pendant la plus grande partie de l'existence du camp, les déportés arrivaient au niveau de l'ancienne gare de marchandise d'Auschwitz (la Judenrampe) et marchaient environ un kilomètre jusqu'à Birkenau. La voie fut prolongée au printemps 1944 pour terminer son trajet à l'intérieur de Birkenau, au plus près des dispositifs de gazage juste avant l'arrivée des Hongrois. La traditionnelle photographie où l'on voit des rails qui aboutissent à l'entrée du camp de Birkenau tel qu'il se présente aujourd'hui correspond donc à la configuration ultime du camp. Elle laisse croire qu'il s'agit de la voie de chemin de fer qui rentre dans le camp mais en fait elle est prise depuis l'intérieur du camp.

À peine sortis du train, les prisonniers subissaient la selektion. D'un côté, les faibles, les personnes âgées, les malades, les femmes enceintes, les enfants destinés à être gazés immédiatement. De l'autre, les adultes (en théorie à partir de 15 ans) les plus valides que les SS destinaient à la mort par le travail forcé. Souvent, le docteur Josef Mengele opérait une sélection parmi les nouveaux venus pour conduire ses expériences.

Dans tous les cas, les détenus étaient mis à nu, rasés, tatoués, dépossédés de leurs biens qu'on stockait dans des entrepôts appelés Kanada dans le jargon du camp. Les objets personnels de valeur faisaient l'objet d'une comptabilité précise établie par l'Administration d'Auschwitz sous les ordres de Karl Möckel et étaient ensuite envoyés, trimestriellement, en Allemagne.

Les survivants à ce premier tri étaient répartis en groupes de travail (Kommandos) et employés comme main-d'œuvre esclave dans les usines dépendant du camp, mais aussi dans des fermes ou à l'intérieur du camp.

Les ruines d'une installation de traitement des eaux usées.

Les chambres à gaz pouvaient recevoir près de 1 440 personnes pour les plus grandes et 768 personnes à la fois pour les plus petites[18]. Une salle dotée d'une installation sanitaire factice, laissait entrevoir une trappe sur le toit d'où le zyklon B était jeté par des gardes. Les corps étaient ensuite brûlés dans les crématoires contigus. C'était la mission du Sonderkommando choisi parmi les prisonniers. Vers la fin de la guerre, alors que les crématoires tournaient à plein régime, les nazis tuèrent encore plus et brûlèrent les corps dans des fosses de crémation.

À partir du 15 mai 1944, 440 000 Juifs hongrois sont déportés à Auschwitz-Birkenau après que la Wehrmacht a pris le contrôle de la Hongrie en mars. 250 000 d'entre eux furent assassinés, les autres envoyés dans des camps de travail.

Le 7 octobre 1944, des membres du Sonderkommando, 250 prisonniers responsables des corps des personnes après gazage, se soulèvent. Ils s'étaient procuré des explosifs subtilisés par un Kommando de jeunes femmes juives travaillant dans les usines d'armement de l'Union Werke. Ils réussirent à détruire partiellement le crématoire IV. Après l'explosion, ils coupèrent les barbelés électrifiés à l'aide de pinces d'électricien, et s'échappèrent dans la forêt. Mais leur fuite échoua et la plus grande partie du groupe fut liquidée ; peu survécurent.

La Judenrampe, où les prisonniers étaient débarqués jusqu'au 15 mai 1944.
  • Camp des familles, le camp des familles est un camp à l'intérieur d'Auschwitz, qui fut créé en 1943. Il regroupait des familles, principalement d'origine tchécoslovaque. Ce camp devait servir de justification face à l'opinion internationale, une partie de ses membres subirent néanmoins les expériences du docteur Mengele[19].

Auschwitz III (Monowitz)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Monowitz-Buna.

Le gouvernement nazi travaillait avec les industriels allemands (fonderie, industrie chimique, armement…). Décidée au début de l'année 1941, la construction de l'usine IG Farben de caoutchouc synthétique (Buna) à Monowitz, qui resta inachevée, fit appel de manière croissante à la main d'œuvre concentrationnaire. La sous-alimentation, les conditions de travail inhumaines et le renvoi des inaptes à la chambre à gaz, dont a témoigné notamment Primo Levi, y ont fait entre 25 000 et 35 000 victimes (23 000 décès relevés sur 35 000 détenus employés pour la période 1943-1944)[Note 3].

Camps annexes[modifier | modifier le code]

Les camps annexes étaient désignés sous les vocables d' Aussenlager (camp extérieur), de Nebenlager (sous-camp) ou d' Arbeitslager (camp de travail)[20]. Outre IG-Farben, de nombreuses autres industries allemandes comme Krupp et Siemens construisaient des usines dotées de camps annexes[21]. Autour du camp-souche d'Auschwitz gravitaient ainsi 45 camps satellites dont 28 servaient l'industrie de l'armement. La population de ces camps allait de quelques douzaines à plusieurs milliers[22]. Des camps furent construits à Blechhammer, Fürstengrube, Jawischowitz (de), Jaworzno, Lagisze, Mysłowice, Trzebinia, et d'autres centres plus distants comme le Protectorat de Bohême-Moravie[23],[24],[25]. Les déportés étaient employés dans différents secteurs d'activités. Ils se voyaient ainsi confier des travaux dans les mines, ceux relatifs à l'armement, dans les fonderies ou d'autres industries métallurgiques, dans les industries chimiques ainsi que des travaux forestiers ou liés à l'agriculture[23].

Chaîne de commandement du camp[modifier | modifier le code]

Auschwitz I, potence où Rudolf Höß fut pendu en 1947.

