Henri Bosco

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Henri Bosco

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Portrait d'Henri Bosco

Activités romancier
Naissance 16 novembre 1888
Avignon, France
Décès 4 mai 1976 (à 87 ans)
Nice, France
Langue d'écriture française
Genres roman
Distinctions Grand prix national des Lettres (1953)
Prix Renaudot (1945)
Prix Berthou décerné par l'Académie française
Grand prix du roman de l'Académie française (1968)
Prix des Ambassadeurs
Grand prix de la Méditerranée
Prix de l'Académie de Vaucluse (1966)

Œuvres principales

Fernand Marius Bosco[1], dit Henri Bosco (Avignon, 16 novembre 1888 - Nice, 4 mai 1976) est un romancier français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un solide bagage classique[modifier | modifier le code]

Plaque sur la maison natale d'Henri Bosco

Henri Bosco est issu d'une famille Provençale, ligure et piémontaise, dont les origines les mieux identifiées se trouvent près de Gènes. Sa famille paternelle est apparentée à don Jean Bosco, le fondateur des salésiens à Turin. Il est né au no 3 de la rue Carreterie, entre la place Pignotte et la place des Carmes, à Avignon, en novembre 1888. À la fin du XIXe siècle, il s'agissait du quartier d'Italiens, qui y avaient leur paroisse. Sa maison natale est aujourd'hui identifiée par une plaque de marbre.

Son père, Louis Bosco (1847-1927), était originaire de Marseille où il repose, bien que décédé à Lourmarin. Il était tailleur de pierre, luthier et chanteur d'opéra, souvent en déplacements. Sa mère, Louise Falena (1859-1942), née à Nice, est inhumée à Rabat où son fils était en poste à l'époque de la Seconde Guerre mondiale. Il est le cinquième enfant, les quatre premiers étant décédés prématurément.

Il a trois ans quand sa famille quitte le centre ville pour habiter une demeure plus vaste et proche de la Durance, le mas du Gage, à l'extrémité du quartier de Monclar, au quartier de Baigne-Pieds[2]. Sa mère lui enseigne d'abord elle-même la lecture et l'écriture. Il entre en classe à l'âge de dix ans, rue Bouquerie, à l'école des Ortolans. Marc Maynègre indique que lors des absences dues aux engagements de son père, le jeune Henri était accueilli par Julie Jouve, sa marraine, originaire de Bédoin, devenue concierge du Conservatoire d'Avignon, ou par la tante Clarisse dont Bosco fera la tante Martine de ses romans.

Il fait ses humanités grecques et latines dans la cité papale. Il est pensionnaire au lycée d'Avignon. « Parallèlement, il poursuit pendant huit ans des études de musique (harmonie et composition musicale) au Conservatoire d'Avignon, tout en suivant des cours de violon auprès de M. Maillet, l'organiste de l'église Saint-Agricol, en face de la librairie Roumanille, célèbre félibre et ami de Frédéric Mistral. Henri Bosco y fera référence plus tard dans Antonin » [3]. Bosco obtient, en 1909, sa licence de lettres et son diplôme d'études supérieures à l'université de Grenoble. Henri Bosco obtient son diplôme après avoir présenté un mémoire sur la papauté avignonaise (un festin papal donné au Palais), puis il prépare et réussit son agrégation d'italien à l'Institut de Florence.

Mobilisé en Orient[modifier | modifier le code]

Devenu musicien de talent, il occupe ses loisirs à jouer et même écrire de la musique. Lors de la Première Guerre mondiale, il est mobilisé au 4e régiment de zouaves à Salonique. Devenu sergent-interprète à l'État-major de l'Armée d'Orient sa nouvelle fonction ne lui fait pas quitter les rives méditerranéennes. Il fait campagne aux Dardanelles, en Macédoine, en Serbie, en Albanie, en Hongrie et en Grèce.

Profitant de son affectation militaire, le jeune universitaire recopie et décrypte nombre d'inscriptions antiques. Il se lie d'amitié avec Robert Laurent-Vibert, un industriel lyonnais érudit, avec qui, les hostilités finies, il participe au sauvetage et à la restauration du château de Lourmarin, dans le Sud du Luberon.

