Le Parrain (film)

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Le Parrain

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Logo du film Le Parrain (The Godfather en VO)

Titre original The Godfather
Réalisation Francis Ford Coppola
Scénario Francis Ford Coppola
Mario Puzo
Acteurs principaux
Sociétés de production Paramount Pictures
Alfran Productions
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Gangsters
Sortie 1972
Durée 175 minutes (h 55)

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Parrain (The Godfather) est un film américain réalisé par Francis Ford Coppola et produit par les studios Paramount, sorti le 15 mars 1972. Il s'agit d'une adaptation du livre de Mario Puzo. L'histoire s'étale de 1945 à 1955, et se centre sur l'ascension de Michael Corleone (Al Pacino), perçu comme ne pouvant prétendre à la succession d'une famille mafieuse impitoyable, la famille Corleone, dominé par son père, le patriarche Vito Corleone (Marlon Brando).

Le Parrain est assez largement considéré comme un des plus grands films du cinéma mondial[1] et un des plus influents, spécialement dans le genre des films de gangster[2]. Il est listé à la deuxième place des meilleurs films du cinéma américain par l'AFI (derrière Citizen Kane). En 1990, le film est sélectionné par Le National Film Registry pour être conservé à la Bibliothèque du Congrès aux États-Unis pour son « importance culturelle, historique ou esthétique »[3]. Coppola donna deux suites à ce film : Le Parrain, 2e partie en 1974 et Le Parrain, 3e partie en 1990.

Le film est, pendant une période, le film le plus rentable de tous les temps et reste le leader incontesté, au box-office, de l'année 1972. Il gagne trois Oscars : celui du meilleur film, du meilleur acteur (Marlon Brando) et de la meilleure adaptation pour Puzo et Coppola. Le film reçut aussi sept nominations dans d'autres catégories incluant Pacino, James Caan et Robert Duvall pour l'Oscar du meilleur acteur dans un rôle secondaire et Coppola pour celui de meilleur réalisateur.

Résumé détaillé[modifier | modifier le code]

New York, ville sur laquelle la famille Corleone a la mainmise.

Don Vito Corleone, « parrain » de la famille mafieuse Corleone, célèbre le mariage entre Constanzia, dite Connie, sa fille, et Carlo Rizzi, un bookmaker, à la fin de l’été 1945, à New York. Conformément à la tradition, aucun Sicilien ne peut refuser un service le jour du mariage de sa fille, ainsi le Don rencontre différentes personnes pour leur accorder différentes faveurs. D'abord, Amerigo Bonasera demande au Don de venger sa fille qui a été battue. Le Don, bien qu'il n'ait pas apprécié l'attitude de Bonasera (qui propose de payer pour ses services), accepte et confie l'affaire à Clemenza qui la donne à Paulie Gatto. Une autre des demandes concerne le filleul de Vito, Johnny Fontane, un crooner souhaitant profiter de l’influence de Corleone pour faire une carrière à Hollywood, plus précisément pour obtenir un rôle dans lequel il serait parfait, mais que le producteur Jack Woltz lui refuse après quelques désaccords. Le Don rassure Johnny et décide de faire au producteur « une offre qu’il ne pourra refuser ».

Pendant le mariage, le plus jeune fils du Don, Michael, de retour de la Seconde Guerre mondiale, explique à sa petite amie Kay qui ignore tout des pratiques et des règles propres au milieu mafieux, la façon violente dont son père règle les affaires avec ses concurrents. Il lui dit que ce sont les méthodes de sa famille, mais pas les siennes.

Plus tard, le « consigliere » de la famille, Tom Hagen, un enfant des rues germano-irlandais et frère adoptif des fils du Don que celui-ci a élevé comme son propre fils se rend à Hollywood pour persuader le producteur de prendre Johnny Fontane dans le film. Il est accueilli à dîner dans la propriété du réalisateur lorsque celui-ci apprend que Tom Hagen travaille pour Don Vito Corleone. Woltz présente à son invité le cheval de course qu'il vient d'acquérir, Khartoum, et qu'il a payé 600 000 $. Au cours du dîner, il annonce son refus d'engager Johny Fontane comme acteur principal de son futur film. Au petit matin, il découvre avec horreur la tête ensanglantée de Khartoum dans son lit.

