Luigi Boccherini

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Luigi Boccherini

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Luigi Boccherini joue son Stradivarius, vers 1765
(Artiste inconnu, école italienne - National Gallery of Victoria, Melbourne, Australie)

Nom de naissance Ridolfo Luigi Boccherini
Naissance 19 février 1743
Lucques, Drapeau de la République de Lucques République de Lucques
Décès 28 mai 1805 (à 62 ans)
Madrid, Drapeau de l'Espagne Royaume d'Espagne
Activité principale Compositeur, violoncelliste
Style Classique
Lieux d'activité Lucques (1756),
Vienne (1757-1764),
Italie (1764-1767)
Paris (1767-1768),
Espagne (1768-1805)
Années d'activité 17561805
Maîtres Abbé Domenico Francesco Vannucci, Giovanni Battista Costanzi
Famille Giovanni Gastone (frère), Onorato Viganò (beau-frère)

Œuvres principales

Signature de Boccherini

(Ridolfo) Luigi Boccherini (* 19 février 1743 à Lucques en Toscane – † 28 mai 1805 à Madrid, en Espagne), compositeur et violoncelliste italien de la période classique.

12 ans après J. Haydn (1732-1809), il a 13 ans à la naissance de Mozart (1756). Après le début d'une carrière itinérante à Vienne, dans son Italie natale et à Paris, il sert la cour espagnole ou la noblesse pendant près de 37 ans.

Boccherini contribua au développement du quatuor à cordes comme nouveau genre musical ainsi qu'à la composition de nombreuses œuvres de musique de chambre dans des formations jusqu'alors inédites : quintette à cordes avec deux violoncelles, quintette avec piano ou encore sextuor à cordes. Son catalogue recense quelques 580 œuvres parmi lesquelles se comptent en quantité, symphonies, concertos pour violoncelle et orchestre et musique sacrée.

Un des très rares virtuoses du violoncelle de son temps[1], Boccherini le « fit apprécier et l'imposa définitivement[2] », en France, à la fin des années 1760.

Biographie[modifier | modifier le code]

Place San Martino de Lucques, toile de Bernardo Bellotto
La place San Martino de Lucques vers 1746. Au fond la Cathédrale Saint-Martin. Peinture de Bernardo Bellotto (1721–1780).

Luigi est issu de l'union de Leopoldo Boccherini (1713–1766) et de Maria Santa Prosperi (1709–1776), originaires de Lucques (Lucca en italien) mariés le 22 octobre 1737. Sans être riche, la famille est assez aisée pour avoir sa tribune louée au théâtre municipal[3]. Son père, Leopoldo, est le premier membre de la famille à vivre exclusivement de son activité musicale. S'il chante et joue du violoncelle, il est surtout excellent contrebassiste, employé à la Cappella Palatina depuis 1747[4], l'orchestre municipal de la cité-État de Lucques. La petite ville fortifiée est située à cinquante kilomètres de Florence et à proximité de Pise. Vers 1760, sa population est estimée à un peu plus de 20 000 habitants[5].

Luigi est le quatrième[Note 1],[6],[7],[8] enfant d'une fratrie de six. Trois jours après sa naissance, il est baptisé sous les noms Ridolfo Luigi — mais n'a jamais utilisé son premier prénom[3].

Le frère et les sœurs de Luigi sont tous artistes[9] :

  • Giovanni Gastone (1742–après 1798), son frère aîné, commence une carrière de danseur à Vienne dès 1756[4] et se produit également comme violoniste et chanteur avant de devenir le librettiste de plusieurs compositeurs d'opéras tels qu'Antonio Salieri, Florian Gassmann, Giovanni Paisiello et Joseph Haydn pour le livret de l'oratorio, Il ritorno di Tobia (1775).
  • Maria Ester (1740–?), sa sœur, première ballerine qui connaît le succès à Vienne, Bologne, Venise et Florence. Elle épouse le célèbre danseur et chorégraphe espagnol Onorato Viganò[Note 2]. Leur fils, prénommé Salvatore (1769–1821) les surpasse en renommée et en talent, dans le domaine de la danse et de la chorégraphie : il produit notamment la chorégraphie pour le ballet Les Créatures de Prométhée de Beethoven.
  • Anna Matilde (1746–?) est également danseuse, mais nous savons peu de choses sur elle, si ce n'est qu'elle est à Vienne en 1763, avec sa mère, sa sœur Maria Ester et son frère Giovanni Gastone ; par la suite elle se marie avec un certain Navarro.
  • Riccarda Gonzaga (1748–1780), enfin, est cantatrice. Elle débute comme Seconda Donna au Teatro del Cocomero à Florence, avec sa sœur Maria Ester, avant de se fixer, elle aussi, en Espagne.

Formation[modifier | modifier le code]

Boccherini passe son enfance à Lucques et montre très tôt beaucoup d'intérêt pour la musique et particulièrement pour le violoncelle. On suppose que son père lui donne ses premières leçons dès 5 ans. Enthousiasmé par ses dispositions précoces, en tout cas, en 1751[4] il confie l'enfant au violoncelliste et maître de chapelle à la cathédrale San Martino de Lucques, l'abbé Domenico Francesco Vannucci (c.1718–1775). Petit soprano, il chante dans les églises de Lucques et lors de la saison d'opéra, dans le chœur.

C'est peut-être Vannucci qui recommande l'enfant à l'un des plus prestigieux violoncelliste de Rome, Giovanni Battista Costanzi, car dès novembre 1753, accompagné de son père et jusque mai ou juin 1754[10] âgé d'à peine dix ans, il étudie à Rome auprès de l'éminent compositeur Giovanni Battista Costanzi (1704–1778) : son jeu lui valant le surnom de « Giovannino del Violoncello[11] ». En tant que maître de chapelle à la Cappella Giulia de Saint-Pierre, c'est lui qui l'initie à la composition. Boccherini se familiarise avec l'œuvre de Palestrina et d'Allegri dont le célèbre Miserere qui fit une très forte impression sur le jeune homme, mais aussi Corelli, dont les partitions étaient « largement utilisées comme matériau pédagogique au XVIIIe siècle (Peter Holman) » – dont on retrouve l'hommage plus tardif dans une sonate pour violoncelle[Note 3],[12]. On ne sait rien de la durée de cet enseignement[4] romain, ni de sa vie après son retour à Lucques. Jusqu'à ce que Luigi donne son premier concert à l'église San Romano. Il a 13 ans et y interprète un concerto pour violoncelle (4 août 1756).

Un musicien important semble suivre le parcours du jeune Luigi. Il s'agit de Giacomo Puccini[13] (1712–1781) – ancêtre du célèbre compositeur d'opéra homonyme du XXe siècle. Puccini appartient à une dynastie de musiciens de Lucques, qui joue un rôle notable pendant six générations. C'est le musicien le plus important et le plus actif de la ville : il cumule les fonctions de maître de chapelle du palais depuis 1739, d'organiste à San Martino (1740), compositeur et responsable de la musique liturgique des autres églises de Lucques[5]. C'est grâce à lui que le mois suivant le premier concert, Boccherini se produit à l'occasion de la fête de la Sainte Croix (Santa Croce), la plus grande fête de la ville qui a lieu le 13 septembre chaque année. De nombreux musiciens de toute l'Italie et même de l'étranger, viennent s'y produire, chanteurs ou solistes célèbres.

Le succès aidant, il se produit assez souvent à Lucques et ses gages augmentent. Mais Leopoldo, son père, recherche un poste stable pour son fils, ce qu'il ne peut trouver à Lucques. Par la protection de l'envoyé de la république de Lucques à la cour des Habsbourg, Dominico Sardini, Leopoldo Boccherini tente sa chance avec sa famille à l'étranger.

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(1757-1764) Vienne[modifier | modifier le code]

Scène de carnaval, toile de Giandomenico Tiepolo
Scène de carnaval à Venise, ou le Menuet (1750) par Giandomenico Tiepolo (1727–1804)

Au printemps 1757 – accompagné de sa sœur Maria Ester et de son frère Giovanni Gastone, engagés dans un corps de ballet –, il suit Leopoldo pour Vienne, en passant par Venise à l'occasion du carnaval et Trieste[4].

Ils sont tous deux engagés au sein de l'orchestre de la cour impériale d'Autriche début décembre. Luigi, âgé seulement de quatorze ans, commence au quart du salaire de son père. Après la fin de saison d'été 1758, ils sont réengagés deux autres fois, d'avril 1760 à mars 1761 et en 1763–1764[14].

À tout juste dix-sept ans, en 1760, naissent à Vienne ses six trios pour violons et violoncelle opus 1 [G.77-82] (pub. 1767). La remarquable partie de violoncelle, libérée « du joug la basse continue[1] » est totalement indépendante et dépasse largement ce qui lui était auparavant dévolu.

« Il n’y a point de vrais quatuors, ou ils ne valent rien. »

Jean-Jacques Rousseau, 1766[15]

Une série de six quatuors à cordes suivent en 1761, comme opus 2 [G.159-164] (pub. 1767), les tous premiers quatuors avec ceux de Haydn (1769) dans l'histoire de la musique. L'écriture est déjà ce qu'elle sera dans l'histoire du genre : chaque partie est conçue de manière soliste, à part égale tout en faisant évoluer les quatre instruments dans une « conversation musicale », usant des techniques de mouvement les plus divers « du sévère contrepoint à la mélodieuse homophonie (Ludwig Finscher) ». On ne sait rien des compositions antérieures, pourtant le style d'écriture est déjà parfaitement maîtrisé : « Tous les traits du quatuor mature sont présents dans l'op. 2 de Boccherini, à partir de l'émancipation du violoncelle [...] et dans quelques cas de l'alto[16]. »

Sonate en la majeur, manuscrit
Manuscrit de la Sonate en la majeur, G.4 (III. Affettuoso). La série a été composée à Vienne et comme les œuvres non destinées à la publication, elle ne figure pas dans le registre d'opus du musicien. Un autre duo en la majeur, qui ne porte pas de numéro dans le catalogue Gérard, en raison de sa découverte tardive, est intitulé L’Impératrice, en dédicace à Marie Thérèse. C. Speck a publié l'œuvre en 1994.

Boccherini trouve en Gluck, chef de l'opéra en poste à la cour depuis 1752, une oreille attentive à ses Trios et un protecteur influent. Mais, dès août 1760, il postule à un emploi de violoncelliste dans sa ville natale[Note 4], refusant un poste prestigieux dans l'orchestre de l'impératrice Marie-Thérèse, pour qui Gluck offre pourtant son soutien. Cette décision ne manque pas de surprendre. Après plus de six mois d'attente, ne recevant aucune réponse de Lucques le père et le fils décident en avril 1761 d’« aller voir sur place ». Mais ils ne le peuvent qu'entre octobre et décembre 1762[Note 5]. À son retour, il est immédiatement repris dans l'orchestre du Burgtheater de Vienne (janvier 1763).

Pendant les périodes où le théâtre est en relâche (Carême), Boccherini se produit en soliste dans ses propres œuvres à un ou deux violoncelles, avec succès non seulement à Vienne à partir de 1758 (et deux autres fois en 1763[4]), mais aussi à Florence (19 mars 1761) et Modène (7 janvier 1763[17]). La critique du concert de Florence l'appelle déjà « célèbre joueur de violoncelle » (« celebre suonatore di violoncello ») et poursuit en relevant ce qu'a de totalement nouveau le jeu du musicien : « d’un maniera dell tutto nuova[4] ». On ne connaît pas les programmes de ces différents concerts.

Les musiciens et le répertoire présenté pendant sept ans passés dans la capitale autrichienne, jusqu'en avril 1764, sont autant d'opportunités pour Luigi de suivre les évolutions, de confronter son style à ceux d'autres compositeurs – outre Gluck qui réforme l'opéra – par exemple les œuvres de Georg Mathias Monn, Georg Christoph Wagenseil et Carl Philipp Emanuel Bach, qui ont tous écrit des œuvres concertantes pour violoncelle et orchestre. Boccherini peut aussi se familiariser avec la musique de ballet, deux étant donnés en fin des 200 spectacles de chaque saison. Christian Speck note l'« influence décisive sur [sa] manière de composer[14] », outre que son frère est danseur et ses sœurs ballerines.

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(1764-1767) Italie[modifier | modifier le code]

Portrait du compositeur Giovanni Battista Sammartini
Giovanni Battista Sammartini, prolifique compositeur : 2 800 œuvres[1], maître de Gluck en 1737–41. Le compositeur Bohémien Josef Mysliveček décrit Sammartini comme « le vrai prédécesseur de Haydn[18] ». En octobre 1770, Mozart le rencontre à Milan et assure en avoir beaucoup apprit. En 1772, Wolfgang retourne à Milan, où écrit ses premiers quatuors à cordes.

Boccherini retourne à Lucques au printemps 1764. Cette année-là, à 21 ans, gagné par la nostalgie après quatre ans d'absence, il est enfin convié par la municipalité à prendre un poste (fixe) de violoncelliste dans l'orchestre princier, pour cinq thalers. Le musicien quitte Vienne pour sa ville natale, préférant la place de violoncelliste à la Cappella Palatina de Lucques. Mais bizarrement, moins de quatre mois après le premier concert du 4 août, il demande un congé au magistrat de la ville. Peut-être finalement, le poste ne correspondait plus à ses attentes[19]. Il décide – toujours accompagné par son père – d'aller à Milan.

Il rencontre le très influent Sammartini qui dirige l'orchestre lors d'un fête donnée pour le passage du grand-duc de Toscane[19] à Pavie en juillet 1765, puis Crémone où son père et lui ont un contrat bien payé[4]. Le musicien l'encourage à persévérer en tant que compositeur et dans la forme de la musique de chambre avec violoncelle. En avril 1766 il apparaît au Teatro Alibert à Rome dans des concerts en soliste.

Le passage de Boccherini et de son père est également attesté à Gênes en 1765 dans les Stati delle anime (registres) de la paroisse de San Siro, fréquentée par l'élite de la ville. Ils logent chez un luthier, Cristiano Nonnemacker, non loin de l'église de San Filippo Neri pour qui il met en musique deux oratorios. Des traces de son passage en 1767 (seul) se trouvent dans ceux de la paroisse de Santa Maria delle Vigne[20] où il est employé comme instrumentiste et compositeur.

En octobre 1765, père et fils rentrent à Lucques où Luigi reprend son poste dans l'orchestre. Il écrit des œuvres de grandes dimensions, notamment une cantate festive La confederazione dei Sabini con Roma [G.543], importante commande de Puccini[21] pour la fête de la « Poche » en décembre. Entre 1764 et fin 1765, il compose deux oratorios : Giuseppe Riconosciuto [G.538] (Joseph reconnu sur un livret de Métastase) et Gioas, re di Giuda [G.537] commandés pour l'église de San Filippo Neri à Gênes, où sont encore conservés les copies manuscrites[20], ainsi que des œuvres liturgiques.

Une symphonie en majeur [G.490] est publiée à Venise la même année. Elle apparaît comme ouverte dans La confederazione dei Sabini con Roma et le Giuseppe Riconosciuto. Boccherini réutilise un thème de l’andante dans un concerto pour violoncelle [G.478] dans la même tonalité. Plus tard, la symphonie constitue l'ouverture de la seconde partie de la Buona figliola de Picinni[22] lorsque l'œuvre est donnée l'été 1769, à Aranjuez.

Pour quelques mois, un ensemble de quatuor à cordes professionnel se forme vers 1766[Note 6], le Quartetto toscano[23],[24], chose exceptionnelle à l'époque. Il est composé d'élèves de Tartini rencontrés à Milan, les violonistes Pietro Nardini (1722–1793) et un de ses élèves, Filippo Manfredi[25] (1731–1777) né à Lucques et premier violon de la cappella palatina, ainsi que l'altiste, également compositeur, Giuseppe Maria Cambini[Note 7] (1746–1825).

