Marie-Louise de Bourbon-Parme (1751-1819)

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La reine Marie-Louise, par Vicente López, 1816, huile sur toile, Palais royal de Madrid.

Marie Louise de Bourbon-Parme, née à Parme le , morte à Rome le (à 67 ans), est une reine d'Espagne.

Une princesse à marier[modifier | modifier le code]

Marie-Louise princesse de Bourbon Parme, 1765, par Laurent Pécheux, (1729-1821). Metropolitan Museum of Art

Fille de Philippe Ier de Parme et de Élisabeth de France, donc petite-fille des rois Louis XV de France et Philippe V d'Espagne, elle reçut, comme sa sœur Isabelle et son frère Ferdinand, une éducation soignée.

Sa mère, qui résidait souvent à la cour de son père le roi de France Louis XV à Versailles, la destinait à épouser soit le prince des Asturies, héritier de la couronne espagnole, soit le duc de Bourgogne, fils aîné du dauphin Louis-Ferdinand et de son épouse Marie-Josèphe de Saxe.

Celui-ci mourut encore enfant en 1761 et Marie-Louise fut promise à l'infant d'Espagne. Entre-temps, sa mère était morte en 1759 et sa sœur Isabelle avait scellé la réconciliation des maisons de Bourbon et de Habsbourg-Lorraine en épousant le futur empereur Joseph II.

Isabelle mourut dès 1763 et le pauvre Joseph voulut épouser sa jeune belle-sœur pensant retrouver en elle les qualités de la défunte. La très respectable impératrice Marie-Thérèse, mère du jeune veuf éploré, sans illusion malgré sa sollicitude, prit sur elle d'écrire à la cour d'Espagne. Elle ne fut pas surprise de n'en pas recevoir une réponse favorable, le roi Charles III attestant que la décision d'unir son fils à Marie-Louise avait été prise en accord avec sa très aimée défunte épouse Marie-Amélie de Saxe, sœur aînée de la dauphine de France, ravie à ses soins en 1760.

Une femme de pouvoir[modifier | modifier le code]

Marie-Louise, princesses des Asturies, par Raphaël Mengs, 1765, huile sur toile, 48 x 38 cm, Madrid, Musée du Prado.

Entre-temps, Marie-Louise était devenue nubile et en 1765, alors âgée de 13 ans, elle épousa son cousin le futur Charles IV d'Espagne, qui en avait 17. La même année, elle perdit son père.

La gracieuse et très féminine infante n'avait aucun point commun avec son mari, être simple et un peu lourdaud. Bien que mis en garde par son propre père, Charles ne fit aucun effort pour plaire à sa femme et ne prit même pas de précaution pour l'empêcher de tomber dans l'adultère. En effet, Marie-Louise devint la maîtresse de Manuel Godoy, qu'elle fit nommer premier ministre dès l'accession au trône de son mari (1788).

La chute[modifier | modifier le code]

Marie-Louise de Parme, alors princesse des Asturies, par Anton Raphaël Mengs.

Bientôt atteint par les remous générés par la Révolution française et l'Empire qui lui succéda, le couple royal fut contesté par son propre fils et héritier l'infant Ferdinand (1808) et le roi fut même contraint d'abdiquer en faveur de son fils. Napoléon Ier s'imposa alors comme médiateur et fit convoquer les protagonistes à Bayonne. Là, il eut beau jeu de destituer tout le monde et de faire mettre ces cousins du feu Louis XVI en résidence surveillée au château de Valençay, propriété de son ministre Talleyrand. On prétendit même que la reine, furieuse, traita son fils de « bâtard ».

Napoléon nomma son frère Joseph roi d'Espagne sous le nom espagnol de José Ier. Le , les troupes napoléoniennes chargées de mener les plus jeunes infants auprès de leurs parents furent pris à partie par les Madrilènes. Il s'ensuivit des émeutes qui furent sauvagement réprimées, ce qu'a montré Goya dans ses tableaux Dos de Mayo et Tres de Mayo.

L'exil[modifier | modifier le code]

À la chute de l'Empire français, Charles IV d'Espagne ayant abdiqué en 1808, c'est son fils qui fut rétabli sur le trône d'Espagne sous le nom de Ferdinand VII d'Espagne. Le couple royal fut exilé en France, Compiègne, Fontainebleau, Marseille et Nice, avant de mourir à Rome en 1819.

Descendance[modifier | modifier le code]

Charles IV et Marie-Louise eurent 15 enfants mais d'aucuns prétendirent que les plus jeunes étaient nés de l'adultère de la reine avec son favori Manuel Godoy. C'est ce que pensait notamment le peintre Goya quand il peignit la famille royale en 1800 :

Les relations amoureuses entre la reine Marie Louise de Parme et Godoy seront de notoriété publique au point de lui attribuer la paternité des infants François de Paule d'Espagne et Marie-Isabelle d'Espagne, future reine de Naples[réf. nécessaire], que la belle-maman Marie-Caroline d'Autriche aura plaisir à insulter comme une « bâtarde épileptique engendrée par le crime et la scélératesse».

Ces rumeurs retentiront jusqu'à aujourd'hui dans la querelle dynastique française puisque la branche aînée des Bourbons est issue de François de Paule d'Espagne, par la primogéniture généalogique suivante :

Le baptême de François de Paule d'Espagne dont Lady Holland dira plus tard qu'il avait une « indécente ressemblance » avec son véritable père Manuel Godoy.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]


Précédé par Marie-Louise de Bourbon-Parme (1751-1819) Suivi par
Marie-Amélie de Saxe
Coat of Arms of Maria Luisa of Parma, Queen Consort of Spain.svg
Reine d'Espagne
1788-1808
Julie Clary