Jacopone da Todi

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Détail d'une fresque réalisée par Paolo Ucello vers 1435-1440, Museo dell'Opera del Duomo (Florence)

Jacopone da Todi (Jacopo Benedetti[1]) (né entre 1230 et 1236 à Todi, en Ombrie - mort à Collazzone le ) est un religieux franciscain italien du Moyen Âge, auteur de nombreux poèmes d'inspiration religieuse, tantôt empreints de ferveur, tantôt rédigés sur le mode de la polémique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans la famille noble des Benedetti, Jacopone est encouragé à faire des études par son père. Il étudie la grammaire, la rhétorique et la jurisprudence et obtient un doctorat[2].

Il retourne alors dans sa ville natale où il exerce le droit et prend épouse[2]. La mort accidentelle de sa jeune épouse le plonge dans une grave crise morale. Ayant consacré tant d'années à des plaisirs frivoles et ayant mis ses talents de juriste au service de causes douteuses, il change de vie et adopte, à l'instar de François d'Assise, un comportement aux antipodes de ses habitudes passées, feignant la folie pour pouvoir impunément clamer des vérités dérangeantes[2]. Puis, s'étant plongé dans la théologie, il finit par prendre la décision d'entrer dans l'ordre des franciscains où il est admis en 1278[2]. Il mène une vie faite de renoncements, de jeûnes et d'abstinence[2].

L’ordre franciscain est alors divisé entre ceux qui prônent un retour à l'austérité originelle de la fondation que l’on appelle les « frères spirituels », et ceux, les « conventuels » qui pensent que la règle doit être assouplie pour que tous puissent la respecter. Jacopone rejoint les premiers[2]. En 1294, le nouveau pape, Célestin V autorise les spirituels à vivre selon leurs vœux dans des établissements séparés. Mais il abdique rapidement, remplacé par Boniface VIII qui révoque ces dispositions[2].

Une cabale ourdie par les Colonna se monte contre le pape, l’accusant d’être un usurpateur. Jacopone se trouve impliqué dans l’affaire et finit au cachot, excommunié. Cette dernière peine l'afflige particulièrement, mais malgré ses pétitions, Boniface refuse de le gracier. Il lui faut attendre une bulle du nouveau pape Benoît XI, le 23 décembre 1303, qui lève les peines frappant les partisans des Colonna, pour pouvoir regagner le couvent où il passe ses dernières années[2].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ses poèmes, les laudes se présentent comme des ballades, au mètre varié et souvent rédigées sous forme dialoguées. Les thèmes abordés et le style traduisent une grande variété dans les préoccupations de Jacopone.

Il rêve de s'affranchir des problèmes du monde, mais s'engage activement dans les polémiques religieuses de son temps. C'est ainsi qu'en raison de son hostilité envers le pape Boniface VIII qui transparait dans son poème O papa Bonifazio..., il sera excommunié puis emprisonné.

Son ton parfois vif et enjoué côtoie l'enthousiasme ascétique et l'amour pour le Christ ou la Vierge (Pianto della Madonna).

Il est l'auteur présumé de la fameuse séquence Stabat Mater dolorosa.

Plusieurs tentatives ont été faites en vue de sa réhabilitation, dont une procédure en béatification au XIXe siècle, qui n'a pas abouti.

Les poèmes de Jacopone da Todi ont largement influencé la littérature postérieure, surtout la poésie religieuse du XIVe siècle : il compte de nombreux imitateurs, dont le plus important et prolifique est Bianco da Siena[3].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Vrai nom des stars de Michel Bracquart - M.A. Éditions (1989) - (ISBN 2-86676-463-3) - Page 188
  2. a, b, c, d, e, f, g et h Frédéric Ozanam, Les Poètes franciscains en Italie au 13e siècle, Paris, Jacques Lecoffre,‎ 1852, 169-208 p. (lire en ligne)
  3. Benedetto Croce, “Letteratura di devozione”, dans La critica, XXIX (1931), p. 321-340.