Il faut sauver le soldat Ryan

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Il faut sauver le soldat Ryan

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Soldats américains à Omaha Beach.
La reconstitution très réaliste du débarquement de Normandie est un des points forts du film.

Titre original Saving Private Ryan
Réalisation Steven Spielberg
Scénario Robert Rodat
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Guerre
Sortie 1998
Durée 163 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Il faut sauver le soldat Ryan (Saving Private Ryan) est un film de guerre américain réalisé par Steven Spielberg, sorti en 1998. Il met en scène des soldats américains qui, après le débarquement en Normandie, partent chercher un soldat dont les frères sont tous décédés.

La reconstitution très réaliste du débarquement de Normandie est l'un des points forts du film.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Normandie.
Barge de débarquement de véhicules et de personnel provenant de l'USS Samuel Chase, qui débarque des troupes de la 1e division d'infanterie américaine dans la matinée du 6 juin 1944 (le D-Day, ou « Jour-J » de l'Opération Neptune) à Omaha Beach.

Au matin du 6 juin 1944, premier jour de la bataille de Normandie, a lieu le débarquement allié des soldats américains sur la plage d'Omaha Beach en Normandie. Dans le secteur « Dog Green », le capitaine John H. Miller, le commandant d'une compagnie de Rangers américains, tente de débarquer sur la plage avec ses hommes. Après de durs combats, ils parviennent à créer une brèche dans les fortifications ennemies et nettoient les positions défensives de l'armée allemande.

Durant les opérations du débarquement allié, trois hommes, tous dénommés Ryan et appartenant à la même fratrie de quatre frères, meurent au combat : l'un sur la plage d'Omaha Beach, un deuxième sur Utah Beach ; le troisième meurt en Nouvelle-Guinée, durant la campagne du Pacifique. Le dernier frère, le soldat James Francis Ryan, fait partie de la 101e division aéroportée américaine, parachutée sur le Cotentin, en plein territoire ennemi, et dont on est sans nouvelles. Les trois lettres annonçant la mort de ses fils vont parvenir à leur mère en même temps.

Informé de ces évènements, le chef de l'État-major des États-Unis, le général Georges C Marshall, basé à Washington, décide de monter une expédition de sauvetage. La mission du capitaine Miller et de son unité est de retrouver Ryan, et, s'il est encore en vie, de le ramener sain et sauf pour le faire rapatrier chez lui.

Cette expédition de secours part alors à sa recherche à travers le bocage normand, au gré des combats contre les troupes allemandes qui tentent de résister à l'avancée alliée. Au fil de leur quête, après avoir perdu successivement plusieurs hommes de leur unité durant l'accomplissement de leur mission, certaines questions se posent à Miller et à ses hommes, qui deviennent amers et désillusionnés : arriveront-ils à retrouver ce Ryan en vie parmi le carnage qui sévit autour d'eux ?, mais surtout : est-ce que la vie du soldat Ryan vaut celles risquées par ceux qui tentent de le retrouver ?

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Drapeau des États-Unis États-Unis : 24 juillet 1998
Drapeau de la France Festival du cinéma américain de Deauville : 5 septembre 1998
Drapeau de la France France : 30 septembre 1998
  • Film tout public avec avertissement lors de sa sortie en salles en France, mais actuellement déconseillé aux moins de 12 ans.

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Idée originale[modifier | modifier le code]

Le film est inspiré par l'histoire vraie des frères Niland, soldats américains pendant la Seconde Guerre mondiale, même si le scénario du film est en grande partie de la fiction. La mort des frères Sullivan, de l'USS Juneau (citée par un personnage du film), est bien à l'origine de la Sole Survivor Policy, créée par l'armée américaine pour protéger des membres d'une famille de la conscription ou de servir au front s'ils avaient déjà perdu des membres de leur famille durant leur période militaire.

Par ailleurs, la lettre d'Abraham Lincoln à Madame Bixby, lue par le général George C. Marshall vers le début du film, et qui sert de justification à l'envoi d'un commando de G.I.s pour retrouver Ryan, est authentique.

Tournage[modifier | modifier le code]

Le premier jour de tournage débute le 27 juin 1997. Filmée en Irlande, la scène du débarquement a coûté 11 millions de dollars et impliqua plus de 1 000 figurants, qui étaient pour la plupart des réservistes de l'armée irlandaise. Deux milles armes (réelles ou factices) sont utilisées pour le tournage de cette scène. Les barges de débarquement incluaient deux exemplaires de la Seconde Guerre mondiale. Originellement Steven Spielberg souhaitait filmer la majeure partie des scènes extérieures en Normandie, mais a dû y renoncer, suite au refus de la part des autorités locales, seule la séquence dans le cimetière américain de Colleville-sur-Mer y a été tournée.