Virgil « le Turc » Sollozzo, qui contrôle le trafic d'héroïne à New York, suscite un rendez-vous d'affaires avec Don Corleone, pour lui demander une protection juridique et politique, ainsi qu'un million de dollars pour développer ses affaires, en contrepartie d'un pourcentage sur les ventes. Inquiet de l’image qu’il donnerait aux politiciens et aux policiers, en acceptant d’être lié à un trafic de drogue, Don Corleone décline l’offre : il restera concentré sur des business jugés moins sales : les jeux d’argent clandestins et la prostitution. Ses fils Sonny et Tom Hagen auraient, quant à eux, accepté d'entrer sur ce marché très lucratif ; si la famille Corleone ne le fait pas, pensent-ils, les ressources obtenues par d'autres familles grâce au trafic de drogue permettront de corrompre des juges et des policiers, et en définitive d'éliminer les Corleone. Luca Brasi, un homme de main loyal aux Corleone, est alors envoyé pour obtenir des informations sur la famille Tattaglia, allié apparent de Virgil Sollozzo. Mais il est assassiné sur le lieu du rendez-vous, le bar d'un hôtel de luxe.

Parti en ville avec son fils Fredo, le Don est victime d'une tentative de meurtre orchestrée par Sollozzo. Alors qu'il achète des oranges dans un petit magasin de rue, il est attaqué au revolver par deux hommes. Criblé de cinq balles, il survit miraculeusement, mais se trouve dans un état critique. Sollozzo, qui pense que le Don est mort, enlève Tom Hagen et lui impose de transmettre une nouvelle offre à Sonny. Celui-ci refuse de prendre en compte l’offre après la tentative d’assassinat, et décide d'attendre les informations glanées par Luca. Mais un paquet contenant un poisson mort, enroulé dans le gilet pare-balles de Luca, est livré aux Corleone : c'est un message sicilien signifiant que Luca Brasi « dort avec les poissons ». La famille Corleone se prépare à une guerre totale contre les cinq autres familles mafieuses de la ville. Pendant ce temps, le « caporegime » des Corleone, Pete Clemenza, fait tuer Paulie Gatto, le garde du corps et chauffeur du Don blessé. Sonny est convaincu que c'est lui qui a trahi le Don.

Michael, qui est reconnu comme ne participant pas aux affaires familiales par les autres familles mafieuses, se rend en ville pour dîner avec Kay puis rend visite à son père hospitalisé. Une fois à l’hôpital, il ne trouve ni policier de garde, ni garde du corps de son père : ils ont tous été arrêtés ou déplacés par la police. Michael comprend que son père est sur le point d’être à nouveau attaqué, et déplace avec l’aide d’une infirmière son lit vers une autre chambre. Puis il enrôle un innocent boulanger, venu présenter ses respects à son père, pour simuler la présence de gardes du corps, en adoptant une posture menaçante à l’entrée de l’hôpital. Une voiture arrive, s'arrête un instant, puis repart en voyant les deux hommes. Presque immédiatement, sans le moindre doute selon un plan élaboré, la police arrive avec le capitaine McCluskey. McCluskey frappe Michael, qui l’accuse d’être corrompu par Sollozzo ; le policier lui casse la mâchoire. Michael est sur le point de se faire arrêter, malgré son statut de héros de guerre et son casier judiciaire vierge, mais Tom Hagen arrive avec des hommes de main et le tire d'affaire. Il indique que McCluskey devra s’expliquer devant la justice en cas d’interférence. Pour le moment, le Don est sauf.

Le lendemain matin, Clemenza, Tom et Michael découvrent qu'une centaine de gardes surveillent la propriété. Tessio leur explique que, le matin même, à quatre heures du matin, Sonny, en guise de représailles, a fait tuer Bruno Tattaglia, fils de Don Tattaglia et principal allié de Sollozzo.

Michael décide désormais de s’impliquer dans les affaires familiales. Se rendant compte que Sollozzo ne s’arrêtera pas tant que son père ne sera pas tué, il se rend volontaire pour assassiner Sollozzo et McCluskey pendant une réunion prévue pour mettre fin au conflit. Le réseau d’indics de Sonny à la police apprend le lieu du rendez-vous à la dernière minute, un restaurant du Bronx, et Clemenza fait placer un pistolet dans les toilettes du restaurant. Lors de la réunion, Michael s’excuse pour aller aux toilettes, prend l’arme et abat Sollozzo et McCluskey. En commettant ce meurtre, Michael plonge définitivement dans la criminalité.

