Arcangelo Corelli

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Arcangelo Corelli

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Naissance 17 février 1653
Fusignano, près de Ravenne
Flag of the Papal States (pre 1808).svg États pontificaux
Décès 8 janvier 1713 (à 59 ans)
Rome
Flag of the Papal States (pre 1808).svg États pontificaux
Activité principale Compositeur
Style Musique baroque
Activités annexes Violoniste
Maîtres Leonardo Brugnoli, Giovanni Benvenuti
Élèves Francesco Geminiani, Giovanni Battista Somis, Pietro Locatelli, Francesco Gasparini

Œuvres principales

Arcangelo Corelli, né le 17 février 1653 à Fusignano, près de Ravenne, mort le 8 janvier 1713 à Rome, est un violoniste et compositeur italien. Il est considéré comme l'un des compositeurs majeurs de la période baroque.

Biographie[modifier | modifier le code]

Arcangelo Corelli était le cinquième enfant d'une famille aisée de propriétaires terriens. Il reçut probablement ses premières leçons d'un professeur local, avant de partir en 1666 à Bologne pour y apprendre le violon auprès de deux célèbres violonistes : Leonardo Brugnoli et Giovanni Benvenuti. En 1671, il se rend à Rome et devient violoniste de l'église Saint-Louis-des-Français.

Il pourrait avoir voyagé en Europe – en France, en Espagne, en Allemagne, mais aucun document ne le prouve véritablement – avant de s'installer définitivement à Rome où il passa presque tout le reste de sa vie, ne la quittant que pour un court voyage à Naples.

À Rome, il parvient à se placer sous la protection de puissants mécènes — la reine Christine de Suède, les cardinaux Benedetto Pamphilj et Pietro Ottoboni, neveu du pape régnant —, ce qui lui permet de mener une vie sans soucis financiers et de soigner particulièrement une œuvre assez réduite en nombre de pièces, mais de très grande qualité, entièrement destinée au violon et à l'orchestre à cordes. Il se retira de la vie publique vers 1708. Il jouissait alors d'une solide aisance financière, avait une collection de tableaux de maîtres, était généreux envers ses proches.

Influence de Corelli[modifier | modifier le code]

Sa renommée en tant que violoniste et chef d'orchestre — il lui arriva de diriger plus de 150 musiciens — était très grande, et plus encore, peut-être, que celle de compositeur dont la publication des œuvres était pourtant guettée avec impatience dans toute l'Europe.

Corelli a été en contact avec de nombreux collègues musiciens : Bernardo Pasquini, Alessandro Scarlatti, etc. Georg Muffat et Georg Friedrich Haendel tinrent à le rencontrer lorsqu'ils firent, les uns et les autres, leur voyage en Italie. Il fit partie de plusieurs sociétés savantes : Académie de Bologne, Congrégation des virtuoses de Sainte-Cécile, Académie d'Arcadie, où il prit le pseudonyme d'« Arcomelo Erimanteo ».

Son influence a été très grande, à la fois dans la diffusion de formes nouvelles — sonate et concerto grosso — et dans la technique du violon. Ce rayonnement s'est exercé largement au-delà des frontières italiennes. Par exemple, Jean-Sébastien Bach et François Couperin l'admiraient beaucoup. Le premier lui a emprunté un thème de sa Sonate op. 3 n° 4 pour sa Fugue d'orgue en si mineur (BWV 579). Le second en faisait, pour la musique italienne, le pendant de ce qu'était Lully pour la musique française: il lui dédia, comme à celui-ci, une « Apothéose » en musique, et s'efforça d'imiter son style dans les sonates dites « des goûts réunis ».

Corelli eut par ailleurs de nombreux disciples violonistes et compositeurs qui essaimèrent dans différents pays : Francesco Geminiani, Giovanni Battista Somis, Pietro Locatelli, Francesco Gasparini... On considère généralement que Corelli est l'initiateur de la technique moderne du violon, bien qu'il ne fût pas tenté par la virtuosité pure. Il est tout à fait représentatif du style baroque italien, caractérisé par l'emploi d'une ornementation riche — qui sera reprise plus tard par Jean-Sébastien Bach —, d'un continuo composé de plusieurs instrumentistes — clavecin, violoncelle, théorbe, guitare baroque — comme l'attestent plusieurs peintures contemporaines, et d'un contraste dynamique et rythmique important séparant chaque mouvement — comme en a témoigné Georg Muffat dans ses écrits.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Fichier audio
Extrait sonore d'une sonate en trio (info)

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L'œuvre publiée de son vivant est relativement restreinte : cinq numéros d'opus auxquels il faut ajouter l'opus 6 qu'il ne put terminer, et publié après sa mort — bien qu'il eût été joué dès 1682. Il s'agit de recueils de douze œuvres chacun :

  • Opus 1 : 12 sonates da chiesa (d'église) en trio (Rome, 1681)[1]
  • Opus 2 : 12 sonates da camera (de chambre) en trio (Rome, 1685)[2]
  • Opus 3 : 12 sonates da chiesa (d'église) en trio (Rome, 1689)[3]
  • Opus 4 : 12 sonates da camera (de chambre) en trio (Rome, 1694)[4]
  • Opus 5 : 12 sonates pour violon solo et continuo — N°1-6 da chiesa et N°7-12 da camera ; la douzième sonate exploite le thème de « La Folia » (Rome, 1700)[5]
  • Opus 6 : 12 concerti grossi : l'œuvre la plus connue est le célèbre « concerto pour la Nuit de Noël », publié à titre posthume (Amsterdam, 1714)[6]
  • Sans opus : plusieurs sonates en trio (1712)

Les sonates adoptent la forme de la sonate d'église (sonata da chiesa) ou de la sonate de chambre (sonata da camera), et incluent, à côté de mouvements notés à l'italienne, par leur tempo (largo, vivace, allegro, etc.) des mouvements hérités de la suite de danses.

