Jean-Baptiste Jourdan

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Jean-Baptiste Jourdan
Le maréchal Jean-Baptiste Jourdan (peinture d'école française).
Le maréchal Jean-Baptiste Jourdan (peinture d'école française).

Surnom « Le Vainqueur de Fleurus »
« Le Père-conscrit »
Naissance 29 avril 1762
Limoges
Décès 23 novembre 1833 (à 71 ans)
Paris
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Drapeau du Royaume de Naples Royaume de Naples
Drapeau de l'Espagne Royaume d'Espagne
Drapeau de l'Empire français Empire français
Royaume de France Royaume de France
Drapeau de l'Empire français pendant les Cent-Jours Empire français (Cent-Jours)
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Arme Cavalerie
Infanterie
Grade Général de division
Maréchal d'Empire
Années de service 17781813
Conflits Guerre d'indépendance des États-Unis
Guerres de la Révolution
Commandement Armée de la Moselle
Armée de Sambre-et-Meuse
Armée du Danube
Armée d'Italie
Faits d'armes Bataille de Jemmapes
Bataille de Neerwinden
Bataille d'Hondschoote
bataille de Wattignies
bataille de Fleurus
Bataille de Sprimont
Bataille de Vitoria
Distinctions Grand-croix de la Légion d'honneur
Chevalier de Saint-Louis
Commandeur de l'Ordre du Saint-Esprit
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile (3e colonne)
Autres fonctions Membre du Conseil des Cinq-Cents
Pair de France
Voir la section « Autres fonctions »

Jean-Baptiste, comte Jourdan, né le 29 avril 1762 à Limoges, dans la Haute-Vienne et mort le 23 novembre 1833 à Paris, est un militaire français, qui commence sa carrière sous l'Ancien Régime, participe avec le marquis de La Fayette à la guerre d'indépendance des États-Unis et devient un brillant général de la Révolution, vainqueur notamment de la bataille de Fleurus (26 juin 1794). En 1798, il fait par ailleurs voter la loi Jourdan-Delbrel qui met en place la conscription. Il est élevé à la dignité de maréchal d'Empire en 1804 mais, tenu à l'écart par Napoléon Ier en raison de son attachement aux valeurs de la République (tout comme Guillaume Brune), Jourdan n'obtiendra jamais de titre ducal et ne recevra aucune pension ou dotation autre que sa solde de maréchal. Nommé chef d'état-major du roi Joseph à Naples puis major général des armées en Espagne, ses décisions sont sans cesse contestées ou ignorées par les autres maréchaux, et n'a de fait aucun pouvoir réel. Après la chute de l'Empire, il se rallie aux Bourbons et meurt du choléra en 1833.

À Sainte-Hélène, l'Empereur rendra hommage à son ancien subordonné : « En voilà un que j'ai fort maltraité assurément. Rien de plus naturel sans doute que de penser qu'il eût dû m'en vouloir beaucoup. Eh bien, j'ai appris avec un vrai plaisir, qu'après ma chute, il est demeuré constamment bien. Il a montré là cette élévation d'âme qui honore et classe les gens. Du reste, c'est un vrai patriote ; c'est une réponse à bien des choses. »

Biographie[modifier | modifier le code]

La maison natale de Jourdan, à Limoges.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Fils de M. Roch Jourdan, maître-chirurgien à Meyrargues et Limoges, il est d'abord commis en soieries chez un de ses oncles à Lyon[1] ; puis il s'engage en 1778 comme simple soldat et rejoint l'île de Ré où, après un entraînement de huit mois, il incorpore le régiment d'Auxerrois qui combattait dans campagne d'Amérique[2]. Après avoir participé aux opérations de cette campagne et notamment au siège de Savannah (1779), il est réformé en 1784 et revient à Limoges où il se marie et s'établit comme mercier en 1788[3].

Ayant adhéré avec enthousiasme aux idées révolutionnaires et du fait de son expérience militaire, il devient capitaine d'une compagnie de chasseurs de la Garde nationale en 1790[4]. En 1791, il est chargé de l'organisation des volontaires de la Haute-Vienne et est élu lieutenant-colonel du 2e bataillon qu'il conduit à l'armée du Nord[5].

Combats au sein de l'armée du Nord[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Jourdan en uniforme de général de la Révolution.

