Sabins

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Les Sabins sur une carte du nord de l'Italie ancienne au tout début du IIIe siècle av. J.-C.

Les Sabins (Sabini en latin classique et Σαβῖνοι en grec ancien) sont un peuple italique du groupe osco-ombrien, établi en Italie centrale, au nord-est de Rome à l'époque archaïque.

Ils sont bordés, au nord et à l'ouest par les Ombriens et les Étrusques ; au nord-est, par le Picenum, duquel ils sont séparés par la crête principale des Apennins ; à l'est, par les Vestins, au sud par les Marses et les Èques ; et, au sud-ouest, par le Latium.

Leur sanctuaire fédéral est situé au Lucus Feroniae, dans l'Ager capenas.

Les plus grandes villes de ce peuple sont : Cures, Amiternum, Reate, Nomentum, Nursia et Orvinium.

D'après les anciennes annales romaines, les premiers habitants du Quirinal (une des sept collines de Rome) sont des Sabins qui ont été assimilés aux Latins de Rome après la fondation de Rome dès la co-régence du Sabin Titus Tatius et du Romain Romulus. On connaît surtout les Sabins par la légende, rapportée par Tite-Live, de l’enlèvement des Sabines.

Les Sabins dans l'histoire romaine[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

Dans les premiers temps de Rome[modifier | modifier le code]

L'épisode légendaire de l'enlèvement des Sabines[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Enlèvement des Sabines.

L’enlèvement des Sabines est un épisode de la mythologie romaine relaté par Tite-Live[a 1], Denys d'Halicarnasse[a 2] et Plutarque[a 3] durant lequel la première génération des hommes de Rome se procure des femmes en les enlevant à leurs voisins les Sabins[a 4].

Les guerres romuléennes qui s'ensuivent[modifier | modifier le code]

Carte du Latium vetus à l'époque de la Monarchie romaine.

S'ensuit une guerre entre Romulus et le roi des Caeninenses, Acron. Romulus mène les Romains, tue le roi et met l’armée adverse en déroute. Il attaque ensuite Caenina et prend la ville au premier assaut[a 5].

Au même moment, l’armée des Antemnates fait une incursion en territoire romain. Les Romains ripostent et les Antemnates sont défaits et leur ville conquise. Les habitants de Crustumerium débutent également les hostilités, mais leur ville est rapidement conquise par les Romains[a 6].

Menés par leur roi Titus Tatius, les Sabins déclarent également la guerre aux Romains. Ils parviennent presque à conquérir la ville grâce à la trahison de Tarpeia. Les forces romaines attaquent alors les Sabins qui sont en possession de la citadelle. Les lignes romaines cèdent et se retirent à la porte du Palatium. Là, Romulus rassemble ses hommes et mène les Romains à nouveau à la bataille, ces derniers prenant le dessus. Les femmes sabines interviennent à ce moment-là pour réconcilier les belligérants[a 7].

La réconciliation romano-sabine[modifier | modifier le code]

Après la réconciliation, les Sabins acceptent donc de former une seule nation avec les Romains et le roi des Sabins, Titus Tatius, dirige Rome conjointement avec Romulus, jusqu’à sa mort cinq ans plus tard[a 8]. Les Sabins nouvellement résidents à Rome vivent sur la colline du Capitole[a 9].

Guerres romano-sabines sous les rois traditionnels[modifier | modifier le code]

Le deuxième roi de Rome, Numa Pompilius, est originaire de Cumes, une ville sabine[a 10].

Le troisième roi de Rome, Tullus Hostilius, latin selon la tradition, mène une guerre contre les Sabins, « la nation la plus considérable à cette époque, et la plus belliqueuse, après les Étrusques[a 11] ». Tite-Live rapporte alors que le roi romain prend l'initiative, et écrase les Sabins sur leurs terres[a 11].

Le quatrième roi, Ancus Marcius, triomphe sur les Sabins et les Véiens selon les Fasti triumphales[a 12].

Sous la monarchie romano-étrusque[modifier | modifier le code]

Ensuite, c'est au tour de Tarquin l'Ancien, cinquième roi, d'origine étrusque, d'être en guerre contre les Sabins. Ces derniers franchissent l'Anio et combattent l’armée romaine aux portes de Rome, dans une bataille indécise[a 13]. Tarquin vainc ensuite les Sabins dans une deuxième bataille. Il pousse son avantage en marchant sur les terres sabines et défait une nouvelle armée sabine. Ces derniers sont contraints à demander la paix[a 14]. Ils perdent Collatie et tout son territoire[a 15].

Les Fasti triumphales rapportent un triomphe de son fils ou petit-fils, Tarquin le Superbe, sur les Sabins[a 16].