À la suite de ce double meurtre, Michael est envoyé en Sicile sous la protection de Don Tommasino, un ancien ami de Vito et partenaire en affaires. Là-bas, il rencontre la belle Apollonia qui deviendra sa femme, mais qui sera plus tard tuée par une voiture piégée destinée à Michael. Don Corleone, de retour de l’hôpital, apprend que Michael a tué Sollozzo et McCluskey, alors qu’il l’avait volontairement éloigné des opérations illégales et qu’il avait pour lui des aspirations politiques.

À New York, Sonny corrige son beau-frère Carlo pour avoir levé la main sur Connie. Après que Carlo eut battu une deuxième fois Connie, Sonny part seul afin de lui régler son compte. Malheureusement, Carlo a trahi la famille Corleone pour la famille Barzini. Battre une nouvelle fois Connie n'était qu'un prétexte pour faire sortir Sonny de ses gonds. Les hommes de main de Barzini attendent Sonny à une gare de péage, et l'assassinent dans sa voiture en le criblant de balles.
Au lieu de perpétuer ce cycle de vengeance, Don Corleone – désormais pleinement remis de ses blessures – recherche la paix avec les autres familles pour que son fils puisse revenir à la maison. Don Corleone se rend compte que ce n’est pas Don Philip Tattaglia, mais Don Emilio Barzini qui est derrière cette guerre et le meurtre de Sonny. Michael rentre de Sicile puis, après plus d'un an, il reprend contact avec Kay avant de se marier avec elle. Il lui explique que, dans cinq ans, les affaires de la famille seront devenues totalement légales.

Fredo, désormais l'aîné, mais aussi le plus faible et le moins intelligent des frères Corleone, est envoyé à Las Vegas pour apprendre les affaires des casinos. Les caporegime Clemenza et Salvatore « Sally » Tessio se plaignent d'être poussés par la famille Tattaglia et veulent la permission de contre-attaquer. Quand Michael, à qui son père a désormais transféré tous ses pouvoirs de chef de famille, donc de Parrain, refuse parce que les « choses sont en cours de négociation », ils demandent la permission au Don de commencer leur propre famille, comme on le leur avait promis par le passé. Michael leur dit qu'il a des plans pour faire des affaires de la famille - importation d'huile d'olive - une entreprise légitime par les casinos du Nevada, et cela une fois fait, Clemenza et Tessio pourront former leurs propres familles.

À Las Vegas, dans le casino en partie financé par les Corleone et géré par Moe Greene - personnage basé en partie sur Bugsy Siegel –, Michael appelle Johnny Fontane, lui demandant de signer un contrat garantissant des représentations multiples au casino et demandant qu'il oblige ses amis à Hollywood à faire la même chose. Fontane est heureux de pouvoir rembourser la dette morale qu'il a envers son parrain. Mais l'offre de Michael pour racheter la part de Moe Greene est repoussée, puisque Greene croit qu'il peut obtenir une meilleure affaire des Barzini. Fredo essaye de faire intervenir Tom Hagen en sa faveur, qui lui indique que le Don est en semi-retraite et donc que Michael est le responsable des affaires de la famille.

Michael retourne à la maison et Vito Corleone, tout en conseillant Michael au sujet de stratégie et de tentatives possibles d'assassinat, admet qu'il avait espéré que son plus jeune fils ne serait pas mêlé aux affaires familiales. Vito décède dans son jardin d'une crise cardiaque alors qu'il jouait avec son petit-fils. Pendant l'enterrement, le caporegime Tessio propose une réunion avec les Barzini. Mais Vito Corleone avait prévenu Michael que ses ennemis essaieraient de le tuer en employant une connaissance de confiance pour organiser une réunion et assurer sa protection. Cette personne de confiance, c'est Tessio, qui est « arrêté » par Hagen.