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Une légende tenace, peut-être volontairement propagée par les auteurs eux-mêmes, laisse à croire que la musique du film Les Tontons flingueurs de Georges Lautner a été composée (par Michel Magne) d'après « une sonate de Corelli » (jamais précisée). Une des scènes du film montre d'ailleurs Fernand Naudin (Lino Ventura) en train de dîner en lisant la pochette du disque 33 tours desdites sonates. L'écoute attentive des sonates, peu nombreuses, ne permet pas et n'a jamais permis de désigner laquelle aurait pu servir d'inspiration à Michel Magne. Michel Magne dévoile la réalité dans le DVD des Tontons flingueurs, édité par Gaumont en 2008, indiquant que cette "fameuse sonate" est pure invention de sa part, à la manière de Corelli...

Article connexe[modifier | modifier le code]

Partitions gratuites[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Opera prima, Sonate a trè, doi Violini, e Violone, ò Arcileuto, col Basso per l'Organo. Consecrate alla Sacra Real Maestà di Cristina Alessandra Regina di Svezia & c. Da Arcangelo Corelli da Fusignano, detto il Bolognese. Imprimé par Gio. Angelo Mutij; Rome, 1681. Réimpressions : Bologne 1682; Rome 1683; Venise 1684; Bologne 1684; Modène 1685; Rome 1685; Bologne 1688; Rome 1688; Anvers 1688; Bologne 1697; Amsterdam 1695-1700; Paris 1700, 1710; Bologne 1714; Venise 1707; Amsterdam 1715.
  2. Opera seconda, Sonate da Camera a trè, doi Violini, e Violone, ò Cimbalo Consecrate all'Emin.mo e Rev.mo Signore il Signor Card. Panfilio da Arcangelo Corelli da Fusignano, Detto il Bolognes. Imprimé par Gio. Angelo Mutij; Rome, 1685. Réimpressions : Bologne 1685; Modene 1685; Venise 1686; Rome 1686; Venise 1687; Rome 1688; Anvers 1689; Rome 1691; Venise 1692; Bologne 1694; Venise 1697; Amsterdam 1697; Bologne 1701; Rome 1701; Londres 1703; Venise 1705; Amsterdam ca. 1706 e ca. 1709; Paris ca. 1710; Amsterdam ca. 1716, e ca. 1716 (con titolo diverso); Paris ca. 1719; London ca. 1720
  3. Opera terza. Sonate à tre, doi Violini, e Violone, ò Arcileuto col Basso per l'Organo Consecrate all'Altezza Ser.ma di Francesco II. Duca di Modena, Reggio &c. da Arcangelo Corelli da Fusignano detto il Bolognese. Imprimé par Giacomo Komarek Boerno, 1689. Réimpressions : Bologne 1689; Modène 1689; Venise 1691; Anvers 1691; Venise 1694; Monti 1695; Rome 1695; Amsterdam ca. 1697; Venise 1700; Rome 1701; Bologne 1702; Amsterdam ca. 1706 e ca. 1709; Venise 1710; Amsterdam ca. 1716 e ca. 1716 (avec un titre différent); Paris ca. 1718 e ca. 1719
  4. Opera quarta. Sonate à tre composte per l'Accademia dell'Em.mo e Rev.mo Sig.r Cardinale Otthoboni et all'Eminenza sua consecrate da Arcangelo Corelli da Fusignano. Imprimé par per Gio. Giacomo Komarek Boemo, 1694. Réimpressions : Bologne 1694; Rome 1695; Venise 1695; Amsterdam 1696; Anvers 1696; Rome-Modène 1697; Bologne 1698; Venise 1700; Venise 1701; Londres ca. 1701-02; Bologne 1704; Amsterdam ca. 1706; Amsterdam ca. 1709; Amsterdam ca. 1709 (titre différent); Venise 1710; Paris ca. 1710; Amsterdam ca. 1716 c ca. 1716; Londres ca. 1720
  5. Opera quinta. Sonate a Violino e Violone o Cimbalo Dedicate all'Altezza Serenissima Elettorale di Sofia Carlotta Elettrice di Brandenburgo Principessa di Brunswich et Luneburgo Duchessa di Prussia e di Magdeburgo Cleves Giuliers Berga Stetino Pomerania Cassubia e de Vandali in Silesia Grossen Burgravia di Norimberg Principessa di Halberstatt Minden e Camin Contessa di Hohenzollern e Ravenspurg Ravenstain Lauenburg e Buttau da Arcangelo Corelli da Fusignano. Réimpressions : Bologne 1700; Amsterdam ca. 1700; Londres ca. 1700, 1702; deux à Amsterdam, ca. 1708, ca. 1709, et deux ca. 1710; Bologne 1711; Londres ca. 1711. Londres, s. d. e ca. 1712; Amsterdam ca. 1716; Paris 1719; Amsterdam 1723
  6. Opera sesta. Concerti Grossi Con duoi Violini e Violoncello di Concertino obligati e duoi altri Violini, Viola e Basso di Concerto Grosso ad arbitrio, che si potranno radoppiare; Dedicati all'Altezza Serenissima Elettorale di Giovanni Guglielmo Principe Palatino del Reno; Elettore e Arcimarescialle [sic] del Sacro Romano Impero; Duca di Baviera Giuliers, Cleves & Berghe; Principe di Murs; Conte di Veldentz, Spanheim, della Marca & Ravenspurg; Signore di Ravenstein & c. & c. da Arcangelo Corelli da Fusignano.

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Liens externes[modifier | modifier le code]