Il fait la campagne de Belgique sous Dumouriez. Avec l'armée du Nord, il participe aux batailles de Jemmapes (6 novembre 1792) et de Neerwinden (18 mars 1793)[6].

Il se distingue notamment aux environs de Namur, lors de la retraite de l'armée. Le 27 mai 1793, il est élevé au grade de général de brigade, et à celui de général de division le 30 juillet suivant. Il commande à la bataille d'Hondschoote, où il est blessé en enlevant les retranchements ennemis à la tête de ses troupes. Le 26 septembre, il remplace Houchard au commandement de l'armée. Il est bientôt commandant de l’armée des Ardennes, puis de l'armée du Nord et bat le prince de Cobourg à Wattignies (15-16 octobre 1793), disputée avec acharnement dans un combat de 48 heures, et le força à lever le blocus de Maubeuge. De nouvelles recherches de l'historien régional Henri Fremaux de Aix Noulette permettent de mettre en lumière le rôle décisif du principal général sous les ordres de Jourdan, le jeune général Florent Joseph Duquesnoy, qui désobéit aux ordres reçus pour pouvoir s'approcher de la colline de Wattignies contrairement aux deux autres généraux qui sacrifient leurs troupes dans des manœuvres maladroites. C'est Duquesnoy qui lance ses hommes le matin du 16 octobre, poussant les nouveaux canons de Gribeauval sur une pente jugée inaccessible par les Autrichiens. Ce faisant, il prend le camp retranché de Wattignies et est en mesure de tourner tous les canons vers les lignes autrichiennes qui se trouvent prises en tenaille. Clerfayt n'a d'autre solution que de fuir vers le nord et repasser la Sambre. Duquesnoy, considéré à l'époque comme le vrai vainqueur de Wattignies, est pour cette raison nommé commandant en chef des armées du nord en lieu et place de Jourdan.

Destitué de ses fonctions[modifier | modifier le code]

Voulant prendre l'offensive, le Comité de salut public appelle Jourdan à Paris. Celui-ci fait valoir que l'armée n'est composée que de nouvelles recrues, la plupart sans armes ni habits, et qu'il vaut mieux passer l'hiver sur la défensive, pour être en état d'attaquer au printemps. Ses plans sont adoptés, mais sa réticence n'est pas oubliée, et dès que les troupes sont en état d'agir, il est remplacé par Jean-Charles Pichegru.

Le Comité de salut public prend même un arrêté par lequel il ordonne la destitution et l'arrestation du général Jourdan, mais des représentants du peuple près de l'armée prennent sa défense, et le Comité se borne de proposer à Barère de le mettre à la retraite. Destitué en janvier 1794, il reprend son commerce à Limoges.

Retour à l'armée[modifier | modifier le code]

Lors de la bataille de Fleurus, Jourdan remporte une victoire éclatante sur les Autrichiens.

Bientôt, cependant, il est employé de nouveau et obtient le commandement de l'armée de la Moselle. Il ouvre la campagne de 1794 par le combat d'Arlon, où les Autrichiens, forts de 16 000 hommes, sont complètement battus. Il reçoit ensuite l'ordre de traverser les Ardennes et de réunir 40 000 hommes devant Charleroi et l'aile droite de l'Armée du Nord, ce qu'il exécute avec habileté. Ses troupes reçoivent le nom d'Armée de Sambre-et-Meuse.

Jourdan passe la Sambre et remporte la victoire décisive de Fleurus (26 juin 1794), permettant à la France révolutionnaire d'annexer la Belgique. Pour la première fois sur un champ de bataille, un ballon captif informe Jourdan des mouvements et des attaques de l'armée autrichienne, ce dernier pouvant alors concentrer ses canons sur le point menacé[7]. Le « vainqueur de Fleurus » gagne ensuite la bataille de l'Ourthe et d'Aywaille le 18 septembre, et celle de La Roèr le 2 octobre suivant. Il bat l'ennemi dans plusieurs combats, reprend les places de Landrecies, Le Quesnoy, Valenciennes et Condé, fait la conquête de celles de Charleroi, Namur, Juliers et Maestricht, et plante ses drapeaux sur le Rhin depuis Clèves jusqu'à Coblentz. Il est néanmoins battu par l'archiduc Charles à Würzbourg le 3 septembre 1796. Le même mois, Jourdan quitte l'armée de Sambre-et-Meuse où il est remplacé par le général Hoche[8].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Jourdan (gravure tirée de l'« Album du Centenaire »).