Michael s'arrange alors pour assassiner les autres chefs de famille : Philip Tattaglia, Emilio Barzini, Victor Stracci et Raphael Cuneo, Moe Greene et Tessio. Ces meurtres seront commis pendant la cérémonie de baptème où Michael deviendra parrain du deuxième fils de Connie et de Carlo, Michael Francis Rizzi.

Plus tard, Michael questionne Carlo au sujet de la mort de Sonny et lui fait admettre son rôle dans le meurtre. Pour cela, Michael lui a fait croire qu'il allait pouvoir s'en sortir, mais le fait finalement étrangler. Connie accuse ensuite Michael d'avoir commandité le meurtre de Carlo. Kay est témoin de la confrontation hystérique de Connie et demande des explications à Michael. Il répond énergiquement : « Ne m'interroge pas au sujet de mes affaires, Kay ». Devant son insistance, il semble se radoucir et accepte une question « seulement pour cette fois », pour finalement nier toute implication dans la mort de Carlo.

Kay est soulagée par le démenti de Michael. Cependant, elle semble avoir des craintes lorsqu'elle observe Clemenza et le nouveau caporegime Rocco présenter leurs respects à Michael, embrassant sa main et s'adressant à lui comme on s'adressait naguère à Don Corleone.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Filmé à New York et en Sicile en Italie.

Distribution[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Personnages secondaires du Parrain.

Légende : Doublage de 1972 / Redoublage de 2008

Source des différents doublages : doublagefrancophone.lebonforum.com[8]. Les deux doublages sont disponibles sur l'édition DVD de 2008 et l'édition Blu-Ray.

Sortie internationale[modifier | modifier le code]

La production[modifier | modifier le code]

Genèse[modifier | modifier le code]

Coppola et Paramount[modifier | modifier le code]

Francis Ford Coppola n’était pas le premier choix pour réaliser, au moins cinq autres réalisateurs avaient été approchés auparavant. Le réalisateur italien Sergio Leone s’est vu proposer le film, mais il a refusé, ne trouvant pas d’intérêt à l’histoire ; il est allé réaliser son propre opus de gangster, Il était une fois en Amérique, qui est centré sur les gangsters juifs américains[9]. Peter Bogdanovich est approché pour réaliser le film mais il décline l'offre au profit de On s'fait la valise, Doc ?. Peter Yates, Richard Brooks et Constantin Costa-Gavras sont aussi approchés mais refusent le film. Robert Evans, à la tête de la Paramount à cette époque, cherche spécifiquement un italo-américain pour diriger le film parce que ses précédentes productions sur le mafia faîtes des réalisateurs non italo-américains se sont avérés être des échecs au box-office et il veut, selon ses propres mots « que cela sente le spaghetti ». Quand Coppola soumit l'idée de faire une métaphore du capitalisme américain, couplé à la culture italienne et plus spécifiquement sicilienne, la Paramount lui offrit la réalisation. Dans une interview de 1997 qui accompagne l'édition d'un coffret pour le 25e anniversaire de la sortie du film. Coppola explique :

« Ils voulaient le faire avec un budget très bas, c'est sûrement pour cela que j'ai été engagé. J'étais jeune ; j'avais deux enfants et un bébé en route. Je n'avais pas réellement d'argent. Donc, je n'ai eu d'autre choix que de réaliser le film pour le studio. »

À cette époque, Francis Ford Coppola avait réalisé huit films, dont le plus notable était la version cinématographique de la pièce musicale Finjan’s Rainbow — bien qu’il ait reçu un Oscar pour avoir coscénarisé Patton en 1970. Coppola avait des dettes auprès de Warner Bros à hauteur de 400 000 $ à cause du film de George Lucas, THX 1138, qu'il avait produit. Il a pris Le Parrain sur un conseil de Lucas[10].