Commandement suprême[modifier | modifier le code]

Commandants du Camp[modifier | modifier le code]

Procès et condamnations[modifier | modifier le code]

La vie dans le camp[modifier | modifier le code]

Intérieur des baraquements
Latrines à Auschwitz-Birkenau (photo prise en 2003)

Les prisonniers commençaient la journée à 4h30 du matin (une heure plus tard en hiver) avec l'appel. Le docteur Miklos Nyiszli décrit l'appel comme débutant à 3 heures du matin et durant 4 heures. À ce moment de la journée, même en été, il fait froid. Les prisonniers étaient tenus de se maintenir en rangs à l'extérieur des baraquements et de rester là jusqu'à 7 heures, heure à laquelle les officiers SS arrivaient [26]. Pendant ce temps, les gardes pouvaient leur infliger des punitions, pour un bouton manquant, une gamelle mal nettoyée. Ils pouvaient ainsi être contraints à rester une heure en position accroupie, les mains sur la tête ou recevoir des coups. Les détenus étaient comptés et re-comptés[27]. Miklos Nyiszli décrit comment la mort s'invitait également à l'appel du matin, rodant parmi les détenus se supportant l'un, l'autre jusqu'à ce que l'épreuve soit finie. Lorsqu'il était prisonnier en 1944-1945, de cinq à dix prisonniers étaient retrouvés morts après chaque nuit dans son baraquement[28]. Les prisonniers relevant du service de Joseph Mengele étaient quant à eux réveillés à 7 heures, l'appel pour eux, ne durait que quelques minutes[29].

winkel d'un prisonnier politique polonais
Potence mobile utilisée dans les blocks
Vêtement de prisonnier juif à Auschwitz
Block 11, le block de la mort

Après l'appel, les Kommandos se mettaient en marche vers leur lieu de travail, par groupes de cinq, portant leur tenue de camp rayée, sans sous-vêtement, portant des sabots de bois mal adaptés à leurs pieds et sans chaussette[30]. Un orchestre de prisonniers (comme l'Orchestre des femmes d'Auschwitz au camp pour femmes d'Auschwitz II-Birkenau) était obligé de jouer des airs entraînants pour accompagner le départ des prisonniers vers leur lieu de corvée. Les Kapos avaient la responsabilité des autres prisonniers tout comme l'escorte SS qui les accompagnait. La journée de travail durait 12 heures en été et un peu moins en hiver. La plupart des tâches étaient relatives à la construction du camp, aux travaux dans les gravières, ou dans les dépôts de bois. Aucune pause n'était accordée. Un prisonnier était même assigné aux latrines pour mesurer le temps que les détenus prenaient pour se vider la vessie et les intestins[27],[31]. Le dimanche n'était pas un jour de travail, mais les prisonniers ne se reposaient pas pour autant. Ils devaient nettoyer les baraquements et prendre leur douche hebdomadaire[32]. Les prisonniers pouvaient écrire, uniquement en allemand, à leur famille, ceux qui ne maîtrisaient pas l'allemand devaient se faire aider pour rédiger leur courrier. Les membres de la SS censuraient le courrier sortant[33].

Un second appel était effectué le soir. Lorsqu'un prisonnier manquait à l'appel, les autres devaient rester en place jusqu'à ce que la cause de cette absence soit identifiée, ceci, indépendamment des conditions climatiques et même si cela devait durer des heures. Des punitions, collectives ou individuelles, étaient infligées sur base de ce qui s'était produit durant la journée. Les prisonniers recevaient alors leur ration d'eau et de pain et regagnaient leur baraquement. Le couvre-feu intervenait deux ou trois heures plus tard. Les prisonniers dormaient sur des banquettes de bois, sur leur vêtements et chaussures pour éviter qu'ils ne soient volés[32].

De huit cents à mille détenus étaient entassés dans les lits de bois superposés de chaque baraquement. Incapables de s'allonger complètement, ils dormaient en long ou en travers, avec les pieds de l'un sur la tête de l'autre, le cou ou la poitrine. Dépouillés de toute dignité humaine, ils se frappaient, mordaient, se donnaient des coups de pieds pour grappiller quelques centimètres d'espace supplémentaire pour dormir un peu plus confortablement ce qui rendait leurs nuits fort courtes[34].

Les différents types de prisonniers se reconnaissaient à des pièces de tissus triangulaires cousues sur leur vêtements sous leur numéro de matricule appelées winkel. Les prisonniers politiques portaient un triangle rouge ; les témoins de Jéhovah, pourpre ; les criminels, vert ; les Juifs, portaient l'étoile jaune. La nationalité était représentée par une lettre sur le winkel. Les détenus pouvaient avoir plusieurs winkel s'ils entraient dans plusieurs catégories[35]. À Auschwitz, et uniquement là, les prisonniers étaient tatoués sur leur avant bras de leur numéro de matricule (les prisonniers de guerre russes étaient tatoués sur la poitrine)[36],[37].

Le matin, les prisonniers recevaient une boisson chaude mais pas de nourriture. Le midi, ils recevaient une soupe claire sans viande et le soir, un quignon de pain rassis. La plupart des prisonniers gardait un peu de pain pour le lendemain matin[38]. La ration journalière ne dépassait pas 700 calories, à l'exception des détenus soumis aux expérimentations médicales qui étaient mieux nourris et mieux vêtus[39]. Les conditions sanitaires étaient déplorables et l'eau potable manquait[33]. À Auschwitz II - Birkenau, il n'y avait pas de latrines avant 1943, deux ans après que la construction du camp n'eut démarré[40]. Le camp était infesté par la vermine comme les poux qui étaient vecteurs de maladies et les prisonniers mourraient en masse d'épidémie de typhus ou d'autres maladies[40]. le noma, une infection bactérienne liée à la malnutrition était une cause de mortalité infantile importante dans le camp des Roms.

Le Block 11 à Auschwitz était la prison dans la prison. C'était là que ceux qui avaient enfreint l'une des nombreuses règles du camp étaient punis. Ceux-ci pouvaient connaitre la cellule-debout qui contenait quatre hommes sur un espace d'un mètre carré et demi. Ils ne pouvaient que se tenir debout et le lendemain, ils étaient contraints de faire leur journée de travail. Les prisonniers condamnés à mort pour évasion pouvaient être laissés en cellule, sans nourriture et sans eau jusqu'à ce que la mort survienne[41]. Parfois, pour frapper les esprits, ils étaient pendus à proximité de leur baraquement sur des potences mobiles, comme ce fut le cas pour Mala Zimetbaum et Edek Galinski. Au sous-sol, se trouvaient les cellules-sombres qui ne comportaient qu'une toute petite fenêtre et une porte robuste. Les prisonniers détenus dans ces cellules suffoquaient fréquemment pour avoir brulé tout l'oxygène de la cellule quand les SS n'allumaient pas une bougie pour accélérer le processus. Certains furent pendus par les bras, les mains entravées dans le dos pendant des heures et même des jours, jusqu'à ce que les articulations des épaules soient complètement disloquées[42].

