Marie-Adélaïde de Savoie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Marie-Adélaïde de Savoie

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

La princesse Marie-Adélaïde de Savoie,
Duchesse de Bourgogne
par Gobert (XVIIIe siècle).

Titres

Dauphine de France

14 avril 171118 février 1712
(10 mois et 4 jours)

Prédécesseur Marie-Anne de Bavière
Successeur Marie-Thérèse d’Espagne

Duchesse de Bourgogne

7 décembre 169718 février 1712
(14 ans, 2 mois et 11 jours)

Prédécesseur Isabelle Claire Eugénie d'Autriche
Successeur Marie-Thérèse d'Autriche (1717-1780)
Biographie
Titulature Princesse de Savoie
Duchesse de Bourgogne
Dauphine de France
Dynastie Maison de Savoie
Nom de naissance Maria Adelaide di Savoia
Naissance 6 décembre 1685
Turin (Savoie)
Décès 12 février 1712 (à 26 ans)
Versailles (France)
Sépulture Nécropole de Saint-Denis
Père Victor-Amédée II de Savoie
Mère Anne-Marie d’Orléans
Conjoint Louis de France, dauphin de France, duc de Bourgogne
Enfant Louis de France : duc de Bretagne
Louis de France : dauphin de France
Louis de France : duc d'Anjou, futur Louis XVRoi de France
Religion Catholicisme romain
alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Dauphines de France

Marie-Adélaïde de Savoie (1685-1712), princesse de Savoie, Duchesse de Bourgogne puis Dauphine de France, est la fille de Victor-Amédée II, duc de Savoie, et d'Anne Marie d'Orléans.

Dauphine de France[modifier | modifier le code]

Marie-Adélaïde de Savoie
Tableau de Jean-Baptiste Santerre (1709).

Petite-fille par sa mère de Monsieur, frère unique du roi, elle épouse en le 7 décembre 1697, en vertu du Traité de Ryswick qui met fin à la Guerre de la Ligue d'Augsbourg, Louis de France (16821712), duc de Bourgogne, puis dauphin de France. Ils eurent trois enfants :

Marie-Adélaïde de Savoie et ses deux enfants le duc de Bretagne et le duc d'Anjou
Marie-Adélaïde de Savoie à l'âge de quinze ans par Pierre Gobert
Mariage du duc et la duchesse de Bourgogne le 7 décembre 1697 à Versailles, tableau d'Antoine Dieu

Son mariage avec le duc de Bourgogne délaissa l'austérité de la Cour pour des festivités fastueuse. Elle fit la conquête du vieux roi Louis XIV, flatté par sa bonne humeur et ses manière, ainsi que de l'épouse secrète de celui-ci, Madame de Maintenon (qu'elle appelait familièrement mais avec adresse « ma tante ») et obtint une place dans la Maison royale de Saint-LouisSaint-Cyr), en suivant les cours avec attention, malgré son attitude de mauvaise élève. Elle séduisit aussi son pieux mari, et lui resta solidaire en tout. Elle respectait aussi son beau-père, le Grand Dauphin, qui n'appréciait guère son fils aîné, le duc de Bourgogne. Bref, elle fut le trait d'union de toute la famille entre 1697 et 1712. Ses maternités malgré quelques fausses-couches raffermirent sa position à la Cour, et chacun voyait en elle une future reine.

Elle aimait la fête, la chasse, les plaisirs, mais se souciait beaucoup des autres. En 1700, elle assiste au mariage de Pierre de Montesquiou d'Artagnan, au Plessis-Picquet. Son mari lui vouait un amour violent et passionné, peu payé en retour : la princesse écoutait son mari, le soutenait contre leurs ennemis de la "clique de Meudon" (le Grand Dauphin et ses demi-sœurs, la duchesse de Bourbon et la princesse de Conti, toutes deux filles légitimées de Louis XIV). Ainsi en 1708, vola-t-elle au secours de son époux, calomnié pour son peu de courage militaire… Celui qu'elle admirait, c'était le roi.[réf. nécessaire]

En tant que dauphine de France, et étant donné que la reine Marie-Thérèse était morte depuis plus de 20 ans, Marie-Adélaïde tint durant tout le temps ou elle fut dauphine le rôle de reine. À ce titre elle vivait dans l'ancien appartement de Marie Thérese et étant la femme la plus haut placé de la cour, l'étiquette lui accordait de nombreux avantages qu'une simple dauphine n'aurait pas eu.[réf. nécessaire]