Les tensions étaient importantes entre la Paramount et Coppola et plusieurs fois Coppola a faillit être remplacé. Dès la première semaine, Coppola est presque viré lorsque Pacino se blesse sérieusement, retardant la production. Paramount resta très sceptique des le début de la production, bien que Coppola pensait que la première semaine s'était bien passé. Paramount jugeait Coppola peu fiable quant au respect de la durée de tournage prévue — non-respect des horaires, erreurs de production et de casting, dépenses inutiles — ce qui mènerait inévitablement à un non-respect du budget prévu. Francis Ford Coppola explique, dans le commentaire du DVD, que deux des producteurs ont cherché, sans succés, un réalisateur remplaçant pour reprendre son travail seulement quelques jours après le début du tournage. Par chance, la scène de l'assassinat de Solozzo et de McCluskey fut tournée le troisième jour de tournage et fut rapidement vue par la direction de Paramount qui fut rassurée par le travail de Coppola et de Pacino. Dans tous les cas, le producteur exécutif voyant l'état du tournage, étant sur le plateau, a voulu remplacer Coppola tout au long des premières semaines de production, ce qui mit le réalisateur dans des situations de grand stress, car étant surveillé constamment dans son travail. Malgré les rumeurs sur la perte de son emploi, on avait conseillé à Coppola de ne jamais démissionner lui-même sous condition de n'être pas payé, et il a « attendu » d'être renvoyé, toujours en travaillant du mieux possible, sachant que les studios renvoyaient généralement les employés en fin de semaine.

Pression sur le film[modifier | modifier le code]

Avant le début du tournage, la Ligue de défense des droits civiques des Italo-Américains, une organisation lobbyiste visant à lutter contre les préjugés stigmatisants commence une campagne pour boycotter la réalisation du film et fait pression sur la production. Elle accuse le film de dénigrer tous les Italo-Américains et de les amalgamer à des mafieux. Ironie de la situation, le président de cette organisation est Joseph Colombo, le patron de la famille Colombo, une des cinq familles du crime organisé à New-York[11].

Finalement, le producteur Albert S. Ruddy rencontre Colombo et les deux parviennent à un accord : les expressions « mafia » et « Cosa Nostra » ne doivent pas apparaître dans le script ni être prononcées dans le film[11]. Après cet accord, la ligue aide à la production du film, notamment en fournissant la maison et le jardin pour la scène de mariage du début du film à Todt Hill (Staten Island).

Casting[modifier | modifier le code]

Coppola fit des choix qui ne plurent pas aux cadres du studio de Paramount Pictures, particulièrement Marlon Brando pour le rôle de Don Vito Corleone. Ses deux premiers choix était Brando et Laurence Olivier. Mais l'agent d'Olivier refusa, expliquant « Lord Olivier ne prend aucun travail. Il est très malade. Il va bientôt mourir et il n'est pas intéressé » (Olivier mourut 18 ans plus tard après ce refus). La Paramount qui voulait engager Ernest Borgnine, refusa de permettre à Coppola d'engager Brando, citant les difficultés de ce dernier sur les plateaux de ses récents films. Un des cadres dirigeants du Studio proposa Danny Thomas pour le rôle arguant le fait que Don Corleone était un puissant « homme de famille ».

Le président de Paramount, Stanley Jaffe, lui déclara : « Marlon Brando ne fera jamais ce film. » Après avoir plaidé sa cause auprès des cadres, Coppola eut la permission d’engager Brando à la condition qu'il touche un salaire bien moindre que dans ses précédentes productions, qu’il accepte de tourner un bout d’essai, et qu’il bloque une certaine somme d'argent qui servirait à rembourser la production s'il causait du retard pour le tournage, comme il l’avait fait sur de nombreux tournages précédemment. Coppola choisit Brando à la place de Borgnine seulement après son essai[12]. L'interprétation de Brando doit beaucoup à l'imagination de l'acteur qui usa de deux procédés pour se fondre dans la peau du parrain : mouchoirs de papier dans la bouche et cirage polonais dans les cheveux. C'est grâce à cet essai que les cadres des studios Paramount l'acceptèrent dans le film. Notamment Charles Bludhorm qui fut franchement fasciné par sa prestation. Brando a finalement remporté un Oscar pour sa prestation, qu'il refusa pour marquer son opposition à la façon dont le cinéma américain traite les Indiens dans les films[13].