Jourdan ayant quitté le commandement de l'armée est nommé en mars 1797, par le département de la Haute-Vienne, au conseil des Cinq-Cents[8]. Le 23 septembre, il est élu président, et le 21 janvier 1798 secrétaire. Réélu président le 24 septembre, il donne sa démission en octobre, annonçant que le Directoire le destine au commandement des armées.

Dans l'exercice de ses fonctions législatives, il fait adopter la loi sur la conscription du 5 septembre 1798, qui rend le service militaire obligatoire pour les hommes de vingt à vingt-cinq ans. Ces derniers sont répartis selon leur âge en cinq classes appelées successivement à la guerre. Cette loi, rédigé par Jourdan conjointement avec le député Pierre Delbrel, prend le nom de loi Jourdan-Delbrel.

Passage à l'armée du Danube[modifier | modifier le code]

Général de l'armée autrichienne, l'archiduc Charles bat Jourdan à Ostrach et Stockach, forçant l'armée française à repasser le Rhin (peinture de Johann Seele, 1800).

En 1798, il est nommé commandant de l'armée du Danube. Il prend possession de la forteresse de Luxembourg qui capitule. En septembre, il passe le Rhin de vive force, en présence d'un corps de 20 000 Autrichiens et s'empare de Dusseldorf. L'armée de Clerfayt réunie sur la Lahn n'ose pas courir le risque d'une bataille et se replie au-delà du Main. Jourdan la poursuit, prend position entre Mayence et Höchst, où passe la ligne de neutralité convenue avec la Prusse.

Pichegru, qui a traversé le Rhin à Mannheim, et aurait dû s'avancer avec la majeure partie de ses forces sur le Main pour couper la retraite à Clerfayt et opérer sa jonction avec l'Armée de Sambre-et-Meuse, se borne à porter sur Heidelberg un corps de 10 000 hommes, qui est complètement battu en quelques jours. Clairfayt, rassuré par l'inaction de Pichegru, tire des renforts de l'armée autrichienne du Haut-Rhin, franchit la ligne de neutralité au-dessus de Francfort, et manœuvre pour envelopper l'Armée de Sambre-et-Meuse entre la Lahn, le Main et le Rhin.

Ces circonstances contraignent Jourdan à la retraite. Peu après, ayant forcé les lignes de Mayence, Jourdan marche au secours de l'Armée de Rhin-et-Moselle. Après une courte mais brillante campagne dans le Hunsrück, il convint d'un armistice, et la guerre ne reprend qu'au printemps suivant. Il passe alors de nouveau le Rhin, force le général Wartensleben à battre en retraite, s'empare de Francfort et de Wurtzbourg et se porte sur Ratisbonne. Attaqué par l'archiduc Charles Louis d'Autriche qui recule devant Moreau et vient au secours de Wartensleben avec 40 000 hommes, il se replie sur le Rhin. Sa retraite est surtout causée par les mauvaises consignes donnée aux armées par le gouvernement, et par le parti-pris de Moreau qui préfère une victoire facile sur le Lech au lieu de poursuivre l'archiduc Charles.

Face à l'archiduc Charles[modifier | modifier le code]

Par ses prétentions exagérées à Rastadt, et ses entreprises en Italie et en Suisse, le Directoire, qui arme toute l'Europe contre lui, néglige néanmoins de lever des armées capables de tenir tête à l'orage, et ouvre les hostilités avant d'avoir réuni tous les moyens dont il dispose. Lorsque l'Armée du Danube, commandée par Jourdan, franchit le Rhin le 1er mars 1799 et entre en Souabe, elle ne compte que 38 000 hommes et ne tarde pas à se trouver en présence de l'archiduc Charles qui réunit, lui, plus de 65 000 hommes sous ses ordres. Il est battu à Ostrach le 21 mars 1799 et Stockach le 25 mars 1799[note 1]. L'avantage remporté n'est pas été aussi considérable que l'espérait Jourdan, il continue sa retraite et se porte vers les débouchés de la Forêt-Noire. Le général Moreau doit alors effectuer une retraite célèbre, et Jourdan est disgracié. Le 10 avril, il est remplacé par André Masséna.

Le 14 juillet 1799, pour l'anniversaire de la prise de la Bastille, le général Jourdan porte un toast « à la résurrection des piques »[9]. La même année, il achète le château du Coudray (dans l'actuel département de l'Essonne)[10].