« J'ai vécu dans ma jeunesse six mois de bonheur à étudier avec tant de délices. Trois maîtres me firent l'honneur de m'accepter parmi eux comme altiste – Manfredini, le meilleur violoniste de toute l'Italie pour ce qui est de l'orchestre et du quatuor, Nardini, virtuose si célèbre pour la perfection de son jeu, et Boccherini, dont les mérites sont suffisamment connus. [...] et je dois dire que le fruit de notre travail nous faisait passer pour des magiciens aux yeux de notre public. »

— Giuseppe Maria Cambini

C'est à Milan où ils auraient donné les premiers concerts publics de quatuor à cordes jamais exécutés. Selon Cambini (Nouvelle méthode, 1795), le répertoire joué est composé d'œuvres de Haydn, de Boccherini et de quelques compositeurs en vogue. Mais le récit de Cambini est sujet à caution car il cite des œuvres de Haydn plus tardives. Il existe un tableau du peintre vénitien Pietro Longhi[7] (collection particulière) les représentant lors d'un concert, avec un claveciniste inconnu.

Son père disparaît le 30 août 1766, lorsqu'il a 23 ans. Boccherini montre les premiers symptômes de tuberculose.

Face à la relative précarité de sa carrière et la maigre rémunération qui lui est liée, le violoncelliste quitte à nouveau la Toscane. Il entreprend (probablement accompagné de sa mère) une tournée de concerts pendant l'été 1767, avec son ami Filippo Manfredi, en Italie du Nord (Lombardie) où le public est enthousiaste. Puis le duo quitte Gênes en septembre, Nice le 5 octobre[4], et après quelques concerts, ils arrivent à Paris. Leur intention est de se rendre à Londres, où comme beaucoup d'Italiens, un autre violoncelliste natif de Lucques a fait carrière, Francesco Geminiani (1680–1762). Paris ne leur semble qu'une étape. Le séjour dure six mois[4].

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(1767-1768) Paris[modifier | modifier le code]

Le thé à l'anglaise chez le prince de Conti, toile de Michel-Barthélemy Ollivier
Le thé à l'anglaise chez le prince de Conti (1766) Michel-Barthélemy Ollivier (1714–1784), Musée de Versailles. Le jeune Mozart, lors de son second passage à Paris, divertissant les invités du Prince de Conti. Boccherini y est reçu tout juste un an après.

À la suite de la querelle des Gluckistes et des Piccinnistes, les Italiens (et les Allemands) sont les bienvenus. La renommée du musicien allant croissante, ce séjour va décider de l’avenir du musicien.

Les premières partitions publiées de Boccherini l'ont devancé de quelques mois. Ses six trios [G.77-82], chez Bailleux[Note 9] en juillet et ses six quatuors à cordes [G.159-164] chez Venier[Note 10] œuvres composées à Vienne six ou sept ans plus tôt. Le Mercure de France du 1er avril 1767, annonce la sortie imminente des quatuors[26]. Pendant leur séjour, paraît aussi l'opus 4, six trios [G.83-88], chez Venier en mars 1768. Paris restera pendant toute sa vie le lieu privilégié de publication[4] pour Boccherini.

Signe d'un certain succès, il paraît une autre œuvre chez Grangé : une symphonie [G.500], avec une entête pittoresque : « Première symphonie à quatre parties obligés... del Signore Bouqueriny. » Il s'agit de la première falsification. Christian Speck[27], suivant le « supplément Breitkopf[28] » de 1768, précise que la symphonie « au développement si peu inspiré » est peut-être de Herman-François Delange (1715–1781).

Boccherini et Manfredi sont introduits dans divers salons privés parisiens, invités du Prince de Conti, exactement un an après le passage de Mozart[29] et surtout celui du Baron de Bagge (1718–1791), mécène, dilettante, lui-même violoniste et compositeur à ses heures, où se retrouve le « Tout-Paris ». Outre Boccherini, le violoncelliste Jean-Pierre Duport est de ses protégés[30],[31]. Il est très influent sur la vie musicale notamment par la qualité de ses concerts. Sa protection permet aux deux musiciens de se faire mieux connaître du milieu aristocratique. Grâce à son appui, Boccherini se produit seul, ou avec Manfredi, dans des soirées musicales et présentent leurs œuvres au Concert Spirituel, le 20 mars 1768, seule trace[4] de leurs diverses prestations :

« M. Manfredi exécuta sur le violon, un concerto de sa composition, & eut lieu d'être satisfait de la façon dont le public rendit justice aux talens de l'artiste & du compositeur. [...] M. Boccherini, déjà connu par ses trio & ses quatuor, qui sont d'un grand effet, a exécuté, en maître, sur le violoncelle, une sonate de sa composition. »

— Mercure de France, avril 1768[32]

Frontispice de la partition de l'opus 5
Frontispice de l'édition Venier (Paris 1769) de la partition des « sei sonate di cembalo e violino obbligato », opus 5. La dédicace est à Madame Brillon De Jouy, « une des plus grandes claveciniste d'Europe » selon Ch. Burney. Une copie destinée au clavecin seul, a été retrouvée à Besançon (Ms. Z 501) par Anne Robert qui en a effectué l'enregistrement, pour le label BNL en mai 2000.

La mode est à la symphonie, nouveau genre conquis surtout par les compositeurs de Mannheim dont le principal représentant est Johann Stamitz[33]. Mais lorsque les solistes italiens se produisent, ils attirent l'attention d'une fameuse claveciniste parisienne de 24 ans, Madame Brillon De Jouy[34],[35],[36]. Lors de son passage à Paris deux ans plus tard, Charles Burney fait sa connaissance et donne ses impressions sur les qualités de jeu de la musicienne, après un concert donné chez elle, à Passy :

« elle est une des plus grandes claveciniste d'Europe [...] considérée ici comme la meilleure interprète de pianoforte [...] De nombreux compositeurs célèbres d'Allemagne et d'Italie qui ont séjourné en France lui ont dédié leurs ouvrages ; parmi ceux-ci il y en a de Schobert et Boccherini[texte original 1]. »

— Charles Burney, 20 juillet 1770[37].

peinture de Fragonard
Madame Brillon de Jouy vers 1769, par Jean-Honoré Fragonard. (Musée du Louvre).

L'œuvre évoquée est une de ses rares compositions avec clavier[Note 11], les « sei sonate di cembalo e violino obbligato opera Va » [G.25-30]. Le titre figurant sur le manuscrit autographe de 1768 étant « pianoforte con accompagnamento di un violino » sans l'obligato et les divers instruments, clavecin, violon, flûte ou harpe des éditeurs français, anglais ou allemand[38]. Boccherini compose très vraisemblablement à son intention le concerto pour pianoforte et orchestre en mi bémol majeur [G.487], le seul du musicien dans cette combinaison. Les trios sont réédités de nombreuses fois, signe de leur succès et même copiés jusque dans les années 1800 dans toute l'Europe : Riga, Londres, Mannheim, Vienne, Amsterdam[39].

L’ambassadeur d'Espagne à Paris, d'origine italienne, les ayant entendu au Concert Spirituel, parvient à convaincre Boccherini et Manfredi de se rendre à Madrid, en leur faisant miroiter une place stable sous la protection et grâce au mécénat de Don Luis Antonio de Borbón y Farnesio, frère du roi d'Espagne, Charles III (fils de Philippe V). Cette proposition à première vue peut paraître surprenante, car le roi n'appréciait pas la musique. Cependant, la musique jouée à la Cour d'Espagne était produite par des Italiens et parmi eux figurait le castra Farinelli. Il est possible que son immense succès ait encouragé Boccherini et Manfredi à y tenter leur chance en même temps que d'abandonner le projet de s'installer à Londres. En outre, le fait que depuis l'année passée (1767), la Cour ne disposait plus de violoncelliste a probablement peser sur leur décision[40].

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(1768-1805) Espagne[modifier | modifier le code]

Le palais de Boadilla del Monte, résidence principale de l'infant
Le palais de Boadilla del Monte, l'une des résidences de l'infant don Louis de Bourbon.

Début 1768, après un dernier concert donné par Manfredi le 4 avril[4], les deux musiciens accompagnés de la mère de Boccherini, se remettent en route pour Espagne. Manfredi retourne en Italie en 1772, alors que Boccherini, âgé de 26 ans à son arrivée, ne quittera jamais plus ce pays, les trente-six années suivantes.

Au printemps 1768 (jusqu'en 1770), Boccherini joue dans un ensemble, la Compañía de los Reales Sitos[41] dirigée par Luigi Marescalchi, qui se produit au palais d'Aranjuez, dans le nouveau théâtre. Boccherini rencontre la chanteuse romaine Clementina Pelliccia[Note 12],[42] alors en tournée avec la troupe. Cette année-là, elle figure avec sa sœur, dans la distribution de l'opéra l'Almeria du compositeur napolitain Juan Francisco de Majo[Note 13],[43]. Une aria [G.542] interlude du second acte de l'opéra l’Almeria a été composé et accompagné au violoncelle seul par Boccherini[43]. Malheureusement, la partition a été perdue[7].

C’est lors d'une de leurs représentations en automne de la même année à Valence que Casanova fait la connaissance de Clementina, sa sœur Maria Teresa, et Boccherini[44],[45].

La situation espérée est cependant moins brillante qu'il pensait. De nombreux musiciens italiens exerçant à Madrid, jalousent le compositeur. Notamment le chef d'orchestre Francesco Corsetti, ou bien Confort. Néanmoins, même si les relations entre Boccherini et son compatriote Gaetano Brunetti, alors violoniste à la Real Cappilla, ont souvent été présentés comme conflictuelles depuis les travaux biographiques de Fétis et Picquot, aucune raison sérieuse jusqu'à présent, n'a été retenue pour qu'une telle rivalité existât entre les deux musiciens.

D’autres éléments viennent infirmer ces allégations : Boccherini entre au service de l'Infant Don Luis quelques mois avant que Brunetti ne soit nommé maître de violon du Prince des Asturies (le futur Charles IV) en novembre 1770 ; les revenus annuels que perçoit Boccherini pour sa fonction, sont nettement supérieurs à ceux perçus par Brunetti et; à la mort de l'Infant (1785), Charles III – qui aurait été influencé par un malveillant Brunetti contre Boccherini – nomme le violoncelliste futur membre de la Real Cappilla avec des appointements annuels de 12 000 reales[46], salaire que Brunetti n'a jamais atteint en tant que violoniste dans la même Institution.

Bien que le fils de Brunetti, Francisco, soit choisi en 1787 par Charles III à la place de Boccherini, pour occuper le poste vacant de violoncelliste, Boccherini n'en continu pas moins de percevoir les 12 000 reales pour le reste de sa vie. Il est certain qu'un favoritisme[47] a existé à la Cour en faveur de Brunetti, mais une compétition basée sur de vils enjeux relève du mythe. Lorsqu'on lui soumet les six trios opus 6[Note 14] [G. 89-94] (1771), il reconnaît immédiatement la valeur du musicien.

L'année suivante, le 17 août 1769, Luigi et Clementina se marient dans la Real Colegiata de la Santísima Trinidad, paroisse de San Ildefonso. De cette union sont née sept enfants : Joaquina, Felix Luis, Luis Marcos, Josef Mariano, Teresa, Mariana et Isabel. Seuls deux, Luis Marcos fait prêtre et Josef Mariano archiviste du comte Seralbo, atteignent l'âge adulte et survivent à leur père.

Au service de Don Luis, 1770...[modifier | modifier le code]

Palais royal d'Aranjuez en 1773 (gravure)
Palais royal d'Aranjuez en 1773. Gravure de Manuel Salvador Carmona (1734–1820). Boccherini y passe les années les plus heureuses de sa vie.

À la fin 1769, Boccherini dédie ses six quatuors à cordes opus 8[Note 15] [G.165-170] à un membre de la famille royale, l'infant Don Luis de Bourbon. Celui-ci engage Boccherini quelques mois plus tard, le 8 novembre 1770, comme violoncelliste de sa chambre et compositeur de musique (virtuoso di camera e compositor di musica), avec un traitement annuel de 30 000 reales, Boccherini percevant deux salaires : 18 000 reales comme violoncelliste et 12 000 reales comme compositeur, l'un des plus forts de la cour.

L'année suivante, cette fois-ci destinés aux « dilettantes » de Madrid, il compose les six quatuors opus 9 [G.171-176] imprimés à Paris[Note 16] mais aussi à Madrid Seis cuartetos (1772) par Juan Palomino tout comme les trios op. 6 Seys Tryos (1771). Preuve de ses premiers débuts en Espagne, l'annonce de leurs publications dans la Gaceta de Madrid témoigne de leur antériorité d'à peine quelques mois par rapport à celles publiées par Paris et montre qu'elles ont été considérées par leur auteur comme des éditions autorisées indépendamment de celles gravées par Venier.

Premières mesures de la partition manuscrite du quintette opus 10 no. 1 (1771)
Incipit de la partition du quintette opus 10 no 1 [G.265] (Fonds BnF[48]).

Dans la maison de Don Luis, il trouve un quatuor à cordes, composé du père Font et de ses trois fils. C'est de cette heureuse rencontre que naîtraient ses quintettes. Durant cette période, il compose une première série de douze quintettes à cordes avec deux violoncelles, les opus 10 et 11 (1771) [G.265-276], forme qu'il a fortement contribué à développer – il en laisse 113 sur les 137 quintettes écrits. Pour l'orchestre il compose ses premières symphonies et une douzaine en tout durant le séjour à Aranjuez – sur les trente trois conservées. Ces œuvres montrent les moyens dont dispose l'orchestre, davantage développé, avec des pupitres de vents.

« Divin Boccherini !
Ô toi dont la musique, originale et pure
A si bien rencontré les tons de la nature.
… Ton art qui sur la terre est un présent du ciel,
Et donne l'avant-goût du bonheur éternel. »



François-Joseph-Marie Fayolle (vers 1810[49])

Dans une partition d'orchestre de 1771, sa symphonie opus 12 no 4 [G.506] Boccherini rend hommage à Gluck avec qui il a travaillé à l'Opéra lors de son séjour autrichien. Dans le Finale, il parodie le Finale du ballet en trois actes, Don Juan ou le Festin de Pierre, donné à Vienne (dix ans plus tôt, 17 octobre 1761) ; mieux connu sous le nom de danse des furies dans la version parisienne d'Orphée et Eurydice (1774) où il est aussi inclus. Sur certaines éditions de la symphonie, on trouve le titre La casa del Diavolo et sur l'édition parisienne, le dernier mouvement porte le titre : « Chaconne qui représente l'enfer et qui a été faite à l'imitation de celle de M. Gluck dans le Festin de pierre », pourtant la musique n'a rien d'une chaconne. Boccherini rend l'atmosphère menaçante, les pupitres traditionnels aidés par les cors et les hautbois, par des tremolandos de cordes, des « bouffées de colère » (Stanley Sadie) et l'écriture chromatique plus développée que chez Gluck, anticipent l'ère romantique.

De la moisson des compositions de l'époque, se détache le célèbre menuet[Note 17], extrait du quintette op. 11 no 5 en mi-majeur [G.275], ainsi que le quintette en ré majeur op. 11 no 6 [G.276] L'Uccelleria, première incursion de Boccherini dans la musique « à programme ». Son premier mouvement en majeur, adagio-allegro giusto, évoque probablement les ramages de toutes sortes d'oiseaux que possèdent Don Luis dans les pittoresques oiselleries de ses résidences d'été. Le second mouvement, l’allegro en la mineur intitulé I pastori e il cacciatori, les chasses qui rythmaient la vie à la Cour et cette propension qu'avait Boccherini pour la pastorale[Note 18].

