Années 1790

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Années :

1790 - 1791 - 1792 - 1793 - 1794
1795 - 1796 - 1797 - 1798 - 1799

Décennies :

1770 1780 - Années 1790 - 1800 1810

Siècles :

XVIIe siècle - XVIIIe siècle - XIXe siècle

Millénaires :

Ier millénaire - IIe millénaire - IIIe millénaire

Événements[modifier | modifier le code]


  • Brésil : le pays connaît une très importante effervescence politique, sociale et culturelle. De nombreux groupes, sociétés et académies sont créés, marquant le début d'une vie littéraire et culturelle nationale, jusqu'alors très dépendante du Portugal.

Afrique[modifier | modifier le code]

  • En Afrique australe, formation des confédérations mthethwa (Dingiswayo (en)), ndwandwe (Zwide (en)) et ngwane (Sobhuza (en)). Les trois chefs se disputent la suprématie[1].
  • À la fin du XVIIIe siècle, le royaume lounda, au nord-est de l’Angola, s’étend sur une longueur de 1200 km. L’autorité du mwata Yambo, empereur des Lounda, est indiscutée. Il est le principal fournisseur d’esclaves de Luanda et perçoit un important tribut de plusieurs dizaines de chefs (esclaves, ivoire, métaux, peaux, vivres, tissus…).
  • Kazembe, capitale de la province orientale de l’empire lounda, située une vingtaine de kilomètres au sud du lac Moero, dirigée par le mwata Kazembe, acquiert son autonomie. Elle connaît une économie prospère au début du XIXe siècle (mines de cuivre et de sel, agriculture, collecte de tributs, exportations) et commerce avec l’Atlantique et l’océan Indien.
  • À la fin du XVIIIe siècle les autorités portugaises de Luanda instituent une législation économique assez libérale, qui supprime progressivement le régime des monopoles commerciaux et permet aux petits commerçants indépendants de parcourir l’arrière-pays (sertão). Ceux-ci forment rapidement des établissements permanents et collaborent avec des Africains aventureux. Ces Luso-Africains étendront le réseau d’échanges dans la savane angolaise tout au long du XIXe siècle, à partir de Luanda et de Benguela.
  • Les dirigeants des cités haoussa se convertissent à l’islam à la fin du siècle.
  • Ruine du royaume des Foundj (Nil Bleu) par les luttes intestines des rois et de leurs vizirs Hamadj. Le royaume, qui a déjà perdu le Kordofan au profit du Darfour, ne contrôle plus que Sennar, la capitale, et la Gezirah (« île »), riche terre entre le Nil Blanc et le Nil Bleu où l’irrigation est possible ; il connaît une succession de meurtres de sultans jusqu’en 1821 avant d’être conquis par l’Égypte[2].

Personnages significatifs[modifier | modifier le code]

Inventions, découvertes, introductions[modifier | modifier le code]

  • Nicolas Appert met au point la première méthode de conservation des aliments, par cuisson prolongée à l’abri de l’air, dans des bocaux de verre, l’appertisation.

Religion[modifier | modifier le code]

  • 1794 : institution du culte de l'Être suprême en France.
  • Grande-Bretagne : le méthodisme se sépare progressivement de l’obédience anglicane et se propage parmi les humbles. Les Églises méthodistes britanniques et américaines comptent 150 000 fidèles en 1791. En Grande-Bretagne, le nombre de sociétaires, largement recrutés sur les nouveaux milieux urbains, est passé de 25 911 en 1767 à 72 476. On pense qu’il faut multiplier par cinq ou par dix le nombre des fidèles sensibles à la prédication méthodiste sans pour autant entrer dans une société.

Art et culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Décennie 1790 en arts plastiques.

Sport et loisir[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Années 1790 en sport.

Économie et société[modifier | modifier le code]