Le séjour napolitain[modifier | modifier le code]

La paix revenue, il est détaché à l'Institut français de Naples où il passe dix ans à donner des cours publics. Il y fait la connaissance de son collègue Jean Grenier, ainsi que de Max Jacob de passage sur la côte almafitaine. Il y écrit, en 1924, son premier livre, Pierre Lampedouze, dans lequel il décrit sa ville natale : « Toute la ville est argentée de métal pur. C'est le dimanche des Rameaux. Saint-Agricol clame sa joie. Saint-Didier tinte à tous vents. Saint-Pierre a des battants qui font tourner les cloches. Les Carmes chantent en patois un vieux cantique de Maillane, toutes les chapelles s'appellent dans les rues lointaines où fleurissaient, jadis, les confréries, et les confréries et les couvents qui sont perdus sous les remparts, font danser leurs petites cloches, et le grand bronze du bourdon de Notre-Dame des Doms dont dépendent quatre paroisses, du sommet de sa métropole, jette sa gloire et sa clarté à travers toute la Provence ».

Son deuxième livre, Irénée, est inspiré d'un premier et grand amour pour la belle triestine Silvia Fondra sans que s'estompe le souvenir de sa Provence natale.

Au cours de son séjour à Naples, il se passionne pour les recherches en cours sur Pompéi et la fameuse Villa des Mystères, avec un intérêt tout particulier pour l'orphisme.

Il se marie le 16 juillet 1930 à Ollioules dans le Var, avec la gersoise Marie Madeleine Rhodes (1898-1985). Ils n'auront pas d'enfant.

En 1930-31, il écrit le premier roman de la trilogie de Hyacinthe, L'Ane culotte.

Son œuvre littéraire[modifier | modifier le code]

En 1931, il rejoint le Maroc où il restera jusqu'en 1955. Il habite ensuite à la Maison Rose, à Cimiez, sur les hauteurs de Nice.

En mai 1931, il écrit Le Sanglier, faisant la démonstration que le roman d'aventures n'a pas forcément besoin d'exotisme, ni d'escouades policières, pour organiser une chasse à l'homme.

Il va passer une longue partie de sa vie comme professeur au lycée Gouraud de Rabat et président de l'Alliance française. À la fin de la guerre, en 1945, il obtient le Prix Renaudot pour le Mas Théotime.

En 1953, sa carrière de romancier est couronnée par le Grand prix national des Lettres puis en 1968, Henri Bosco se voit décerner le Grand prix du roman de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre.

Cette récompense prestigieuse avait été précédée, deux ans auparavant, par un hommage rendu à Avignon. Le samedi 22 octobre 1966, le romancier, devant un parterre de cinq cents personnes, fut accueilli dans la Salle des Fêtes de l'Hôtel de Ville. Il se vit honorer du Prix de l'Académie de Vaucluse, récompense décernée pour la première fois par le Conseil général. Ce prix lui fut décerné pour « sa remarquable œuvre romanesque et ses livres de souvenirs ».

Le romancier du Luberon[modifier | modifier le code]

Arrivé à l'âge de la retraite de l'Éducation Nationale, il partage sa vie entre Nice et Lourmarin, où il séjourne souvent dans son bastidon, célébrant le Luberon, terre de paysans et de vignerons qu'il affectionne, mais surtout de mystère qu'il va chanter avec des accents homériques.

Au temps des amandiers en fleurs, Lourmarin, la seconde patrie d'Henri Bosco

« Tu es la patrie des saisons. En aucun lieu au monde elles n'offrent figures suivantes. Tu les prends au passage et tu en fais selon les jours, soit la douceur de la neige, soit la fureur des tempêtes d'automne, soit vergers d'amandiers en fleurs, soit le blé, soit la vigne sanglante ».

Humaniste, Bosco aime cette montagne magique : les hommes simples depuis la nuit des temps y ont vécu et souffert, au sein d'une nature généreuse. « Je les connais tous, les sites humains d'où sont partis les hommes, l'abri du charbonnier, la cuve à vin creusée dans la paroi du roc, le poste à feu oublié du chasseur et, quelque part en un lieu hanté de moi seul, perdu dans la broussaille, cette aire immense avec des talus et quatre grands fossés mangés par l'herbe. Un vieux peuple, rude et sensé, au cours d'une migration énergique, avait sans doute établi là, jadis, son camp à l'ombre de la Terre. »

Ses dernières volontés[modifier | modifier le code]