La production importante de l'époque est sans doute en rapport avec la qualité de vie et les années les plus heureuses passées au palais d'Aranjuez[50] au service de l'Infant. Seul le décès de sa mère en 1776 (à Aranjuez), vient troubler la clarté de ces années.

L'infant don Louis de Bourbon et María Teresa de Vallabriga
par Francisco de Goya (1783).
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Arenas de San Pedro, 1777...[modifier | modifier le code]

'Le Palacio de la Mosquera  à Arenas de San Pedro
Le Palacio de la Mosquera à Arenas de San Pedro où résident Don Luis et Boccherini dans les années 1780.

Le mariage morganatique de l'infant Don Luis avec María Teresa de Vallabriga le 27 juin 1776, entraîne le départ de sa cour de Madrid, où il est persona non grata. Après bien des pérégrinations[51], à la fin de l'année 1777, Don Luis se fixe finalement en Arenas de San Pedro, petite localité de la province d'Ávila, à 145 km de Madrid.

Éloigné de tous les centres musicaux d'Europe, Boccherini peut néanmoins y approfondir son style personnel. Cette période de sept années passée en Arenas de San Pedro est sans conteste l'une des plus fécondes de sa vie de compositeur. En raison des moyens limités, il cultive essentiellement la musique de chambre. Il n'écrit en 1778 qu'un ballet – aujourd'hui perdu – destiné à son beau-frère et sa sœur Maria Ester, Cefalo e Procri [G.524]. Pour la seule année 1779, pas moins de dix-huit quintettes à cordes (opus 27, 28 & 29) voient le jour. Les quatuors à cordes de l'opus 32 [G.201-206] composés durant l'année 1780 marquent l'apogée de sa contribution au genre, selon Luigi della Croce[52]. Son opus 29 [G.313-318], six quintettes à cordes, où il intègre des tournures typiquement baroques, comme la fugue, la gigue, les variations ou bien le præludium, sont une synthèse de son sens inné pour le rythme, les coloris, le folklore, où tendresse et humour se côtoient, atteint au sommet d'une instrumentation qu'il a créée[53].

Un quintettino de 1780 se détache de ce massif par ces mouvements inhabituels : c'est celui de l'opus 30 no 6 [G.324], intitulé La Musica notturna delle strade di Madrid. Sur le manuscrit il écrit :

« Ce petit quintette décrit la musique que l'on entend la nuit dans les rues de Madrid : elle commence par la sonnerie de l'Ave Maria jusqu'au couvre-feu. Tout cela n'est pas traité avec la rigueur exigée du contrepoint, mais vise tout simplement à rendre la vérité des choses que l'on cherche à dépeindre ici[texte original 2]. »

Composé pour un Don Luis vieillissant et exilé depuis près de cinq ans, Boccherini a cherché à évoquer l'atmosphère des rues de Madrid à la nuit tombée, lorsque résonnent les accords de guitares ; telles semblent avoir été les conditions de sa genèse.

« La Musica Notturna delle strade di Madrid », opus 30 no 6 [G.324]
Mouvements Notes
I Ave Maria delle Parrochie (imitando il tocco delle campane) Les divers Ave Maria des différentes églises de Madrid.
II Il tamburo del quartiere dei soldati Les roulements de tambour reviennent dans le VIe mouvement (allegro vivo)
III Minuetto dei ceichi. Con mala grazia.(I violoncelli si metteranno attraversato sulle ginocchia e... pizzicaranno con le ugnie di tutta la mano posta al rovescio, come chi suona una chitarra... Doppo una breve pausa si replica tutto il minuetto come stà, e poi segue il Rosario) Le menuet des mendiants aveugles, dans lequel les violoncellistes doivent tenir leurs instruments sur leurs genoux et imiter le son d'une guitare en pizzicato en utilisant leurs ongles.
IV Rosario. Largo assai : senza rigor di Battuta-Allegro-Largo come prima La prière du rosaire du soir. Elle soit être jouée sans mesure fixe.
V Los manolos. Modo di suono, e canto Le manolo était un jeune homme un peu poseur, sans instruction qui se produisait dans les rues en chantant et en dansant. Il était traditionnellement vêtu d'un pantalon s'arrêtant aux genoux (une sorte de culotte courte), de bas blancs, d'une veste courte et très échancrée, de chaussures recouvrant à peine le talon et les orteils, et d'un foulard retenu par un anneau. La guitare était évidemment son indispensable accessoire[54]. Il s'agit d'une passacaille.
VI Il primo violino imitando il tamburo
VII La Ritirata (con variazioni). Si figura che la Ritirata cominci a farsi sentire da lontano assai, perciò devrà suonarsi con piano che appena si senta, aumentando a misura che si avvicina e diminuendo quando si allontana di nuovo. « il faut s'imaginer que le signal [la relève de la garde de nuit] est d'abord entendu dans le lointain, de sorte qu'il faut commencer très piano et si délicatement que dans un premier temps, on n'entend presque rien (...) » Par un jeu de crescendo et de decrescendo, Boccherini donne l'impression qu'une troupe accompagnée de musiciens passe devant l'auditeur[54]. Boccherini a arrangé trois fois ce mouvement : un quintette avec deux altos, G.390 ; un quintette pour piano G.418 ; et un quintette pour guitare G.453.

Boccherini manifeste quelques réticences quant à l'exécution et à la publication de cette œuvre hors de son pays d'origine, comme il l'écrit à Ignace Pleyel dans une lettre datée du 10 juillet 1797 :

« Dans l'opus 30, les Quintettes, vous verrez que l'un s'intitule « La Musica Notturna delle strade di Madrid ». Ce morceau est absolument inutile et même ridicule hors d'Espagne, puisque ceux qui l'écoutent ne peuvent jamais en comprendre le sens et que les musiciens ne peuvent le jouer comme il doit être joué. C'est pourquoi je vous envoie à la place une Symphonie supplémentaire [...][texte original 3]. »

Le quintette, très populaire de son vivant, reste inédit jusqu'à sa publication dans les années 1920 et c'est aujourd'hui l'un des plus célèbres du compositeur.

« Si Dieu voulait parler aux hommes par la musique il le ferait avec les œuvres de Haydn ; pourtant s'il voulait écouter de la musique Lui-même, il se déciderait pour Boccherini[55],[49]. »

— Jean-Baptiste Cartier[56], L’Art du Violon... 1798[57].

En ces mêmes années, le musicien s’attelle à la composition du pudique, mais non moins remarquable, Stabat Mater [G.532], œuvre commandée à la fin de l'année 1781 par Don Luis. L'effectif requiert une soprano avec accompagnement d'un quintette à cordes avec deux violoncelles, ou quatuor à cordes avec contrebasse. Jugeant qu'une seule voix pouvait lasser l'auditeur, Boccherini y apporte par la suite des modifications, pour finalement le publier dans une seconde version pour trois voix solistes et orchestre à cordes en 1801, non plus dédié à Don Luis, mais cette fois à Lucien Bonaparte attestant une habitude à laquelle il devait recourir très souvent: celle de vendre deux, trois voire quatre fois la même œuvre à différents mécènes.

La productivité de Boccherini ensuite s'infléchit, avec seulement neuf œuvres pour les quatre années suivantes. Mais parmi ces neuf, huit sont destinées à l'orchestre. La raison reste obscure... Manifestement, Don Luis ne lui commandait plus d'œuvres de musique de chambre.

Quelques années après avoir travaillé avec son frère, Giovanni Gastone Boccherini, le librettiste de Il ritorno di Tobia (1775), Joseph Haydn tente un contact avec Luigi (lettre datée d'Esterhaza du 27 mai 1781) par le biais d'Artaria, leur éditeur commun[58] à Vienne. Artaria[59] était en relation avec Boccherini depuis l'année précédente par l'intermédiaire de Carlo Emanuele Andreoli employé à la chancellerie de Joseph Kaunitz-Rietberg, l'ambassadeur impérial à Madrid. Les premières publications viennoises se succèdent, certaines sans avoir reçues l'autorisation expresse du compositeur, néanmoins figurent en bonne place les trois premiers quintettes de l'op. 25[60] [G.295-297] comme Tre quintetti opus 36 (1784), les quatuors op. 26 [G.195-200] et op. 32 (33[Note 19]) [G.201-206], les trios à cordes op. 34 (35) [101-106] (1784)[61] ainsi que le concerto pour violoncelle et orchestre G.483 comme Concerto per il violoncello obligato opus 34 (1783?) . Quant à la relation épistolière Haydn-Boccherini, le courrier n'a jamais été reçu par Boccherini, pas plus qu'un autre en août, l'année suivante[62].

Année difficile dans la vie Boccherini : le 2 avril 1785 il perd son épouse et se retrouve avec six enfants en bas âges à charge. Le 7 août 1785, il perd son protecteur, Don Luis de Bourbon. Charles III lui accorde néanmoins une pension annuelle de 12 000 reales.

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Madrid, 1785...[modifier | modifier le code]

La famille Benavente-Osuna, toile de Francisco Goya
Francisco Goya, La famille du duc et de Maria Josefa de Benavente-Osuna (vers 1788 - Musée du Prado).

En janvier de l'année suivante, il se met au service de Frédéric-Guillaume II, encore prince héritier de Prusse, qui avait eu connaissance de ses œuvres. C'est l'ambassadeur de Prusse à Madrid qui avait fait parvenir les quatuors à cordes de l'opus 33 [G.207-212] à Frédéric-Guillaume. Il lui écrit en italien :

« Rien ne pouvait me faire plus plaisir, Monsieur Boccherini, que de recevoir de vos propres mains quelques-unes de vos œuvres, et je ne suis vraiment satisfait que lorsque je commence à jouer un peu de votre musique instrumentale ; je me réjouis chaque jour à l'idée de ce plaisir et j'espère que vous aurez encore longtemps du plaisir à composer et que nous pouvons espérer vous voir écrire encore de nouvelles œuvres ; je vous serais en outre très reconnaissant, dans ce cas, si vous vouliez bien me permettre d'y prendre part ; en attendant veuillez, Monsieur Boccherini, accepter cette boite en or en souvenir de moi et voir le signe de l'estime que je porte à votre talent, dans un art que j'apprécie tout particulièrement. »

— Frédéric-Guillaume II, lettre du 1er octobre 1783.

Près de trois ans plus tard, par une lettre datée du 21 janvier 1786, Frédéric-Guillaume le nomme, à distance, compositeur de la chambre pour un traitement annuel de 1 000 talers (soit 19 000 reales) :

« Nous, Frédéric-Guillaume, par la grâce de Dieu prince royal héréditaire de Prusse, héritier présomptif de la couronne, ayant reconnu l'éminent talent musicale de M. Luigi Boccherini, nous avons décidé de lui accorder cette patente avec le titre de compositeur de notre Chambre. »

Il devait recevoir par la suite une douzaine environ de compositions par an, pendant douze ans jusqu'à la mort du monarque. Essentiellement des quatuors, des quintettes à cordes et surprenant huit symphonies (op. 37 nos 1 à 4, et celles, parmi les op. 41, 42, 43, 45 qui rassemblent des genres différents). En tout 104 œuvres[63] subsistent.

En mars 1786, il est aussi engagé au service de la comtesse Maria Josefa de Benavente-Osuna qui entretient un petit orchestre de seize musiciens : Boccherini en est nommé direttore del concerto (chef d'orchestre et directeur des concerts). La comtesse lui commande, entre autres, son unique zarzuela intitulé La Clementina[64] [G.540], sur un livret de son protégé, Ramón de la Cruz (1731–1794), sorte de Métastase espagnol. L'œuvre est représentée le 3 janvier 1787 au palais Puerta de la Vega, à Madrid[65]. L'œuvre n'est représentée du vivant de Boccherini qu'à Valence en 1796.

À cette époque, il fréquente le peintre Goya qui faisait partie des hommes de lettres et d'artistes qui gravitaient autour du palais, et des fameuses tertulias, soirées musicales et littéraires, chez les Benavente-Osuna. Si J. Haydn y « jouit d'une faveur particulière[66] » à l'orchestre, Boccherini compose pour la duchesse les quintettes opus 36 et 39 (1786–87), ainsi que certains numéros parmi les grandes symphonies opus 35 et 37 : l’opus 35 no 6 [G.514] et l'opus 37 no 3 [G.517] (1786). On peut ajouter, en 1788, le Gioco di minuetti ballabili a grande orchestra [G.525]. Dans le groupe des symphonies opus 37, il abandonne la coupe en trois mouvements pour adopter, sous l’influence de Haydn[67], celle en quatre.

En 1787, il épouse, en seconde noce, la fille de son collègue Dominico Porretti, premier violoncelle à la Real Cappilla, mort quatre années plus tôt[4], María del Pilar Joachina Porretti.

La période (1787-1796) reste encore aujourd'hui obscure pour les biographes[68]. Certains documents, comme une lettre datée de Breslau du 30 juillet 1787[69] laissant à penser que Boccherini aurait entrepris un voyage à la cour de Prusse, sont aujourd'hui écartés. La lettre, dont l'original n'a jamais été retrouvé, est considérée comme apocryphe[70].

Pour des raisons inconnues, tout en conservant des relations avec l'orchestre, Boccherini renonce à ce poste et aux 1 000 reales mensuels[71], ne conservant que la charge de compositeur de Frédéric-Guillaume II, qu'il perdit à la mort de celui-ci en 1797. La pension n'est pas renouvelée par son fils et successeur, qui le fait prévenir par un courrier daté du 2 mars 1798 : « n’ayant pas besoin des services pour lesquels il tirait une pension du feu Roi père de Sa Majesté, cette pension ne peut plus avoir lieu. ».

Boccherini tente alors de vendre quelques œuvres aux éditeurs parisiens, tels que Jean-Baptiste Venier, La Chevardière, Imbault, Sieber et enfin Ignaz Pleyel, qui abusa de la situation difficile du compositeur, ne recevant qu'une part négligeable des bénéfices des publications. Ce dernier obtint 58 œuvres, les opus 44 à 54, pour 7 200 reales[4]. Puis près de cent-dix œuvres pour 9 600 reales[72].

On trouve sous la plume d'un contemporain, l'anglais Charles Burney, un jugement qui laisse transparaître son admiration :

« ... bien qu'il compose peu actuellement, il a livré aux instrumentistes à cordes et aux mélomanes plus de compositions de qualité que n'importe quel grand musicien de notre époque, Haydn excepté. Son style est à la fois alerte, magistral et élégant. On trouve tous les styles dans son œuvre, des styles correspondant toujours exactement au caractère spécifique des instruments pour lesquels il écrit ; il occupe ainsi l'une des premières places parmi les plus grands compositeurs ayant écrit pour le violon ou le violoncelle[texte original 4]. »

— Charles Burney, 1789[73].

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Les dernières années[modifier | modifier le code]

L’été 1799, par l'intermédiaire de Marie-Joseph Chénier (auteur du Chant du départ mis en musique par Méhul), il dédie « à la nation française » un groupe de Six quintettes avec piano opus 57. Dans la lettre du 8 juillet au poète, il écrit ces magnifiques paroles qui sont en quelque sorte une profession de foi capable de décrire toute sa musique :

« Je ne puis juger si j'ai fait quelque chose de bon, mais je sais bien que la musique est faite pour parler au cœur de l'homme ; et c'est à quoi je m'efforce de parvenir, si je le puis : la musique privée de sentiment et de passions est insignifiante ; d'où il résulte que le compositeur n'obtient rien sans les exécutants[texte original 5]. »

— Boccherini, lettre du 8 juillet 1799 à Marie-Joseph Chénier[74].

À la fin des années 1790, il a une relation amicale avec le grand chanteur Pierre-Jean Garat[4] et le violoniste Pierre Rode (amis tous deux). On pense que Boccherini a contribué à l'orchestration d'un concerto du maître français. Il a aussi pour élève le jeune violoniste, Alexandre-Jean Boucher[75] (1778–1861), violoniste à la cour espagnole de 1795 à 1805, pour l'interprétation de ses œuvres, mais on ignore s'il a reçu des cours de violoncelle et de composition. Boucher n'ayant laissé aucun traité, nous ne disposons pas d'élément sur le jeu[4] de Boccherini.