Le studio voulait Robert Redford ou Ryan O’Neal pour interpréter Michael Corleone, mais Coppola voulait un inconnu qui eut l’air d’un italien américain, ce qu’il trouva en Al Pacino[14], fils d'Italo-Américains, et petit-fils d'Italiens originaires de Corleone en Sicile. Al Pacino n'est pas très connu à l’époque, n'ayant fait que deux petits films et le studio ne le considère pas adapté au rôle[14], notamment en raison de sa petite taille. Jack Nicholson, Dustin Hoffman, Warren Beatty, Martin Sheen et James Caan ont également auditionné[14]. Elvis Presley, qui est intéressé par le rôle, n’est pas auditionné. Au début, Caan est le premier choix pour jouer Michael, pendant que Carmine Caridi est engagé pour jouer son frère ainé, Sonny. Pacino, dont c'est le premier grand rôle, se voit confier celui-ci seulement après que Coppola ait menacé de cesser la production. Caan explique que Coppola envisageait Michael comme le sicilien-type et Sonny comme sa version américaine. Les studios acceptent enfin dans le rôle de Pacino à condition que Caan soit engagé pour le rôle de Sonny à la place de Caridi, malgré son physique d'européen du nord et les différences physiques notables avec le personnage du roman (petit, cheveux noirs et trapu). Coppola et Puzo s'accordèrent pour créer un rôle à Carridi dans ses suites[15].

Avant que Robert Duvall ne soit engagé, Paul Newman, Bruce Dern et Steve McQueen sont envisagés pour le rôle de Tom Hagen. Sylvester Stallone auditionne pour le rôle de Carlo Rizzi et Paulie Gatto, Anthony Perkins pour Sonny, et Mia Farrow pour Kay. William Devane et Mario Adorf ont été auditionnés pour le rôle de Moe Greene.

Pour le rôle de Luca Brasi, tueur et homme de main de Vito Corleone, Lenny Montana fut choisi alors qu'il assistait au tournage du film. Son importante corpulence (145 kg et 1,97 m) le fit remarquer par le producteur Albert Ruddy[16]. Acteur non professionnel, son inexpérience et sa nervosité, furent utilisées par Coppola pour les scènes avec don Corleone[16]. Ancien champion de lutte, son expérience dans ce sport permit de résoudre l'un des effets spéciaux les plus difficiles du film : la scène de la strangulation de Luca Brasi lors de la négociation avec Sollozo et Tattaglia. Plusieurs tentatives de maquillage furent essayées pour donner au visage la couleur violette et le gonflement caractéristique d'une strangulation, mais aucune ne fut convaincante. Lenny Montana utilisa finalement une technique apprise durant sa carrière de lutteur, consistant à agir sur les muscles tenseur afin de faire monter le sang à la tête[17].

Un autre inconnu, Robert De Niro, a auditionné pour les rôles de Michael, Sonny, Carlo et Paulie Gatto. Il devait interpréter Paulie, mais Coppola l'échangea contre Al Pacino, pour le rôle principal du film Bang the Drum Slowly. Mais il joua Vito Corleone jeune dans Le Parrain II, rôle pour lequel il sera oscarisé en tant que meilleur second rôle.

Frank Sinatra a fait pression sur la production pour jouer le personnage de Johnny Fontane, qui dans le roman de Puzo est inspiré par sa vie en raison de ses liens présumés avec la Cosa Nostra. Malgré cela, il n'obtient pas le rôle.

Pour Coppola, le film est aussi une affaire de famille. Son père Carmine Coppola, compositeur et arrangeur de musique, écrit les musiques additionnelles du film et apparaît dans une scène comme un joueur de piano. Coppola lance sa fille, Sofia, comme le nouveau-né de Connie et Carlo, Michael Francis Rizzi dans la scène du baptême de la fin du film. Sofia Coppola a joué d'autres rôles dans les suites du Parrain. Dans la deuxième partie, elle joue une immigrante anonyme sur le bateau qui amène Vito Corleone à New York. Dans la troisième partie, elle joue un rôle majeur : celle de Mary, la fille de Michael Corleone[18]. Coppola a aussi lancé ses fils dans les rôles de Frank et Andrew Hagen, les deux fils de Tom Hagen. Ils peuvent être vus dans la scène de combat de rue entre Sonny et Carlo, derrière Al Pacino et Robert Duvall pendant la scène funèbre.

Salaire des vedettes[modifier | modifier le code]

Al Pacino, James Caan et Diane Keaton ont reçu chacun 35 000 $ pour leur travail sur Le Parrain ; Robert Duvall a été payé 36 000 $ pour huit semaines de tournage.