Pierre tombale d'Henri Bosco au cimetière de Lourmarin

Le chantre du Luberon désira reposer dans le cimetière de Lourmarin. Il fit part de ses dernières volontés dans un texte publié par ses amis d'Alpes de Lumières : « Enfin on chantera tes bêtes : renards, martres, fouines, blaireaux, nocturnes et le sanglier qui est peut-être ton dernier dieu (Mais silence, tu me comprends...).
Pour moi, si quelque jour, je dois tomber loin de ta puissance, je veux qu'on ramène mes cendres à Lourmarin, au nord du fleuve, là où vécut mon père et où, trop peu de temps, j'ai connu les conseils de l'Amitié.
Et que l'on creuse alors sur ta paroi, en plein calcaire, là-haut loin des maisons habitées par les hommes, entre le chêne noir et le laurier funèbre, un trou, ô Luberon, au fond de ton quartier le plus sauvage. J'y dormirai.
Et puisse-t-on graver, si toutefois alors quelqu'un prend souci de mon ombre, sur le roc de ma tombe, malgré ma mort, ce sanglier »[4]. »

Il meurt en 1976 à 88 ans. Ses romans pour adultes ou pour enfants constituent une évocation sensible de la vie provençale où une imagination libre et succulente participe au pouvoir envoûtant de son écriture. De nos jours, la trilogie L'Âne Culotte - Hyacinthe - Jardin d'Hyacinthe ainsi que Malicroix, le Mas Théotime, L'Enfant et la Rivière, L'Habitant de Sivergues, Le rameau de la nuit, Le récif, entre autres, sont réédités en de nombreuses langues et constituent des succès de librairie. Son épouse est décédée en 1985.

L'œuvre d'Henri Bosco a fait l'objet de nombreuses études depuis les quatre premières thèses de doctorat soutenues du vivant de l'auteur : Jean Cleo Godin (Une poétique du mystère, Montréal, 1968), Lionel Poitras (La participation au monde, Fribourg, 1971), Gérard Valin (Henri Bosco et Novalis, deux poètes mystiques, Paris-Nanterre, 1973), Jean Pierre Cauvin (La poétique du sacré, 1976).

L'association de l'Amitié Henri Bosco a été créée avec la participation de l'auteur à Nice en 1973. Ludo van Bogaert, Madeleine Bosco, Jean Onimus ont animé les premières années d'activité. Le professeur Claude Girault, germaniste de l'université de Caen, a pris le relais en donnant une impulsion décisive aux colloques internationaux et aux Cahiers Henri Bosco ; ces deniers comportent un grand nombre de ses travaux très inspirés du romantisme allemand et issus des archives laissées à la Bibliothèque universitaire de l'université de Nice Sophia Antipolis, reçues en 1972 par son amie et la directrice de la Section Lettres de la Bibliothèque, Monique Baréa. Claude Girault, ami de l'auteur est devenu à son décès le légataire de son journal (le diaire).

Henri Bosco était commandeur de la Légion d'honneur.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tel qu'écrit sur son acte de naissance.
  2. Marc Maynègre, 2006, p. 6.
  3. Marc Maynègre, 2006.
  4. Alpes de Lumières (1972), post-face de Luberon.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • 1967 : L'Âne Culotte, série télévisée en 26 épisodes de 13 minutes, créé par Edgar de Bresson, Daniel Goldenberg et Jacques Rispal diffusé à partir du 27 novembre 1967 sur la première chaîne de l'ORTF.
  • 1974 : Malicroix, téléfilm de François Gir (réalisation et adaptation). Interprètes : Jean-Luc Moreau, Robert Dalban, Jacques Seiler, Thérèse Liotard
  • 1975, Le Renard dans l'île, TF1, de Leila Senati, adaptateur : Denys de La Patellière, interprètes : Suzanne Flon, Jean Marie Bon, Lucien Barjon, Hervé Levy, Marc Geiger, Pierre Humbert
  • 1981 : L'Enfant et la Rivière, téléfilm de Maurice Château.
  • 1995 : Le Mas Théotime, téléfilm écrit et réalisé par Philomène Esposito pour FR3.
  • 2000 : Henri Bosco, collection « Un siècle d'écrivains », dirigée par Bernard Rapp, portrait réalisé par Jean-François Jung (50'), diffusion France 3 le 28 décembre 2000.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marc Maynègre, « Henri Bosco, un chantre du Luberon », in La Fontaine de Pétrarque, Journal de la Société Littéraire, délégation de Vaucluse, no 17, 2006.
  • Gérard Valin, Novalis et Henri Bosco, deux poètes mystiques, thèse de doctorat en lettres, Paris X, 1972.
  • Robert Ytier, Henri Bosco ou l’amour de la vie : d’Avignon à Lourmarin par Marseille, Naples, Rabat et Nice. Souvenirs, témoignages et entretiens inédits (1965-1976), Éd. Aubanel, Lyon, 1996.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]