Ayant décliné l'invitation à participer à la création du Conservatoire de Paris, Boccherini obtient tout de même en 1800 une pension de 3 000 francs par an, pour l'organisation de concerts et la composition, grâce à l'ambassadeur français à Madrid, Lucien Bonaparte (le frère de Napoléon), ce qui vaut à ce dernier la dédicace de deux séries de quintettes opus 60 et opus 62.

En 1801, il reçoit la visite du virtuose Bernhard Romberg ; en 1803, celle de la compositrice, pianiste et chanteuse Sophie Gail[76]. Elle le trouve très épuisé physiquement[4].

« Il fut vraiment l'un des compositeurs de musique instrumentale les plus remarquables de sa patrie, l'Italie. [...] L'Espagne, où il passa la plus grande partie de sa vie active, le préfère, dans certaines de ses œuvres, au maître allemand que l'on trouve parfois là-bas trop savant ; la France le tient en haute estime, sans chercher à le comparer à Haydn et l'Allemagne semble, avec sa préférence actuelle pour la musique la plus savante, trop peu le connaissent : mais dans les les pays où il est connu et où l'on est capable d'apprécier et d'honorer la qualité mélodique de ses œuvres, on l'aime et lui rend honneur. »

Extrait de la nécrologie de Boccherini parue dans l’Allgemeine Musikalische Zeitung de Leipzig, le 21 août 1805. Elle est signée La rédaction, mais il peut s'agir de la plume de Friedrich Rochlitz[77].

Une succession de malheurs familiaux l'amoindrissent. D'abord le décès de plusieurs enfants : sa fille Joaquina en mai 1796, à moins de 25 ans, puis Mariana (née en 1782) et Isabel en juillet et novembre 1802, puis sa quatrième fille, Teresa en juillet 1804 Enfin la disparition de sa seconde épouse, María del Pilar Joaquina Porretti en janvier 1805. Ces événements semblent avoir précipité sa fin. En revanche de nouvelles études, notamment la thèse de Jaime Tortella[78], tendent à démythifier l'état de précarité voire d'indigence de ses dernières années[79].

Sa dernière œuvre, datée de 1804, reste inachevée ; il s'agit du quatuor à cordes en ré majeur opus 64 no 2 [G.249]. Ne subsiste de complet que l'allegro con brio, son premier mouvement.

Luigi Boccherini succombe à Madrid, des suites d'une maladie pulmonaire, le 28 mai 1805 et est inhumé dans la crypte de l'église San Justo y Pastor, à Madrid. En 1798, dans une lettre à Pleyel, il se décrivait lui-même en quelques mots :

« Tous ceux qui me connaissent me font l'honneur de me considérer comme un homme probe, honorable, sensible, bienveillant et affectueux, tel que mes compositions musicales montrent que je suis. »

— Luigi Boccherini, 1798

Parmi les instruments de Boccherini, il y avait deux[4] Stradivarius, dont un de 1709, qui fut tour à tour en possession de l'Infant d'Espagne Don Sebastian, puis de son neveux, le duc d'Hernani. Au XXe siècle, il passe des mains de Gaspar Cassadó (1897–1966) – élève de Pablo Casals et auteur d'une transcription du célèbre menuet pour piano et violoncelle – à Julius Berger[80] (né en 1954), élève d'Antonio Janigro et l'interprète d'une intégrale des concertos pour violoncelle[81] et de sonates[82]. C'est le violoncelle que joue Boccherini sur le tableau en haut de cet article[83].

Frise chronologique[modifier | modifier le code]

Post mortem[modifier | modifier le code]

En 1927, 122 ans après la mort du musicien, un accord passé entre Miguel Primo de Rivera et Benito Mussolini permit à ses restes d'être rapatriés à Lucques, dans la basilique San Francesco[84].

En 1994, une nouvelle exhumation se fit afin de pallier des problèmes de conservation. Une équipe de scientifiques dirigée par le professeur italien Gino Fornaciari pratiqua par la même occasion une autopsie historique[85] qui révéla d'intéressantes données sur son anatomie, la maladie qui devait l'emporter (tuberculose : le bacille de Koch ayant été détecté), et les déformations et pathologies dues à sa profession de violoncelliste (majeur de la main gauche déformé). L'autopsie a en outre démontré que ses habitudes alimentaires étaient celles d'un homme aux ressources économiques bien éloignées de l'état de pauvreté communément admise.

Renaissances de Boccherini[modifier | modifier le code]

Études et biographes[modifier | modifier le code]

Buste en bronze de Boccherini de l'artiste Rita Marsili (Madrid)
Buste en bronze de Rita Marsili dans un jardin de Madrid, Cuesta de la Vega. Offert par la ville de Lucques et inauguré le 12 mai 1966, le jardin porte le nom de Glorieta de Boccherini.
Derrière le buste, où coule une fontaine, une plaque a été apposée avec la fameuse phrase de JB. Cartier, déjà citée, mais dans sa version espagnole : « Si Dios quisiera hablar a los hombres se serviría de la música de Haydn, pero si quisiera oir música, elegiría sin duda la de Boccherini ».

La première biographie de Luigi Boccherini, parue à Paris en 1851, est due à Louis Picquot[86] : Notice sur la vie et les œuvres de Luigi Boccherini, suivie du catalogue raisonné de toutes ses œuvres, tant publiées qu'inédites. Elle fut rééditée en 1930 par Georges de Saint-Foix avec une importante préface et une actualisation des connaissances. Mais il fallut attendre la seconde moitié du XXe siècle pour que des études savantes étudient en profondeur l'homme et sa musique – malheureusement, après que furent détruites les archives de la famille Boccherini en 1936, pendant la guerre civile.

À ce titre des ouvrages comme ceux de Germaine de Rothschild ou d'Yves Gérard ont été déterminants pour une meilleure compréhension du compositeur.

Actuellement, un nouvel élan dans les recherches et les publications le concernant se dessine grâce entre autres au Comité national Luigi Boccherini en Italie et l'Association Luigi Boccherini[87] en Espagne.

L'Institut supérieur d'études musicales[88] de la ville de Lucques porte son nom.

Sur la Piazza del Suffragio, qui lui fait face, une statue en bronze représentant Boccherini assis jouant du violoncelle (2005), œuvre de l'artiste néerlandaise Daphné du Barry (née en 1950)[89],[90] a été inaugurée en 2008.

Au disque[modifier | modifier le code]

Le premier enregistrement de Boccherini – hormis le Menuet – est selon la BNF, de 1943 : le trio à cordes op. 14 no 6 [G 100] (1772) par le Trio Pasquier.

En 1949, la fondation à Rome du Quintetto Boccherini composé de Arrigo Pelliccia et Guido Mozzato aux violons, Luigi Sagrati et Renzo Sabatini aux altos et Arturo Bonucci et Nerio Brunelli aux violoncelles, sous l'impulsion de Pina Carmirelli et Arturo Bonucci ouvrit de nouvelles perspectives en se donnant pour mission l'enregistrement[58] et la diffusion d'une musique jusqu'alors négligée.

De nos jours, Alessandro Dozio résume en quelques mots la situation discographique de Boccherini par rapport à celle d'autres compositeurs de la même époque : « Alors que plusieurs interprétations – par exemple – de l'intégrale des quatuors de Haydn sont disponibles sur un marché parfois pléthorique, la discographie de Boccherini présente des lacunes importantes ; aucun enregistrement complet de ses trios, quatuors et quintettes n'a été réalisé à ce jour[91] ».

L'ensemble italien de musique de chambre, La Magnifica Comunità a gravé de nombreux quintettes à cordes avec deux violoncelles sous le label Brillant Classics[92] au sein d'une édition Boccherini.

Créée en 2012, une station espagnole de radiodiffusions sur Internet est exclusivement dédiée à la musique de Boccherini[Note 20].

L'œuvre[modifier | modifier le code]

Style[modifier | modifier le code]

dessin d'un buste de Haydn par Mazas
Dessin au crayon de Jacques Féréol Mazas (1782–1849). Mazas a étudié le violon avec Pierre Baillot[93] à Paris. Dans le premier tiers du XIXe siècle il voyage à travers l'Europe et séjourne en Espagne pendant deux ans. C'est à cette occasion qu'il croque un buste. Mais d'après Jean-Baptiste Cartier, Mazas a pris pour modèle, non celui de Boccherini, mais un buste de Haydn[94].

Le musicologue Ludwig Finscher, éditeur de Boccherini, explique ce qui change à la fin du XXe siècle dans la perception du rapport entre Haydn et Boccherini :

« Parmi les compositeurs importants du XVIIIe siècle, c'est certainement à Boccherini que l'histoire a fait le plus de tort. La recherche et la pratique musicales commencent lentement à découvrir l'autre Boccherini : le contemporain et, à maints égards, le rival de Haydn, dont l'importance historique et esthétique commence à se faire sentir. »

— Ludwig Finscher, 1977.

Ce constat est récurrent depuis que Charles Burney, dans le dernier quart du XVIIIe siècle, avait posé le problème en des termes plus généraux :

« Les italiens ont tendance à pécher par négligence, et les Allemands par complication, car la musique, pour les premiers, semble un jeu, et pour les seconds, un travail. Les italiens n’ont sans doute pas leur pareil pour badiner avec grâce, de même que les Allemands détiennent seuls le pouvoir de rendre l’effort agréable[texte original 6]. »

— Charles Burney, 1775[95].

Un peu plus tard, dans la première moitié du XIXe siècle, François-Joseph Fétis se fait écho, avec quelque exagération, de son originalité et de sa fragilité :

« Jamais compositeur n'eut plus que Boccherini le mérite de l'originalité : ses idées sont tout individuelles, et ses ouvrages sont si remarquables sous ce rapport, qu'on serait tenté de croire qu'il ne connaissait point d'autre musique que la sienne. [...] Bientôt cette musique ravissante sera tombée dans un profond oubli ; car le nombre d'amateurs intelligents qui la connaissent et en sentent les beautés diminue chaque jour. Je fais ce qui est en mon pouvoir pour en perpétuer le souvenir, en la faisant exécuter par les jeunes artistes du Conservatoire de Bruxelles ; mais bientôt je ne serai plus : Dieu sait ce qui en adviendra quand j'aurai fermé les yeux. »

— François-Joseph Fétis, Biographie universelle des musiciens[96], 1844[97].

Mais le rendu soyeux de sa musique est aussi noté par D'Annunzio dans une page de son roman L’Enfant de volupté, où il évoque l'audition d'un quintette :

« ...il m'a semblé magnifique, très neuf, plein d'épisodes inattendus. Je me rappelle fort bien qu'en certains passages le quintette était ramené au duo par l'emploi de l'unisson ; mais les effets produits par la différence des timbres étaient d'une finesse extraordinaire. Je n'ai rien retrouvé de semblable dans aucune autre composition instrumentale[texte original 7]. »

— Gabriele D'Annunzio, Il Piacere 1889[98].

A contrario, Louis Spohr, après avoir entendu un quintette de Boccherini à Paris, s'exclama : « Je pense que cela ne mérite pas le nom de musique ![96] ».

La musicologie n'est pas tendre avec la production boccherinienne. Des ouvrages savants consacrent des dizaines de pages à Mozart et Haydn et expédient Boccherini en quelques lignes. Charles Rosen dans son livre sur le style classique « ne mentionne Boccherini qu'à la dérobade, uniquement pour rabaisser[91] » : « travaux agréables mais insipides », musique « falote et anodine[91] ».

Anner Bylsma, le violoncelliste néerlandais qui a consacré plusieurs disques au musicien italien et joué aussi bien les concertos que la musique de chambre de Haydn que ceux de l'italien, confie son opinion sur le caractère de sa musique, là aussi, en comparaison avec l'autrichien :

« Comparé à Haydn, qu'il respectait beaucoup, Boccherini est un producteur de son plutôt qu'un architecte. Il n'a aucun scrupule a répéter plusieurs fois le même élément, simplement pour la beauté des sons. En fait Boccherini compose des couleurs – j'aimerais parfois l'appeler le premier impressionniste. Lorsqu'on joue ses quintettes – qui sont à mes yeux le chef d'œuvre de sa production – l'un joue une corde pleine, l'autre un pizzicato, et tout devient couleur et béatitude. Certes, il y avait aussi des couleurs déplaisantes (un commentaire privé sur l'interprétation d'une sonate par Boccherini lui-même à Paris, qualifie son jeu de « Rauque[99] »). Pour que l'éventail des couleurs puisse se déployer entièrement, il est préférable de jouer Boccherini sur un instrument d'époque à cordes de boyaux[100] »

L'admiration pour Haydn évoquée par Anner Bylsma se trouve dans une lettre à son éditeur viennois Artaria :

« Si parmi Vos Seigneuries il se trouvait quelqu'un (ce que je crois probable) qui connaisse Monsieur Joseph Haïden (sic) écrivain admiré au plus haut point par moi et par tout le monde, qu'il veuille bien lui présenter mes respect et lui dire que je suis un de ses plus passionnées appréciateurs et admirateurs aussi bien de son génie que de ses compositions musicales auxquelles on rend ici tout l'estime qu'en pleine justice elles méritent. »

— Luigi Boccherini, lettre à Artaria, février 1781.

Boccherini et l'Espagne[modifier | modifier le code]

Son inspiration part d'un double mouvement celui d'intégrer l'idiome musical à proprement parler et celui d'apporter la culture italienne aux musiciens espagnols[101]. Par exemple Manuel Canales, dont les quatuors opus 1 sont publiés en 1801, lui sont redevables autant qu'à Haydn.

Il intègre nettement les influences espagnoles à la fin des années 1770, lorsqu'il est à Arenas, retiré de l'agitation de la vie madrilène.

Musique de chambre[modifier | modifier le code]

  • Première œuvre : 1760 (op, 1)
  • Dernière œuvre : 1804 (op. 64 no 2)
    Catalogue :
  • Sonates pour violoncelle G.1–19, 562–580 et 7 deest
  • Sonates pour violon G.20–55, 570
  • Duos pour violons G.56–72
  • Duos de violoncelles G.73–76, 571 et 572
  • Trios G.77–142, 577 et 578
  • Trios avec piano G.143–154
  • Quatuors G.159–258
  • Quintettes (2 vl.) G.265–405
  • Quintettes avec piano G.407–418
  • Quintettes avec flûte G.419–444
  • Quintettes avec guitare G.445–453
  • Sextuor G.454–466
  • Octuors G.467, 470–472

La musique de chambre occupe l'essentiel de l'œuvre de Luigi Boccherini. En particulier ses nombreux quintettes à cordes avec deux violoncelles, genre instrumental qui devait lui survivre et s'épanouir au XIXe siècle avec ceux de Cambini, George Onslow et Franz Schubert.

Du trio au sextuor on compte par dizaines les opus : 42 trios à cordes, 91 Quatuors à cordes, 113 Quintettes à deux violoncelles (per due violoncelli obbligati) dont la composition embrasse la période de 1771 à 1795. Il touche aussi à d'autres ensembles : 12 quintettes avec deux altos, 3 quintettes avec contrebasse et 6 sextuors. On le voit, Boccherini affectionne les cordes et délaisse le piano. Mais il n'est pas absent : les 12 quintettes, dont les six « à la nation française », sont dignes d'intérêt. De même que la flûte ou la guitare.

En ce qui concerne le quintette à deux violoncelles la quantité s'explique par les exigences de deux de ses commanditaires : l'Infant d'Espagne et Frédéric-Guillaume II. Le premier possédait déjà un quatuor, auquel s'intégra le musicien en tant que violoncelliste. Le second, violoncelliste amateur pouvait jouer avec Duport. D'ailleurs, comme Boccherini l'écrit à Pleyel, son éditeur parisien, il se sentait « obligé » d'écrire des œuvres pour deux violoncelles.

