Monsieur Smith au Sénat

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Monsieur Smith au Sénat

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James Stewart et Jean Arthur.

Titre original Mr. Smith Goes to Washington
Réalisation Frank Capra
Scénario Sidney Buchman
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Sortie 1939
Durée 129 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Monsieur Smith au Sénat (Mr. Smith Goes to Washington)[Note 1] est un film américain de 1939, réalisé par Frank Capra.

Le film retrace les effets dévastateurs de l'entrée en politique d'un jeune homme, Jefferson Smith, interprété par James Stewart et a pour vedettes une troupe d'acteurs et d'actrices renommés ; parmi eux, Claude Rains, Edward Arnold, Guy Kibbee, Thomas Mitchell et Beulah Bondi.

Réalisé par Frank Capra et écrit par Sidney Buchman, ce film s'est appuyé sur les écrits de Lewis R. Foster, qui n'ont pas été publiés. Le film a été très controversé à sa sortie, mais a eu un fort succès au box-office (9 000 000 de dollars de recettes), faisant de James Stewart un acteur phare du XXe siècle.

Ce film constitue la deuxième des trois collaborations de Frank Capra et James Stewart, entre Vous ne l'emporterez pas avec vous (1938) et La vie est belle (1946).

Synopsis[modifier | modifier le code]

Jefferson Smith, un jeune homme naïf et idéaliste, est élu sénateur des États-Unis aux côtés de Joseph Paine, un politicien rompu à toutes les combines politiques. Smith dépose au congrès des États-Unis un projet de loi de création d'une colonie de vacances pour les enfants des villes, ignorant que Paine défend un projet portant sur la construction d'un barrage au même endroit, projet s'annonçant plus que juteux pour certains. Smith découvre les non-dits, les corruptions et les compromissions des hommes politiques, et refuse de devenir l'homme de paille des affairistes.

Intrigue[modifier | modifier le code]

James Stewart dans le film.

Hupert « Happy » Hopper, gouverneur d'un États des États-Unis, mais dont le nom n'est jamais précisé dans le film, doit choisir un nouveau sénateur pour remplacer Sam Foley, alors récemment décédé. Jim Taylor, fait pression sur Hopper pour qu'il choisisse un faire-valoir trié sur le volet, alors que les comités populaires veulent un réformateur, en l'occurrence Henry Hill. Le fils du gouverneur voudrait qu'il choisisse Jefferson Smith, alors à la tête des Boy Rangers, un mouvement scout. Incapable de choisir entre le faire-valoir proposé par Taylor et le réformateur Hill, Hupert Hopper décide de jouer à pile ou face. La pièce s'avère frapper un journal, avec en première page, un article vantant les mérites et les réussites de Smith. Hopper choisit donc Smith, en pensant que sa popularité mettra le peuple en confiance, tandis que sa naïveté en fera quelqu'un de facilement manipulable sur la scène politique.

Le jeune sénateur Smith est pris sous l'aile de Joseph Paine, sénateur depuis plus de vingt ans et très estimé, mais secrètement véreux et malhonnête, le plus vieux et le meilleur ami du père de Smith. Ce dernier rencontre la fille du sénateur, Susan, une femme du monde qui le trouble grandement. La nature naïve et honnête de Smith laisse l'impitoyable presse de Washington profiter de sa faiblesse : elle n'hésitera pas à rapidement ternir la réputation de Smith, avec une première de couverture ridicule, qui fera les gros titres et marquera son image de « péquenaud ».

Pour occuper Smith, Paine lui propose de faire passer une loi. Avec l'aide de sa secrétaire Clarissa Saunders, forte d'une longue expérience dans la vie politique de Washington, Smith propose une nouvelle loi, qui prévoit la mise en place d'un prêt, octroyé par le gouvernement fédéral, dans le but d'acheter des terrains pour ensuite y créer un camp national pour les garçons des villes. Ce prêt serait ensuite remboursé par les souscriptions volontaires de tous les jeunes américains. Les donations affluent immédiatement. Cependant, le campement proposé est sur le terrain où est projeté la construction d'un barrage. Ce projet, dissimulé au milieu d'une série d'articles de la loi budgétaire, est soutenu par le sénateur Paine et doit enrichir l'homme d'affaire Taylor.

Comme le projet de Smith ferait tomber à l'eau celui du barrage, Taylor fait pression sur Paine, en lui rappelant que s'il a été réélu pendant vingt ans, c'est grâce à son influence. Paine charge sa fille, Susan, de séduire Smith et de l'éloigner du Sénat le jour du vote de la loi incluant le projet de barrage. Constatant qu'il a été manipulé, Smith remet en cause le projet de barrage lors de la séance suivante au Sénat. Poussé par Taylor, Paine décide de casser Smith en fabriquant de fausses preuves qui l'accusent de vouloir tirer profit de son projet. Selon de fausses attestations, Smith possèderait déjà les terres dont il demande l'achat par le Sénat. Smith est trop choqué par la traitrise de Paine pour se défendre et, muet, quitte la commission qui l'accuse.

James Stewart lors du débat au Sénat américain.

