Pola Negri

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Pola Negri

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En 1927

Nom de naissance Barbara Apolonia Chałupiec
Naissance 22 décembre 1897
Lipno (Pologne)
Nationalité d'origine : Drapeau de la Pologne Polonaise
naturalisée : Drapeau des États-Unis Américaine
Décès 1er août 1987 (à 89 ans)
San Antonio (États-Unis)
Profession Actrice

Pola Negri (22 décembre 1897[1], Lipno, Pologne - 1er août 1987, San Antonio, Texas, États-Unis) actrice polonaise du cinéma muet, se maria à Seraincourt le 14 mai 1927 avec le prince Serge Mdivani. Ruinée par le krach financier de 1929, elle vendit le château de Rueil et, en 1941, elle s'installa définitivement aux États-Unis. Elle prit la nationalité américaine en 1951. Elle vécut au 6933, Hollywood Boulevard.

Carrière et biographie[modifier | modifier le code]

L'Europe[modifier | modifier le code]

Née Barbara Apolonia Chałupiec « d’une mère issue de la royauté polonaise appauvrie et d’un père aux ancêtres slovaques »[2], elle débute comme danseuse au sein du Ballet Impérial Russe à Saint-Pétersbourg mais doit abandonner cette carrière à cause de la tuberculose[2]. Elle prend des cours d'art dramatique au Conservatoire de Varsovie : en 1913, elle fait ses débuts au théâtre dans une pièce de Gerhart Hauptmann puis joue au Théâtre impérial de Varsovie[3]. Lorsque le comte Domski la fait passer de la danse au cinéma, elle prend le pseudonyme de Pola Negri en hommage à la poétesse italienne Ada Negri[1]. Aidée d'un riche protecteur (Wiktor Hulewicz), Pola Negri fait mettre en scène par Jan Pawlowski, en 1914, un scénario de sa composition, Niewolnica Zmyslow, dont elle est aussi l'actrice vedette[3]. Puis elle signe un contrat avec Alexander Hertz qui la dirige dans plusieurs films.

En 1917, Negri quitte Varsovie pour Berlin où elle signe un contrat avec Max Reinhardt. Celui-ci la dirige au théâtre dans le conte oriental Sumurun, dont Ernst Lubitsch réalise l'adaptation cinématographique avec un grand succès. Prise sous contrat par la UFA, les deux hommes propulsent rapidement Pola Negri au rang de star. Lubitsch devient le metteur en scène préféré de Negri, il la dirige notamment dans Carmen, La Chatte des montagnes et Montmartre. Surtout La Du Barry remporte un succès mondial, et Lubitsch est appelé à Hollywood pour diriger Mary Pickford dans une évocation historique.

La star travaille également avec Georg Jacoby, plus tard metteur en scène d'un mythique Quo Vadis ? avec Emil Jannings et mentor (avec Reinhardt) de Hedy Lamarr, et le russe Dimitri Buchowetzki, spécialiste des grands sujets (Danton, Othello) pour une adaptation d'Alexandre Dumas. Negri côtoie ainsi le gotha du cinéma d'Europe centrale, de Jannings à Asta Nielsen.

Hollywood[modifier | modifier le code]

À cette époque bénie du cinéma muet (car l'accent n'est pas une barrière), ses premiers succès conduisent Pola Negri à Hollywood où elle est prise sous contrat à la Paramount, le plus européen des studios américains. Le service publicitaire la présente comme la rivale de Gloria Swanson (occasionnant une « guerre des pousse-pousse » dans les chemins du studio) mais son image est plus proche de celle de Lupe Vélez, surnommée « le volcan mexicain»  : sa vie privée défraye la chronique ; outre trois mariages (deux comtes et un prince géorgien, Serge Mdivani), la belle est associée à Charlie Chaplin et Rudolph Valentino - à la mort de celui-ci en 1926, elle se comporte comme sa veuve.

