Il faut sauver le soldat Ryan

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Il faut sauver le soldat Ryan

Description de cette image, également commentée ci-après

Soldats américains à Omaha Beach.
La reconstitution très réaliste du débarquement de Normandie est un des points forts du film.

Titre original Saving Private Ryan
Réalisation Steven Spielberg
Scénario Robert Rodat
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Guerre
Sortie 1998
Durée 163 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Il faut sauver le soldat Ryan (Saving Private Ryan) est un film de guerre américain réalisé par Steven Spielberg, sorti en 1998.

Synopsis[modifier | modifier le code]

 : jour historique du débarquement allié en Normandie et début de la libération de l'Europe de l’Ouest du joug de l'Allemagne nazie.

Plage d'Omaha Beach, secteur « Dog Green », au matin. Les bombardements aériens et navals alliés ont été inefficaces et la vague d'assaut américaine va devoir affronter des défenses allemandes quasi intactes.

Le capitaine John H. Miller (Tom Hanks) est le commandant d'une compagnie de rangers américains, tentant de débarquer sur la plage. Après de durs combats, lui et ses hommes parviennent à créer une brèche dans les fortifications ennemies. Peu après avoir remporté la bataille, le capitaine Miller se voit confier une nouvelle mission, celle-ci provenant directement de l'État-Major allié.

Durant le débarquement, trois hommes dénommés Ryan, appartenant tous à la même fratrie de quatre frères, sont morts au combat : l'un sur la plage d'Omaha Beach, un autre sur Utah Beach. Le troisième est mort en Nouvelle-Guinée, durant les campagnes du Pacifique. Les 3 lettres annonçant la mort de ses fils vont parvenir à leur mère en même temps. Le dernier frère, le soldat James Francis Ryan (Matt Damon), fait partie de la 101e division aéroportée américaine, parachutée sur le Cotentin, en plein territoire ennemi, et dont on est sans nouvelles.

Informé de ces évènements, le chef de l'État-major des États-Unis, le général Georges C Marshall, basé à Washington, décide de monter une expédition de sauvetage. La mission du capitaine Miller et de son unité est de retrouver Ryan, et, s'il est encore vivant, de le ramener sain et sauf pour le faire rapatrier chez lui. Cette expédition de secours part alors à sa recherche à travers le bocage normand, au gré des combats contre les troupes allemandes qui tentent de résister à l'avancée alliée. Au fil de leur quête, après avoir perdu successivement plusieurs hommes de leur unité durant l'accomplissement de leur mission, certaines questions se posent à Miller et à ses hommes, qui deviennent amers et désillusionnés : - arriveront-ils à retrouver ce Ryan en vie parmi le carnage qui sévit autour d'eux ?, mais surtout : est-ce que la vie du soldat Ryan vaut celles risquées par ceux qui tentent de le retrouver ?

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Drapeau des États-Unis États-Unis :
Drapeau de la France Festival du cinéma américain de Deauville :
Drapeau de la France France :
  • Film tout public avec avertissement lors de sa sortie en salles en France, mais actuellement déconseillé aux moins de 12 ans.

Distribution[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Idée originale[modifier | modifier le code]

Le film est inspiré par l'histoire vraie des frères Niland, soldats américains pendant la Seconde Guerre mondiale, même si le scénario du film est en grande partie de la fiction. La mort des frères Sullivan, de l'USS Juneau (citée par un personnage du film), est bien à l'origine de la Sole Survivor Policy, créée par l'armée américaine pour protéger des membres d'une famille de la conscription ou de servir au front s'ils avaient déjà perdu des membres de leur famille durant leur période militaire.

Par ailleurs, la lettre d'Abraham Lincoln à Madame Bixby, lue par le général George C. Marshall vers le début du film, et qui sert de justification à l'envoi d'un commando de G.I.s pour retrouver Ryan, est authentique.