Saunders est touchée par le désespoir de Smith et l'incite à reprendre son combat afin de faire reporter le projet de loi de finances et prouver son innocence au Sénat. En réaction, Paine demande aux sénateurs de voter la déchéance de Smith et son exclusion du Sénat. Saunders suggère à Smith de réagir et de se défendre en parlant sans arrêt devant l'assemblée, provoquant une obstruction parlementaire, car un parlementaire a le droit, règlementairement parlant, de parler sans limite de temps. Encouragé par Saunders, présente dans les tribunes, Smith parle pendant près de 24 heures, debout et sans s'arrêter, pour réaffirmer les idéaux américains de liberté, révéler les vraies raisons du projet de barrage et dénoncer la corruption de Paine. Malgré tout, aucun des sénateurs n'est convaincu de son innocence.

Tandis que Smith parle sans s'arrêter, Taylor utilise son contrôle sur les médias, pour empêcher qu'ils ne transmettent les déclarations de Smith vers le public. Les journaux et les stations de radio dans l'état de Smith, financés par Taylor, refusent de publier la déclaration de Smith, le dénigrent dans leurs Unes et vont jusqu'à monter des manifestations populaires et des pétitions contre lui. Seul le journal des Boy Rangers, hors de l'influence de Taylor, proclame que Smith dit la vérité. Taylor fait intervenir brutalement ses hommes pour empêcher les enfants de distribuer leur journal, allant jusqu'à lancer un camion contre la voiture qu'ils utilisaient pour leur diffusion.

Même si tous les espoirs semblent perdus, les sénateurs commencent à être ébranlés par l'obstination de Smith, poussée jusqu'à l'épuisement. Mais Paine joue sa dernière carte : il fait venir des corbeilles remplies de lettres et de télégrammes provenant de l'état de Smith, de la part de gens de la classe moyenne manipulés par les média, souhaitant son expulsion du Sénat. Presque anéanti par ces pétitions, Smith trouve un sursaut d'espoir dans le sourire amical du président du Sénat. Smith fait alors la promesse de ne pas sortir tant que personne ne le croit ; il abjure Paine de se souvenir des idéaux de ses débuts, puis s'évanouit, épuisé. Rongé par la culpabilité, Paine quitte la Chambre du Sénat, puis y revient et avoue toute la vérité sur ses manipulations. Il demande à être lui-même expulsé et affirme l'innocence de Smith. Ce dernier, vainqueur mais inconscient, est évacué et réconforté par Saunders.

Accueil[modifier | modifier le code]

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En octobre 1939, lors de la première diffusion de Mr. Smith Goes to Washington à la salle de la Constitution à Washington D.C, la salle comprenait 4 000 invités, incluant 45 sénateurs. Le film est attaqué par la presse de Washington et par de nombreux hommes politiques au Congrès américain. Considéré comme anti-américain et pro-communiste, ce film a été perçu comme une interprétation fausse du gouvernement américain, accusé de corruption[1]. Alors que Frank Capra revendique dans son autobiographie que certains sénateurs ont quitté la salle lors de la première, la presse contemporaine ne se prononce pas sur la véracité des faits, ou encore s'il est vrai que des sénateurs aient hurlé de colère lors de la première projection[réf. souhaitée].

Pete Harrison, un journaliste respecté, a suggéré que le Sénat américain passe une loi autorisant les propriétaires de théâtre de refuser la production de films qui « n'étaient pas dans le meilleur intérêt du pays »[réf. souhaitée]. Cela n'arriva pas, mais certains sénateurs tentent de répondre aux attaques liés aux répercussions du film sur la réputation de leur institution : ils tentéentde forcer le passage de la Neely Anti-Block Booking Bill (en), qui a finalement mené à la dissolution de la chaine de théâtres appartenant à la Columbia Pictures, à la fin des années 40. Columbia a riposté en distribuant un programme mettant en relief le patriotisme du film et le soutien à la démocratie, et a publié de nombreuses critiques positives à l'égard du film[réf. souhaitée].

D'autres objections se sont aussi fait entendre : Joseph P. Kennedy, l'ambassadeur américain en Grande-Bretagne a écrit à Capra ; la Columbia a encouragé Harry Cohn à dire qu'il avait peur que le film nuise au « prestige américain en Europe », et elle a vivement recommandé l'interdiction du film en salle en Europe. Capra et Cohn ont répondu en citant les critiques du film, ce qui a apaisé Kennedy, dans la mesure où il n'a jamais suivi ces propres recommandations, même s'il avait des doutes sur le film. Le film a été interdit dans l'Allemagne nazie de Hitler, dans l'Italie fasciste de Mussolini, dans l'Espagne de Franco et dans l'URSS communiste de Staline. D'après Frank Capra, le film a aussi été doublé dans certains pays européens pour altérer le message du film en vue de se conformer aux idées officielles[réf. souhaitée].

Mr. Smith Goes to Washington est considéré comme un film dénonciateur (précurseur des lanceurs d'alerte ou whistleblowers) par excellence de toute l'histoire américaine. Le Dr. James Murtagh et Dr. Jeffrey Wigand ont cité le film dans leur œuvre phare comme le premier « Dénonciateur à Washington » (Whistleblower Week in Washington) de toute l'histoire américaine, en mai 2007[réf. souhaitée].

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Et, parmi les acteurs non crédités :

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La graphie de l'affiche indique de façon erronée Mr. Smith au Sénat : l'abréviation de « monsieur » en français est en effet « M. » (cf Usage des majuscules en français). Tel qu'écrit, il faudrait donc prononcer Mister Smith au Sénat.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Capra, Frank. « Frank Capra, The Name Above the Title: An Autobiography », The Macmillan Company, New York - 1971. (ISBN 0-306-80771-8) p. 254–266.

Lien externe[modifier | modifier le code]