Chant du départ
Le Chant du départ est un chant révolutionnaire et un hymne à la liberté contre toute forme de despotisme, écrit par Étienne Nicolas Méhul (pour la musique) et Marie-Joseph Chénier (pour les paroles) en 1794. Cet "Hymne" a été pour la toute première fois exécuté à Fleurus afin de célébrer la victoire sur les coalisés[1]. Le Comité de Salut Public demanda son exécution le 14 juillet 1794 pour célébrer l'anniversaire de la Prise de la Bastille[2]. Il fut utilisé lors de la Première Guerre mondiale pour exalter les soldats partant au front lors de la mobilisation (la « fleur au fusil » [3]).
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Histoire [modifier]
Ce chant fut appelé le « frère de La Marseillaise » par les soldats républicains. Composé le 14 juillet 1794, il est ensuite présenté à Robespierre, qui le qualifie de « poésie grandiose et républicaine qui dépasse tout ce qu'a fait ce girondin de Chénier » [réf. nécessaire]. Le chant est tout d'abord exécuté par l'orchestre et les chœurs de l'Institut national de musique le 14 juillet 1794. Il est immédiatement imprimé à près de 18 000 exemplaires et distribué aux 14 armées de la République. Le titre original est Hymne à la liberté (le nom fut changé par Robespierre[réf. nécessaire]).
C'est un tableau musical : à chacune des sept strophes l'hymne est chanté par un individu ou des groupes d'individus différents.
Dans le premier couplet il s'agit par exemple d'un député qui parle à des soldats, il les encourage à se battre pour défendre la République. Dans le second couplet il s'agit d'une mère de famille qui donne son fils à la patrie. Dans le quatrième couplet il s'agit d'un enfant qui chante Joseph Bara et Joseph Agricol Viala, deux jeunes Français (12 ans et 13 ans) qui sont morts pour la République (Alors qu'il était entouré de Vendéens qui lui demandaient de crier « Vive le Roi », Joseph Bara aurait alors refusé et lancé : « Vive la République ! », cri pour lequel il fut exécuté sur le champ. Quant à Joseph Viala il mourut frappé par une balle en essayant de couper les cordes d'un ponton de l'ennemi. Ses derniers mots furent : « Je meurs, mais c'est pour la Liberté ! »).
Le chant a survécu à la Révolution et au Premier Empire. Après avoir été un symbole de la volonté de défendre la patrie durant les deux guerres mondiales, il est toujours chanté par l'armée française. Valéry Giscard d'Estaing en avait fait son chant de campagne lors de l'élection présidentielle de 1974 ; président de la République, il le faisait souvent jouer aux troupes au cours de cérémonies officielles, avec La Marseillaise.
Paroles [modifier]
Un député du Peuple
La victoire en chantant nous ouvre la barrière[4].
La Liberté guide nos pas.
Et du nord au midi, la trompette guerrière
A sonné l'heure des combats.
Tremblez, ennemis de la France,
Rois ivres de sang et d'orgueil !
Le Peuple souverain s'avance ;
Tyrans descendez au cercueil.
Chant des guerriers (Refrain)
La République nous appelle
Sachons vaincre ou sachons périr
Un Français doit vivre pour elle
Pour elle un Français doit mourir.
Une mère de famille
De nos yeux maternels ne craignez pas les larmes :
Loin de nous de lâches douleurs !
Nous devons triompher quand vous prenez les armes :
C'est aux rois à verser des pleurs.
Nous vous avons donné la vie,
Guerriers, elle n'est plus à vous ;
Tous vos jours sont à la patrie :
Elle est votre mère avant nous.
(Refrain)
Deux vieillards
Que le fer paternel arme la main des braves ;
Songez à nous au champ de Mars ;
Consacrez dans le sang des rois et des esclaves
Le fer béni par vos vieillards ;
Et, rapportant sous la chaumière
Des blessures et des vertus,
Venez fermer notre paupière
Quand les tyrans ne seront plus.
(Refrain)
Un enfant
De Bara, de Viala le sort nous fait envie ;
Ils sont morts, mais ils ont vaincu.
Le lâche accablé d'ans n'a point connu la vie :
Qui meurt pour le peuple a vécu.
Vous êtes vaillants, nous le sommes :
Guidez-nous contre les tyrans ;
Les républicains sont des hommes,
Les esclaves sont des enfants.
(Refrain)
Une épouse
Partez, vaillants époux ; les combats sont vos fêtes ;
Partez, modèles des guerriers ;
Nous cueillerons des fleurs pour en ceindre vos têtes :
Nos mains tresseront vos lauriers.
Et, si le temple de mémoire
S'ouvrait à vos mânes vainqueurs,
Nos voix chanteront votre gloire,
Nos flancs porteront vos vengeurs.
(Refrain)
Une jeune fille
Et nous, sœurs des héros, nous qui de l'hyménée
Ignorons les aimables nœuds ;
Si, pour s'unir un jour à notre destinée,
Les citoyens forment des vœux,
Qu'ils reviennent dans nos murailles
Beaux de gloire et de liberté,
Et que leur sang, dans les batailles,
Ait coulé pour l'égalité.
(Refrain)
Trois guerriers
Sur le fer devant Dieu, nous jurons à nos pères,
À nos épouses, à nos sœurs,
À nos représentants, à nos fils, à nos mères,
D'anéantir les oppresseurs :
En tous lieux, dans la nuit profonde,
Plongeant l'infâme royauté,
Les Français donneront au monde
Et la paix et la liberté.
(Refrain)
Curiosité [modifier]
Le carillon de la place Ducale de Charleville-Mézières sonne les heures, quarts d'heures et demies heures sur les mesures du refrain du Chant du départ de façon à ce que l'intégralité d'un couplet + refrain soit jouée en 60 minutes. Le carillon de la mairie de Givet, ville natale du compositeur fait de même.
Cette chanson est utilisée dans le roman La Guerre des boutons, ainsi que dans le film d'Yves Robert qu'il a inspiré, lors des victoires remportées par les troupes de Lebrac.
Ce chant est repris dans le générique du film "Noirs et blancs en couleur" de Jean-Jacques Annaud (1976), renommé "la victoire en chantant"[5].
Notes et références [modifier]
- « Le Chant Du Départ », dans Albert Soboul et al., Dictionnaire historique de la Révolution Française, Paris, PUF, coll. « Quadrige / Dicos Poche », 1898 (réimpr. 2004), 1re éd., 1132 p. (ISBN 2-13-053605-0 et 978-2-13-053605-5) (OCLC 21332504) (notice BnF no FRBNF399021138), p. 206
- Chant du Départ, Journal de Paris du 27 messidor an II
- Jean-Jacques Becker, « 1914 : Partis pour un été », Vingtième Siècle, Revue d'histoire, no 5 « Les guerres Franco-Françaises », janvier-mars 1985, p. 169-171
- On trouve de temps à autre le mot « carrière » à la place du mot « barrière » parfois mal compris, qui signifie ici « lice », lieu du combat. Assez probablement, la barrière dont il est question ici renvoie à la frontière nord de la France, en contact avec les Pays-Bas autrichiens (l'actuelle Belgique), qui était régie par le traité de la barrière depuis la fin de la guerre de succession d'Espagne.
- http://www.imdb.com/title/tt0074972/
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
- Musique militaire
- Le film La Victoire en chantant reprend le premier vers du Chant du départ
- Où peut on être mieux qu’au sein de sa famille de l'opéra "Lucile" d'André Grétry