Tournage[modifier | modifier le code]

  • La scène sur le débarquement à « Omaha Beach », très réaliste, voire choquante pour certains par sa brutalité crue, constitue l'un des points forts du film, en exposant le contexte humain du sacrifice, de la souffrance et de la solidarité des hommes au combat. Steven Spielberg déclare s'être inspiré de la série de photographies Jour J, réalisée par Robert Capa le jour du débarquement de Normandie[4].
  • Le film a reçu de très bonnes critiques sur le réalisme des scènes de combat. Plusieurs des acteurs principaux du film dont Edward Burns, Barry Pepper, Vin Diesel, Giovanni Ribisi et Tom Hanks ont dû suivre, pour se préparer à leurs rôles, un entraînement militaire de plusieurs jours, reproduisant les conditions rencontrées par les soldats américains lors de la bataille de Normandie[5]. La séquence reproduisant le débarquement à Omaha Beach fut élue « meilleure scène de bataille de tous les temps » par le magazine anglais Empire[réf. nécessaire].
  • Vingt à trente personnes amputées furent figurantes pour jouer les soldats grièvement blessés lors de ce débarquement. Des caméras sous-marines furent utilisées pour montrer les soldats, dans l'eau, touchés par les rafales allemandes (on estime que plus d'un quart des pertes américaines à Omaha sont dues aux noyades). Environ 2 500 soldats des Forces de Défense irlandaises ont été mis à disposition pour le tournage du film[6]. Certaines associations américaines notamment religieuses ont voulu couper les premières scènes du film parce que jugées trop violentes.
  • La séquence finale, qui reprend la séquence d’ouverture du film, est celle où l'on voit un vieux vétéran de cette guerre avec ses enfants et ses petits-enfants, a été tournée au cimetière militaire américain de Colleville-sur-Mer, dans le Calvados.
  • 90 % des plans sont tournés en caméra portée (à l'épaule ou steadicam).

Réalisme et erreurs des scènes du film[modifier | modifier le code]

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Il existe quelques erreurs sur des scènes du film. Certaines, selon Steven Spielberg[7], sont volontaires, pour renforcer l'aspect dramatique de certains moments du film ; d'autres, comme par exemple pour les blindés allemands, le sont pour des raisons techniques ; enfin certaines seraient dues au conseiller Dale Dye, dont l'expérience est postérieure à la Seconde Guerre mondiale (Viêt-nam et Liban)[8] :