Dans les premiers temps républicains (505-448)[modifier | modifier le code]

Au début de la République romaine, les récits traditionnels rapportent à nouveaux un certain nombre de conflits romano-sabins. En 505, les consuls obtiennent les honneurs du triomphe pour une victoire sur les Sabins. L'année suivante, des dissensions éclatent chez les Sabins, entre les partisans de la guerre et ceux de la paix. C'est à ce moment que se place l'épisode du sabin Attus Clausus venant à Rome avec ses clients. Le Sénat leur octroie de nombreuses terres au-delà de l'Anio et la citoyenneté romaine pleine et entière, et ils forment une nouvelle gens, les Claudii. Les nouveaux consuls de 504 ravagent le territoire sabin, emporte une nouvelle victoire et triomphe eux aussi[a 17]. En 503 et 502, les Fasti triumphales rapportent de nouveaux triomphes sur les Sabins[a 16].

De nouvelle tensions ont lieu en 501[a 18], et la guerre reprend en 495 Une armée sabine ravage les terres sur les bords de l’Anio, mais les Romains les mettent en déroute puis vainquent tout aussi promptement les Aurunces[a 19]. En 494, Rome doit faire face aux Volsques, aux Èques et aux Sabins. Les Romains défont tous leurs ennemis[a 20].

En 474, à la fin de la première guerre romano-véienne, une coalition se forme entre Véiens et Sabins. Ces derniers sont vaincus devant les murs de leur allié[a 21]. Tite-Live rapporte ensuite des combats indécis entre 470[a 22]. L'année suivante, les Sabins ravagent les terres romaines jusqu'aux portes de la ville, puis les consuls font à leur tour des dégâts en terres sabines[a 23]. En 468, les Sabins mènent un pillage jusqu'à Rome, rapportant un butin important[a 24].

En 460, les récits romains rapportent que des exilés et des esclaves avec un Sabin à leur tête, Appius Herdonius, s’emparent, la nuit, du Capitole et de la citadelle. Aidés des Tusculans, les Romains reprennent difficilement la citadelle[a 25]. Deux ans plus tard, en 458, des ravages sont menés de part et d'autres sur les terres romaines et sabines[a 26]. Le dernier conflit rapporté par Tite-Live date de 449/448[a 27]. C'est aussi le dernier triomphe sur les Sabins noté dans les Fasti triumphales[a 28].

Au cours des premières années du régime républicain, Rome est engagée dans une série de conflits qui l'oppose aux Sabins, aux Aurunces ou encore aux Volsques et aux Èques[1]. Les Sabins font de nombreuses descentes dans le Latium jusqu’au milieu du Ve siècle avec notamment le raid de 460 av. J.-C. d'un chef sabin qui se serait emparé du Capitole et c'est l'armée latine d'un dicateur tusculan qui libère la colline[2],[3]. Plus proche de Rome que les Volsques et les Èques, ils menacent directement l'Urbs. Après 448 av. J.-C., on n'entend plus parler d'eux[4].

Soumission des Sabins (290)[modifier | modifier le code]

En 290, les consuls romains sont Manius Curius Dentatus et Publius Cornelius Rufinus. Curius Dentatus, après avoir massacré les Samnites, vainc les Sabins, qui se sont révoltés, et reçu leur soumission, triomphe deux fois pendant la même magistrature[a 29].

Les Sabins, qui jusque là sont restés neutres, se sont probablement sentis menacés, voyant l'étau romain se refermer sur eux[5]. En effet, Rome est en passe de terminer la conquête de l'Italie centrale.

La Sabine est intégrée aux territoires romains en tant que civitas sine suffragio en 268 et des confiscations sont opérées. La pleine citoyenneté n'est octroyée qu'à la fin du siècle[5],[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • Sources modernes
  1. Dominique Briquel dans François Hinard, Histoire romaine des origines à Auguste, Fayard, 2000, p. 133.
  2. Jacques Heurgon, Rome et let Méditerranée occidentale jusqu'aux guerres puniques, PUF, 1993, pp. 294-295.
  3. Dominique Briquel dans François Hinard, Histoire romaine des origines à Auguste, Fayard, 2000, pp. 31 et 174.
  4. Dominique Briquel dans François Hinard, Histoire romaine des origines à Auguste, Fayard, 2000, p. 174.
  5. a et b Jacques Heurgon, Rome et let Méditerranée occidentale jusqu'aux guerres puniques, PUF, 1993, p. 335.
  6. Mireille Cébeillac-Gervasoni, Histoire romaine, Armand Colin, 2006, p. 74.
  • Sources antiques

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Annette Flobert (préf. Jacques Heurgon), Histoire romaine, Flammarion,‎ 1995, volume I, « Livres I à V, de la fondation de Rome à l'invasion gauloise », 643 p. (ISBN 978-2-080-70840-3)

Articles connexes[modifier | modifier le code]