Les quatuors à cordes[modifier | modifier le code]

Conformément à la hiérarchie de son temps, c'est le quatuor à cordes qui occupe la première place dans la musique de chambre. Reflet du succès : jusqu'en 1789, seulement pour Paris, sont publiés plus de 1000 œuvres[102] de ce genre.

Boccherini y consacre toute sa vie de compositeur : de sa première (publiée) et jusqu'à sa dernière œuvre, quarante-cinq ans plus tard ; et ce, sans être sujet aux demandes ou aux goûts changeant de ses commanditaires et employeurs. La production chez Boccherini est abondante, régulière et immédiatement douée d'une parfaite maîtrise du genre apportant sa contribution au répertoire.

Comme le rappelle Marc Vignal, Haydn et Boccherini « écrivirent, indépendamment l’un de l’autre, les premiers grands spécimens du genre qui devait rapidement dominer la musique de chambre au sens moderne, ou plutôt la symboliser : le quatuor à cordes. [...] Il s’agit là d’appellations plus tardives, pas toujours utilisées avant 1800[103]. » En effet, au XVIIIe siècle, le terme n'est pas encore fixé. Dès 1761 Boccherini dans son registre, indique sonates à quatre pour désigner son opus 2. Cependant, le titre de l'édition parisienne de 1767 est bien quartetti. Chez Haydn, pour la même formation, l'opus 1 est encore Divertimenti, et quartett n'apparaît seulement qu'avec son opus 9, en 1769.

C'est Boccherini qui introduit le quatuor brillant, où « le premier violon domine les autres instruments[102] », à la fin des années 1760. Le terme lui aussi est fluctuant. Dans les éditions de l'époque le terme est synonyme à concertant, ou comme chez Henri-Joseph Rigel Quatuors dialogués (c. 1773). Parfois même les termes concertant et dialogués sont accolés[104].

Naissance du quatuor à cordes – période 1761–1774
année Boccherini
(91 quatuors)
Haydn
(68 quatuors)
Mozart
(23 quatuors)
autres compositeurs notes
1761 6 quatuors opus 2 Boccherini a 18 ans.
1767 pub. op. 2 à Paris
1768 Baudron, 6 quatuors opus 3 Les quatuors de Baudron sont considérés comme les premiers composés par un Francais[105]
1769 6 quatuors opus 8 6 quatuors opus 9 Haydn a 38 ans.
1770 6 quatuors opus 9 Gossec 6 quatuors opus 14, Vachon[106], 6 quatuors opus 5 (composé avant) Chez Gossec, dans l'op. 14, le premier violon peut être substitué à la flûte.
1771 6 quatuors opus 17 Gossec, 6 quatuors opus 15, Vachon, 6 quatuors opus 6 et 7
1772 6 quartettini opus 15 et pub. op. 9 6 quatuors opus 20, et pub. op 9 à Paris Quatuors Milanais, K. 155-160 Gossec : pub. op. 15 en février Mozart à 16 ans. Les quatuors de Mozart restent inédits.
1773 6 quintettini opus 17 pub. op 17 à Paris Quatuors Viennois, K. 168-173 Davaux, 6 quatuors opus 6[107], Rigel, 6 quatuors dialogués opus 10 Les Mozart restent inédits. Davaux († 1822) compose une vingtaine de quatuors. Seul opus de Rigel consacré au quatuor, œuvre d'envergure et de grande richesse[104].
1774 6 quintettini opus 19 pub. op 20 à Paris Canales, 6 quatuors opus 1, Vachon opus 9 (perdu) L'opus de Canales est le premier du genre publié à Madrid. Vachon : opus suivants no 11 (1782).
1774 6 quartettini opus 22 Haydn ne revient au quatuor qu'avec l'opus 33 en 1781 et l'opus 50 en 1787, deux ans après la dédicace des quatuors de Mozart à Haydn.
total de la période 42 18 12

Les 91 quatuors à cordes de Boccherini composés de 1761 à 1804, reflètent les changements de son style ainsi que des transformations de l'esprit musical de l'époque, pendant quarante années. S'il part d'un schéma qu'il doit à Sammartini, qu'on peut appeler galant, il s'en détache avant la fin des années 1770 par l'opus 24, où son langage s'approfondi, devint plus strict et plus virtuose, notamment au violoncelle qui réclame de grandes capacités (G.194).

Musique avec guitare[modifier | modifier le code]

Musique avec vents[modifier | modifier le code]

Boccherini écrit plusieurs œuvres avec flûte et cordes : l'opus 16 avec quintette (contrebasse ad libitum); les opus 17, 19 et 55 avec accompagnement d'un quatuor. Les premiers publiés par La Chevardière sont pour flûtes, les derniers (op. 55) indifféremment écrits pour hautbois ou flûte.

À part une œuvre en partie perdue, l'opus 38, nous avons avec flûte également un sextuor et un octuor de 1787, tous publiés par Pleyel en 1798.

Musique symphonique[modifier | modifier le code]

  • Nombre : 27
  • Première œuvre : 1771
  • Dernière œuvre : 1792
  • Catalogue : G. 490-576
  • Publiées, 3 séries de 6 :
    • op. 12 (1771, pub. 1776)
    • op. 21 (1775, pub.)
    • op. 35 (1782, pub.)

Le nom de Boccherini évoque plutôt la musique de chambre et son œuvre symphonique, bien qu'abondante, reste encore peu jouée. Déjà son premier biographe qualifiait le genre de « quintettes renforcés ». La critique du XIXe siècle était peu tendre avec l'œuvre symphonique : « Quant à Boccherini, dont quelques ouvrages de musique de chambre sont restés célèbres, ses symphonies, ainsi que le remarque un de ses biographes, ne sont, à vrai dire, que des quintettes ou des sextuors un peu renforcés[108]. »

Musique concertante[modifier | modifier le code]

Concertos pour violoncelle[modifier | modifier le code]

  • Nombre : 12
  • Catalogue : G. 474–484, 573, deest
    publiées :
  • no 4, 6–8, G. 477, 479–481 (Paris 1770–71)
  • no 10, G. 483 (1782)

Les 12 concertos pour violoncelle et orchestre – ceux qui ont survécu du moins – témoignent. des immenses difficultés techniques ainsi que de l'agilité stupéfiante du soliste. Il utilise notamment le registre aigu de l'instrument dans de redoutables passages en double notes, ou des arpèges sur trois ou quatre cordes. Cette virtuosité et le lyrisme du langage, fait toute l'estime que lui portent ses contemporains. Témoins, les éditions précoces de cinq concertos à Paris, deux ans après son passage et leur réédition en 1810. Il fallut attendre 1900 pour les voir reparaître, mais considérablement modifiés...

Boccherini violoncelliste a notablement enrichi le répertoire. Pour se replacer dans le contexte des productions de l'époque (sans compter ceux de Vivaldi, plus anciens), Leopold Hofmann – qui aurait pu rencontrer Boccherini lors de son séjour viennois[109] – en compose 8[110], Pleyel 5, CPE Bach en laisse 3 (qui sont des transcriptions de concertos pour clavecin écrits vers 1750), Haydn 2 (c.1765 et 1783), Carlo Graziani 2, Anton Kraft un seul. Là encore, Boccherini se montre prolifique.

Le plus joué de tous est sans conteste le neuvième, en si bémol majeur G.482, pour lequel Friedrich Grützmacher a écrit une cadence.

Autres concertos[modifier | modifier le code]

Musique vocale et religieuse[modifier | modifier le code]

Même si le musicien a composé plusieurs oratorios, cantates, motets et messe ou mouvements de messe isolés – dont certaines perdues ou fragmentaires – le répertoire vocal est moins étendu. Pourtant l'arrière-petit-fils, Alfredo dans sa biographie de son grand père en 1879 souligne que: « La liste des œuvres de musique vocale est aussi considérable que celle de la musique instrumentale. »

Il existe nombre d'arias sur des textes de Metastase, destinées aux soirées académiques ou aux concerts. Parmi elles, une série de douze destinée à la publication et vendues le 18 août 1797 à Pleyel ; mais le projet de s'est pas concrétisé. Les partitions sont depuis conservées à Paris. On peut se poser la question sur cette absence d'édition de l'œuvre vocale, alors qu'il vendait si facilement ses compositions de chambre.

Ses pièces les plus jouées sont sans conteste son Stabat Mater dans sa version pour soprano et quintette à cordes et depuis peu, sa zarzuela, La Clementina.

Le Stabat Mater[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Stabat Mater (Boccherini).

Une première version de 1781, est une commande de Don Luis. Elle est conçue pour un effectif réduit à l'image des moyens dont disposait l'Infant en exil en Arenas : une voix de soprano et un quintette à cordes. La voix se mêlant intimement aux cordes pour ne plus constituer qu'un sextuor.

Sur un poème de Jacopone da Todi, Boccherini suit Pergolèse pour sa tonalité de départ de fa mineur.

Lorsqu'il reprend l'œuvre presque vingt ans plus tard au tournant du siècle, il lui adjoint une ouverture (le premier mouvement de la symphonie op. 35 no 4 de 1782) et réécrit la partie vocale pour trois voix : deux sopranos et ténor, sans rien toucher aux cordes, bien que destiné à un orchestre au complet. Ainsi remodelé, l'ouvrage est vendu en 1801 à l'éditeur napolitain Giuseppe Amiconi et prend le numéro d'opus 61 dans le catalogue recensant ses œuvres.

La Clementina[modifier | modifier le code]

Article détaillé : La Clementina.

La Clementina (1786) est la seule œuvre pour la scène de Boccherini. Ce n'est pas un opéra à l'italienne, mais une zarzuela, forme espagnole remontant au XVIIe siècle, mêlant texte et musique. Dans la zarzuela, les parties parlées sont très développées, mais les livrets sont « écrits sur un ton badin[101] ». Le chant se ménage une place en fonction de la vraisemblance de l'alternance entre le parlé et le chanté.

Dans cette œuvre, comme souvent chez de la Cruz, le librettiste, l'action présente des personnages de la vie de tous les jours et différentes caractéristiques de la société espagnole. Des rôles d'ancien régime et d'autres personnages plus progressistes.

La musique s'articule en deux actes, comporte 21 numéros et emploie quatre chanteuses et deux hommes seulement (si l'on excepte les deux rôles muets). Certains personnages féminins (Narcisa et Cristeta, la femme de chambre) sont parfois associé à l'indication musicale con smorfia (grinçant) par Boccherini, qui demande aux chanteuses de feindre l'innocence.

Le premier acte se déroule autour d'une leçon de musique donnée aux deux jeunes filles de Don Clemente, en âge de se marier : Clementina, la soumise et Narcisa plus espiègle. Deux hommes sont candidats à épouser ces beaux partis : don Urbano, un Portugais de passage à la cour pour Clementina et le marquis de la Ballesta pour l'une des deux.

Au second acte, on découvre que Clementina est fille adoptive de Don Clemente et sœur de don Urbano. Ce dernier et Clementina retourneront au Portugal et le marquis pourra demander la main de Clementina à son véritable père...

Restée dans l'ombre pendant deux siècles, c'est en 1985 à Madrid, que la zarzuela est remontée dans sa version originale.

Les Arrangements[modifier | modifier le code]

Parmi les sources, il existe quantité d'adaptations ou de transcriptions dont la valeur reste discutable en l'absence des manuscrits autographes. Ce qui ne rend pas le travail musicologique aisé, d'autant que nombre de manuscrits ont été perdus lors de la guerre civile en Espagne en 1936.

Un cas fameux de falsification dommageable, a été celle faite par le violoncelliste allemand Friedrich Grützmacher (1832–1903) à un concerto pour violoncelle et orchestre de Boccherini. Cette « transcription » très édulcorée, – qualifiée même de « glose » par Tortella[111] – rend l'œuvre quasi méconnaissable. Il s'agit du concerto pour violoncelle en si-bémol majeur [G.482]. Le violoncelliste allemand lui a intégré quelques mesures d'un autre mouvement de concerto, l’andantino grazioso du [G.480]. Grützmacher a aussi composé des cadences pour les concertos de violoncelle de Joseph Haydn et de Boccherini, réarrangé les suites pour violoncelle solo de Bach, et... le fameux menuet.

Un travail curieux est celui de Johann Christoph Lauterbach (1832-1918), violoniste de formation, et Konzertmeister aux conservatoires de Münich et de Dresde, qui se proposait de représenter le plus beau jamais écrit par Boccherini en assemblant un quintette à cordes en ut majeur [G.378] de différents morceaux. Le collage débute par un Andante con moto issu de l'op. 42 no 2 [G.349], suivi d'un Menuet de l'op. 29 no 2 [G.314], avec un Trio de l'op. 29 no 6 [G.318], puis lui succède un Grave de l'op. 31 no 1 [G.325], pour finalement conclure par le magnifique Rondo de l'op. 28 no 4 [G.310]. Il ne fut publié qu'en 1954.

Par ailleurs, il existe de nombreux arrangements des quatuors à cordes de Boccherini pour différentes combinaisons. Les plus célèbres, car ils n'enlèvent rien à l'esprit intimiste de son œuvre, sont ceux qui ont été réalisés pour quatuors à vents (clarinette, flûte, cor et basson[Note 21]) par Othon Van den Broek[112]. Ce sont pour la plupart des arrangements de mouvements différents de quatuors réunis en un seul.

On trouve aussi les six quatuors de l'opus 26 [G.195-200] (1778), arrangés pour deux claviers à la fin du XVIIIe siècle.

Plus proche de nous, Luciano Berio a transcrit en 1975 les quatre versions de la « Ritirata notturna di Madrid » en les superposant : Quattro versioni originali della « Ritirata notturna di Madrid » covrapposte e transcritte per orchestra. Berio, par de légères modifications, apporte timbres et couleurs, percussions, tambours et trompettes dans un puissant crescendo, avant de laisser s'éteindre doucement la musique dans le silence nocturne. La pièce était une commande destinée à l'orchestre de la Scala, comme ouverture.

Catalogue[modifier | modifier le code]

Le catalogue d'opus que Boccherini tenait sa vie durant comprend 64 numéros, mais ne recense que les œuvres publiées. Il faut attendre la publication d'un ouvrage du musicologue français Yves Gérard (né en 1932) en 1969, pour avoir une source exhaustive. Une révision de ce catalogue des œuvres de Boccherini, coordonnée par Yves Gérard, est en cours de préparation (Gérard 2).

