Harmonia Mundi

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Harmonia Mundi

Description de l'image  Harmonia mundi1.jpg.
Création 1958
Fondateurs Bernard Coutaz
Siège social Arles
Direction Eva Coutaz
Activité Éditeur de musique, diffuseur de livres
Produits Disques et livres
Effectif 133 en France (2013) [1]
Site web www.harmoniamundi.com
Chiffre d’affaires 39,7 millions d'euros en 2012[1] (60 millions en 2008[2])

Harmonia Mundi est une entreprise indépendante française de production de disques, spécialisée dans la musique classique et les musiques du monde, et située à Arles dans les Bouches-du-Rhône.

Historique[modifier | modifier le code]

Bernard Coutaz fonda en 1957 le « Club chrétien du disque » en collaboration avec Erato, mais plus didactique et artistique. Le premier disque de la collection, celui de deux grands motets de Michel-Richard de Lalande, fut sorti à Noël 1957. L'édition était limitée à 1 200 exemplaires. En sortant enfin dix albums, il décida de créer son propre label de disque[3].

Fondé en 1958[2], Harmonia Mundi est aujourd’hui le plus ancien éditeur phonographique indépendant français de musique classique. Le label a été installé à Paris, puis en 1962, à Saint-Michel-l'Observatoire. Suivant les conseils de ses amis Carl de Nys et Pierre Rochas, Bernard Coutaz commença par établir un catalogue basé sur un répertoire consacré à l’orgue, en enregistrant sur les grandes orgues historiques d’Europe. Il fonda également une revue, Orgues historiques, dont chaque numéro, consacré à un instrument, était accompagné d’un enregistrement destiné à en apprécier toutes les qualités.

Ce travail a permis de développer une sensibilité particulière au timbre des instruments à une époque où l’influence mélodiste dominait encore largement la production phonographique. Cette sensibilité au timbre préparait la rencontre avec Alfred Deller, qui eut lieu lors d’un concert à Avignon en 1967, où le contre-ténor se produisait avec son ensemble. La soirée qui suivit ce concert détermina une seconde période pour Harmonia Mundi, celle des disques avec Alfred Deller, qui fut fidèle à la maison de disques jusqu’à sa mort, en 1979. Harmonia Mundi réalisa alors une série d’enregistrements de musiques de la Renaissance anglaise et de musique baroque. Une académie de musique baroque, fondée dans le Luberon sur une idée d’Alfred Deller, attira de nouveaux talents comme René Jacobs et Dominique Visse qui ont également enregistré pour Harmonia Mundi. Puis vinrent Philippe Herreweghe et William Christie. Les enregistrements de musique baroque se sont multipliés donnant d’Harmonia Mundi une image de précurseur dans l’interprétation du répertoire sur instruments anciens.

Ces développements permirent de conquérir un nouveau public de plus en plus large à mesure que les répertoires ancien et surtout baroque s’imposaient sur la scène musicale internationale. Entre-temps, Harmonia Mundi avait consolidé et diversifié son domaine d’activités. En 1976, la maison de disques assurait sa propre distribution, et devenait elle-même distributeur d’autres labels à partir de 1980. En 1981, Harmonia Mundi ouvrait sa première filiale à Londres. L’entreprise investit alors le Mas de Vert à Arles en 1986. Devant la disparition progressive des disquaires en France, Bernard Coutaz décida de fonder une série de boutiques Harmonia Mundi qui comptait, après son accroissement, 45 boutiques en France et trois en Espagne.

Sa boutique à Quimper, petite satellite de la culture traditionnelle, demeure toujours l'un des meilleurs magasins de l'entreprise[4]. En Bretagne, celles de Rennes et Nantes -bien que sélectionnée comme meilleur disquaire de France 1995- durent fermer leurs portes en 2013[5],[6]

Entre-temps, l’entreprise poursuivait la diversification de ses activités et créait, en 1988, un service destiné à la diffusion du livre. En février 2010, la diffusion et distribution de livres représentait 20 millions d'euros de chiffre d'affaires et 40 % de l'activité du groupe en France[7]. Une cinquantaine d'éditeurs travaillent avec Harmonia Mundi qui est considéré, avec Les Belles Lettres, comme le diffuseur de référence pour l'édition indépendante. Fin 2009, le départ des éditions Bragelonne fragilise la part livres du groupe.

En 1993, l'entreprise rachète les éditions musicales du Chant du Monde. 160 personnes travaillent aujourd’hui au Mas de Vert, maison mère d’un groupe international constitué de cinq filiales dont certaines assurent une partie de la production phonographique. Parallèlement, le catalogue s’enrichissait et s’ouvrait à de nombreuses collaborations issues de tous les pays. Aujourd’hui, Harmonia Mundi enregistre tous les répertoires, de la musique ancienne à la musique du XXIe siècle et finance entièrement sa production grâce à une totale indépendance financière. Cet élargissement a accompagné l’évolution de musiciens comme René Jacobs et Philippe Herreweghe qui, après plus de vingt ans de collaboration, enregistrent toujours pour Harmonia Mundi désormais aux côtés des musiciens de la jeune génération.

En 2006, Harmonia Mundi est une entreprise en très bonne santé[8] qui emploie 470 personnes, représente 18 % du marché du disque classique pour un chiffre d'affaires de 60 millions d'euros et produit entre 50 et 60 enregistrements nouveaux par an. Elle est la deuxième du marché avec EMI derrière de grandes majors telle qu'Universal.

Le 26 février 2010, le fondateur et directeur Bernard Coutaz décède[9], Eva Coutaz lui succède.

À la suite des changements de la manière des clients tel le téléchargement, la maison dut, en 2013, fermer presque la moitié de ses boutiques en France, soit 15, en supprimant 38 emplois. La société précisa que son chiffre au regard des disques avait subi 71 % de chute en 11 ans. Toutefois, grâce à son activité de distribution de livres pour des éditeurs spécialisés, l'entreprise emploie encore plus de cent personnes en France[1]. Au début de l'année 2014, Harmonia Mundi ne comptait par conséquent que 15 boutiques dans l'Hexagone ainsi que deux en Suisse, à Genève et à Zurich[10] : Aix-en-Provence, Arles, Gap, Grenoble, Lyon, Paris (Théâtre de Châtelet, Cité de la Musique, Placide, Salle Pleyel et Théâtre de Champs Élysées), Perpignan, Quimper, Strasbourg, Toulouse et Tours.

Principaux artistes[modifier | modifier le code]

Labels[modifier | modifier le code]

  • Glossa (it)[11], label espagnol de musique ancienne et baroque.
  • Jazz Village, label spécialisé dans le jazz, notamment en collaboration avec Ahmad Jamal
  • Ambronay Éditions[12], label français du Centre culturel de rencontre d'Ambronay.
  • Le Chant du Monde[13], le plus ancien label français en activité, ouvert à la chanson, au jazz et aux musiques du monde.
  • Mirare[14], label français musique classique
  • Musique d'abord, le label économique.
  • Orfeo[15], éditions ou rééditions de concerts, récitals et opéras.
  • Tahra (it)[16], éditions ou rééditions d'enregistrements anciens et d'archives radiophoniques.
  • World Village, destiné à produire les musiques du monde.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]