Sérénade (musique)

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Sérénade, peinture de Judith Leyster

La Sérénade (ou Serenata) est, dans son sens le plus commun, une composition ou une représentation musicale en l'honneur de quelqu'un jouée, comme l'origine de son nom l'indique, en soirée (opposée à l'aubade, jouée plutôt en matinée). En général, trois catégories de sérénades sont présentes dans l'histoire de la musique :

  1. Dans la forme la plus ancienne, qui survit encore aujourd'hui, la sérénade est une composition jouée afin de séduire une personne, sous ses fenêtres. De telles compositions se retrouvent dès le Moyen Âge jusqu'à la Renaissance. C'est souvent dans ce sens qu'est compris le mot « sérénade ». Plus tard, des sérénades sont présentes dans des œuvres se rapportant aux temps anciens, notamment dans les arias des opéras (par exemple dans Don Giovanni de Mozart).
  2. Dans le répertoire baroque, où elle est généralement appelée Serenata (qui est la traduction en italien de « sérénade »), la sérénade était un morceau joué en extérieur, au soir, à la voix accompagnée d'instruments. C'étaient généralement des œuvres courtes mais longuement travaillées, entre la cantate et l'opéra. La sérénade, puisqu'elle était jouée en extérieur, permettait l'utilisation d'instruments insolites en intérieur, comme la trompette, le cor, les tambours.
  3. Le type le plus représenté de sérénade apparaît durant l'ère classique et romantique, où elle se rapporte au divertimento. Le travail est ici plus léger que pour d'autres œuvres mettant en scène de grands ensembles (par exemple une symphonie), et la musicalité prime sur le développement ou l'intensité dramatique. La plupart de ces œuvres viennent d'Italie, d'Allemagne, d'Autriche ou de Bohème.

L'instrumentarium le plus commun pour la sérénade comprenait des vents auxquels se joignaient les contrebasses et l'alto, qui permettaient plus de "poids" dans le jeu, surtout en extérieur. Il était courant que les sérénades commencent et finissent dans un style proche d'une marche.

Les plus célèbres sérénades du XVIIIe siècle sont sans doute celles de Mozart, qui comptaient entre 4 et 10 mouvements. Parmi ses sérénades les plus célèbres, celle dite « Haffner », par la suite comptée comme la 35e symphonie de Mozart, ou encore Une petite musique de nuit (Eine Kleine Nachtmusik) pour quintette à cordes (deux violons, un alto, un violoncelle et une contrebasse) mais souvent jouée par un orchestre à cordes.

Thème initial de la Petite musique de nuit de Mozart

Dès le XIXe siècle, la sérénade devient plus un concept artistique, qui n'implique pas forcément une représentation en extérieur ou du cadre originel, le style se libère et des compositions s'adressent à divers formations. La Sérénade (Ständchen) de Franz Schubert, inspirée par un poème de Ludwig Rellstab, est une chanson d’amour extraite du recueil Schwanengesang comportant quatorze lieder[1]. Les deux sérénades de Johannes Brahms ressemblent à des symphonies légères, prévues pour un orchestre cependant classique, parfois privé de violons. Antonín Dvořák, Piotr Ilitch Tchaïkovski (Sérénade mélancolique), Josef Suk, entre autres, ont composé des sérénades pour cordes. D'autres ont tenté de se rapprocher d'un style romantique, parmi lesquels Richard Strauss, Max Reger, Edward Elgar et Jean Sibelius.

Il y a encore quelques sérénades composées au XXe siècle, par Benjamin Britten, Arnold Schönberg, Igor Stravinski (Sérénade en la), Dmitri Chostakovitch ou Bruno Maderna et ses huit sérénades[2]. Enfin, parmi les compositions du XXIe siècle, on retrouve la Sérénade pour cordes de Nigel Keay, qui date de 2002.

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) The New Harvard Dictionary of Music, ed. Don Randel. Cambridge, Massachusetts, Harvard University Press, 1986. (ISBN 0674615255)
  • (en) "Wolfgang Amadeus Mozart", "Serenade," "Serenata," in The New Grove Dictionary of Music and Musicians, éd. Stanley Sadie. 20 vol. Londres, Macmillan Publishers Ltd., 1980. (ISBN 1561591742)
  • (de) Meyers Konversations-Lexikon, 4. Aufl., 1888, Band 14, Seite 884
  • (de) Musik-Glossar, Serenata

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Article sur la Sérénade de Schubert sur « Escapade poétique et musicale »
  2. article sur la Serenata n. 2 per undici strumenti de Bruno Maderna sur « Paroles gelées ».