Résistance et évasions[modifier | modifier le code]

L'organisation du mouvement de résistance clandestin à Auschwitz remonte à la seconde moitié de 1940, peu après que le camp fut devenu opérationnel, en mai 1940[43],[44].

En septembre 1940, Witold Pilecki est interné au camp. Pilecki, se faisant appeler Tomasz Serafiński (matricule 4859) s'était laissé capturer par les Allemands dans les rues durant une łapanka (rafle) dans l'unique but de se faire déporter à Auschwitz pour y récolter des informations de première main sur ce tout récent camp de concentration et pour y organiser la résistance[44],[45]. Sous la direction de Pilecki, la Związek Organizacji Wojskowej (en) (Union des organisations militaires (ZOW)) fut constituée[45]. Initialement, ce mouvement était composé de prisonniers politiques et de prisonniers de guerre polonais issus d'ancien éléments de l'armée et de la résistance polonaises. En février 1942, le colonel Kazimierz Rawicz (pl), sous le pseudo de Jan Hilkner, organisa une cellule de la Union de combat armé (en) (ZWZ).

Approximativement à la même époque, des activistes du Parti socialiste polonais (PPS), comme Stanisław Dubois (pl), commencèrent à former leur propre organisation (Dubois fut exécuté par les Allemands en 1942). Parallèlement, des prisonniers associés avant-guerre à la droite polonaise, comme Jan Mosdorf (pl) et Roman Rybarski (pl), formèrent également leur groupe. À mesure que le nombre de détenus et la taille du camp augmentèrent, des efforts furent faits pour tenter d'unifier ces différents mouvements au sein d'Auschwitz. Ceci fut atteint en 1942 lorsque le ZWZ et les autres groupes fusionnèrent sous le vocable de Armia Krajowa polonaise (Armée de l'intérieur). Le premier commandant du groupe unifié était Rawicz qui fut transféré à Mauthausen en 1942. La tête du mouvement fut alors prise par Juliusz Gilewicz qui fut exécuté dans une exécution de masse en octobre 1943[43].

Stanisław Dubois, du Parti socialiste polonais

Résistance internationale[modifier | modifier le code]

Fin 1942, alors que le camp héberge désormais des détenus de l'Europe entière, d'autres foyers de résistance virent le jour selon des clivages nationaux ou ethniques. En plus du groupe constitué par les Juifs, on retrouva des groupes tchèques, russes, yougoslaves, français, autrichiens et même allemands. Une organisation internationale fut créée en 1943 : Kampfgruppe Auschwitz (Groupe de combat d'Auschwitz). En 1944, l'Armée de l'intérieur et le kampfgruppe mirent sur pied le Conseil militaire supérieur d'Auschwitz pour coordonner la résistance[43].

Les objectifs principaux de la résistance à Auschwitz étaient l'aide apportée aux prisonniers pour survivre, en ce compris la contrebande de médicaments avec l'aide de Polonais à l'extérieur du camp, la collecte d'informations sur les atrocités, l'organisation des évasions et de préparer une éventuelle insurrection du camp. Cette dernière ne vit jamais le jour bien que plusieurs mutineries furent menées, la plus connue d'entre elles étant le soulèvement des sonderkommandos à Auschwitz II - Birkenau en octobre 1944[46].

Évasions[modifier | modifier le code]

Prise de conscience alliée[modifier | modifier le code]

Vue aérienne du camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau à son extension maximale ; l'entrée se trouve en bas à droite, prolongée vers la gauche par les voies de chemin de fer et les quais de débarquement ; à gauche, de part et d'autre de ceux-ci, deux bâtiments abritant les fours crématoires (les deux formes noires en « T ») ; de bas en haut : camp des femmes et des prisonniers en régime dur, camp principal puis extension en construction. En haut à gauche, on remarque la fumée blanche, elle ne provient pas d'une cheminée du crématoire V, mais d'une crémation en plein air, en juin 1944, à côté du crématoire V. Le processus d'extermination avait atteint un rythme tellement élevé que les fours ne suivaient plus.
Intérieur des baraquements

Entre 1940 et 1942, les premières informations parviennent aux Alliés. En particulier, celles concernant les massacres commis par les Einsatzgruppen à l’Est, premier mode d’extermination des Juifs par des Kommandos. Ils reçoivent également des rapports de Witold Pilecki, fondateur de l'armée secrète polonaise volontairement infiltré parmi les prisonniers du camp, dès septembre 1940. Le télégramme Riegner[Note 4] du 8 août 1942 leur confirme la politique d’extermination qui est menée par le Troisième Reich.

À l’automne 1942, des rescapés témoignent, comme le résistant polonais Jan Karski qui s’entretient directement avec Franklin Delano Roosevelt et l’administration britannique en vue de mettre un terme au massacre. Et le 17 décembre 1942, les forces américano-britanniques et les gouvernements en exil à Londres font une déclaration conjointe condamnant la politique d’extermination des Juifs d’Europe, menaçant leurs auteurs de représailles.

Le 4 février 1943, le Belge Victor Martin part, muni d'autorisations pour visiter des confrères universitaires à Francfort, Berlin et Breslau en mission de reconnaissance pour la résistance et revient en Belgique, avec des informations en mai 1943. Il a parlé à des ouvriers français du STO près de Katowice qui l'informent de se qui se passe au camp d'Auschwitz. Arrêté à Breslau le 10 février 1943 il est incarcéré au camp de Radwitz dont il s'échappe le 15 mai 1943. Il fait un rapport à Hertz Jospa du Comité de défense des Juifs rattaché au Front de l'Indépendance et ses informations sont transmises à Londres. Sa mission incite la résistance à organiser la protection des enfants juifs de Belgique[48].

Jerzy Tabeau s'évade avec un co-détenu, le polonais, Roman Cieliczko, le 19 novembre 1943. Jerzy Tabeau rédige un rapport qu'il transmet en janvier 1944. Son rapport de 19 pages est intégré aux Protocoles d'Auschwitz sous le nom de rapport du major polonais.

