Les Hauts de Hurlevent

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Les Hauts de Hurle-Vent
Image illustrative de l'article Les Hauts de Hurlevent
Page de titre de l'édition princeps.

Auteur Emily Brontë
Genre Roman
Version originale
Titre original Wuthering Heights
Éditeur original Thomas Cautley Newby
Langue originale Anglais
Pays d'origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Date de parution originale 1847
Version française
Traducteur Frédéric Delebecque
Lieu de parution Paris
Éditeur Nouvelle librairie nationale
Date de parution 1925

Les Hauts de Hurlevent (d’autres traductions françaises du titre existent  : Haute Plaine, Hurlevent, Les Hauteurs tourmentées, Hurlevent des Monts, Les Hauts des tempêtes, etc.) (titre original  : Wuthering Heights) est l’unique roman d’Emily Brontë, publié pour la première fois en 1847 sous le pseudonyme d’Ellis Bell. Il est cité par William Somerset Maugham en 1954, dans son essai Ten Novels and Their Authors (Dix romans et leurs auteurs) parmi les dix plus grands romans selon lui.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Le roman choque certains lecteurs de l’époque, notamment par le manque de respect pour les conventions morales, ainsi que par la noirceur de ses personnages et des situations. Il intrigue la critique qui, si elle n’est pas toujours hostile, n’en reste pas moins décontenancée devant la violence de certaines scènes. Les ventes sont bonnes pour un premier roman. La réussite des Hauts de Hurlevent a fréquemment été sous-estimée en raison de l’éclatant succès de Jane Eyre, écrit par Charlotte Brontë, sœur d’Emily, et publié la même année.

De nos jours, le livre est reconnu comme l’un des plus grands classiques de la littérature du XIXe siècle, et il possède une place non négligeable dans la culture britannique et mondiale (adaptations cinématographiques, opéra, musique, etc.). On peut considérer ce roman comme l’un des derniers ouvrages majeurs du romantisme européen en littérature. La critique s’est souvent étonnée de ce que ce roman ait pu être écrit par une jeune femme vivant dans une quasi-réclusion. C’est oublier qu’aux dires de sa sœur Charlotte, Emily s’intéressait passionnément à la chronique villageoise, riche en histoires aussi cruelles et complexes que l’intrigue de son roman (qui, semble-t-il, aurait été inspirée par un drame familial dont Emily aurait eu connaissance alors qu’elle enseignait dans une école près de Halifax)[1]. Des recherches ultérieures ont montré qu’Emily Brontë connaissait les tragiques grecs, était bonne latiniste, et possédait une culture classique exceptionnelle chez une femme de l’époque[2]. D’autre part, la famille Brontë lisait les revues et journaux de son temps, et il est tout à fait probable qu’Emily ait eu connaissance du débat sur l’évolution, même si les grandes thèses de Charles Darwin n’ont été rendues publiques que onze ans après sa mort. Ce débat avait été lancé dès 1844 par Robert Chambers et soulevait les questions de l’(in)existence de la providence divine, de la violence qui sous-tend l’univers et des relations entre les êtres vivants[3]. On sait par sa poésie qu’Emily s’intéressait à ces sujets et se sentait également concernée par la problématique de la « force » et de la « faiblesse » d’une manière qui fait parfois songer à Nietzsche, et qui atteste en tout cas qu’intellectuellement elle raisonnait au même niveau que les penseurs les plus radicaux de son époque.

Résumé[modifier | modifier le code]

Mr Earnshaw a deux enfants, un fils, Hindley, et une fille, Catherine. Un jour, il revient d’un voyage avec un enfant abandonné âgé de six ans, Heathcliff, un jeune bohémien, sans doute. Hindley entre rapidement en conflit avec Heathcliff et, à la mort de leur père, devient le maître de la maison. Heathcliff est traité plus durement que jamais. Mais Catherine et Heathcliff s’aiment tendrement et leurs sentiments enfantins deviennent plus profonds encore à l’adolescence. Ils s’échappent fréquemment dans la lande pour rêver à des jours meilleurs.

Hindley se marie avec Frances. Malheureusement, son épouse meurt trois mois après la naissance de leur fils, Hareton. Hindley est fou de chagrin et devient plus aigri encore. Catherine se décide d'épouser un riche héritier, Edgar Linton, persuadée que ce dernier acceptera Heathcliff comme un frère afin de le soustraire à la colère de Hindley.

