Comptabilité

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La comptabilité est une discipline pratique, consistant à schématiser, répertorier et enregistrer les données chiffrées permettant de refléter et de qualifier, pour un agent ou une entité, aussi bien l'ampleur de son activité économique que ses conséquences sur l'inventaire de son patrimoine.

Dans le domaine commercial et administratif cette discipline est mise en œuvre par le comptable ou l'agent-comptable, éventuellement assistés d'experts comptables et de logiciels, bureaux ou agences spécialisés.

Dans le domaine de l'évaluation, dans le domaine non-marchand (ex : services écosystémiques), on parle aussi de comptabilité environnementale, voire de comptabilité universelle (dont en France avec Michel Veillard)[1],[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les traces les plus anciennes de comptabilité datent de la haute-antiquité et notamment de la Mésopotamie ancienne (sur tablette d'argile, papyrus…). Les villes commerçantes italiennes et flamandes jouent un grand rôle dans l'établissement des pratiques occidentales moderne, naissance de la comptabilité en partie double.

La théorie comptable s'est organisée, clarifiée et normée à partir du XIXe siècle, lors de la révolution industrielle, notamment sous l'influence de praticiens tels que Pierre-Antoine Godard-Desmarest [3].

En France, c'est la loi fiscale de 1917 qui a donné une dimension supplémentaire à la comptabilité, dans l'objectif de donner nouveau souffle à l'investissement. Elle autorise un véritable amortissement comptable, permettant de déduire chaque année des bénéfices une fraction des investissements.

Le souverain Hammourabi de Babylone évoque la comptabilité des marchands dans ses lois. Les Incas utilisaient des rubans de couleurs noués pour tenir les comptes ; un nœud par opération, une couleur par produit. Les Romains utilisaient les termes expensa pour les dépenses et accepta pour les recettes. 1494 : le moine italien Luca Pacioli édite à Venise son traité sur la comptabilité en « partie double ». 1581 : en Italie, le collegio des Raxonati est la première société de comptables. 1673 : en France, Jean-Baptiste Colbert impose la tenue de livres comptables. 1807 : code de commerce napoléonien. 1881 : création en France de la société de comptabilité. 1947 : premier plan comptable général en France 1962 : Gilbert Bitsch invente le lettrage conversationnel de qualification des écritures pour son application en comptabilité générale et réalise le premier positionnement des détails du solde des comptes de tiers sur une tabulatrice IBM 421 un outil de mécanographie, puis sur ordinateur IBM 360/40, le 1er janvier 1966. Ce qui a ouvert la comptabilité à l'informatique. 2002 : règlement européen sur l'application des normes comptables internationales aux comptes consolidés des sociétés cotées.

Utilité[modifier | modifier le code]

La comptabilité est le moyen[4] de :

  • connaître le montant et l'origine de « résultats » (économiques notamment) ;
  • aider à vérifier le bien-fondé de décisions prises (à cet égard on peut estimer qu'il s'agit également d'un outil concourant à la gestion, à l'évaluation et à la prévision) ;
  • de suivre au jour le jour le montant de sa caisse (dans le cas d'un commerce, d'une entreprise) ;
  • de connaitre la valeur du patrimoine concerné, son évolution, sa valeur ajoutée, par une comptabilité et l'ampleur des engagements vis-à-vis des tiers (engagements reçus ou donnés).

Les outils de la comptabilité[modifier | modifier le code]

Les outils d’évaluation issus de la comptabilité sont les états financiers c’est à dire le bilan, le compte de résultat, le tableau des emplois et ressources (ou de financement) et les annexes (état annexé).

Bilan[modifier | modifier le code]

Le bilan comptable est une synthèse de la situation financière d'une organisation à une date donnée. Il est une « photographie » du patrimoine de cette organisation qui permet de réaliser une évaluation d'entreprise, et plus précisément de connaître après retraitement le niveau de sa valeur et de sa solvabilité. En d’autres termes, le bilan traduit la situation patrimoniale d’une organisation à la fin de l’exercice comptable (qui correspond généralement à l’exercice civil – du 1er janvier au 31 décembre).

Le mot « bilan » est dérivé du mot « balance » et exprime bien sa substance. D’un côté, il y a les biens de l’organisation (ses actifs), composés par exemple des immeubles dont elle est propriétaire, de son parc de véhicules ou de machines, de ses stocks (matières premières, marchandises), des créances qu'elle possède sur la clientèle, de ses avoirs bancaires, etc. Les actifs ne se composent pas seulement d’éléments matériels : certains avoirs immatériels peuvent également avoir une valeur patrimoniale et se retrouver à l’actif du bilan : les frais de recherche et développement, les licences, les brevets, etc.

De l’autre côté de la balance se retrouvent les sources de financement de l’entreprise (ses passifs). Il s’agit, par exemple, des capitaux propres (capital investi par les actionnaires dans des entreprises, fonds associatifs dans des associations), du capital emprunté auprès d’établissements de crédit, de dettes commerciales, mais aussi de réserves et « bas de laine » constitués en vue de faire face à des dépenses attendues. Par exemple, une organisation qui prévoit une restructuration constituera par prudence des provisions pour faire face aux coûts ultérieurement entraînés par cette restructuration. Au bilan, tous ces actifs et ces passifs sont classés dans des rubriques précises.