Le Consulat[modifier | modifier le code]

Réélu au Conseil des Cinq-Cents en mai 1799, il tente en vain de s'opposer au coup d'État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799). Parce qu'il ne marche pas sous la bannière du général Bonaparte, il est exclu du corps législatif, et momentanément condamné à être détenu dans la Charente-Inférieure. Le général Lefebvre s'interpose et plaide la cause de Jourdan devant Napoléon[8]. Ce dernier le nomme alors le 21 janvier 1800 inspecteur général de l'infanterie et de la cavalerie[8],[11], puis ambassadeur en république cisalpine[8],[12], administrateur général du Piémont[13], conseiller d'État (1802)[14]. En janvier 1804, élu candidat au Sénat conservateur par le collège électoral de la Haute-Vienne, il est appelé au commandement en chef de l'armée d'Italie en remplacement de Joachim Murat[15].

Maréchal d'Empire[modifier | modifier le code]

Le maréchal Jean-Baptiste Jourdan (tableau d'Eugène-Louis Charpentier).

Le 19 mai 1804, il est toujours en Italie lorsqu'il apprend son élévation à la dignité de maréchal d'Empire (quatrième dans l'ordre des préséances)[16] et escorte à ce titre le carrosse de l'Empereur lors de la cérémonie du Sacre[17]. Cette dignité tient plus du désir de l'Empereur de rallier autour de lui les officiers jacobins que de ses réels talents militaires[8].

« Le général Jourdan était très brave un jour de combat, en face de l'ennemi et au milieu du feu ; mais il n'avait pas le courage de tête au milieu du calme de la nuit, à deux heures du matin. Il ne manquait pas de pénétration, de facultés intellectuelles, mais il était sans résolution et imbu des plus faux principes de la guerre[18]. »

— Napoléon Ier à Sainte-Hélène

Il est fait grand aigle de la Légion d'honneur le 2 février 1805[17]. En juin 1805, il reçoit l'ordre de Saint-Hubert de Bavière, et le nouveau gouverneur de Lombardie commande les manœuvres du camp de Castiglione, lors du couronnement de Napoléon, comme roi d'Italie[19]. Remplacé à l'armée par Masséna au moment où la guerre éclate, il se plaint amèrement à l'Empereur, et en 1806 est envoyé à Naples en qualité de gouverneur de cette ville, où il se lie d'amitié avec le roi Joseph. L'invasion de la Sicile sous les ordres du maréchal est envisagée mais l'idée est finalement abandonnée[20]. Le souverain, apprenant qu'il devenait roi d'Espagne, décore Jourdan de l'ordre des Deux-Siciles auquel s'ajoutent 300 000 ducats[21].

Chef d'état-major du roi Joseph[modifier | modifier le code]

En 1808, il passe en Espagne en qualité de major général sous le roi Joseph qu'il suit constamment à titre de conseiller militaire. Ses ordres se heurtent toutefois à l'hostilité des autres maréchaux, qui commandent indépendamment les uns des autres[18],[22]. Pour ne rien arranger, Joseph, pourtant étranger aux affaires militaires, désire parfois commander en chef, ce qui aboutit à des conséquences néfastes[18]. C'est dans ces conditions difficiles que Jourdan s'attelle à sa tâche : sa première préoccupation est alors l'armée anglo-espagnole des généraux Wellesley et Cuesta, qui viennent de repousser Soult au Portugal[23]. Jourdan parvient à convaincre le roi de laisser s'avancer les soldats adverses vers Madrid, pour les encercler avec l'aide des troupes de Soult arrivant du nord[24]. Le jour de la bataille de Talavera, les directives du major général sont malheureusement bafouées par l'impatience du maréchal Victor qui obtient de Joseph l'autorisation d'attaquer les Anglais retranchés sur une colline[25]. Après avoir résisté pendant trois jours aux assauts français, Wellesley se retire, échappant à la destruction[26].