Autres œuvres[modifier | modifier le code]

Le menuet, toile de Giandomenico Tiepolo
Le menuet (1756) par Giandomenico Tiepolo (1727–1804) - Musée national d'art de Catalogne, Barcelone. Giandomenico Tiepolo est à la cour de Charles III avec son frère Lorenzo à partir de 1762, et retourne seul à Venise dès 1770. Son frère meurt à Madrid en 1776.
Le menuet s'intègre dans les œuvres de Lully à Beethoven. Dans une symphonie il apparaît pour la première fois en 1740 sous la plume du viennois Georg Matthias Monn et supprimé avec Beethoven, qui le remplace par le Scherzo, à la même découpe (un trio central), mais plus rapide. Il apparaît à titre ironique dans la Huitième symphonie[114] (1814) et n'a plus rien d'une musique de cour.
  • Musique de chambre
    • Sonates pour deux violoncelles [G.74-75].
    • Sonates pour violoncelle solo (et basse continue) [G.1-19], [G.562-569] et [G.579-580].
  • Œuvres concertantes
  • Œuvres symphoniques
    • Sérénade, en ré majeur, pour petit orchestre (2 violons, basse, 2 hautbois, 2 cors) [G.501] (probablement composée pour le mariage de l'Infante Don Luis d'Espagne, en 1776).
    • Symphonie en do majeur, pour grand orchestre (guitare, 2 violons principaux, 2 violons, alto, violoncelle, basse, 2 hautbois, 2 cors, basson) [G.523] (arrangement pour le Marquis de Bonavente, en 1798, du quintette à cordes op. 10 no 4, [G 268]).
  • Œuvres vocales
    • Kyrie [G.529] (1764/6) pour chœur à 4 voix mixtes et orchestre.
    • Gloria [G.530] (1764/6) pour solistes (soprano, ténor, basse) et chœur à quatre voix mixtes avec orchestre.
    • Cantates : [G.536] et [G 543]
    • 2 oratorios : [G.537], [G.538]
    • La Clementina : [G.540], opéra-zarzuela en 2 actes, livret de Ramón de la Cruz (créé fin 1786).
  • Transcriptions
    • Quintettes [G.379-G.406], pour deux violons, deux altos et violoncelle (arrangement des opus 56 et 57)
    • Quintettes [G.445-451[115], 453] (1798–99), pour guitare, deux violons, alto et violoncelle - Le G.552 est perdu
  • Attributions douteuses
    • Symphonie, en ré majeur, pour petit orchestre (2 violons, alto, basse avec 2 cors ad lib.) [G.500]. Est peut-être de Herman-François Delange (1715–1781).
    • Concertos pour violon, [G.485], [G.486], [G.574] (douteux quant à leur attribution à Boccherini).
    • Concerto en ré majeur, pour flûte et orchestre [G.489] (attribution incorrecte, œuvre de František Xaver Pokorný).
    • Concerto en ré majeur, pour flûte et orchestre [G.575].

Catalogue Gérard[modifier | modifier le code]

Lors des différentes publications chez les éditeurs de France ou d'Autriche des numéros différents pour des œuvres identiques ont été attribués, semant la confusion. En 1969, le musicologue français Yves Gérard publie un catalogue complet des œuvres du compositeur : Thematic, Bibliographical and Critical Catalogue of the Works of Luigi Boccherini, Oxford University Press, 1969. Les œuvres y sont identifiées par un numéro précédé de la lettre G. Les manuscrits découverts depuis n'ont pas (encore) d'attribution de numéros et portent un G. deest (manquant).

Fonds de manuscrits[modifier | modifier le code]

Les manuscrits de Boccherini sont localisés principalement à Paris et Berlin, Lucques et Madrid. La bibliothèque de l'Opéra de Paris à la BNF, conserve 617 œuvres manuscrites ou éditées. Les œuvres écrites pour Frédéric de Prusse sont à la Staatsbibliothek de Berlin. L’Istituto Musicale de Lucques possède cinq œuvres : les quatuors opus 2 et 9, la seconde version du Stabat Mater et deux autres œuvres vocales, la cantate La Confederazione dei Sabini con Roma et un Laudate Dominum.

Hommages ou dédicaces[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Géographie[modifier | modifier le code]

L'Île Alexandre-Ier, dans l’Antarctique, possède un bras de mer nommé Boccherini.

Discographie[modifier | modifier le code]

Musique de chambre[modifier | modifier le code]

Sonates, quatuors, sextettes[modifier | modifier le code]

  • Sonates pour violoncelle et basse continue
    • Le sonate milanesi a violoncello solo e basso, [G.1-18, G.565, 565bis, 566, mi-bémol majeur, sol majeur, la majeur] - Luigi Puxeddu, I Virtuosi della Rotonda (2007-8, Brilliant Classics-93784);
    • Sonate a violoncello solo e basso, [G.2b, G.4, G.5, G.13, G.15, G.18] - Michal Kanka (Praga Digitals PRD 250 147).
  • Sonates pour clavecin ou pianoforte et violon
    • Sei sonate di cembalo e violino obbligato Opera V [G.25-30], Emilio Moreno, violon ; Jacques Ogg, clavecin, El Escorial (2000, Glossa GDC 920306).
    • Sonate per fortepiano con accompagnamento di un violino [G.25-30], Franco Angeleri, pianoforte ; Enrico Gatti, violon (Bologna, 4 ed. 2001, Tactus TC 740201).
  • Duos
    • Sei duetti per due violini op. 5 (op. 3) [G. 56-61] - Marco Rogliano et Gianfranco Iannetta, Bologne, (2005, Tactus TC 740204).
  • Trios à cordes
    • Sei Trii op.1, [G.77-82] - Trio Arcophon, (Rivoalto CRA 9001,1998- ADD 1969);
    • La bona notte et trois Trios [G.102, G.93, G.62, G.98] - La Real Cámara, Barcelone (1994, Glossa GCD 920301);
    • Boccherini en Boadilla. Trios op. 14 [G. 95-100], La Real Cámara, San Lorenzo de El Escorial (2007, Glossa GCD 308);
    • Trios op. 34, Vol. I, [G. 101, 102 et 103], Vol. II, [G. 104, 105 et 106] - La Ritirata : Hiro Kurosaki, Lina Tur Bonet (violons), Josetxu Obregón (violoncelle et direction artistique) (Barcelone, 2010 et 2010, Columna Música 1CM0258 et 1CM0275) ;
    • 6 trios opus 47, [G.107-112] - Ensemble Europa Galante (1991, Opus 111 OPS 41-9105);
    • Los Últimos Tríos [G.114, G.116, G.117, G.118], La Real Cámara, San Lorenzo de El Escorial (1995, Glossa, GDC 92030).
  • Quatuors à cordes
    • Sei quartetti per archi, op. 2 [G.159-164] - AleaEnsemble (2008, Stradivarius, STR 33758);
    • Cuartetos op. 8 [G.165-170], Artaria String Quartet, (2012, Columna Música 1CM0221);
    • Sei quartetti per due violini, alto e violoncello dedicati alli Signori Diletanti di Madrid op. 9 [G. 171-176] - Artaria Quartet (2007, Música Antigua);
    • Quatuors à cordes op. 32 (1, 2) et op. 39 [G. 201, 202, 213], op. 32 (3-6) [G. 203, 204, 205, 206] - Quartetto Borciani, Ivrea-Italie (2000, Naxos 8.555042 et 8.555043);
    • Quatuors à cordes op. 52 (1-4) [G.232-235] - Quartetto d'archi di Venezia, Genoa (1996, Dynamic CDS154).
    • Quatuors à cordes op. 58, The Revolutionary Drawing Room (1992, 2CD CPO 999 070-2)
  • Sextuors à cordes
    • Sextuors à cordes op. 23 [G.457, G.454, G.459, G.456], Königsdorf (1992, Capriccio, 10450);
    • Sextuors à cordes op. 23 [G.454, G.455, G.458], Ensemble 415 (1994, Harmonia Mundi 901478).

Quintettes[modifier | modifier le code]

  • Quintettes à cordes avec deux violoncelles
    • Quintettes à cordes avec deux violoncelles, op. 10 [G.265-270] (1770), op. 11 [G.271-276] (1770), op. 13 [G.277-282] (1772), op. 18 [G.283-288] (1774), op. 20 [G. 289-294] (1775), op. 25 [G. 295-300] (1778), op. 27 [G. 301-306] (1779), op.28 [G.307-312] (1779) - La Magnifica Comunità, Padoue-Italie, (2004-2010, Brilliant Classics 8 CD);
    • Quintettes à cordes avec deux violoncelles, op. 45 no 4, op. 46 no 4 & op. 11 no 6 Uccelleria - Europa Galante, Dir. Fabio Biondi (1993, Opus 111 OPS 30-82);
    • Quintettes à cordes avec deux violoncelles, op. 25 nos 1, 4 & 6 et extrait op. 11 no 5 Menuet - Europa Galante, Dir. Fabio Biondi (2001, Virgin 5 45421 2).
  • Quintettes avec piano
    • Quintettes avec piano, op. 56 & 57 [G.407, G.408 et G.411] et [G.414, G.415 et G.418] - Quatuor Mosaïques, Patrick Cohen, piano-forte (1992 & 1990, Astrée E 8518 & E 8721);
    • Quintettes avec piano, op. 56 & 57[G.407-412 et G.413-418] - Ensemble Claviere (2005, Brilliant Classics 92890).
  • Quintettes pour formations diverses
    • Quintettes avec deux altos [G.391, G.397, G.395] - Ensemble 415, Dir. Chiara Banchini (1993, Harmonia Mundi 901402);
    • Quintettes avec contrebasse op. 39 [G.337-339] - Ensemble 415 Dir. Chiara Banchini (1990, Harmonia Mundi 901334);
    • Quintettes avec flûte op. 17 [G.419-424] - Alexandre Magnin, flûte, Quatuor Janacek (1995, Naxos 8.553719);
    • Quintettes avec flûte op. 19 [G.425-430], Auser Musici, Pise, (2007, Hyperion CDA 67646);
    • Quintettes avec hautbois op. 55 [G.431-436], Lajos Lencsés, hautbois, Quatuor Parisii (1992, Capriccio 10 454);
    • Quintettes avec flûte [G.437-442] - Jean-Pierre Rampal, R. Pasquier, B. Pasquier, R. Pidoux, M. Sterna (1996, Sony SK 62 679).

Musique symphonique[modifier | modifier le code]

  • Symphonies op. 7 & 10, 12, 21, 35, 37 (1, 3-4) & 41, 42 & 45 - Deutsche Kammerakademie Neuss, Dir. Johannes Goritzki (1991/93, 8CD CPO 999 084-2 & 999 172 à 178-2).
  • Quatre Symphonies op. 37 nos 1, 3, 4 [G.515, 517, 518] et op. 42 [G. 520] - London Festival Orchestra Dir. Ross Pople (Londres 1995, Hyperion CDA 66904).
  • Sinfonie a grande orchestra op. 37 nos 1, 3, 4 [G.515, 517, 518] (1786/87) - Academia Montis Regalis, Dir. Luigi Mangiocavallo (1996, Opus 111 OPS 30-168).
  • Sinfonie Concerto a più instrumenti obbligati op. 37 nos 2 [G.516], Sinfonie op. 41 [G. 519], Concerto pour violoncelle no 10 [G.483], Octuor [G.470] - Orchestre Pratum Integrum, Dir. Pavel Sherbin (23-26 avril 2010, Caro Mitis CM 0012010)
  • Symphonies op. 35, 41 & 42 [G.519, G.513, G.508, G.520] - Akademie für Alte Musik Berlin (1997-2003, Harmonia Mundi HMA 1951597).
  • Fandango, Sinfonia & La Musica Notturna du Madrid - Le Concert des Nations, Dir. Jordi Savall (2005, Alia Vox AV 9845).

Concertos pour violoncelle[modifier | modifier le code]

  • Concertos G.480 & 483 et Sinfonia G.497 & 506 - Anner Bylsma, Tafelmusik, Dir. Jeanne Lamon (25-27 septembre 1988, DHM RD 77867)
  • Concertos pour violoncelle, Ouvertures, Octuor & Sinfonia - Anner Bylsma, Tafelmusik, Dir. Jeanne Lamon (1993, Sony KS 53 121)
  • Concertos pour violoncelle G.477, 478, 479 & 480 - Ivan Monighetti, violoncelle, Akademie für Alte Musik Berlin (1993, Berlin Classics 0010562BC)

Œuvres vocales[modifier | modifier le code]

  • Stabat Mater [G.532a] (vers. 1781) - Agnès Mellon, soprano, Ensemble 415, Dir. Chiara Banchini (1992, Harmonia Mundi HM 901378)
  • Stabat Mater [G.532a] (vers. 1781) - Roberta Invernizzi, L'Archibudelli (2003, Sony SK 89 926)
  • Stabat Mater [G.532a] - Sophie Karthäuser, soprano ; Francois Poly, violoncelle ; Hervé Douchy, violoncelle, Ensemble Les Folies Françoises (2007, Ricercar).
  • La Confederazione dei Sabini con Roma [G.543] - Orchestra da camera “Luigi Boccherini” (Lucques, 1998, Bongiovanni, GB 2226-2)
  • La Clementina [G.540] - María Hinojosa (Clementina), Marta Rodrigo (Doña Damiana), Sonia de Munck (Narcisa), David Alegret (Don Urbano), La Compania del Principe Aranjuez, Dir. Pablo Heras-Casados (23, 24 et 25 juin 2008, Musica Antigua Aranjuez MAA 008[117])

Transcriptions[modifier | modifier le code]

  • Six Quatuors pour le clavecin ou pianoforte, violon, viola et basse obligé [G.259] - La Real Cámara, Dir. Emilio Moreno (2011, Glossa GCD 920312).
  • Quartetti op. 26 (1778) per due pianoforti [G.76] - Anna Clemente et Susanna Piolanti (2012, Tactus TC740209).
  • Sonates pour violoncelle et basse continue [G.1,4,5,6,10 et 13] (arrangement pour violoncelle et piano Alfredo Piatti), Fedor Amosov et Jen-Ru Sun, (2010, Naxos 8.572368).
  • Quatuors pour ensemble à vents [G.262/1,G.262/2,G.262/3] et [G.263/1,G.263/2,G.263/3] (arrangement Othon Van den Broek), Ens. Consortium Classicum (Orfeo C322941A).

Extraits musicaux[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Éditions musicales modernes[modifier | modifier le code]

  • Pina Carmirelli (éd.), Le opere complete di Luigi Boccherini, Rome, Istituto Italiano per la Storia della Musica,‎ 1970-1985 (Édition Incomplète)[118]
  • Aldo Pais (éd.), Edizione critica delle opere di Luigi Boccherini, Padoue, Guglielmo Zanibon,‎ 1983-91 (Édition Incomplète)
  • Antonio de Almeida (éd.), Luigi Boccherini : Sämtliche Sinfonie, Vienne, Musikverlag Doblinger, coll. « Diletto musicale »,‎ 1977-2005
  • (en+it+de) Christian Speck (éd.), Luigi Boccherini, Opera omnia (Italian National Edition), Bologne, Ut Orpheus Edizioni,‎ 2005 -[119].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it+es) Luigi Boccherini, Remigio Coli (notes) et Marco Mangani (introduction) (trad. Germán Labrador), Epistolario, Asociación Luigi Boccherini (Madrid) ; Sant Cugat : Arpegio, coll. « Tempo de Minuetto » (no 6),‎ 2011, 225 p. (ISBN 978-84-938261-8-5, OCLC 821029239)

Les premiers biographes[modifier | modifier le code]

  • Louis Picquot, Notice sur la vie et les ouvrages de Luigi Boccherini, suivie du catalogue raisonné de toutes ses œuvres, tant publiées qu'inédites, Paris, chez Philipp (=Camille Prilipp),‎ 1851, 135 p. (OCLC 6996585, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
    • rééd. : Georges de Saint-Foix et Louis Picquot, Boccherini : notes et documents nouveaux et Notice sur la vie et les ouvrages de Luigi Boccherini, Paris, Librairie musicale R. Legouix,‎ 1930, 203 p. (OCLC 2901630)
  • François-Joseph Fétis, Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique. [vol. 1], Paris, Firmin-Didot,‎ 1866–1868, 522 p. (OCLC 614247299, lire en ligne), p. 451-458. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (it) Arnaldo Bonaventura, Boccherini, Milan-Rome, Treves, Treves-Treccani-Tumminelli, coll. « I grandi musicisti italiani e stranieri (collezione diretta da Carlo Gatti) »,‎ 1931, 218 p. (OCLC 265245051)
  • Germaine de Rothschild, Luigi Boccherini. Sa vie, son œuvre, Paris, Plon,‎ 1962, 190 p. (OCLC 423512480)

Ouvrages modernes[modifier | modifier le code]