Peu de temps avant le débarquement de Normandie, deux prisonniers évadés, Rudolf Vrba et Alfred Wetzler, font également un rapport détaillé sur les pratiques dans les camps de la mort. Le Rapport Vrba-Wetzler et ceux d'autres évadés constitueront les Protocoles d'Auschwitz qui seront transmis aux Alliés et seront versés comme preuves au dossier du procès de Nuremberg (documents 022-L).

En 2003, la Royal Air Force (RAF) dévoile officiellement certains clichés pris en 1944. La RAF qui cherche des installations militaires ne s'attarde pas sur les camps. L'information arrive pourtant jusqu'à Winston Churchill qui se décide pour une attaque avant de se rétracter à l'idée de tuer inutilement des détenus par des opérations de bombardement aérien. Ce questionnement fut à l'origine du Débat sur le bombardement d'Auschwitz.

Les travaux des historiens depuis les années 1970 ont permis de démontrer que les Alliés avaient connaissance de la solution finale, à savoir la politique d’extermination systématique de tous les Juifs d’Europe. Le rôle des pays neutres a été crucial dans ce domaine, la Suisse, et, à moindre titre, la Suède, étaient des terres de sécurité pour les agences juives et les diplomates alliés, par lesquelles ils pouvaient recevoir des informations. La résistance polonaise et des contacts amis dans l’administration nazie ont permis peu à peu de mettre au jour ce secret que les nazis s’acharnaient à dissimuler.

Les Alliés attaquent Auschwitz III Monowitz, le 13 septembre 1944, usine de fabrication de caoutchouc synthétique à quelques kilomètres du camp d’Auschwitz I. Certaines bombes tombent même sur le camp tuant accidentellement une dizaine de déportés. Ce raid montre qu’un assaut aérien sur Auschwitz était désormais dans le rayon d'action des Alliés en 1944.

En 1942, Winston Churchill, sous la pression du Parlement et de l'Église anglicane, donne l’ordre à son administration militaire d’envisager toutes les possibilités de bombardement des camps, mais il lui est répondu que les cibles sont hors de portée d’action. C’est à partir de mai 1944, lorsque les forces américaines sont stationnées à Foggia dans le sud de l’Italie que les camps entrent dans le rayon d'action des forces alliées à l'Ouest et c'est à la même période que la Luftwaffe perd peu à peu le contrôle de l'espace aérien au-dessus du Reich suite à l'opération Pointblank.

Les preuves de l’ampleur des atrocités sont connues des dirigeants politiques. Aux États-Unis, les journaux parlent dans leurs colonnes de la solution finale, les agences juives américaines font pression sur l’administration militaire pour obtenir un assaut sur Auschwitz.

Le ministre adjoint à la Guerre John McCloy refuse d'exécuter un bombardement sur les camps de concentration, car les cibles ne sont pas militaires et qu'un bombardement causerait trop de pertes parmi les détenus dans les camps. À cette époque, la priorité est donnée à l'offensive terrestre qui doit absolument progresser.

Évacuation et libération du camp[modifier | modifier le code]

Une des allées du camp Auschwitz I.
Ruines d'Auschwitz II. Seules restent les cheminées en maçonnerie, les baraquements en bois ont disparu
Vue d'Auschwitz II. Entrée à l'avant-plan, baraquements reconstitués à droite, ruines de baraquements à l'arrière-plan

À partir d'août 1944, l'Armée rouge est à 200 kilomètres d'Auschwitz. Les autorités nazies envisagent alors la liquidation du camp en cas de nouvelles victoires soviétiques, ainsi que cela avait déjà été fait pour les autres centres d'extermination situés plus à l'Est.

Aussi longtemps que cela a été possible, les nazis ont continué l'extermination dans les chambres à gaz. Les nazis ne mettent fin aux travaux d'agrandissement d'Auschwitz (camp souche et Birkenau) qu'à la fin de l'année 1944. Les travaux d'extension de certains des camps auxiliaires continuent pratiquement jusqu'à la libération.

Ce n'est qu'en novembre 1944 que les trois crématoires restant en activité sont dynamités (le crématoire IV était déjà inutilisable depuis octobre à la suite de la révolte du Sonderkommando).

Avant cela, les nazis entreprennent de détruire et d'effacer les traces des crimes commis. Ils prennent soin d'assassiner la plupart des témoins oculaires du génocide et particulièrement les Juifs qui avaient travaillé dans les crématoires. Ils font nettoyer et recouvrir de terre par des déportés les fosses contenant des cendres de victimes. Ils brûlent les listes des Juifs exterminés, une partie des dossiers et de la documentation, en deux temps : d'abord entre juillet et septembre 1944 pour les listes de transports (Zuganglisten-FP) conservées au bureau de la direction politique, puis en janvier 1945 avant l'évacuation du camp. Cette destruction fut partielle : une commission spéciale soviétique a pu retrouver et réunir, après la libération du camp, un important volume de documents épargnés, notamment 90 000 actes de décès émis d'août à décembre 1943 ainsi que les archives de la Bauleitung, l'administration centrale chargée de la construction (ces archives ont été restituées au Musée d'Auschwitz en 1991-1992). Mais de nombreux documents sont manquants : ce sont en particulier les listes de transport des convois d'Europe occidentale, les registres (Totenbücher) à l'exception de ceux du camp des Tziganes, les listes marquées « SB » (pour Sonderbehandlung, « traitement spécial »[49]) des personnes sélectionnées pour les chambres à gaz, les rapports sur les arrivées et les sélections, les listes de transferts, la plupart des rapports des blocks ainsi que les archives des sous-camps et des entreprises employant les déportés[50],[51].

Après l'été 1944, le camp se dépeuple progressivement. Les détenus évacués sont soit employés dans des usines d'armement situées plus à l'intérieur du Reich (principalement des Polonais et Soviétiques), soit, dans le cadre des marches et des transports de la mort, conduits vers d'autres camps de concentration. La marche de la mort d'Auschwitz à Loslau, endurée par des détenus épuisés, sans manger ou presque, dans un froid glacial, est responsable de plusieurs dizaines de milliers de morts. Le 17 janvier 1945 a lieu le dernier appel général. Y sont présents 67 000 déportés dont 31 800 à Auschwitz I et II et 35 100 dans les camps auxiliaires dépendant de Monowitz.