  • Le lieu du débarquement des protagonistes, devant la fortification « Wn 72 » protégeant la sortie Dog One à Vierville sur mer, ne ressemble pas à l'original. En effet, le bunker d'où les soldats allemands mitraillent les soldats américains a l'allure d'un poste de commandement ou d'observation comme on en trouve sur le site de Longues-sur-mer ou encore à la Pointe du hoc. Le point de fortification original était bien différent, il contenait même plusieurs canons.
  • On voit le même acteur jouer le rôle d'un soldat américain et d'un soldat allemand. Sa première apparition est durant le débarquement, quand l'acteur joue un soldat américain sur Omaha Beach, recevant une balle qui ricoche sur son casque. Sa deuxième apparition est un parachutiste qui, aux côtés du capitaine Hamil, mitraille les allemands lors de la confrontation entre les hommes de Miller et un groupe d'Allemands lorsqu'un mur les séparant tombe. Sa troisième apparition est cette fois-ci dans la peau d'un des servants de canon de 20 mm allemand durant l'attaque de Ramelle.
  • Après le débarquement, lorsque le capitaine Miller vient rendre compte au colonel, il illustre ses explications sur une carte étrange. En effet, le tracé de la côte sud ne paraît que grossièrement similaire à la côte ouest de la baie de Seine. Deux hypothèses : soit le capitaine montre la carte de toute la baie de Seine (de Grancamp-Maisy à Honfleur) et montre son secteur (qui est censé être Vierville sur mer) à l'endroit où est placé Ouistreham. Soit c'est une carte du versant ouest uniquement et dans ce cas, la côte est bien plus concave qu'elle ne l'est en réalité. De plus, s'il s'agit d'une carte du versant Ouest, le capitaine devrait indiquer qu'il a trouvé des canons de 88mm vers Longues sur mer et Port en bessin.
  • Dans la scène de la découverte du planeur, le pilote raconte que son appareil a été alourdi par deux plaques de blindage sous le siège du copilote, et que c'est à cause de cela qu'il s'est écrasé peu après le largage. Il explique qu'il est le seul survivant, son copilote est mort ainsi que les 22 hommes d'équipage. Or, le modèle de planeur présenté dans le film est un Waco CG-4, qui lui ne peut contenir que 13 hommes, ou une jeep, ou un obusier de 75 mm. De plus, on peut voir quelques secondes plus tard dans le film une jeep dans l'habitacle de l'appareil, ce qui contredit en partie l'histoire du pilote.
  • Le village de Ramelle, où est censée se dérouler la dernière partie du film, est totalement fictif et n'a jamais existé. De plus, la rivière censée traverser la ville, le Merderet, est beaucoup plus étroite et aucun pont aussi imposant n'a jamais été construit pour la traverser.
  • Dans la scène qui se déroule dans le village de Ramelle, la présence d'un clocher après une attaque allemande est très improbable, étant donné que toutes les positions élevées (et donc avantageuses) étaient systématiquement détruites avant d'entrer dans un village. Les soldats Jackson et Parker prennent donc un gros risque en prenant position dans ce clocher, car à l'époque, détruire les positions élevées (telles que les silos à grain) est l'objectif — non-officiel — principal, autant pour les Alliés que pour les Allemands. Toujours dans le clocher : Jackson utilise tout au long du film un fusil Springfield M1903A4, dont le chargeur contient 5 cartouches. Dans le clocher, juste avant de mourir, il tire huit fois, et non 5.
  • Dans la scène avant que le médecin ne se fasse tuer, on voit la troupe de soldats et on en compte 8, alors que dans cette partie, il ne devrait y en avoir que 7, car ils viennent de perdre l'un de leurs compagnons.
  • Le char allemand Tigre I, que l'on voit dans le village de Ramelle, est monté sur un châssis de char russe T-34. Cet « arrangement » s'explique par l'impossibilité de disposer d'un authentique Tigre I en état de marche. Il faut d'ailleurs reconnaître que le « maquillage » du char russe est fait avec soin, indépendamment du fait que la plage arrière soit celle d'un Tigre début de production (présence des tuyaux d'alimentation des filtres à air Pfeifel) alors que la caisse est recouverte de zimmerit, caractéristique des modèles tardifs. En outre la tourelle est dépourvue de tourelleau de chef de char. Par ailleurs, tirer à la Thompson au travers de la fente de vision du conducteur pour le tuer est théoriquement inutile, car elle est normalement pourvue d'une vitre blindée.
  • Historiquement parlant, faire figurer des Tigres face à des soldats américains en Normandie est une erreur. Au moment où se déroule l'action du film, la première unité équipée de Tigres présente en Normandie, le 101e bataillon SS Panzer, combat face aux Britanniques autour de Villers-Bocage. Les chars du film portent l'emblème de cette unité.
  • La 2e division SS « Das Reich » apparaît dans le film lors de la bataille de Ramelle[réf. souhaitée]. La division Das Reich ne fut engagée en Normandie qu'à la fin juin 1944, certes, face aux troupes américaines, mais bien après l'action du film. En fait, à cette période, la division Das Reich se signale bien plus au sud, dans les tristement célèbres massacres de Tulle et d'Oradour-sur-Glane, les 9 et 10 juin 1944.
  • L'attaque salvatrice des avions P-51 Mustang est invraisemblable, et ce pour deux raisons :
    • En 1944, le Mustang, meilleur chasseur allié, était utilisé en altitude, pour la supériorité aérienne ou pour les escortes de bombardiers. A basse altitude, en appui au sol, les forces armées des États-Unis préféraient l'utilisation du P-47 Thunderbolt, capable d'embarquer plus de charge militaire (bombes et roquettes) et étant plus résistant aux tirs anti-aériens.
    • Ces avions d'attaque improvisés sont en configuration « lisse », sans bombes, ni roquettes sous les ailes. C'est donc uniquement avec leurs six mitrailleuses de calibre 12.7 mm qu'ils détruisent le char Tigre, ce qui est hautement improbable. À la même époque, même le canon de 75 des Sherman ne parvenait pas à percer le blindage d'un Tigre.
  • Le casque porté par tous les Américains n'est pas le M.1 de 1944, mais une version d'après la guerre. Le casque M.1, un peu trop profond, avait été responsable de bon nombre de lésions aux vertèbres cervicales. C'est même à cause de ce défaut que les G.Is ne portaient pas la jugulaire fixée sous le menton. Une version ultérieure, moins profonde de 1,5 cm environ, fut produite par la suite, et c'est celle-là qui fut utilisée pour le film.
  • Une voiture française immatriculée « 241 BG 50 » est montrée, alors que ce système d'immatriculation n'a commencé qu'en 1952.
  • Lors de la scène du débarquement, un soldat abrité derrière un obstacle est mortellement touché par deux tirs (un à la tête, l'autre à la cuisse). Lors du plan suivant, ses blessures ne sont plus visibles.
  • Dans une scène on peut remarquer qu'un soldat ramasse des pommes pour en croquer. Au mois de juin, aucune pomme ne peut être ramassée, les pommiers sont à peine défleuris.

