François-Xavier Richter
François-Xavier Richter
| Naissance | 1er décembre 1709 Holešov, |
|---|---|
| Décès | 12 septembre 1789 Strasbourg, |
| Activité principale | Compositeur |
| Élèves | Carl Stamitz, František Xaver Pokorný (cs), Joseph Martin Kraus, Ferdinand Fränzl |
François-Xavier Richter[1] est un compositeur morave, né à Holleschau, aujourd'hui Holešov en République tchèque le 1er décembre 1709 et mort à Strasbourg le 12 septembre 1789. Il est l'un des représentants importants de l'École de Mannheim.
Sommaire |
[modifier] Biographie
On sait peu de choses de sa jeunesse et ses origines sont incertaines[2]. Il reçut probablement une éducation musicale complète sous la direction de Johann Joseph Fux à Vienne. De 1740 jusqu'à 1747, il fut vice-maître de chapelle au service du prince-abbé Anselme de Reichlin-Meldegg à Kempten dans l'Allgäu, en Bavière. Pendant ce temps, six de ses 69 symphonies furent publiées à Paris. Après 1747, comme compositeur et baryton, il fit partie de la célèbre chapelle de cour de Mannheim auprès du prince-électeur Charles-Théodore. Marpurg l'a inclus comme deuxième violon dans l'orchestre de la cour. Il n'y a pas d'autres références contemporaines à des fonctions d'instrumentiste qu'il aurait exercées. Il écrivit un Traité d'harmonie et de composition, traduit et publié à Paris en 1804[3], et entreprit un certain nombre de tournées de concert, d'abord à la cour d'Oettingen-Wallerstein (1754) puis, par la suite, en France, aux Pays-Bas et en Angleterre. En 1768, l'électeur le nomma compositeur de la chambre princière. En 1769, il succéda à Joseph Garnier comme maître de chapelle de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg, où il eut comme assistant, et seulement à partir de 1783 (74 ans), Ignace Pleyel, le célèbre élève de Joseph Haydn qui allait lui succéder[4].
Dans ses compositions, des marques du style baroque s'associent à des éléments galants : « Je suis obligé de le faire, écrivit-il à un de ses amis, autrement les gens ne vont plus à l'église »[5].
Richter fait partie de ces maîtres de l'École de Mannheim qui ont eu leur importance pour les débuts de la symphonie. Sa musique « montre la voie qui va de la sonate baroque en trio aux précurseurs immédiats du quatuor à cordes classique »[6]. Parmi ses élèves, on peut mentionner Carl Stamitz, František Xaver Pokorný (cs), Joseph Martin Kraus (1756-92), Sébastien Demar et Ferdinand Fränzl (en).
[modifier] Œuvres
« Parmi ses nombreuses productions, écrit Sitzmann[7], nous nommerons :
- d'après le catalogue thématique de Breitkopf & Härtel
- Vingt-six symphonies en manuscrit
- un concerto de piano
- et six quatuors de violon.
- On a gravé de sa composition à Amsterdam et à Paris :
- trois œuvres de trios pour clavecin, violon et violoncelle,
- et deux œuvres de six symphonies pour l'orchestre.
- De[s] nombreux ouvrages de musique d'église qu'il a écrits à Strasbourg, on n'a imprimé qu'un Dixit Dominus à 4 voix, Paris chez Porro.
- Les ouvrages de cet artiste restés en manuscrit, et qui se trouvent à la cathédrale de Saint-Dié, sont :
- Missa hymnalis, à 4 voix, avec accompagnement de 8 instruments
- Missa Caeciliana, à 4 voix et orchestre
- Missa concert, à 4 voix et 6 instruments
- Missa pastoralis, à 4 voix et orchestre
- Messe en ré majeur, à 4 voix et orchestre
- Messe en ré mineur, ibid.
- Messe en fa majeur, ibid.
- Grand Te Deum en ré majeur, à voix et orchestre, 1789, dédié à l'abbé Larminach, prêtre et chapelain de la cathédrale de Saint-Dié
- Dixit et Magnificat à 4 voix et grand orchestre
- Domine, salvum fac, à 4 voix et grand orchestre
- Lauda Sion, duo avec choeur et 4 voix et grand orchestre
- Ecce Sacerdos, motet pour basse avec 8 instruments
- Deus, Deus ad te, pour soprano solo avec 4 instruments
- Auctor beate saeculi, ibid.