  • (it) Marcella Bertuccelli-Papi (éd.), (Collectif) (trad. Arianna Bartoli), Luigi Boccherini. Un musicista lucchese alla corte di Madrid, Lucques, Libreria Musicale Italiana,‎ 2009, 184 p. (ISBN 8870965538, OCLC 318632164)
  • (it) Remigio Coli, Luigi Boccherini, la vita e le opere, Lucques, Maria Pacini Fazzi,‎ 2005, 286 p. (ISBN 88-7246-679-2, OCLC 61665129)
  • (it) Luigi Della Croce, Il divino Boccherini : Vita. Opere. Epistolario, Padoue, G. Zanibon,‎ 1988, 330 p. (ISBN 8886642296, OCLC 21480582)
  • (it) Marco Mangani, Luigi Boccherini, Palerme, L'epos, coll. « L'amoroso canto » (no 3),‎ 2005, 301 p. (ISBN 88-8302-289-0, OCLC 63212512)
  • (de) Babette Kaiserkern, Luigi Boccherini, Leben und Werk : Musica amorosa, Weimar, Weimarer Verlagsgesellschaft,‎ 2014, 268 p. (ISBN 3737402132, OCLC 882905352)
  • (es) Barce, Ramón: Boccherini en Madrid (Primeros años: 1768-1779), Madrid, Instituto de Estudios Madrileños Europeos en Madrid, 1992.
  • (es) Biagioni, Ugo: Boccherini, Istituto Italiano di Cultura, Madrid, 1993.
  • (es) Tortelle, Jaime: Luigi Boccherini y el Banco de San Carlos, Editorial Tecnos, Madrid, 1998.
  • (es) Jaime Tortella, Boccherini, un músico italiano en la España ilustrada (Préface Yves Gérard), Madrid, Sociedad Española de Musicología, coll. « Sección C, Estudios » (no 8),‎ 2002, 534 p. (ISBN 8486878802, OCLC 52514815) Originellement, thèse de doctorat présenté à Barcelone en 1999.
Études[modifier | modifier le code]
  • (en) Yves Gérard, Thematic, Bibliographical and Critical Catalogue of the Works of Luigi Boccherini, Londres, Oxford University Press,‎ 1969, 716 p.
  • (en) Elisabeth Le Guin, Boccherini’s body: an Essay in Carnal Musicology, Londres, New York, Toronto, University of California Press,‎ 2005, 374 p. (ISBN 0520930622, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (es) Emilio Cotarelo y Mori, Orígenes y establecimiento de la ópera en España hasta 1800, Madrid, Tip. de la Revista de arch., bibl., y museos,‎ 1917, 458 p. (OCLC 10292840, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
Articles[modifier | modifier le code]
  • (en) Christian Speck, The New Grove Dictionary of Music and Musicians : Boccherini, (Ridolfo) Luigi, Londres, Macmillan,‎ (édité par Stanley Sadie) seconde édition, 29 vols. 2001, 25000 p. (ISBN 9780195170672), p. 749-764 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (es) Marco Mangani, Elisabeth Le Guin, et Jaime Tortella (éd.): Luigi Boccherini: Estudio sobre fuentes, recepción e historiografía (préface de J. A. Boccherini), Biblioteca Regional de Madrid Joaquín Leguina, Madrid, 2006.
  • (en) Christian Speck, « Boccherini as Cellist and his Music for Cello », Early Music, vol. 23,‎ 2005, p. 191-210
  • (de+it+en) Speck Christian (éd.), Boccherini Studies (collectif), Bologne, Ut Orpheus Edizioni, coll. « Boccherini Studies » (no 1) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (de+it+en) Speck Christian (éd.), Boccherini Studies (collectif), Bologne, Ut Orpheus Edizioni, coll. « Boccherini Studies » (no 2),‎ 2009, 236 p. (ISBN 978-88-8109-465-3, OCLC 836954228) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (de+it+en) Speck Christian (éd.), Boccherini Studies (collectif), Bologne, Ut Orpheus Edizioni, coll. « Boccherini Studies » (no 3),‎ 2011, 296 p. (ISBN 978-88-8109-475-2, OCLC 765809799) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (de+it+en+fr) Speck Christian (éd.), Boccherini Studies (collectif), Bologne, Ut Orpheus Edizioni, coll. « Boccherini Studies » (no 4),‎ 2014, 388 p. (ISBN 978-88-8109-486-8) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (de) Speck, Christian: Boccherinis Streichquartette. Studien zur Kompositionsweise und zur gattungsgeschichtlichen Stellung, Munich, Fink 1987 (Studien zur Musik, 7).
  • (en) Rudolf Rash (éd.), Understanding Boccherini's Manuscripts, Cambridge Scholars Publishing,‎ 2014, 258 p. (ISBN 9781443859202, OCLC 877038703)
  • (it) Luigi Della Croce, Le 33 Sinfonie di Boccherini: Guida e analisi critica, Turin, Eda, coll. « Collana Realta musicali »,‎ 1979, 251 p. (OCLC 5774842)
  • (it) Speciale Amadeus: Luigi Boccherini 1743-1805, supplément au no 5 (54) du mensuel musical Amadeus de mai 1994.
  • (it) Collectif: Luigi Boccherini dans L’Aldilà, Rivista di Storia della Tanatologia,Istituto Storico Lucchese, Année III, 1997, n. 2.
  • (it) Carmela Bongiovanni, « Luigi Boccherini a Genova (1765, 1767) : novità e precisazioni », Rivista Italiana di Musicologia, Florence, vol. 61, no 1,‎ 2008, p. 65 (ISSN 0035-6867, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (es) Jaime Tortella (Dir.), « Dossier Bicentenario de la muerte de Luigi Boccherini », Rivista Italiana di Musicologia, Madrid, vol. 27, no 2,‎ 2004, p. 605-812
  • (es) Jaime Tortella (Dir.), Luigi Boccherini : Diccionario de Términos, Lugares y Personas, Madrid, Asociación Luigi Boccherini (no 3),‎ 2008, 484 p. (ISBN 84-612-6846-6, OCLC 731149670) (en) lire en ligne Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Alessandro Dozio, « La musique de Luigi Boccherini: splendeur et misère d'une œuvre rare », Revue musicale de Suisse romande, Lausanne, vol. 63, no 4,‎ décembre 2010 (lire en ligne)

Ouvrages généraux, Roman[modifier | modifier le code]

  • Jean & Brigitte Massin (Dir.), Histoire de la musique occidentale, Paris, Fayard, coll. « Les Indispensables de la Musique »,‎ 1985, 1312 p. (ISBN 2213020329, OCLC 630597950) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Fernando Amorin, Les Mémoires de L. Boccherini : violoncelliste virtuose, biographie, Paris, Édilivre SA, coll. « Coup de cœur »,‎ 2007, 298 p. (ISBN 2353351190, OCLC 470780064)

Jeunesse[modifier | modifier le code]

  • (it) Carla Nolledi, Avvicinarsi a Luigi Boccherini [En approchant Luigi Boccherini] (ill. Pier Luigi Puccini), Lucques, Pacini Fazzi,‎ 2011, 51 p. (ISBN 886550045X, OCLC 799556710)

Notes discographiques[modifier | modifier le code]

  • (fr)(en)(de) Christian Speck (trad. Sylvie Gomez), « L. Boccherini, Symphonies », Allemagne, 999 084-2, p. 34-49, CPO, 1993. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (fr)(en)(de) Emilio Moreno (trad. Pierre Mamou), « L. Boccherini, Quintetos con guitarra (G 451 et G 448) - La Guitarra Española vol. 5 », Madrid, GCD 920305, p. 21, Glossa, 2000. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (fr) Christian Speck, « L. Boccherini, La musica notturna delle strade di Madrid, Cuarteto Casals », Arles, HMC 902092, p. 4-5, Harmonia Mundi, 2011.

Liens[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Partitions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Un enfant de sexe masculin mourut en bas âge avant lui.
  2. Ce fut pour le couple Viganò que Boccherini composa entre autres le Balletto spagnolo [G.526].
  3. Qui emprunte le thème à la Sonate en Trio opus 1 no 10 de Corelli.
  4. Voici le texte ampoulé de la lettre : « Puisqu'ici personne ne joue le dit instrument, [...] et puisqu'il souhaite s'établir en sa ville natale et de mettre au service du prince Sérénissime son humble faculté, le signataire a grande envie de formuler la prière de lui rendre possible une existence respectable et de bien vouloir l'admettre dans la communauté des musiciens d'orchestre princière (août 1760). »
  5. Cette absence correspond exactement à la première visite de Mozart à la cour. Il à six ans.
  6. Nardini est de retour de Brunswick en mai 1766.
  7. C'est par le témoignage tardif de Cambini qu'on connaît les détails de cette formation.
  8. « gravé par Lambert ; d'après le dessin original appartenant à Mr [Jean-Baptiste] Cartier » (consulté le 28 octobre 2014)
  9. « Publiés à Paris par Bailleux comme opus 2 en 1767 », sur Gallica (consulté le 22 octobre 2014)
  10. Bien qu'exerçant à Paris, J-B. Venier était d'origine vénitienne. « Publiés à Paris par Venier comme op. 1, en 1767 en tant que /Sei/Sinfonie/O Sia Quartetti/(...) », sur Gallica (consulté le 22 octobre 2014)
  11. Quand ces sonates furent publiées en février 1769, les références au pianoforte furent remplacées par celles de clavecin et les indications de nuances et de dynamiques furent adaptées pour cet instrument encore populaire à cette époque. « Publiées par Venier », sur Gallica (consulté le 22 octobre 2014)
  12. Clementina Pelliccia (1749–1785), soprano romaine, fille d'Antonio Pelliccia et de Maria Luisa Hartz. Elle chante avec sa sœur Maria Teresa, une grande diva du temps, comme seconde soprano, dans la Compañía de los Reales Sitos, au moment où Boccherini décide d'abandonner Paris pour voyager en Espagne, à la fin de l'hiver 1767-68. La compagnie est basée au château de Boadillo del Monte près de Madrid, résidence principale de l'infant (Grove).
  13. Titre complet : Almeria, Drama serio per musica da reppresentarsi nel nuovo teatro del Real Sitio di Aranjuez la primavera dell'anno 1768 / [drame en musique représenté dans le nouveau théâtre du site royal d'Aranjuez au printemps de l'année 1768]. In Madrid, nella Stamperia Real de la Gazeta.
  14. « Publiés en 1771 à Paris par Venier comme opus 9 », sur Gallica (consulté le 22 octobre 2014)
  15. « Publiés à Paris par Venier comme op. 6 », sur Gallica (consulté le 22 octobre 2014)
  16. « Par Venier à Paris comme op. 10 », sur Gallica (consulté le 28 octobre 2014)
  17. Yves Gérard précise que l'œuvre passa inaperçue à l'époque et que ce n'est qu'à partir de 1865, en France, que se répandit la fascination pour cet extrait dans le monde, symbolisant l'œuvre du compositeur pourtant très peu jouée, évoquant un monde suranné et disparu, un monde démodé de l'Ancien Régime. Livret du disque Biondi Quintettes op. 25 no 1, 4 & 6, menuet op. 11 no 5 (Virgin).
  18. Apparaît dans le 1er mouvement du quintette op. 10 no 6 [G.270] et le 2e mouvement de la symphonie op. 41 [G.519]).
  19. « L'édition de l'opus 32 – Artaria op. 33 (en parties) », sur Gallica (consulté le 22 octobre 2014)
  20. Radioboccherini.net est diffusée par la plateforme Radionomy. Voir Liens externes.
  21. Le basson pouvant être remplacé par le hautbois.
  22. La même année que les trois dernières de Mozart.
  23. Au tout début de la 51e minute, lorsque arrivés au dessert le Dauphin et la Dauphine de France voient arriver la comtesse de Noailles, dame de compagnie de Marie-Antoinette leur annoncer "la délivrance de Madame la comtesse de Provence (sic)". Les cinq instrumentistes de la formation quintette à cordes avec deux violoncelles qui jouaient au second plan cessent alors toute musique et se lèvent à la fin de cette séquence.

Citations originales[modifier | modifier le code]