La scène sur le débarquement à « Omaha Beach », très réaliste, voire choquante pour certains par sa brutalité crue, constitue l'un des points forts du film, en exposant le contexte humain du sacrifice, de la souffrance et de la solidarité des hommes au combat. Steven Spielberg déclare s'être inspiré de la série de photographies Jour J, réalisée par Robert Capa le jour du débarquement de Normandie[6].

Le film a reçu de très bonnes critiques sur le réalisme des scènes de combat. Plusieurs des acteurs principaux du film dont Edward Burns, Barry Pepper, Vin Diesel, Giovanni Ribisi et Tom Hanks ont dû suivre, pour se préparer à leurs rôles, un entraînement militaire de plusieurs jours, reproduisant les conditions rencontrées par les soldats américains lors de la bataille de Normandie[7]. La séquence reproduisant le débarquement à Omaha Beach fut élue « meilleure scène de bataille de tous les temps » par le magazine anglais Empire[réf. nécessaire].

Vingt à trente personnes amputées furent figurantes pour jouer les soldats grièvement blessés lors de ce débarquement. Des caméras sous-marines furent utilisées pour montrer les soldats, dans l'eau, touchés par les rafales allemandes (on estime que plus d'un quart des pertes américaines à Omaha sont dues aux noyades). Environ 2 500 soldats des Forces de Défense irlandaises ont été mis à disposition pour le tournage du film[8]. Certaines associations américaines notamment religieuses ont voulu couper les premières scènes du film parce que jugées trop violentes.

La séquence finale, qui reprend la séquence d’ouverture du film, est celle où l'on voit un vieux vétéran de cette guerre avec ses enfants et ses petits-enfants, a été tournée au cimetière militaire américain de Colleville-sur-Mer, dans le Calvados.

90 % des plans sont tournés en caméra portée (à l'épaule ou steadicam). 60 % des couleurs sont retirées lors du développement de la pellicule, qui a en outre subi un traitement sans blanchiment.

Historicité des événements[modifier | modifier le code]

Casemate pour canon de 50 mm du WN72, dans le secteur Dog Green.

Il existe quelques erreurs sur des scènes du film. Certaines, selon Steven Spielberg[9], sont volontaires, pour renforcer l'aspect dramatique de certains moments du film ; d'autres, comme par exemple pour les blindés allemands, le sont pour des raisons techniques ; enfin certaines seraient dues au conseiller Dale Dye, dont l'expérience est postérieure à la Seconde Guerre mondiale (Viêt-nam et Liban)[10] :

Lors de la scène du débarquement, certains obstacles de plage, constitués de troncs d'arbres, ont été placés à l'envers, le tronc devant s’enfoncer en direction de la mer[11]. De même, les fortifications présentes dans le film ne ressemblent pas aux fortifications originales, les plus importantes casemates du secteur « Dog Green » (WN71 et WN72), couvrant la plage d'un tir flanquant[12].

Le Brigadier General Amend, supposé avoir été tué lors du crash de son planeur, est fictif. L'histoire s'inspire cependant de la mort du général Don Pratt (en), tué lors d'un accident de planeur le Jour-J[13]

Une partie des lieux cités dans le film sont authentiques : outre Omaha Beach, Neuville-au-Plain, Valognes et Vierville sont de véritables lieux en Basse-Normandie. En revanche, le village de Ramelle a été créé pour le film ; il n'existe pas de village de ce nom dans la région. Par ailleurs, le clocher de l'église en ruine du village de Ramelle, dans lequel se postent des soldats américains, n'a rien du style roman en Normandie. C'est en fait une copie de l'abbatiale de Conques dans l'Aveyron[réf. souhaitée].

Le char de combat allemand Tigre I, que l'on voit dans le village de Ramelle, est monté sur un châssis de char russe T-34[14]. Cet « arrangement » s'explique par l'impossibilité de disposer d'un authentique Tigre I en état de marche.

Historiquement parlant, faire figurer des Tigres face à des soldats américains en Normandie est une erreur. Au moment où se déroule l'action du film, la première unité équipée de Tigres présente en Normandie, le 101e bataillon SS Panzer, combat face aux Britanniques autour de Villers-Bocage[15]. Les chars du film portent l'emblème de cette unité. De même, la 2e division SS « Das Reich » apparaît dans le film lors de la bataille de Ramelle. La division Das Reich ne fut engagée en Normandie qu'à la fin juin 1944, certes, face aux troupes américaines, mais bien après l'action du film. En fait, à cette période, la division Das Reich se signale bien plus au sud, dans les massacres de Tulle et d'Oradour-sur-Glane, les 9 et 10 juin 1944[16].

Du coté américain également, le fait de tenir les ponts sur la rivière du Merderet était un objectif de la 82e division aéroportée lors de la mission « Boston », et non de la 101e division aéroportée[17].

Une voiture française immatriculée « 241 BG 50 » est montrée, alors que ce système de plaque d'immatriculation n'a commencé qu'au 1er avril 1950[15].