Compte de résultat[modifier | modifier le code]

Le compte de résultat est un document comptable synthétisant l'ensemble des charges et des produits d'une organisation pour une période donnée, appelée exercice comptable. Le compte de résultat est donc un document de synthèse, faisant partie des états financiers, et ayant pour fonction d'indiquer la performance de l'organisation. Ce document fourni par différence le résultat net de l’exercice concerné, c'est-à-dire ce que l'entreprise a gagné (bénéfice) ou perdu (perte) au cours de la période, lequel s'inscrit au passif du bilan. Il ne s’agit donc plus d’un patrimoine mais des prestations, des recettes et dépenses effectuées au cours d'une certaine période. Ainsi les charges comprennent par exemple les frais de personnel, les achats de matières premières, les charges d’emprunt. Les produits quant à eux se composent, entre autres, des ventes (chiffre d'affaires), des intérêts générés par les actifs financiers, des plus-values réalisées lors de la vente d’un immeuble, etc.

Une distinction est opérée, dans le compte de résultat, entre le résultat d'exploitation, le résultat financier et le résultat hors exploitation (aussi appelé « Résultat hors activités ordinaires » (HAO) selon l'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires - OHADA). Le résultat d’exploitation et le résultat financier constituent ensemble le résultat de l’activité courante de l’entreprise. Le résultat hors exploitation, en revanche, est étranger à cette activité courante.

Le compte de résultat comporte, dans sa version élaborée, des soldes intermédiaires de gestion décrivant de quelle façon s'est construit le résultat. Il donne une vue d’ensemble des produits et des charges de la période donnée.

Tableau des emplois et des ressources[modifier | modifier le code]

Le tableau des emplois et ressources, aussi appelé tableau de financement, est un outil d'analyse stratégique révélatrice de la politique financière suivie par les dirigeants d'une organisation. Il permet aussi de visualiser les flux de trésorerie au cours de l'exercice. Il fait partie des états financiers annuels obligatoires et retrace les flux financiers de l’organisation durant l’exercice comptable. Il fait apparaître, pour l’exercice, les flux d’investissement et de financement, les autres emplois et ressources financiers et la variation de la trésorerie.

Annexes[modifier | modifier le code]

Les annexes, ou l'état annexé selon l'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires, est en quelque sorte le mode d'emploi et complément nécessaire à la compréhension des autres états financiers dont il est une partie intégrante. Il concourt à donner une image fidèle du patrimoine, de la situation financière et du résultat de l'organisation en indiquant par exemple les modes d'évaluations, l'état des provisions et des amortissements. Dans les annexes, diverses rubriques du bilan et du compte de résultat sont ventilées en détails et expliquées de manière plus approfondie[5].

L’état annexé est également renseigné de toutes autres informations n’ayant pas leur place dans le bilan, le compte de résultat ou le tableau de financement mais dont la connaissance permet de porter une appréciation adéquate sur les états financiers de l’entreprise.

Applications[modifier | modifier le code]

Les applications de la comptabilité sont multiples. Elles ont donné naissance à des domaines et à un vocabulaire très riche, dont :

Références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Veillard (co-auteur de La Comptabilité Universelle, co-animateur du groupe de recherche comptable du Club Développement Durable du Conseil supérieur de l'Ordre des experts comptables (2013) Pour une comptabilité universelle qui prenne en compte les dimensions sociales et environnementales, Conférence donnée pour le Club Économie de la Fonctionnalité et Développement Durable (présentation)
  2. Jacques de Saint-Front, Pauline de Saint-Front, Gérard Schoun, Michel Veillard (2012), Manifeste pour une comptabilité universelle ; Un autre regard / Paris School of Business ; juin 2012 ; ISBN 978-2-296-99183-5 ; 132 p
  3. Nikitin, M. (1992), La naissance de la comptabilité industrielle en France ; thèse d’État, soutenue à l'université de Paris, PDF, 541 pages, en ligne avec Tel.archives-ouvertes.fr
  4. « Initiation à la gestion », par J. Lochard, ICG 1973.
  5. http://www.bceao.int/Centrale-des-Bilans.html

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Archambault, Édith (2003) Comptabilité nationale , Lavoisier 09-2003 ; 56 p
  • (fr) Colasse B. (2005); Comptabilité générale, Ed : Economica ; ISBN 2-7178-5007-4 (résumé)
  • (fr) Colasse B (2000), Encyclopédie de comptabilité, contrôle de gestion et audit, éd : Economica,
  • (fr) de Saint-Front, Jacques., de Saint-Front, Pauline., Schoun Gérard, Veillard Michel (2012), Manifeste pour une compatibilité universelle ; Un autre regard / Paris School of Business ; ; juin 2012 ; ISBN 978-2-296-99183-5 ; 132 p
  • (fr) Nikitin, M. (1992), La naissance de la comptabilité industrielle en France ; thèse d’État, soutenue à l'université de Paris, PDF, 541 pages, en ligne avec Tel.archives-ouvertes.fr
  • (fr) R. de R. (1937) Aux origines d'une technique intellectuelle. La formation et l'expansion de la comptabilité à partie double ; Annales d'histoire économique et sociale ; t. 9, no 45 (1937-05-31), p. 270-298 (résumé avec JSTOR)