Le Trésor de la Sierra Madre

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Le Trésor de la Sierra Madre

Titre original The Treasure of the Sierra Madre
Réalisation John Huston
Scénario John Huston, d'après le roman de B. Traven
Acteurs principaux
Pays d’origine États-Unis
Sortie 1948
Durée 126 minutes (2 h 06)

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Trésor de la Sierra Madre (The Treasure of the Sierra Madre) est un film américain réalisé par John Huston, sorti en 1948.

Synopsis[modifier | modifier le code]

L’action se déroule dans le Mexique des années 1920. Deux aventuriers américains, Dobbs (Humphrey Bogart) et Curtin (Tim Holt) partent à la recherche d’or en compagnie d’un vieux prospecteur nommé Howard (Walter Huston). Malgré les ennuis qu’il pressent, le vieillard accepte tout de même de partir. De façon surprenante, le vieux prospecteur s’avère extrêmement endurant, et surtout il sait comment trouver de l’or dans la très inaccessible Sierra Madre.

Les trois compagnons finissent par découvrir un petit filon et c’est alors que la discorde s’installe entre eux. Avant même de reprendre le chemin du retour à la civilisation, la « fièvre de l’or » s’empare de Dobbs auquel a échu le tiers d’une petite fortune. Sa crainte paranoïaque d’être roulé lui fait perdre d’abord sa confiance en ses deux compagnons puis sa raison lorsqu’il tente de s’emparer de la totalité du trésor, dont il se fait déposséder à son tour par les bandits auxquels le trio avait réussi à échapper précédemment. Les scènes finales qui montrent ce qui advient des trois compagnons, des bandits et de l’or sont d’une ironie inoubliable.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Scénario et contexte historique[modifier | modifier le code]

Le film s’inspire fidèlement du roman éponyme (paru en allemand en 1927) de B. Traven, un écrivain énigmatique aux idées anarchistes. Aucun écrivain du XXe siècle ne fut autant auréolé de mystère et d’obscurité. Une des rumeurs les plus incongrues concernant son identité est qu’il était le fils illégitime du dernier empereur allemand, Guillaume II. Son identité véritable ne fut pas établie avant 1970.

Dans les années 1920, la violence de la Révolution mexicaine était dans l'ensemble retombée. Toutefois, des bandits en groupes dispersés continuaient à terroriser le pays. Pour les éliminer, le nouveau gouvernement post-révolutionnaire envoyait patrouiller dans les zones reculées une police fédérale efficace mais brutale connue sous le nom de Federales (autrefois appelée Rulales avant 1910). Les étrangers américains, tels que les « prospecteurs » dans cette histoire, couraient un réel danger d’être assassinés par les bandits s’ils croisaient leur chemin. De même les bandits n’avaient guère droit qu’à une « dernière cigarette » s’ils venaient à être capturés par les unités de l’Armée, et devaient même creuser leur propre tombe avant d’être exécutés.
C’est dans ce contexte que les trois « gringos » s’en vont chercher fortune.

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • Walter Huston, le père de John Huston, s’est vu attribuer l’Oscar 1948 du meilleur second rôle.

Divers[modifier | modifier le code]

  • Le Trésor de la Sierra Madre fut l’un des premiers films hollywoodiens à être tourné presque entièrement hors des États-Unis, certaines scènes de nuit ont toutefois été tournées en studio.
  • L'action du film débute le 14 février 1925 à Tampico (Mexique). Plus tard, les prospecteurs diront qu'ils doivent rejoindre Durango avec leurs biens.
  • Dobbs et Curtin rencontrent le vieux Howard dans un asile de nuit (flophouse)  : l'Oso Negro (« Ours Noir »).
  • Le billet gagnant de loterie acheté en maugréant par Dobbs coûte 1 peso et 20 centavos.
  • Les revolvers utilisés sont des Smith & Wesson modèle 10. Les carabines à levier sont des Winchester modèle 1892, dont un exemplaire avec un canon octogonal. Les policiers mexicains sont armés de Mauser modèle 1916 à verrou.
  • Un héloderme apparait lors d'une crise de paranoïa de Dobbs : le gros lézard multicolore, à la morsure mortelle, se glisse sous la pierre où Dobbs a dissimulé ses biens (des sacs remplis de poussière d'or). Dobbs arrive alors que Curtin cherche à tuer le lézard, et pensant que son partner est en train de le voler, entre en fureur. Dans l'affrontement qui suit, Curtin, pour effrayer Dobbs, décrit la morsure du monstrùo de Gila, donnant une leçon de sciences naturelles simpliste mais véridique : « il ne lâche pas prise, même si on lui coupe la tête, même quand l'homme est mort », etc.
  • La gigue : en pleine région sauvage, lorsqu'il découvre enfin le placer, alors que Dobbs et Curtin sont épuisés, Old Timer Howard se mêt à danser la gigue. Comme les voleurs de bétail dans Tom Horn, et Ballard (Archie Savage), le cow-boy afro-américain, dans Vera Cruz.
  • Folklore (le tournage des films de Huston n'en a pas manqué...) : lors du casting, l'acteur Walter Huston, alors âgé de 64 ans, demanda à son fils de lui donner un rôle (comme à Jack Holt, le père de Tim Holt). John répond à son père qu'il ne fait pas l'affaire, car il parait trop jeune et trop prospère. Le père enlève alors son dentier, et demande à son fils : « Et comme ça, ça ira ? ».
  • Caméos :
    • Le réalisateur John Huston apparaît au début du film dans le rôle d’un riche américain qui se voit sollicité pour des aumônes à plusieurs reprises par son compatriote Dobbs.
    • L’actrice Ann Sheridan apparaît brièvement sous les traits d’une prostituée faisant le trottoir dans la ville de Tampico (ceci est cependant controversé).
    • Le père de Tim Holt, l’acteur Jack Holt, une célébrité du cinéma muet et des premiers westerns parlants fait lui aussi une brève apparition au début du film.
  • L'expression « Stinking badges » : quand les bandits (bandoleros) et leur chef Gold Hat approchent le camp des américains, ils cherchent à se faire passer pour des policiers (Federales). Mais Dobbs, Winchester braquée, leur répond : « Et où sont vos insignes ? ». Furieux, Gold Hat crie (en mauvais anglais) : « Insignes ? On n'a pas d'insignes ! On n'a pas besoin d'insignes. J'ai pas besoin de vous montrer ces saletés d'insignes ! » ( « Badges? We ain't got no badges! We don't need no badges. I don't have to show you any stinkin' badges! »). Cette ligne de dialogue de film (tirée du texte de B. Traven mais expurgée de ses injures hispaniques du 2e degré) est classée 36e sur 100 répliques du cinéma américain par l'American Film Institute (AFI's 100 Years... 100 Movie Quotes). Voir aussi l'article anglais Stinking badges qui liste les utilisations ultérieures, parfois déviantes, de la citation.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]