Le camp d'Auschwitz est libéré par l'Armée rouge le 27 janvier 1945.

Les camps souches d'Auschwitz I et Auschwitz II - Birkenau sont libérés par les soldats de la soixantième armée du premier front ukrainien dans le cadre d'une offensive sur la rive gauche de la Vistule. Ceux-ci y pénètrent vers 15 heures à la suite de combats qui font 66 morts parmi les Soviétiques. 7 000 déportés, maintenus dans le camp, survécurent jusqu'à la libération. Les soldats soviétiques ont découvert sur place environ 600 corps de détenus, exécutés par les SS pendant l'évacuation du camp ou morts d'épuisement.

Bilan estimé en 1998[modifier | modifier le code]

Vue du camp Auschwitz I en hiver.

Selon les estimations datant de 1998 de Franciszek Piper, historien du musée national Auschwitz-Birkenau, le bilan d'Auschwitz s'établit ainsi[52] :

  • 1,3 million de personnes ont été déportées dans les camps d'Auschwitz
  • 1,1 million de déportés y sont morts dont :
    • 960 000 Juifs
    • 70 000 à 75 000 Polonais non juifs
    • 21 000 Tsiganes
    • 15 000 prisonniers de guerre soviétiques
    • 10 000 à 15 000 détenus d'autres nationalités (Soviétiques, Tchèques, Yougoslaves, Français, Allemands, Autrichiens, Belges, Hollandais)

Il s'y ajoute un nombre incertain, mais semble-t-il réduit, d'homosexuels qui y furent déportés en tant que tels : 48 noms de déportés à ce titre y ont été répertoriés pour l'ensemble de la période avril 1940-janvier 1945 ; un comptage des effectifs de janvier 1944 fait état de 22 détenus au titre du paragraphe 175 sur 53 000 hommes[53]. Un seul survivant homosexuel d'Auschwitz est connu, Karl B[54].

Un programme de réadaptation des survivants du camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz fut mis en place, avec la participation du psychiatre Antoni Kępiński, lui-même ancien déporté.

Lieu de mémoire[modifier | modifier le code]

Chaussures de déportés juifs de Birkenau

Après sa libération en 1945, Auschwitz reste abandonné pendant deux ans. Le Parlement polonais décide en 1947 de faire d'Auschwitz un musée à la mémoire des victimes.

Le musée s'étend sur 191 hectares : 20 à Auschwitz I et 171 à Auschwitz II-Birkenau. Il ne reste rien aujourd'hui de l'usine IG Farben de Monowitz, Auschwitz III. Auschwitz-Birkenau fait partie depuis 1979 du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Le camp souche, Auschwitz I, a été restauré et ses blocks 4 et 5 utilisés depuis les années 1950 par les Polonais pour réaliser une exposition permanente qui veut présenter les conditions de vie des prisonniers, principalement à partir d'objet récupérés dans les restes du camps de Birkenau à la libération du camp. S'y trouvent notamment des effets personnels de déportés : vaisselle, lunettes, chaussures etc., exposés dans des vitrines. L'une d'elles montre des cheveux qui devaient être utilisés pour fabriquer du tissu. Tout ce qui appartenait aux victimes, devait resservir et profiter au Reich. Depuis les années 1960, certains blocks hébergent des « expositions nationales » réalisées par les divers pays d'où les Juifs furent déportés à Auschwitz. Au rez-de-chaussée du block 20 se trouve l'exposition française, inaugurée en janvier 2005, d'une grande qualité muséographique.

En 1948, des travaux sont effectués dans le bâtiment de l'ancien Crématoire I, transformé par les nazis en abri anti-aérien en 1943, afin de restaurer, selon les informations disponibles alors, le crématoire et la chambre à gaz dans leur état supposé d'origine : des fours sont réinstallés, la cheminée est reconstruite, les murs qui divisaient l'ancienne chambre à gaz sont abattus, la porte et une partie des orifices d'introduction du Zyklon B sont rouvertes[55].

Auschwitz II a volontairement été laissé en l'état comme témoin de l'ampleur du crime. Seule une rangée de baraques en bois du camp de quarantaine des hommes a été reconstruite. Un monument international à la mémoire des victimes, situé entre les crématoires II et III, a été inauguré en 1967. C’est un lieu de recueillement dans ce qui peut être considéré comme le plus grand cimetière de l'histoire de l'humanité.

« Que ce lieu où les nazis ont assassiné un million et demi d'hommes, de femmes et d'enfants, en majorité des Juifs de divers pays d'Europe, soit à jamais pour l'humanité un cri de désespoir et un avertissement. Auschwitz - Birkenau 1940 - 1945 ». Ce texte est inscrit sur 21 dalles fixées sur le sol du monument, toutes traduites dans des langues différentes.

L'emplacement de la « maison rouge » (le bunker I), totalement détruit par les nazis, n'est précisément identifié qu'à la fin des années 1990. Il est aménagé en lieu de mémoire, marqué par une stèle. De même, il ne demeure que l'emplacement des murs de la « maison blanche » (le bunker II), marqué par quelques lignes de briques. Les grands Krema II, III, IV et V apparaissent en revanche plus visiblement, sous forme de ruines pour les deux premiers[56].

Une des 22 dalles commémoratives

Depuis peu des espaces en périphérie des deux camps principaux et en dehors de l'espace du musée sont mis en valeur. C'est le cas de la rampe ferroviaire (Judenrampe) située à 1,5 kilomètre de Birkenau, où sont arrivés les trains convoyant les déportés de mars 1942 à avril 1944. Ce n'est qu'à partir de la fin du printemps 1944 que la prolongation de la voie ferrée, décidée par les nazis pour accélérer l'extermination des Juifs hongrois, arrive à proximité immédiate des chambres à gaz, à l'intérieur du camp.

Pendant la Guerre froide, les chiffres furent gonflés par le gouvernement communiste polonais. Le caractère essentiellement juif des victimes, dans un climat d'antisémitisme persistant, tendant à être nié ou du moins minimisé.