Turbulente et parfois cruelle, jouant à l'enfant, fut-elle réellement heureuse, dans un pays en guerre contre son pays natal (le duc de Savoie avait encore une fois renversé ses alliances au gré de ses intérêts), dans une Cour déchirée par les intrigues, dans une famille où flambait la haine ? Nul ne le saura, puisqu'elle mourut à 27 ans, le 12 février 1712, d'une rougeole épidémique qui emporta également son mari 6 jours après elle, et leur fils, le duc de Bretagne, un mois plus tard.

Son cœur fut porté à la chapelle Sainte-Anne (nommée la « chapelle des cœurs » renfermant les cœurs embaumés de 45 rois et reines de France) de l'église du Val-de-Grâce. En 1793, lors de la profanation de cette chapelle, l'architecte Louis-François Petit-Radel s'empara de l'urne reliquaire en vermeil contenant son cœur, le vendit ou l'échangea contre des tableaux à des peintres qui recherchaient la substance issue de l'embaumement ou « mummie » – très rare et hors de prix – alors réputée, une fois mêlée à de l'huile, donner un glacis incomparable aux tableaux[1].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Marie-Adélaïde Duchesse de Bourgogne
Blason Blasonnement :
Écartelé, en I contre-écartelé au 1 d’argent à la croix potencée d’or cantonné de quatre croisettes de même, en 2 burelé d’azur et d’argent de dix pièces au lion de gueules armé lampassé et couronné d’or brochant sur le tout, au 3 d’or au lion de gueules armé lampassé et couronné d’azur et au 4 d’argent au lion de gueules armé lampassé et couronné d’or en II grand-quartier parti au 1 de gueules au cheval effrayé d’argent, au 2 fascé d’or et de sable de huit pièces au cancrelin de sinople posée en bande brochant sur le tout et enté en pointe d’argent à trois bouterolles au bout d’épée faites en croissant de gueules malordonnées, en III grand-quartier parti en 1 d’argent semé de billettes de sable au lion de même brochant sur le tout et en 2 de sable au lion d’argent, en IV grand-quartier parti en 1 à cinq point d’or équipolé à quatre points d’azur au 2 d’argent au chef de gueules ; sur le tout de gueules à la croix d’argent.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Marie-Adélaïde Duchesse de Bourgogne
  • Adrien Maurice de Noailles, Lettres inédites de Marie-Adélaïde de Savoye, duchesse de Bourgogne, précédées d'une notice sur sa vie (1850)
  • Louise de Cléron, Souvenirs d'une Demoiselle d'honneur de Mme la Duchesse de Bourgogne, Paris, Michel Lévy, 1861. Écrit sous le pseudonyme de Fiorenza Orsini, cette biographie livre une part de l'intimité de la duchesse. (Attention : cet écrit est considéré par certains historiens comme apocryphe.)
  • Simone Bertière, Les Femmes du Roi-Soleil, Éditions de Fallois, 1998, ISBN 2-253-14712-5
  • Yvonne Brunel, Marie-Adélaïde de Savoie, duchesse de Bourgogne, 1685-1712, préface de Pierre Breillat conservateur en chef à la Bibliothèque de la Ville de Versailles, Paris, Beauchesne, 1974.
  • Antonia Fraser, Les femmes dans la vie de Louis XIV, 2007
  • Sabine Melchior-Bonnet, Louis et Marie-Adélaïde de Bourgogne, la vertu et la grâce, Robert Lafont, 2002
  • Annie Jay, Adélaïde, princesse espiègle, Éveil et Découvertes, 2010 (roman pour la jeunesse)
  • Anne-Marie Desplat-Duc, "Les Colombes du Roi-Soleil tome 12 : Victoire et la Princesse de Savoie", Flammarion, 2013(roman pour la jeunesse)
  • Annie Pietri, "Le sourire de Marie-Adélaïde", Bayard, 2014 (roman)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Marie-Adélaïde de Savoie » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)

  1. André Castelot, L'Histoire insolite, Paris, Perrin,‎ 1982, 427 p. (ISBN 2-262-00248-7), p. 171

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :