Stabat Mater
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Stabat Mater est une séquence composée au treizième siècle et attribuée au franciscain italien Jacopone da Todi. Elle a été bannie de la liturgie lors du Concile de Trente, mais réintégrée en 1727, en devenant la cinquième et la dernière des séquences autorisées. La fête associée à cette séquence est celle de Notre-Dame des douleurs (15 septembre), mais aujourd'hui, elle est rarement chantée.
Le texte de la séquence évoque la souffrance de Marie lors de la crucifixion de Jésus-Christ. Le titre est une abréviation de Stabat mater dolorosa, son premier vers, qu'on peut traduire ainsi : «La Mère des douleurs se tenait debout». Ce poème latin médiéval est souvent considéré comme l'expression classique d'une nouvelle forme de piété, plus empathique et émotive, caractéristique de la fin du Moyen Âge. Le thème de la Mater Dolorosa s'inscrit aussi dans l'explosion de la dévotion mariale, promue notamment par l'ordre franciscain.
Le texte de Stabat Mater a été mis en musique par plusieurs compositeurs, parmi eux, Josquin Desprez, Roland de Lassus, Giovanni Pierluigi da Palestrina, Alessandro Scarlatti, Antonio Vivaldi, Domenico Scarlatti, Giovanni Battista Pergolesi, Joseph Haydn, Gioacchino Rossini, Franz Schubert, Antonín Dvořák, Francis Poulenc, Krzysztof Penderecki, Karol Szymanowski, Salvador Brotons et Arvo Pärt. Stabat mater fut l'une des dernières compositions de Giuseppe Verdi, ses Quattro Pezzi Sacri ("Quatre Pièces Sacrées"), 1898.
Sommaire |
[modifier] Le texte original et la traduction française
| Latin |
Français |
|---|---|
Stabat Mater dolorosa Cuius animam gementem, O quam tristis et afflicta Quæ mœrebat et dolebat, Quis est homo qui non fleret, Quis non posset contristari, Pro peccatis suæ gentis Vidit suum dulcem natum Eia Mater, fons amoris, Fac ut ardeat cor meum Sancta Mater, istud agas, Tui nati uulnerati, Fac me vere tecum flere, Iuxta crucem tecum stare, Virgo uirginum præclara, Fac ut portem Christi mortem, Fac me plagis uulnerari, Flammis ne urar succensus Christe, cum sit hinc exire, Quando corpus morietur, Amen ! In sempiterna sæcula. Amen. |
Debout, la Mère des douleurs, Près de la croix était en larmes, Alors, son âme gémissante, Qu'elle était triste, anéantie, Dans le chagrin qui la poignait, Quel homme sans verser de pleurs Qui pourrait dans l'indifférence Pour toutes les fautes humaines, Elle vit l'Enfant bien-aimé Ô Mère, source de tendresse, Fais que mon âme soit de feu Mère sainte, daigne imprimer Pour moi, ton Fils voulut mourir, Donne-moi de pleurer en toute vérité, Je désire auprès de la croix Vierge des vierges, toute pure, Du Christ fais-moi porter la mort, Fais que Ses propres plaies me blessent, Je crains les flammes éternelles; Ô Christ, à l'heure de partir, À l'heure où mon corps va mourir, |
[modifier] Stabat Mater speciosa
Une autre séquence liturgique analogue au Stabat Mater dolorosa est attribuée à Jacopone da Todi ; moins connu, le Stabat mater speciosa décrit les joies de la Marie dans l'étable de Bethléem, d'après le récit évangélique. Pratiquement oublié depuis la fin du XVème siècle, le texte n'est redécouvert qu'à la moitié du XIXème siècle par l'historien catholique français Antoine-Frédéric Ozanam (Poètes Franciscains en Italie au Treizième siècle).
Comparativement au Stabat Mater dolorosa, peu de compositeurs ont mis en musique le Stabat Mater speciosa ; on retiendra la composition de Franz Liszt, troisième mouvement de son oratorio Christus. Notons que cette pièce fait partie de la première partie (oratorio de Noël), tandis que l'on trouve le Stabat Mater dolorosa dans la troisième partie (oratorio de la Passion).
Voici le texte original de la séquence et une traduction :
| Latin |
Français |
|---|---|
Stabat Mater speciosa Cuius animam gaudentem O quam laeta et beata Quae gaudebat et ridebat, Quis est, qui non gauderet, Quis non posset collaetari, Pro peccatis suae gentis Vidit suum dulcem natum Nati Christus in praesepe Stabat senex cum puella Eia Mater, fons amoris Fac, ut ardeat cor meum Sancta Mater, istud agas, Tui nati coelo lapsi, Fac me tecum congaudere In me sistat ardor tui Hunc ardorem fac communem, Virgo virginum praeclara, Fac, ut portem pulchrum fortem Fac me tecum satiari, Inflammatus et accensus Fac me nato custodiri Quando corpus morietur, |
De son âme festive Ô combien radieuse et bénie Ô combien heureuse, réjouie Qui ne se pavoiserait Qui ne se réjouirait aussi Pour les péchés de Son peuple Elle a vu sa douce progéniture Pour le Christ nouveau-né dans sa crèche Le vieil homme se tenait avec sa jeune épouse Ô Mère, fontaine d’amour, Embrasez mon cœur Sainte Mère, ne soyez pas sévère En compagnie de votre divin enfant Laissez-moi me réjouir avec vous, Puisse votre ardeur m’emplir Entraînez-moi dans cette ardeur Vierge des vierges, la plus élevée d’entre toutes, Puis-je en lui puiser la force, Puis-je avec vous être comblé, Ainsi enflammé du feu de l’amour Puisse le Premier-Né me protéger, Lorsque mon corps s’éteindra |
[modifier] Voir aussi
- Stabat Mater (Boccherini)
- Stabat Mater (Christophe Looten)
- Stabat Mater (Pärt)
- Stabat Mater (Pergolèse)
- Stabat Mater (Rossini)
- Stabat Mater (Alessandro Scarlatti)
- Stabat Mater (Vivaldi)
- Stabat Mater (Dvořák)