Références au film dans les jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Dans le jeu Medal of Honor : En première ligne dont Steven Spielberg est le créateur, la première mission du jeu : le débarquement sur Omaha Beach, reprend quasi-intégralement et fidèlement la scène du film.

Dans le jeu Medal of Honor : Débarquement allié la troisième mission du jeu est le débarquement sur Omaha Beach, reprenant une partie de la mise en scène du film.

Dans le jeu Call of Duty 2, à la fin du niveau de la défense de la colline 400, le sergent Randall utilise la phrase du film dite par le capitaine Miller à propos des avions P-51 Mustang : « Ce sont nos anges gardiens ». Toujours dans ce jeu, la mission mettant en scène le débarquement à la pointe du Hoc le 6 juin 1944 reprend de manière évidente quelques éléments de la scène du débarquement à Omaha Beach du film (explosions, cris de soldats).

Dans le jeu Call of Duty: World at War, durant le premier niveau, le joueur incarne un soldat nomme John Miller et a l'occasion de côtoyer un soldat nommé Ryan.

Dans le jeu Urban Terror, une carte est une reproduction de Ramelle.

Dans le jeu Commandos 2: Men of Courage, dans la huitième mission, Il faut sauver le soldat Smith. Ce niveau comporte beaucoup de similitudes avec le film.

Dans le jeu Conker's Bad Fur Day, la scène du débarquement est partiellement reproduite (des écureuils débarquant sous le feu d'ours en peluche), notamment le passage où un soldat hagard ayant perdu son bras le récupère et marche sans chercher à s'abriter. La scène est également présente dans le remake de ce jeu, Conker: Live and Reloaded.

Dans le jeu Battlefield 1942, Omaha Beach est présent comme bataille et le jeu ressemble terriblement au film avec un bunker et deux sorties sur les côtés. On peut également voir lors du débarquement des mitrailleuses allemandes qui tirent sur les américains (ces mitrailleuses se trouvent derrière des sacs de pommes de terre et dans les deux bunkers).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Budget et box-office - Box Office Mojo
  2. Box-office français - JP's box-office
  3. Dates de sortie - Internet Movie Database
  4. Alain Constant, « Capa, une vie » - LeMonde.fr - 29 août 2012
  5. Behind the Scenes: Boot Camp
  6. IMDb Did you know ? Trivia
  7. Saving Private Ryan, The Men, The Mission, The Movie: A Steven Spielberg Movie by Steven Spielberg. Newmarket Press 1998
  8. André Rakoto, « Il faut sauver le soldat Ryan: Film historique ? », Terre Information Magazine, no 99,‎ novembre/décembre 1998, p. 73

Liens externes[modifier | modifier le code]