Mais Heathcliff ne comprend pas la manœuvre de Catherine et s’enfuit, blessé par cette annonce de mariage. Catherine est désespérée de cette méprise.

Peu après le mariage de Catherine, Heathcliff réapparaît. Il parvient à rencontrer Catherine, et tous deux s’avouent qu’ils se sont toujours aimés. Peu après cette rencontre, Catherine meurt après avoir donné le jour à une fille, Catherine, surnommée Cathy, fille d’Edgar. Heathcliff, désespéré, se vengera diaboliquement d’Edgar et d’Hindley. Il ruine Hindley au jeu et entre en possession des Hauts de Hurlevent. Il séduit la sœur d’Edgar, Isabelle, l’emmène, l’épouse, et la maltraite au point qu’elle s’enfuit. De cette union naît un fils, Linton Heathcliff.

Seize ans plus tard, Edgar Linton meurt, laissant sa fille Catherine pour seule héritière. Heathcliff fait alors en sorte que Cathy tombe amoureuse de Linton. Il l’attire aux Hauts de Hurlevent, la retient prisonnière et la contraint d’épouser Linton sous la menace. Linton s’avère faible et odieux mais meurt bientôt, trop tard malheureusement pour Cathy dont Heathcliff s’est approprié les biens.

Cathy et le fils d’Hindley, Hareton, nouent une relation amoureuse bien que Heathcliff ait élevé celui-ci de manière à en faire un rustre. Hareton ne tarde pas à protéger Cathy contre les violences physiques et morales de Heathcliff. Par ailleurs, le fait que les deux cousins ressemblent fortement à leur tante et mère Catherine rend Heathcliff incapable de poursuivre sa vengeance. Il agit de plus en plus étrangement, s’enferme dans sa chambre, refuse de s’alimenter et finit par mourir.

En 1802, Hareton et Cathy sont sur le point de se marier. Survient un garçonnet terrorisé qui affirme avoir vu Heathcliff et une femme sur la lande. Le roman se clôt sur l’image des trois sépultures de Catherine, Edgar et Heathcliff, et dans une atmosphère de paix.

Incipit[modifier | modifier le code]

1801. - Je viens de rentrer après une visite à mon propriétaire, l’unique voisin dont j’aie à m’inquiéter. En vérité, ce pays-ci est merveilleux ! Je ne crois pas que j’eusse pu trouver, dans toute l’Angleterre, un endroit plus complètement à l’écart de l’agitation mondaine. (Traduction de Frédéric Delebecque, Éditions de Fallois, 1995).

Les grands thèmes de l'histoire[modifier | modifier le code]

Les grands thèmes de cette histoire sont l'amour, la vengeance, la folie et la famille.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Films[modifier | modifier le code]

Assez souvent, ces films (celui de William Wyler, par exemple), ne couvrent pas les quarante années de l’histoire, mais traitent uniquement de la première génération de personnages.

  • Le film Les Bons Débarras (1980), scénarisé par l’écrivain québécois Réjean Ducharme, montre, du début à la fin du long-métrage, le personnage principal du film plongé dans la lecture des Hauts de Hurlevent, montrant ainsi les deux histoires qui se déroulent en parallèle.

Opéras[modifier | modifier le code]

Différents compositeurs d’opéra se sont basés sur Les Hauts de Hurlevent pour écrire des opéras :

Ballet[modifier | modifier le code]

Le Ballet de l'Opéra national de Paris a créé le 26 février 2002 un ballet, Hurlevent, sur une musique de Philippe Hersant, dans une chorégraphie de Kader Belarbi. L'œuvre a été également présentée en 2005 et 2007, sous le titre anglais Wuthering heights, pour des raisons de droit.

Musique[modifier | modifier le code]

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Juliet Barker, The Brontës, Weidenfeld and Nicolson, Londres, 1994.
  2. Edward Chitham, The Genesis of Wuthering Heights: Emily Brontë at Work, Macmillan, Londres, 1998.
  3. Une excellente analyse de cet aspect est proposée par Stevie Davies dans Emily Brontë: Heretic, The Women’s Press, Londres, 1994.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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