  1. « She one of the greatest lady-players on the harpsicord in Europe... regarded here as the best performer on the pianoforte... To this lady many of the famous composers of Italie and Germany, who have resided in France any time, have dedicated their works ; amoung they are Schobert and Bocherini. »
  2. « questo quintettino rappresenta la musica che passa di notte per le strade di Madrid, cominciando dal suono dell'Ave Maria, sino alla Ritirata. Tutto ciò che non è conforme al rigore del contrappunto deve considerarsi alla verità delle cose che si vuol rappresentare. »
  3. « Nel op(er)a 30. Quintettini troverete che uno ha per titulo « La Musica Notturna delle strade di Madrid ». questo pezzo è totalmente inutile, ed anche ridicolo fuori di Spagna poiche non possono gl'uditori giammai comprenderne il significato, ne gl'esecutori sonarlo come deve essere suonato, per il che in Suo Luogo vi mando una Sinfonia di più [...] » Malou Haine, 400 lettres de musiciens au Musée royal de Mariemont, Liège, Éditions Mardaga, coll. « Musique, musicologie »,‎ 1995, 596 p. (ISBN 2870095783, OCLC 35666301), p. 108.
  4. « ...though he writes but little at present, has perhaps supplied the performers on bowed-instruments and lovers of Music with more excellent compositions than any master of the present age, except Haydn. His style is at once bold, masterly, and elegant. There are movements in his works, of every style, and in the true genius of the instruments for which he writes, that place him high in rank among the greatest masters who have ever written for the violin or violoncello. There is perhaps no instrumental Music more ingenious, elegant, and pleasing, than his quintets: in which invention, grace, modulation, and good taste, conspire to render them, when well executed, a treat for the most refined hearers and critical judges of musical composition. ».
  5. « so bene che la musica è fatta per parlare al cuore dell’uomo ed a questo m’ingegno di arrivare se posso : la Musica senza affetti, e passione, è insignificante  ; da qui nasce, che nulla ottiene il compsitore senza gl'escutori ».
  6. « The Italians are apt to be too negligent, and the Germans too elaborate; in so much, that music, if I may hazard the thought, seems play to the Italians, and work to the Germans. The Italians are perhaps the only people on the globe who can trifle with grace, as the Germans only have the power to render even labour pleasing. »
  7. (it) « Gabriele D'Annunzio, « Il Piacere » (1889), p. 201, sur wikisource » (consulté le 26 octobre 2014)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Massin 1985, p. 477
  2. Massin 1985, p. 40
  3. a et b Speck 1994, p. 34.
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r et s Sadie 2001
  5. a et b Speck 1994, p. 36.
  6. Coli 2005
  7. a, b et c Tortella 2008
  8. Kaiserkern 2014.
  9. Tortella 2008, voir les entrées respectives qui leurs sont consacrées.
  10. Et non 1757, comme on le supposait avant 1988. Speck 1994, p. 35.
  11. Tortella 2008 article hearGiovanni Battista Costanzi ».
  12. Speck 1994, p. 35.
  13. Tortella 2008 article « Giacomo Puccini ».
  14. a et b Speck 1994, p. 37.
  15. Œuvres complètes, vol. 6 : Musique, Lefèvre,‎ 1839, 755 p. (lire en ligne)
  16. (fr) Marco Mangini (trad. Sarah Bourdais), « L. Boccherini, Sei Quartetti per Archi op. 2 (AleaEnsemble) », STR 33758, p. 16, Stradivarius, 2006.. Ce disque a été distingué en France par un Choc du Monde de la Musique et d'un Diapason d’or.
  17. Speck 1994, p. 38.
  18. (en) Giorgio Pestelli, The Age of Mozart and Beethoven, Cambridge University Press,‎ 1984, 323 p. (ISBN 0521241499, lire en ligne), p. 32
  19. a et b Speck 1994, p. 39.
  20. a et b Bongiovanni 2008.
  21. Speck 1994, p. 39.
  22. Speck 1994, p. 49.
  23. Coli 2005, p. 52-53
  24. Bellora 2009, p. 55
  25. (it) Carlo Bellora, Filippo Manfredi : La biografia e l'opera strumentale : il compagno di viaggio di Luigi Boccherini e le sue peregrinazioni tra Lucca, Genova e la Spagna durante la metà del Settecento, Varèse, Zecchini,‎ 2009, 117 p. (ISBN 8887203792, OCLC 457130588).
  26. « Mercure de France avril 1767 » (consulté le 27 octobre 2014)
  27. Speck 1994, p. 12 (vol.8). Elle se trouve dans l'intégrale CPO.
  28. Conscient des nombreuses confusions et falsifications, l'éditeur Breitkopf de Leipzig tenait un registre annuel des publications, aujourd'hui précieux pour l'attribution d'œuvres parus sous des noms divers.
  29. Le Guin 2005, p. 52
  30. Tortella 2008 article « Bagge ».
  31. J-P. Duport est après avoir été soliste à l'opéra dès 1772, le maître de violoncelle du roi de Prusse, à partir de 1774, et à la période où Boccherini fait ses livraisons d'œuvres pour ce dernier, entre 1786 et 1797. Parmi elles, les quintettes à deux violoncelles qu'il joue avec le royal élève.
  32. « Mercure de France avril 1768 » (consulté le 27 octobre 2014)
  33. L'éditeur Vanier publie dès 1758 un recueil de symphonies composées d'œuvres de Stamitz, Franz-Xaver Richter, Wagenseil et Karl Kohaut, appelé La Melodia germanica.
  34. Anne Louise Brillon de Jouy (1744–1824) fut l'une des premières à composer pour ce nouvel instrument qu'était alors le pianoforte, en y introduisant des indications de dynamiques. Elle fut l'amie de Benjamin Franklin en poste à Paris entre 1777 et 1785. Il l'a surnommait La Brillante. Tortella 2008, article « Brillon de Jouy ».
  35. « Anne-Louise Boyvin d'Hardancourt par Christine de Pas » (consulté le 22 octobre 2014).
  36. Christine de Pas, Madame Brillon de Jouy et son salon : Une musicienne des Lumières, Paris, éditions du Petit Page,‎ 2014.
  37. (en) Charles Burney, Dr Nurney's Musical Tours in Europe (Vol. 1), Londres, T. Becket and Co.,‎ 1771, 396 p. (OCLC 642297940, lire en ligne), p. 42-43, Traduction française : Voyage musical dans l'Europe des Lumières, Paris, Flammarion, 1992, p. 78.
  38. Yves Gérard (2000), livret du disque BNL, p. 3.
  39. (de)(en)(fr) Michael Stegemann (trad. Thomas Christl), « L. Boccherini, Sinfonien I », Cologne, 10 457, p. 17, Capriccio, 1993.
  40. Speck 1994, p. 40.
  41. Tortella 2008, article « Compañía de los Reales Sitos ».
  42. Tortella 2008, article « Pelliccia Clementina ».
  43. a et b Cotarelo 1917, p. 193-194.
  44. « La composition de cet opéra m'avait obligé de lier connaissance avec les actrices, la première était une Romaine nommée Pelliccia, ni belle ni laide, louchant un peu et d'un talent médiocre. Elle avait une sœur plus jeune et réellement jolie, pour ne pas dire belle. [...] Nous dînions elle, son mari, sa sœur, un célèbre premier violon [Boccherini] qui l'épousa quelque temps après[...] » Giacomo Casanova, Mémoires, vol. t. III (1763–1774), chap. 127, Paris, Gallimard,‎ 1960, 1374 p. (ISBN 207011712X, OCLC 847557991, lire en ligne)
  45. (it) Remigio Coli, « Casanova incontra Boccherini: i primi anni del musicista in Spagna (1768-1771) », Nuova Rivista Musicale Italiana, vol. Année 27, no 4,‎ 1993, p. 557-561 (OCLC 882888308)
  46. 1 real équivaudrait à environ 3 euros.
  47. Picquot 1851, p. 13 (note)
  48. « Boccherini, quintette opus 10 no. 1 sur Gallica », sur Gallica (consulté le 15 novembre 2014)
  49. a et b Speck 2007, p. 289 (note)
  50. Speck 1994, p. 41.
  51. Olías del Rey, Talavera de la Reina, Torrijos, Velada et Cadalso de los Vidrios. Coli 2005, p. 116 et 120
  52. Della Croce 1988, p. 127-140, chap. 10, « Apogeo del quartetto : l'op. 32 ».
  53. Della Croce 1988, p. 113-126, chap. 9, « Apogeo del quintetto : l'op. 29 ».
  54. a et b Speck 2011, p. 4-5.
  55. Alexandre Choron et François Joseph Marie Fayolle, Dictionnaire historique des musiciens : artistes et amateurs, morts ou vivans, qui se sont illustrés en une partie quelconque de la musique et des arts qui y sont relatifs... Précédé d'un Sommaire de l'histoire de la musique, Paris, Valade,‎ 1810/1811, 470 p. (OCLC 9144579) « lire en ligne l'extrait » (consulté le 24 octobre 2014)
  56. Jean-Baptiste Cartier (1765–1841), élève de Viotti et accompagnateur de Marie-Antoinette jusqu'en 1789. Il est à l'Opéra jusqu'à sa nomination au Conservatoire en 1828.
  57. Jean-Baptiste Cartier, L’Art du Violon ou Division des Écoles choisies dans les Sonates Italiennes, Françaises et Allemandes : précédée d'un abrégé de principes pour cet instrument... Seconde édition, revue et corrigée, Paris,‎ 1798, 335 p. (OCLC 559448821)
  58. a et b Le musicien a fait beaucoup pour l'éditeur Artaria qui ne publie pas moins de 400 partitions de J. Haydn.
  59. L'activité musicale d'Artaria a débuté en 1778. Massin 1985, p. 558
  60. « Boccherini, quintettes op. 25 », sur Gallica (consulté le 15 novembre 2014)
  61. Rash 2014
  62. Tortella 2008, p. 244
  63. Speck 1994, p. 10 (vol 8). 29 quatuors, 47 quintettes, 5 sextuors, 2 octuors.
  64. (es+it) Miguel Angel Marin, La zarzuela Clementina, in Clementina di Luigi Boccherini ; Maria Grazia Profeti (éd.), Florence, Alinea Editrice, coll. « Traduzione » (no 4),‎ 2003, 245 p. (ISBN 8881257807, OCLC 244788486), p. 15-36.
  65. (en) Juan Pablo Fernández-Cortés, « ¿Qué quita a lo noble un airecito de maja? National and gender identities in the zarzuela Clementina (1786) by Luigi Boccherini and Ramón de la Cruz », Early Music, vol. 40, no 2,‎ 2012, p. 223-236 (OCLC 884698920, lire en ligne)
  66. Speck 1994, p. 12 (vol 7).
  67. Speck 1994, p. 14 (vol 7).
  68. Désignée par le terme historiographique de Décade opaque et apparue pour la première fois dans Tortella 2002, cette période qui couvre à peine dix ans n'apporte aucun document biographique ayant trait à Boccherini.
  69. Speck 2009, p. 117-187, article de Fulvia Morabito, La lettera di Breslau di Luigi Boccherini: evidenze peritali sulla "non identità di mano".
  70. Speck 2011, p. 1-16, article « Der Autor des angeblichen Boccherini-Briefes aus Breslau ist Abbé Bastiani ».
  71. Les Benavente-Osuna quittent Madrid pour Paris fin 1798, ce qui peut expliquer le tarissement de la source de revenus.
  72. Lettre à Pleyel, 24 décembre 1798.
  73. (en) Charles Burney, A general history of music : from the earliest ages to the present period (1789), New York, Harcourt, Brace and Company,‎ 1935 (lire en ligne)
  74. Coli 2005, p. 204
  75. Tortella 2008, article « Alexandre-Jean Boucher ».
  76. (en) Yves Gérard, « Luigi Boccherini and Madame Sophie Gail », The Consort, no 24,‎ 1967, p. 294–309. (OCLC 799566576)
  77. Voir Miguel Angel Marin dans Speck 2007, p. 285
  78. Tortella 2002
  79. Le roman de Fernando Amorin lui attribue même un revenu mensuel de 8 000 €. Amorin 2007
  80. Speck 1994, p. 46.
  81. Trois disques enregistrés sur le violoncelle Stradivarius, entre juillet 1987 et février 1988, sous la direction de Vladislav Czarnecki, EBS 6058.
  82. Toujours sur le même instrument de 1709, avec Anthony Spiri (clavecin et hammerklavier), Alois Posch (contrebasse – option très intéressante qu'on retrouve dans le disque de B. Cocset chez Alpha), Stefan Johannes Bleicher (orgue). Enregistrés en avril 1988, janvier et mars 1989, EBS 6011.
  83. Indication du livret du disque EBS des concertos.
  84. (it) it:Chiesa di San Francesco (Lucca) Basilique San Francesco
  85. (en) Rosalba Ciranni et Gino fornaciari, « Ergonomic pathology of Luigi Boccherini », Lancet, vol. 360, no 9359,‎ 21/28 décembre 2002, p. 2090 (ISSN 0140-6736, lire en ligne)
  86. Pour une mise au point biographique le concernant ainsi que ses rapports avec la musique de Boccherini, voir : Rudolf Rasch, A Note on Louis Picquot (1804-1870), Boccherini's First Biographer, dans Speck 2014, p. 331-348
  87. Jaime Tortella (éd.), Asociación Luigi Boccherini-10 años de actividad (2003-2013), Asociación Luigi Boccherini (Madrid) ; Sant Cugat : Arpegio,‎ 2013, 178 p. (ISBN 84-15798-075, OCLC 870133894) (Cinq articles présentés à la conférence internationale « Luigi Boccherini et la musique de son temps II », tenue à l'Université Autónoma de Madrid en novembre 2011) et Liens externes.
  88. (it) « Institut supérieur d'études musicales (Lucques) » (consulté le 24 octobre 2014)
  89. (fr+en+it) Daphné du Barry, Le Bronze et la Beauté, Maria Pacini Fazzi,‎ 2008, 213 p. (ISBN 88-7246-8566, OCLC 635923606), p. 20-21
  90. « Monographie de Daphné du Barry » (consulté le 24 octobre 2014)
  91. a, b et c Dozio 2010
  92. Sont actuellement disponibles les opus 10, 11, 13, 18, 20, 25, 27 et 28.
  93. Dans leur ouvrage collectif, Pierre Baillot, Vasseur, Catel, Baudiot on écrit ce magnifique paragraphe : « Le compositeur pénétré de son sujet étend ou resserre ses idées dans un cercle plus ou moins grand ; comme Mozart, il s'élève jusqu'aux cieux pour implorer un dieu clément en faveur des morts au jour du jugement dernier : comme Haydn, il embrasse d'un coup d'œil la création entière, il peint le génie de l'homme émané de la divinité, ou ramené vers la terre, il présente, comme Gluck, le tableau des passion qui nous agitent sur la scène du monde, ou bien enfin, choisissant un moins vaste théâtre et se repliant sur lui-même, comme Boccherini, il cherche à nous rappeler à notre primitive innocence. » Pierre Baillot, Émile Vasseur, Charles-Simon Catel, Charles-Nicolas Baudiot, Méthode de violoncelle et de basse d'accompagnement, 1804, p. 6.
  94. Tortella 2008 article « Jacques Féréol Mazas ».
  95. (en) Charles Burney, The Present State of Music in Germany, the Netherlands, and United Provinces : Or, the Journal of a Tour Through Those Countries, Undertaken to Collect Materials for a General History of Music, vol. 2, Londres, T. Becket, J. Robson & G. Robinson,‎ 2e éd. corrigée, 1775, 343-344 p. (OCLC 800551882, lire en ligne) Traduction française : Voyage musical dans l'Europe des Lumières, Paris, Flammarion, 1992.
  96. a et b Fetis 1851, p. 454-455
  97. Le texte est semblable à un article antérieur, de 1829. Voir Miguel Angel Marin dans Speck 2007, p. 293
  98. Gabriele d' Annunzio (trad. Georges Hérelle), L'Enfant de volupté (1889) titre original= Il Piacere, Paris, Calmann Lévy,‎ 1893, 417 p. (OCLC 224641449, lire en ligne), p. 158
  99. Il s'agit d'un passage des Mémoires secrets... de Louis ­Petit Bachaumont, cité par Rothschild 1962, p. 33
  100. (en)(fr)(it)(de) William Littler (trad. Mariette Müller), « L. Boccherini, Cello Concertos, Sinfonia (Tafelmusik, J. Lamon) », Allemagne, RD 77867, p. 8DHM, 1988.
  101. a et b Massin 1985, p. 975
  102. a et b Hervé Audéon, « Naissance du Quatuor à cordes », Programme de concert, Versailles,‎ 4 février 1997, p. 2 (lire en ligne)
  103. Marc Vignal, « La Musique instrumentale et de chambre en France à l’époque de Mozart (1991) », Le concert des muses (CMBV),‎ 1997, p. 357 (OCLC 605619277, lire en ligne)
  104. a et b Henri-Joseph Rigel, Quatuors dialogués, Œuvre X. Livret du disque Atma ACD2 2348 (2005) p. 4 et 10.
  105. http://www.larousse.fr/encyclopedie/musdico/Baudron/166140
  106. Vachon (1731–1803), après avoir été au service du prince Conti (1761), il est d'abord soliste aux concerts Spirituels. Après un séjour à Londres, il entre au service de Frédéric-Guillaume II de Prusse vers 1784, puis de Frédéric-Guillaume III. Bien que violoniste, il joue aussi du violoncelle.
  107. Patricia Courché-Savarit, Jean-Baptiste Davaux (1742-1822), les Six quatuors à cordes opus 6 (1773) : genèse et diffusion d'une oeuvre : essai d'édition critique, Rouen, Mémoire de Maîtrise,‎ 2000, 252 p. (OCLC 467005696)
  108. Emile Michel, Revue des Deux Mondes tome 138, 1896 (lire sur Wikisource)
  109. Livret du disque Naxos des concertos de Hofmann, p. 3.
  110. « Discrètes, les dernières années de Leopold Hoffmann ne furent guère productives, à la différence de la période 1769-1775 qui vit naître une foison d'ouvrage parmi lesquel un total d'environ quatre-vingt concertos, dont huit pour violoncelle. [...] À n'en pas douter on dispose chez Hofmann d'un des plus important corpus de concertos pour violoncelle écrit durant la seconde moitié du XVIII-se siècle et certainement le plus important d'un compositeur viennois. » (fr)(en)(de) Frédéric Catello, « Concertos pour violoncelle (Tim Hugh, violoncelle et direction) », 8.553853, p. 11-12, Naxos, 1998.
  111. Tortella 2008 article « Grützmacher ».
  112. (1758–1832). Il rédigea en 1795 un Traité général de tous les instruments à vent, à l'usage des compositeurs. Il fut professeur au Conservatoire de Paris de 1795 à 1800.
  113. « Manuscrits des Quatuors à cordes op. 48 (parties) », sur Gallica (consulté le 22 octobre 2014)
  114. Massin 1985, p. 123
  115. Selon Emilio Moreno, le Quintette G.451 est « l’un des plus beaux de tout l’ensemble de la production du compositeur, extrêmement délicat et rêveur, probablement un portrait du Boccherini mature, tranquille et réfléchi. »
  116. http://www.imdb.com/name/nm0090530/
  117. Christopher Webber, « Zarzuela! CD Reviews (113) », Zarzuela.net (consulté le 21 octobre 2014)
  118. (en) « Édition de Pina Carmirelli (10 volumes parus) » (consulté le 13 novembre 2014)
  119. (en) « luigiboccherini.org »,‎ 2006 (consulté le 22 octobre 2014)