- Quemadmodum desiderat, pour ténor solo avec 4 instruments
- Jesu corona virginum, pour soprano solo avec 6 instruments
- Quomodo cantabimus, ibid.
- O doctor optime, pour ténor solo avec 6 instruments
- Est ut superba criminum, duo pour soprano et ténor avec 3 instruments
- Coeli cives convolate, pour soprano solo avec 7 instruments
- Adhaereat lingua mea, duo pour soprano et basse, avec 6 instruments
- Quam dilecta tabernacula tua, pour soprano solo avec 5 instruments
- Aleph! Quomodo obscuratam est, pour l'office des Ténèbres, soprano solo avec 4 instruments. »
Cette liste est incomplète. Elle ne comprend pas, par exemple :
- La Deposizione della Croce (1748) (La descente de croix), oratorio
[modifier] Hommages
- Il y a à Strasbourg, où il a passé vingt ans de sa vie, une rue François-Xavier Richter qui lui rend hommage.
[modifier] Bibliographie
- Édouard Sitzmann, Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l'Alsace, t. 2, Rixheim, Sutter, 1909-1910, p. 571-573, consultable sur Gallica

- Geneviève Honegger, Sur les traces des musiciens célèbres à Strasbourg, Strasbourg, La Nuée bleue, 1988
- (de) Walter Lebermann, « Zu Franz Xaver Richters Sinfonien » dans Die Musikforschung 25, 1972, (ISSN 0027-4801), p. 471–480.
- (de) Rudolf Pečman, « Franz Xaver Richter und seine Harmonische Belehrungen ». Kultur- u. Forschungsstätte Michaelstein, Michaelstein / Blankenburg 1990 (1992), (Kultur- und Forschungsstätte Michaelstein - Institut für Aufführungspraxis Sonderbeitrag 9).
- (de) Jochen Reutter, « Studien zur Kirchenmusik Franz Xaver Richters. (1709–1789) », Frankfurt am Main..., Lang, 1993, ISBN 3-631-43871-0, collection Quellen und Studien zur Geschichte der Mannheimer Hofkapelle. Partie 1 : Textteil ; partie 2 : Systematisch-thematisches Verzeichnis der geistlichen Kompositionen Franz Xaver Richters
- Jiří Sehnal, « Vztah Františka Xavera Richtera k Holešovu » dans Hudební věda 28, 1991, (ISSN 0018-7003), p. 242–244.
[modifier] Notes et références
- František Xaver Richter en tchèque, Franz Xaver Richter en allemand
- Ainsi, son certificat de décès dit « ex Kratz oriundus » (originaire de Kratz).
- Le titre original était Harmonische Belehrungen oder gründliche Anweisung zu der musikalischen Ton-Kunst oder regulären Komposition. Selon Édouard Sitzmann, qui s'appuie sur François-Joseph Fétis, Ignace Pleyel en communiqua le manuscrit à Christian Kalkbrenner ; Kalkbrenner « le mutila en cent endroits [...] en supprimant les meilleures choses » avant de le faire paraître en français.
- Le poste fut convoité par Mozart, qui, de passage à Strasbourg en 1778 en profite pour nous renseigner. Les gens, raconte-t-il, sont accourus pour me voir : « M. le maître de chapelle Richter aussi. Celui-ci est maintenant très modéré. Au lieu de 40 bouteilles de vin, il n’en avale plus que 20 environ par jour. » Lettre de Mozart du 20 octobre 1778 citée par Geneviève Honegger. (Aussi (en) en traduction anglaise.) Dans cette lettre — notons-le au passage — Mozart vieillit Richter de plusieurs années.
- Sitzmann, ibid. Mozart, pour sa part, toujours dans sa lettre d'octobre 1778, dit que la messe de Richter qu'il a entendue était « d'une écriture charmante ».
- Notes sur une édition par Jochen Reutter de sonates de Richter
- Ibid. On n'a retouché que la présentation.
[modifier] Voir aussi
[modifier] Liens externes
- http://www.hoasm.org/XIIA/Richter.html
- Partition gratuite du concerto en ré pour clarino, cordes et basse continue