L'installation d'un carmel dans l'enceinte du camp d'Auschwitz, dans les années 1980, a provoqué une longue controverse, les organisations juives dénonçant une tentative de gommer la spécificité juive du lieu au profit d'une « christianisation » et d'une récupération de la Shoah. Jean-Paul II trancha la question en 1993 en ordonnant le départ des carmélites[57], mais la polémique sur la « christianisation de la Shoah » fut relancée en 1998 lors de la canonisation d’Edith Stein[58], puis de l’érection d’une nouvelle croix haute de huit mètres[59],[60].

2005 est marquée par la célébration solennelle du 60e anniversaire de la libération du camp en présence des derniers survivants et de nombreuses personnalités du monde entier. Depuis septembre 2006, Piotr Cywiński est le directeur du musée.

Chaque année se déroule à la synagogue Charles Liché à Paris une commémoration en souvenir de la libération des camps d’Auschwitz.

Le site est visité par environ un million de personnes par an. Son entretien est principalement financé par l’État polonais. En décembre 2011, l'Autriche effectue un don de 6 millions d'euros pour la sauvegarde d'Auschwitz[61].

Principaux déportés connus[modifier | modifier le code]

Elie Wiesel en 2010.
Simone Veil à Paris, le 27 février 2008.
Ida Pascolo (1924-2012).
Rudolf Vrba en 1997.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Aucun autre lieu de la destruction ne s'est jamais imposé à la mémoire avec la même universalité. D'abord parce qu'Auschwitz est sans doute le plus grand cimetière du monde : le plus grand cimetière de Juifs (près d'un million) mais aussi de polonais (70 000 à 75 000 morts), de Tsiganes du Grand Reich (environ 20 000) - un cimetière sans tombes puisque les corps ont été réduits en cendres ». Annette Wieviorka, l'heure d'exactitude ; histoire, mémoire, témoignage, Albin Michel, 2011, 256 p. (ISBN 978-2226208941) p. 207.
  2. Le bordel destiné au personnel du camp se trouvait en revanche à l'extérieur de celui-ci, dans le centre-ville d'Oświęcim. Voir Fabrice d'Almeida, Ressources inhumaines: Les gardiens de camps de concentration et leurs loisirs, Fayard, 2011, 210 p. (ISBN 978-2213661780) [EPUB] (ISBN 9782213663999) emplacements 1026 et 1160 sur 3339, ainsi que Robert Sommer, Das KZ-Bordell: sexuelle Zwangsarbeit in nationalsozialistischen Konzentrationslagern, Schöningh, 2009, 445 p. (ISBN 9783506765246).
  3. Outre la disponibilité des matières premières, le site avait été choisi en raison de sa position géographique centrale au carrefour des voies de communication et suffisamment à l'Est pour être protégé des risques de bombardements alliés. L'IG Farben était initialement plus intéressée par l'emploi de main d'œuvre allemande issue des projets de germanisation que par la main d'œuvre concentrationnaire. Le site employa finalement environ 40 à 50 % de travailleurs étrangers, 20 à 30 % d'allemands et 30 % de détenus. Voir Peter Hayes, Industry and Ideology: I. G. Farben in the Nazi Era, Cambridge University Press, 2001, 411 p. (ISBN 9780521786386) p. 350 et suiv.
  4. Gerhart Riegner du congrès juif mondial envoie dès mars 1942 par télégramme un message sur l’extermination des Juifs au nonce à Berne, puis à Londres, Washington, et au Comité international de la Croix rouge, « Femmes et enfants exterminés. Hommes esclaves travaillant jusqu’à l’épuisement, ensuite supprimés. » mais il n'a pas eu d'écho.
  5. Détenue au camp de Drancy (mars 1944) puis déportée à Auschwitz-Birkenau, elle meurt à Bergen-Belsen en avril 1945.
  6. Détenu depuis août 1944 à Auschwitz, puis libéré le 27 janvier 1945
  7. matricule no 88542, ainsi que sa sœur Augusta, survivantes italiennes. Arrêtées en février 1944 pour faits de résistance et raison politique en Italie (elles cachèrent notamment Arturo Siega (1924-1987) (Arturo Siega [1]). Une rue de Resia porte son nom.([2]), commandant d'une section de résistants) déportées d'abord à Trieste où elles furent torturées, puis à Buchenwald, puis près d'une année à Auschwitz, elles ont pu s'évader toutes deux des marches de la mort d'Auschwitz en 1945. Ida Pascolo est née à Cornappo (commune de Taipana en Italie) le 4 décembre 1924. Elle est décédée à Gosselies (Belgique) le 15 septembre 2012. Elle repose depuis le 24 septembre 2012 à Monteaperta (Italie) auprès de sa sœur Augusta. Augusta (née Filippig) est née le 14 mars 1913 et est décédée le 30 mai 1997 (citée à l'ordre du jour et inscrite au livre des délibérations du conseil communal de Taipana (province d'Udine, Italie) le 26 septembre 2012)
  8. Vladek est mort le 18 août 1982
  9. matricule B-3635, déporté de Malines par le 26e et dernier convoi au départ de la caserne Dossin, le 31 août 1944. Interné à Auschwitz I jusqu'au 18 janvier 1945, il fera les marches de la mort jusqu'au camp de Gross-Rosen où il transite 2 jours avant d'être de nouveau déporté à Dachau par train de marchandises. Lors d'un dernier transport en partance de Dachau, il parvient à s'évader en avril 1945 et regagne la Belgique à la fin de la guerre. Il fait une brillante carrière dans la publicité et lance le sport nautique en Mer Rouge. Depuis 1987, il transmet son témoignage dans les écoles. Il est l'auteur du livre : Je me souviens d'Auschwitz… De l'étoile de shérif à la croix de vie

Références[modifier | modifier le code]