Dans une scène on peut remarquer qu'un soldat ramasse des pommes pour en croquer. Au mois de juin, aucune pomme ne peut être ramassée, les pommiers sont à peine défleuris.

Un avion Mustang P-51D, similaire à ceux du film.

A la fin du film, l'attaque salvatrice des avions P-51 Mustang est invraisemblable, et ce pour deux raisons :

  • En 1944, le Mustang, meilleur chasseur allié, était utilisé en altitude, pour la supériorité aérienne ou pour les escortes de bombardiers. A basse altitude, en appui au sol, les forces armées des États-Unis préféraient l'utilisation du P-47 Thunderbolt, capable d'embarquer plus de charge militaire (bombes et roquettes) et étant plus résistant aux tirs anti-aériens.
  • Dans le film, ces avions d'attaque improvisés sont en configuration « lisse », sans bombes, ni roquettes sous les ailes. C'est donc uniquement avec leurs six mitrailleuses de calibre 12.7 mm qu'ils détruisent le char Tigre, ce qui est hautement improbable. À la même époque, même le canon de 75 des Sherman ne parvenait pas à percer le blindage d'un Tigre.

Références au film dans les jeux vidéo et à la télévision[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo
  • Call of Duty 2 : à la fin du niveau de la défense de la colline 400, le sergent Randall utilise la phrase du film, dite par le capitaine Miller, à propos des avions P-51 Mustang : « Ce sont nos anges gardiens ». La mission mettant en scène le débarquement à la pointe du Hoc le 6 juin 1944 reprend de manière quelques éléments de la scène du débarquement du film.
  • Call of Duty: World at War : durant le premier niveau, le joueur incarne un soldat nomme John Miller et a l'occasion de côtoyer un soldat nommé Ryan.
  • Urban Terror : une carte du jeu est une reproduction du village de Ramelle.
  • Commandos 2: Men of Courage : dans la huitième mission, Il faut sauver le soldat Smith, ce niveau comporte beaucoup de similitudes avec le film.
  • Conker's Bad Fur Day : la scène du débarquement est partiellement reproduite (des écureuils débarquant sous le feu d'ours en peluche), notamment le passage où un soldat hagard ayant perdu son bras le récupère et marche sans chercher à s'abriter. La scène est également présente dans le remake de ce jeu, Conker: Live and Reloaded.


Films et séries télévisées

Dans Les Nouvelles Aventures de Lucky Luke, lors de l'épisode 31, la mère du capitaine du fort dit qu'elle doit aller sauver le soldat Ryan quand elle se déguise en soldat pour sortir du camp[réf. souhaitée].

Postérité en France[modifier | modifier le code]

La presse française a repris et détourné le titre français du film pour l'utiliser dans un certain nombre d'articles relatifs à des personnes ou des entités[18],[19],[20].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Aux Oscars 1998[modifier | modifier le code]

Aux Golden Globes 1998[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Aux Oscars 1998[modifier | modifier le code]

Aux Golden Globes 1998[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Private Ryan' expo » ; Wexford People - 6 juin 2007 - « Ryan's slaughter » ; Independent Newspapers - August 3 1998 - Consulté le 9 juin 2008.
  2. (en) « Saving Private Ryan » ; Britannia Film Archives - Consulté le 6 juin 2008.
  3. a et b (en) Budget et box-office - Box Office Mojo
  4. Box-office français - JP's box-office
  5. Dates de sortie - Internet Movie Database
  6. Alain Constant, « Capa, une vie » - LeMonde.fr - 29 août 2012
  7. Behind the Scenes: Boot Camp
  8. IMDb Did you know ? Trivia
  9. Saving Private Ryan, The Men, The Mission, The Movie: A Steven Spielberg Movie by Steven Spielberg. Newmarket Press 1998
  10. André Rakoto, « Il faut sauver le soldat Ryan: Film historique ? », Terre Information Magazine, no 99,‎ novembre/décembre 1998, p. 73
  11. Georges Bernage, Le mur de l'Atlantique face au débarquement, Heimdal, mai 2011, p.6
  12. Bernage, p.46
  13. Georges Bernage, Utah Beach, Heimdal, mai 2011, p.86
  14. Reproductions of Panzers based on modern Tanks
  15. a et b Les pires erreurs historiques dans les films ; Marion Thuillier pour L'Internaute sur le site www.linternaute.com - 8 avril 2014.
  16. « Normandy and Falaise—April to August 1944 », Das Reich,‎ 8 décembre 2010 (consulté le 5 septembre 2008)
  17. Bernage, Utah Beach, p.135.
  18. « Comment sauver le soldat Bouygues Telecom » (consulté le 27 mai 2014).
  19. « Ils n'ont pas voulu sauver le soldat Pancrate » (consulté le 27 mai 2014).
  20. « Il faut sauver le soldat Alstom » (consulté le 27 mai 2014).

Liens externes[modifier | modifier le code]