La gloire de Pola Negri est à son apogée durant toutes les années 1920. Elle s'illustre d'abord dans deux films de George Fitzmaurice puis éclate avec The Spanish Dancer de Herbert Brenon, film historique inspiré par Victor Hugo. L'actrice retrouve ensuite deux de ses directeurs européens, Dimitri Buchowetzki et surtout Ernst Lubitsch pour Paradis défendu (1924), le dernier film de leur association, où Negri joue Catherine de Russie. L'exotisme lui colle à la peau car elle interprète ailleurs la reine des Apaches parisiens selon Francis Carco

Après une adaptation de W. Somerset Maugham par Raoul Walsh, comme Greta Garbo dix ans plus tard, Hollywood tente de l'américaniser dans deux films de Malcolm St. Clair, avec un succès relatif. Après son renvoi de la MGM, où désormais Garbo vole de ses propres ailes, le Suédois Mauritz Stiller devient le nouvel amant supposé de la star polonaise et son directeur dans trois films. Elle interprète encore une princesse dans Moscou-Shanghaï (1928) de l'Allemand Ludwig Berger, d'après Victorien Sardou.

Retour en Europe[modifier | modifier le code]

Pola attend un enfant quand son contrat avec Paramount arrive à échéance en 1928. Elle décide de ne pas le renouveler et de déménager en France pour s’occuper de sa famille. Cela coïncide avec l'arrivée du cinéma parlant qui devait porter un coup fatal à la carrière de nombreuses stars. Quelques mois plus tard, elle fait une fausse couche et sombre dans une profonde dépression. La mère de Pola l’encourage alors à retourner devant les caméras. Elle accepte l’offre de la Gaumont British Film pour figurer dans Son dernier tango, tourné en Angleterre par le réalisateur hongrois Paul Czinner - le dernier film muet de Pola Negri[2].

Puis les réalisateurs français Tony Lekain et Gaston Ravel envisagent d'engager Pola dans Le Collier de la reine, premier film sonore français, mais le mari de Pola refuse qu’elle apparaisse en partie dénudée. Les mêmes réalisateurs la contactent de nouveau quelques années plus tard pour jouer dans un film Pathé, Fanatisme (1934), se déroulant sous l'empire de Napoléon III. Pola, qui vient de divorcer accepte l’offre. Son film suivant est Mazurka (1935), réalisé par l'allemand Willi Forst, qui lui permet de renouer avec la UFA. Elle doit cependant prouver à Goebbels qu'elle n'est pas juive polonaise. Negri apparaît dans cinq autres films produits par UFA, dont Moskau-Shanghai (1936) de Paul Wegener (son partenaire de Sumurun), Madame Bovary de Gerhard Lamprecht et deux films de l'italien Nunzio Malasomma.

Pola Negri continue de vivre en France, travaille un temps pour la Croix-Rouge en même temps qu’elle tourne en Allemagne, jusqu’à ce qu’elle finisse par rejoindre Hollywood, parmi les milliers d’Européens émigrés par bateau pour les États-Unis via Lisbonne, fuyant le régime nazi[2].

Retraite en Amérique[modifier | modifier le code]

Pola Negri ne tournera plus que deux films sans importance - Hi Diddle Diddle, qui lui permet pourtant de croiser Adolphe Menjou, son partenaire dans Bella Donna, The Spanish Dancer et Paradis défendu - et on la comparera avec le personnage de Norma Desmond du film Boulevard du crépuscule (interprété par son ancienne rivale Gloria Swanson).

Dans les années 1950, Pola Negri est productrice. Au début des années 1960, Walt Disney convainc l'actrice de jouer un dernier rôle dans La Baie aux émeraudes (1964). En 1964, l'ancienne star reçoit un prix pour l'ensemble de sa carrière, au Festival International du Film de Berlin. Elle publie également ses mémoires en 1968[3].

Elle meurt d'une pneumonie à l'âge de 90 ans en donnant presque tout son patrimoine à la St. Mary’s University. Elle est enterrée au Calvary Cemetery à Los Angeles.

En 2006, elle est le sujet du film documentaire Pola Negri: Life is a Dream in Cinema[4].

Filmographie sélective[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Source: Acte notarié
  2. a, b, c et d cinematheque.fr/data/museo/cycles/fichiers/dossierpresse_4b3b313c-2fd4-4936-8adf-000000000297.pdf
  3. a, b et c http://cinema.encyclopedie.personnalites.bifi.fr/index.php?pk=36958
  4. (en) « ''Pola Negri: Life is a Dream in Cinema'' page », Polanegri.com (consulté le 2010-07-08)

Liens externes[modifier | modifier le code]