Dégoûté d'avoir l'apparence du commandement sans la réalité, Jourdan sollicite son rappel qu'il obtient en octobre 1809, et se retire dans sa terre du Coudray (Seine-et-Oise). Il vit au sein de sa famille lorsque l'Empereur, déterminé à faire la guerre à la Russie, lui ordonne en 1811 de retourner en Espagne avec sa première qualité, répondant ainsi à la requête de son frère dont la mésentente avec Soult est flagrante[27]. C'est pendant cette seconde période qu'a lieu la retraite de Madrid où il était gouverneur depuis le 11 juillet 1811 et qu'est donnée la bataille de Vitoria. Joseph, qui désire affronter l'ennemi, ignore Jourdan qui lui conseille d'attendre des renforts et d'envoyer le convoi transportant sa cour et son trésor vers la France[28]. Le maréchal, malade, ne peut assurer aucun commandement lors du combat[28], qui s'achève en défaite pour les troupes françaises. Jourdan perd son bâton de maréchal lorsque la voiture du roi est attaquée par les Anglais[29]. À Napoléon qui fait peser sur lui l'entière responsabilité de la défaite, il demande sa mise à la retraite[30].

On a longtemps imputé au maréchal Jourdan le mauvais succès de cette journée, mais il n'y commande ni de droit ni de fait, et ses conseils éprouvent de nombreuses contradictions.

Chute de l'Empire et Restauration[modifier | modifier le code]

Après la bataille de Vitoria, il rentre en France et reste sans activité jusqu'à l'année suivante, où il est néanmoins nommé à la tête de la 19e division militaire, commandement qui est confirmé à la Restauration[18].

Le 3 avril 1814, il envoie de Rocou son adhésion à tous les actes du gouvernement provisoire, est créé chevalier de Saint-Louis le 2 juin, et se retire à la campagne après le 26 mars 1815. Napoléon l'appelle à la Chambre des pairs au mois de juin[31] et l'envoie à Besançon en qualité de gouverneur de cette place et de la 6e division militaire[18],[32]. Sous la seconde Restauration, il se rallie à nouveau à la monarchie. Il préside le conseil de guerre qui doit juger le maréchal Ney, et qui se déclare incompétent. Il refuse par la suite la présidence du nouveau tribunal qui doit juger et condamner son ancien frère d'armes. En 1817, il est nommé gouverneur de la 7e division militaire, et le 5 mars 1819 le roi l'appelle à la Chambre des pairs après l'avoir créé comte (majorat non constitué). À la chambre haute, il se montre le défenseur des libertés octroyées par la Charte de 1814 et vote avec le parti constitutionnel. Lors de la révolution de 1830, il est ministre des Affaires Étrangères[6]. Il est ensuite nommé gouverneur des Invalides[6]. Il meurt à Paris le 23 novembre 1833.

Les obsèques du maréchal eurent lieu à l'église des Invalides et ses restes furent déposés dans les caveaux de l'Hôtel.

Les papiers personnels de Jean-Baptiste Jourdan sont conservés aux Archives nationales sous la cote 194AP[33].

Titres[modifier | modifier le code]

Toute sa vie, Jourdan aura espéré, en vain, le titre de « duc de Fleurus », mais Napoléon se méfiait de ce général républicain auréolé de sa victoire de Fleurus. L’Empereur fait remarquer à Lannes au sujet de ce titre convoité par Jourdan :

« qu’il [Jourdan] aurait un titre plus beau que le mien car je n’ai jamais remporté une victoire ayant sauvé la France[36] »

.

Décorations[modifier | modifier le code]

Statue du maréchal Jourdan à Limoges.

Hommage, honneurs et mentions,…[modifier | modifier le code]

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Jourdan épouse, le 22 janvier 1788 à Limoges, Jeanne Nicolas (morte le 9 octobre 1840 à Limoges) dont il a cinq filles[6] :

  • Angélique Catherine (1791-7 mars 1879 à Naples)
  • Camille (morte en 1842)
  • Jeanne Madeleine Delphine (1797-1839)
  • Sophie Catherine (morte en 1820)
  • Nina (1800-1833)

Camille se marie en 1808 avec Paul Félix Ferri-Pisani, comte de Saint-Anastace et de l'Empire[38],[note 2].

Delphine épouse en 1815 Jean-Joseph Pougeard du Limbert (1786-1848), général de brigade et député de la Charente[39].

Armoiries[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Jourdan ne semble pas avoir reçu de blason, toutefois, le maréchal utilisait un blason directement construit autour de son monogramme[34].

Image Noms et blasonnement
Blason Jean Baptiste Jourdan (1762-1833).svg Sous le Premier Empire :

D'azur, aux lettres JBJ enlacées d'or ; à la bordure d'argent, besantée de sable[34],[35].

Orn ext maréchal-comte et pair OSE.svg
Blason Jean Baptiste Jourdan (1762-1833) (Restauration).svg
Sous la Restauration française, membre de la Chambre des pairs, chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit,

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les hostilités commencèrent le 20 mars. Le lendemain, trois divisions françaises soutinrent à Ostrach, contre toute l'armée autrichienne, le combat le plus opiniâtre, et n'abandonnèrent leur position qu'après avoir fait éprouver une perte considérable aux ennemis. Jourdan, convaincu qu'en persistant à lutter contre des forces aussi supérieures, il compromettrait son armée, prit la détermination de se rapprocher du Rhin, dans l'espérance d'y recevoir les secours dont il avait besoin pour reprendre l'offensive. Il fit sa retraite en bon ordre et fut suivi mollement par l'archiduc. S'étant aperçu le 24 que ce prince avait mal disposé ses troupes aux environs de Stokach, il espéra que cette circonstance balancerait la disproportion de ses forces avec celles de ses adversaires ; il attaqua donc l'archiduc le lendemain à Liebtingen, lui fit 4 000 prisonniers, prit 2 pièces de canon, coucha sur le champ de bataille et y séjourna le jour suivant.
  2. L'aîné de ses petits-enfants fut autorisé à prendre le nom de Ferri-Pisani-Jourdan par ordonnance du 29 août 1834.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Hulot 2010, p. 29
  2. Hulot 2010, p. 34
  3. Hulot 2010, p. 38 et 41
  4. Hulot 2010, p. 47
  5. Hulot 2010, p. 50 et 54
  6. a, b, c et d Capelle et Demory 2008, p. 21
  7. Guy 2012, p. 81
  8. a, b, c, d, e et f Capelle et Demory 2008, p. 22
  9. Soboul 1962, p. 456
  10. Hulot 2010, p. 160
  11. Hulot 2010, p. 172
  12. Hulot 2010, p. 174
  13. Hulot 2010, p. 180
  14. Hulot 2010, p. 184 et 185
  15. Hulot 2010, p. 186 et 188
  16. Hulot 2010, p. 192
  17. a et b Hulot 2010, p. 194
  18. a, b, c, d et e Capelle et Demory 2008, p. 27
  19. Hulot 2010, p. 196
  20. Valentin 1956, p. 322
  21. Hulot 2010, p. 213
  22. Hulot 2010, p. 218
  23. Hulot 2010, p. 222
  24. Hulot 2010, p. 224
  25. Hulot 2010, p. 229
  26. Hulot 2010, p. 231
  27. Hulot 2010, p. 236
  28. a et b Hulot 2010, p. 253
  29. Hulot 2010, p. 255
  30. Hulot 2010, p. 257
  31. Hulot 2010, p. 268
  32. Hulot 2010, p. 269
  33. Archives nationales
  34. a, b et c Source : www.heraldique-europeenne.org
  35. a et b Source : Armory of the French Hereditary Peerage (1814-30) sur www.heraldica.org
  36. Hulot 2010, p. 212
  37. Almanach impérial, Testu,‎ 1811 (lire en ligne)
  38. Valynseele 1957, p. 71
  39. Valynseele 1957, p. 116

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Jean-Baptiste Jourdan », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850,‎ 1852 [détail de l’édition] ;
  • « Jean-Baptiste Jourdan », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français,‎ 1889 [détail de l’édition]  ;
  • Frédéric Hulot, Le Maréchal Jourdan, Pygmalion,‎ 2010, 333 p. (ISBN 9782756402994).
  • Béatrice Capelle et Jean-Claude Demory, Maréchaux d'Empire, E/P/A,‎ 2008, 287 p. (ISBN 978-2-85120-698-5), « Jourdan, le maréchal non anobli ».
  • René Valentin, Le Maréchal Jourdan (1762-1833), Paris, Charles-Lavauzelle et cie,‎ 1956.
  • Joseph Valynseele, Les maréchaux du Premier Empire, leur famille et leur descendance, Paris et La Roche-sur-Yon, Imprimerie centrale de l'Ouest,‎ 1957.
  • Pascal Guy, « Ballons : la République met un œil dans le ciel », Guerres & Histoire, no 5,‎ février 2012, p. 80-84 (ISSN 2115-967X)
  • Albert Soboul, Précis d'histoire de la Révolution française, Paris, Éditions Sociales,‎ 1962, 530 p.