  1. Saül Friedlander les années d'extermination 1939-1945 Points/Histoire Seuil 2008 p. 306
  2. Rees 2005 ép.1 14 m à 15 m
  3. a, b et c idem
  4. Rees 2005, 8m26s
  5. DocuTV Auschwitz de Rees, 4m40s.
  6. Rees 2005 ép. 1 11m28s
  7. Rees 2005 ép. 1 6m43s
  8. Rees 2005 ép.1 23 m
  9. Rees 2005 ép. 1 6m28s
  10. Rees 2005 ép. 1 34-35 m
  11. Rudolf Höss, Le Commandant d'Auschwitz parle, La Découverte, 2004, 268 p. (ISBN 9782707144997) p. 177.
  12. Rees 2005 &p. 1 40-41 m
  13. « Dans les bordels des camps nazis », Libération, 10 septembre 2009.
  14. New Exhibition Documents Forced Prostitution in Concentration Camps, Spiegel Online, 15 janvier 2007.
  15. Raul Hilberg, la destruction des Juifs d'Europe, Folio Gallimard, p. 781
  16. L. Rees, Auschwitz et la solution finale, Paris, 2008, p. 118
  17. Eugen Kogon, Les chambres à gaz, secret d'état, Paris, 1984, p. 176
  18. les chambres à gaz, secret d'état, Eugene Kogon, Hermann Langbein, Seuil 1987, p. 197
  19. Sigmund Toman, Vous, vous savez, mais moi je ne sais pas. Questions à un survivant de la Shoah Interview de Michèle Honsberger et Martine Mouron, éd. Delibreo, 2008.
  20. Gutman 1994, p. 17.
  21. Steinbacher 2005, p. 57.
  22. Gutman 1994, p. 17-18.
  23. a et b Gutman 1994, p. 18.
  24. Piper 1994a, p. 45.
  25. Steinbacher 2005, p. 58.
  26. Nyiszli 2011, p. 25–26.
  27. a et b Steinbacher 2005, p. 33.
  28. Nyiszli 2011, p. 26.
  29. Nyiszli 2011, p. 27.
  30. Gutman 1994, p. 20–21.
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  41. Lachendro.
  42. Rees 2005, p. 26.
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  45. a et b Lidia Świerczek, Pilecki's life Institute of National Remembrance, consulté le 14 mars 2009
  46. Iearn.org, Resistance During the Holocaust, consulté le 1er septembre 2013
  47. a et b Gilbert, Martin (1989). "The Question of Bombing Auschwitz, " in Michael Robert Marrus. The Nazi Holocaust: The End of the Holocaust. Part 9. Walter de Gruyter
  48. Bernard Krouck, Victor Martin, un résistant sorti de l'oubli, Les Eperonniers, 1995. Existe aussi en version filmée dans le style Docu-fiction réalisé par Didier Roten.
  49. Léon Poliakov, Auschwitz, réed. Gallimard, 2006, 330 p. (ISBN 9782070336937) p. 124
  50. Franciszek Piper, « Sources concernant l'histoire du camp de concentration d'Auschwitz » dans Les archives de la Shoah, CDJC-L'Harmattan, 1998, 362 pages (ISBN 9782296372177) p. 157-176
  51. Conan Eric et Peschanski Denis, « AUSCHWITZ: LA VERITE » , L'Express, édité le 23 septembre 1993, consulté le 9 mai 2013
  52. Franciszek Piper, ''Auschwitz Concentration Camp, dans Michael Berenbaum et Abraham J. Peck (éditeurs), The Holocaust and History. The Known, the Unknown, the Disputed and the Reexamined, Indiana University Press, 1998, p. 378.
  53. Régis Schlagdenhauffen, Triangle rose: La persécution nazie des homosexuels et sa mémoire, Autrement,‎ 2011, 314 p. (ISBN 9782746714854) [EPUB] (ISBN 9782746720459) emplacements 1108-1120 sur 6260.
  54. Jörg Hutter, « Konzentrationslager Auschwitz: Die Häftlinge mit dem rosa Winkel », in Olaf Mussmann (dir.), Homosexuelle in Konzentrationslager, Westkreuz Verlag, 2000, 158 p. (ISBN 9783929592511).
  55. Jean-Claude Pressac, Auschwitz. Technique and operation of the gas chambers, The Beate Klarsfeld Foundation, 1989, 564 p. Lire en ligne p. 129, 131-133, 153-159. Les quelques erreurs commises à cette occasion sont par la suite exploitées par les négationnistes à la fin des années 1970. Voir à ce propos Gilles Karmasyn, La chambre à gaz du crématoire d’Auschwitz I, le Krema I et ses transformations, phdn.org, 2001.
  56. Annette Wieviorka, Auschwitz, la mémoire d'un lieu, Hachette, Paris, 2005, 286 p. (ISBN 2012793029) p. 120-123.
  57. L’affaire du Carmel d’Auschwitz
  58. Article de l’Arche citant le président du CRIF, intitulé « Juifs et catholiques : le malaise qui perdure » sur le site col.fr.
  59. La croix empoisonnée d’Auschwitz – Après le carmel, une nouvelle affaire envenime les rapports juifs-polonais Article de Libération
  60. « Geneviève Zubrzycki, The Crosses of Auschwitz. Nationalism and Religion in Post-Communist Poland », Bérengère Massignon, Archives de sciences sociales des religions octobre-décembre 2007, document 140-91,‎ 2 juillet 2008.
  61. « L'Autriche débloque 6 millions d'euros pour l'entretien du site d'Auschwitz », Le Monde, 8 décembre 2011.
  62. Site : Le chef décorateur Willy Holt nous a quittés - Afcinema
  63. SOBOL (P.), Je me souviens d'Auschwitz. De l'étoile de shérif à la croix de vie, nouv. éd. revue et corrigée, Bruxelles, Racine, 2010. (ISBN 978-2-87386-680-8)
  64. Anne-Lise Stern, Un lapsus de SS, in Le Savoir-Déporté, éd. du Seuil; 2004, p. 225

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Source pour l'article[modifier | modifier le code]

  • (en) Yisrael Gutman, « Auschwitz—An Overview », dans Yisrael Gutman et Michael Berenbaum, Anatomy of the Auschwitz Death Camp, Bloomington, Indiana University Press,‎ 1994 (ISBN 0-253-32684-2), p. 5–33
  • (en) Sybille Steinbacher, Auschwitz: A History, Munich, Verlag C. H. Beck,‎ 2005 (1re éd. 2004) (ISBN 0-06-082581-2)
  • (en) Franciszek Piper, « The System of Prisoner Exploitation », dans Yisrael Gutman et Michael Berenbaum, Anatomy of the Auschwitz Death Camp, Bloomington, Indiana University Press,‎ 1994 (ISBN 0-253-32684-2), p. 34–49
  • (en) Miklós Nyiszli, Auschwitz: A Doctor's Eyewitness Account, New York, Arcade Publishing,‎ 2011 (1re éd. 1960) (ISBN 978-1-61145-011-8)
  • (en) Jarek Lachendro, « Auschwitz-Birkenau: Punishments and executions », Auschwitz-Birkenau Memorial and Museum (consulté le 7 août 2014)