  • Vers 1790 :
    • Le Sud des États-Unis produit un millier de tonnes de coton vers 1790 et compte 500 000 esclaves.
    • Déclin de la production textile à Venise : de 800 métiers à tisser la soie en 1750, la ville n’en conserve que 60.
    • 125 fabriques et petites manufactures en Hongrie vers 1790-1800. 80 000 artisans en 1800.
  • 1790 :
    • L’Espagne possède deux cents navires de guerre.
    • La France effectue le cinquième du tonnage commercial européen (700 000 tonnes pour 3,3 millions de tonnes).
    • Hongrie : la famille Zwack crée le digestif Unicum
  • 1791 :
  • 1791-1799 : réglementation de la corvée paysanne au Danemark.
  • 1792 :
    • Émission de papier-monnaie en Autriche.
    • Le Danemark décrète l’abolition du trafic des esclaves à partir de 1803.
  • 1794 :
    • Création de l’Institut asturien consacré à l’exploitation du charbon.
    • Première filature de coton en Allemagne.
    • Russie : les « Fonds de la Chambre », biens privés de la famille impériale (1,5 million de roubles) sont remis au Trésor pour combler le déficit.
  • 1795 : Informe sobre la ley agraria de Jovellanos. Ses efforts et ceux des sociétés économiques pour introduire de nouvelles pratiques culturales en Espagne se heurtent à la résistance des grands propriétaires. Les énormes latifundia leur fournissent en effet un revenu suffisant sans pousser à l’accroissement des productions.
  • 1796 :
    • Construction à Gleiwitz (Silésie) d’un des premiers hauts-fourneaux à coke d’Europe.
    • Le commerce extérieur russe a triplé depuis 1763. Le nombre de manufactures, installées surtout dans l’Oural, passe de 984 à 3161.
  • 1797 :
    • Première filature de coton en Bohême.
    • Le comte Festetich ouvre à Keszthely (Hongrie) un Institut agronomique destiné à la formation des intendants recrutés dans la petite noblesse.
  • 1798 :


Etats-Unis[modifier | modifier le code]

Grande-Bretagne[modifier | modifier le code]

  • 1788-1804 : la consommation de coton brut triple, passant de 20,4 mlns à 56 mlns de livres, la part des antilles anglaises diminuant de 60% à 15% et celle des Etats-Unis de 1% à 45%, le reste revenant principalement au Brésil[3].
  • 1790-1810 : Les salaires augmentent de 45 %.
  • 1793 : le déficit du budget de l’État atteint 243 millions de £. La Marine royale compte 600 navires et 70 000 marins.
  • 1795 :
    • Système de Speenhamland, prévoyant de moduler le montant de l’aide accordée aux pauvres en fonction du prix des denrées de base et de la taille de la famille indigente.
    • Liverpool, qui compte plus de cent bateaux destiné au transport d’esclaves, représente la moitié du commerce européen des esclaves.
  • 1797-1821 : La convertibilité de la livre britannique est suspendue.
  • 1798 : L'économiste britannique Thomas Robert Malthus publie son Essai sur le principe de population où il affirme que les hommes se multiplient plus vite que les ressources en nourriture. Ses prévisions pessimistes sur une crise catastrophique de subsistance, qui ne se réalise pas, grâce aux nouvelles techniques agricoles.
  • 1799 :
    • La Grande-Bretagne est le premier État à introduire l'impôt sur le revenu (income tax).
    • Le radical Robert Owen (1771-1858) tente d’instaurer à New Lanark (Écosse) une communauté modèle reposant sur le principe coopératif.
  • 1799-1800 : Combinations Acts. Lois interdisant les coalitions et assimilant la coalition à un délit pénal.


  • La production annuelle de fer est de 79 000 tonnes.
  • L’élite foncière, disposant d’un revenu de plus de 1 000£ par an, est restreinte à 5 000 familles. Elle vit partagée entre ses résidences londoniennes et ses villas à la campagne (country houses).
  • L’Écosse, qui compte quatre universités (pour deux en Angleterre), compte à la fin du siècle environ 3000 étudiants (sur une population de 1,6 million), contre près de 2000 en Angleterre (sur une population de 9 millions).

Démographie[modifier | modifier le code]

  • 1790 : Quatre millions d’habitants aux États-Unis. Moins d’un million vivent dans des villes. New York compte 130 000 habitants.
  • 1791 : La Havane compte 45 000 habitants. Elle joue un rôle administratif, religieux, universitaire, militaire et naval.
  • 1793 : 13 830 Européens et 16 767 esclaves vivent au Cap.
  • 1795 :
    • 15 000 Européens et 18 000 esclaves vivent au Cap.
    • Trois millions d’habitants à Java.
  • 1798 : la population du Brésil atteint deux millions d’habitants dont 20 % dans le Minas Gerais, 18 % à Bahia, 15 % dans le Pernambouc, 14 % à Rio et 8 % à São Paulo.
  • À la fin du XVIIIe siècle, Saint-Domingue compte 500 000 habitants : 40 000 colons, 28 000 mulâtres et plus de 430 000 esclaves noirs. La Guadeloupe atteint 100 000 habitants (7000 en 1670).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. John E. Flint, The Cambridge History of Africa, vol. 5, Cambridge University Press,‎ 1977 (ISBN 9780521207010, résumé)
  2. Hubert Deschamps, L'Afrique noire précoloniale, Presses universitaires de France,‎ 1976 (lire en ligne)
  3. "The Growth of the British Cotton Trade, 1780-1815", page 251, par Michael M. Edwards [1]