Mémoires et témoignages[modifier | modifier le code]

Textes de déportés[modifier | modifier le code]
Auschwitz I : « L'espoir après l'horreur ».
  • Charlotte Delbo, Auschwitz et après, Éditions de minuit, Paris, 1970, 2 vol.
  • Odette Elina, Sans fleurs ni couronnes, 1947
  • Joseph Bialot, C'est en hiver que les jours rallongent, éditions du Seuil, 2002.
  • Lise Delbès-Lyon, Ma déportation, Drancy-Auschwitz-Hohenelbe, La cause des livres, 2006
  • Ruth Fayon, Patrick Vallélian, "Auschwitz en héritage". De Karlsbad à Auschwitz, itinéraire d'une jeune fille dans l'enfer de la Shoah, éd. Delibreo, 2009.
  • Ida Grinspan, J'ai pas pleuré, Poche, 2003
  • Willy Holt, "Femmes En Deuil Sur Un Camion", Nil édition
  • Imre Kertész, Être sans destin, 1975
  • Hermann Langbein, Hommes et femmes à Auschwitz, éd. 10/18.
  • Primo Levi, Si c'est un homme, 1947
  • Pelagia Lewinska, Vingt mois à Auschwitz, Éditions Nagel, première édition 1945
  • Louis J. Micheels, Docteur 117641, Belles Lett, 1990
  • Filip Müller, Trois ans dans une chambre à gaz d'Auschwitz, 1979
  • Ana Novac, J'avais 14 ans à Auschwitz, presses de la Renaissance, 1982
  • Ana Novac, Les Beaux Jours de ma jeunesse, Balland, Paris, 2006
  • Miklos Nyiszli, Médecin à Auschwitz, René Julliard 1961, Éditions J'ai lu Leur aventure (no A266), 1966
  • Witold Pilecki, Le Rapport Pilecki. Déporté volontaire à Auschwitz, 1940-1943 (Raporty Pileckiego), traduit du polonais par Ursula Hyzy et Patrick Godfard, Champ Vallon, "Époques", (ISBN 9-782-87673-955-0)
  • Fred Sedel, Habiter les ténèbres, La Palatine, 1963
  • Paul Steinberg, Chroniques d'ailleurs, Ramsay, 1996.
  • Anne-Lise Stern, Le Savoir déporté - camps, histoire, psychanalyse, éd. Seuil, 2004 (coll. La librairie du XXe siècle). (ISBN 9782020662529)
  • Sigmund Toman, Vous, vous savez, mais moi je ne sais pas. Questions à un survivant de la Shoah, Interview de Michèle Honsberger et Martine Mouron, éd. Delibreo, 2008.
  • Rudolf Vrba, Je me suis évadé d'Auschwitz, 1964
  • Simone Veil, Une vie, 2007
  • Shlomo Venezia, Sonderkommando, Dans l'enfer des chambres à gaz, 2007
  • Clara Weintraub, " A5564 - de Auschwitz à Bergen Belsen, la traversée de l'enfer" [Les éditions du net]
  • Elie Wiesel, La Nuit, 1958
  • Krystyna Zywulska, "J'ai survécu à Auschwitz" tCHu Varsovie et Panstwowe Muzeum Auschwitz-Birkenau, 2006
Textes de bourreaux[modifier | modifier le code]
  • Rudolf Höss (commandant d'Auschwitz), Le Commandant d'Auschwitz parle, 1959

" Auschwitz vu par les SS" Höss, Broad, Kremer. 1974

Textes Soviétiques[modifier | modifier le code]

Vasili Petrenko, Avant et après Auschwitz, Paris, Flammarion,‎ mars 2002, 285 p. (ISBN 978-2082100564)

Ouvrages historiques[modifier | modifier le code]

Monographies sur Auschwitz[modifier | modifier le code]
Ouvrages sur la Shoah[modifier | modifier le code]
  • Raul Hilberg, La Destruction des Juifs d'Europe, éd. Fayard, 1988 ; nouv. éd., Gallimard, 2006 (trois volumes).
  • Saul Friedländer, Les Années d'extermination. l'Allemagne et les juifs, 2 vol., 2e volume paru en 2008, traduit en français par Pierre-Emmanuel Dauzat, Seuil
  • Florent Brayard, La solution finale de la question juive, la technique le temps et les catégories de la décision, éd. Fayard 2004
  • Édouard Husson, Heydrich et la solution finale éd. Perrin 2012 (ISBN 978-2-262-02719-3)
  • Christopher Browning, Les origines de la solution finale coll. Points/Histoire éd.Seuil 2009 (ISBN 978-2-7578-0970-9)
  • Giorgo Agamben, Ce qui reste d'Auschwitz, édition Rivage poche.
Attitude des alliés[modifier | modifier le code]
  • (en) M. Gilbert, Auschwitz and the Allies, New York, éd. Holt, Rinehart and Winston, 1981
  • (fr) Jan Karski, Mon témoignage devant le monde : Histoire d'un État secret, Paris, éd. Point de mire.
  • André Kaspi, « Fallait-il bombarder Auschwitz ? », dans la revue L'Histoire no 294, janvier 2005
  • W. Laqueur, La Terrifiante nouvelle', Paris, éd. Gallimard, 1981
  • (en) M. J. Neufeld et M. Berenbaum (dir.), The Bombing of Auschwitz. Should the Allies Have Attempted It?, éd. The University Press of Kansas et The United States Holocaust Memorial Museum, 2000 et 2003
  • (en) W. D. Rubenstein, The Myth of Rescue, Londres et New York, éd. Routledge, 1997
  • D. Wyman, L'Abandon des Juifs, Paris, éd. Flammarion, 1987
Transmission de la mémoire[modifier | modifier le code]
  • Giorgo Agamben, Ce qui reste d'Auschwitz, Rivage poche.

Romans, bande dessinée[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Album d'Auschwitz

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Articles généralistes sur cette période
Emplacement et vie du site
Hommages

Liens externes[modifier | modifier le code]

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