Marlon Brando a, finalement, reçu 50 000 $ de salaire pour six semaines plus 5 % des recettes du film, soit un total de 1,5 million $. Brando a par la suite vendu ses points à Paramount pour 300 000 $.

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage se déroule entre le 29 mars 1971 et le 6 août 1971, bien qu'une scène entre Pacino et Keaton ait été tournée en automne. Le tournage ne prend que 77 jours, moins que les 83 jours que la production avait planifiés.

Le plan-séquence d'ouverture du film est un mouvement de recul long et lent de la caméra. Il commence par un gros plan du visage de Bonasera, qui se plaint à Don Corleone, et qui se termine par un premier plan de Don Corleone, vu de derrière et en arrière-plan, toujours Bonasera. Ce plan, d'un seul tenant et qui dure trois minutes, a été tourné avec une lentille de zoom dirigé par ordinateur conçu par Tony Karp[19].

La scène d'ouverture du film où Brando est assis dans son fauteuil avec un chat blanc, le chat en question, était un chat qui rôdait autour du studio et qui fut mis dans les bras de Brando à la dernière minute par le réalisateur[20].

Une des scènes les plus choquantes du film est l'implication d'une vrai tête de cheval décapitée. Des groupes militants pour la protection des animaux protestèrent contre le rajout de cette scène. Plus tard, Coppola expliqua que la tête de cheval lui avait été livré par une entreprise de nourriture pour chien et qu'aucun cheval n'avait été tué spécifiquement pour le besoin du tournage[21].

Dans le roman, Jack Woltz, le producteur qui se retrouve avec la tête de cheval dans son lit, est montré comme pédophile quand Tom Hagen voit une jeune fille (probablement une des enfant-stars de Woltz) sortant de sa chambre en pleurant. La scène est tournée mais censurée par la production pour la sortie dans les salles au cinéma mais on peut la trouver sur les sorties DVD.

La tentative d'assassinat de Don Vito est basée sur celle de Francesco Scalice, patron de la famille Gambino, le 17 juin 1957 devant un étal de fruits au 2380 Arthur Avenue à New York.

La scène où Michael est conduit avec McCluskey et Sollozo dans la voiture, passant sur le pont George Washington pour faire baisser les coûts de tournage de la production, la scène n'est pas tournée en réelle mais ce sont des techniciens qui font bouger des lumières derrière les vitres pour donner l'illusion que la voiture roule[22].

La scène de l'enterrement de Vito Corleone a demandé 20 limousines, 12 000 $ de fleurs et 150 figurants[22].

La production utilise le même type d'effet spécial pour l'assassinat de McKluskey. Un faux front est mis sur le sommet de la tête de Sterling Hayden. Un creux est créé en son centre, rempli de faux sang avec une capsule de matière prosthétique. La capsule est rapidement enlevé au moyen d'un fil de pêche attaché à la capsule, faisant apparaître le trou sanglant au milieu du front de Hayden.

La scène la plus compliquée à tourner est la mort de Sonny Corleone sur le pont-jetée du Jones Beach Toll Plaza. La scène s'inspire de la scène finale de Bonnie et Clyde, le costume de James Caan est criblé de 127 impacts de balles avec du faux sang qui explose dans une simulation de tirs de mitraillette.

L'assassinat de Moe Greene avec un tir dans l'œil est inspiré par la mort du mafieux Bugsy Siegel, appelé Moe Greene Special[23]. Pour créer l'effet spécial, l'acteur Alex Rocco a deux tubes cachés dans les lentilles de ses lunettes. Un est rempli de faux sang et l'autre d'une bille avec de l'air comprimé. Quand le tir a lieu, l'air comprimé fait sortir la bille, tandis que l'autre tube relâche le faux sang.

Lieux de tournage[modifier | modifier le code]

Tribunal du New York County Supreme.
Le bar de Vitelli, le père d'Appolonia à Corleone en Sicile.
Église de St Nicolo à Savoca en Sicile où a lieu le mariage de Michael et Appolonia.

De nombreux endroits dans New-York sont utilisés pour le film, incluant une scène avec le magasin Best & Company sur la Cinquième Avenue, qui est décoré pour la scène dans laquelle Al Pacino et Keaton sortent du magasin de Noël. Au moins un endroit dans Los Angeles est utilisé (pour les extérieurs du manoir de Woltz), pour lequel ni Robert Duvall et ni John Marley ne sont disponibles pour les prises de vue. Il est possible de voir les extras de certaines éditions de DVD. Une scène avec Pacino et Keaton est filmée dans la ville de Ross en Californie. Les villes siciliennes de Savoca et Forza d'Agrò, hors de Taormina sont aussi utilisées pour les prises extérieures. Les intérieurs ont été filmés au Studio Filmways à New York.

La porte d'entrée de l'hôpital Bellevue est utilisée pour la confrontation avec le capitaine McCluskey[24]. En 2007, les marches et l'entrée sont en mauvais état par manque d'entretien. L'intérieur de l'hôpital, montrant Michael rendant visite à son père, est filmé au New York Eye and Ear Infirmary sur la 14e rue, dans Manhattan à New-York.

La scène dans laquelle Don Barzini est assassiné est filmée sur les marches du bâtiment du New York Supreme Court sur le Square Foley à Manhattan à New-York[25].

La scène du mariage dans la maison de la famille Corleone est filmé au 110 de l'avenue longfellow dans le quartier de Todt Hill dans Staten Island. Les nombreuses maisons Tudor sur le quartier donnent l'impression qu'elles font parties d'un même bâtiment[26]. Le studio Paramount fait construire un mur de pierre en plexiglas qui traverse la rue, le même mur où Santino frappe l'appareil photo. Beaucoup de figurants pour la scène de mariage sont des italo-américains locaux auxquels Coppola a demandé de boire du vin de fabrication maison, de manger de la nourriture traditionnelle italienne et de participer à la scène comme s'il s'agissait d'un vrai mariage. La nourriture a été fabriquée par Demyan's Hofbrau, un restaurant sur Van Duzer Street qui n'existe plus. Le gâteau de mariage a été préparé par un pâtissier sur Port Richmond Avenue.

Deux églises sont utilisées pour la scène du baptême. Les prises de l'intérieur sont tournées dans la cathédrale St. Patrick à New-York. Les prises extérieures du baptême sont filmées dans l'église de St. Joachim and St. Anne dans le quartier de Pleasant Plains dans Staten Island. En 1973, une grande partie de l'église est détruite par le feu. Seule la façade et le clocher de l'église d'origine sont restés debout, et plus tard est incorporée dans un nouveau bâtiment. Pour le baptème, l'accompagnement sonore est Passacaille et fugue en do mineur, BWV 582 de Johann Sebastian Bach, ainsi que d'autres compositions de Bach pour des orgues.

La scène de funérailles est filmée au cimetière de Calvary dans Woodside dans le Queens[27]. La scène de la cabine de péage, où Sonny se fait tuer, est filmée sur le site du Coliseum Nassau dans Uniondale, à New-York sur Long Island, qui est au moment du tournage en construction. Il utilise l'ancienne Mitchel Field et l'autoroute pour l'occasion[22].

Bande originale[modifier | modifier le code]

The Godfather - Original Score

Bande originale par Nino Rota - Carmine Coppola
Film Le Parrain
Sortie 1972 (Vinyle) - 1991 (CD)
Durée 29:33
Genre Musique de film
Format Vinyle
Disque compact
Label MCA Records

L'italien Nino Rota, par ailleurs compositeur de Fellini, signe le célèbre thème du parrain.

Liste des titres
No Titre Durée
1. Main Title (The Godfather Waltz) - La valse du parrain 3:08
2. Johnny Farrow/Marty Symes - I Have But One Heart 3:00
3. The Pickup 2:59
4. Carmine Coppola - Connie's Wedding 1:36
5. The Halls Of Fear 2:15
6. Sicilian Pastorale 3:04
7. Speak Softly Love (Love Theme from The Godfather) 2:41
8. The Godfather Waltz 3:38
9. Apollonia 1:25
10. The New Godfather 2:03
11. The Baptism (Le baptême) 1:54
12. The Godfather Finale 3:50
29:33

L'affiche[modifier | modifier le code]

Sur l'affiche du film (et des deux suites) figure un « logo » qui symbolise un pantin, une marionnette. Cela fait référence à la scène où Don Vito Corleone prépare sa succession et, s'adressant à son fils Michael, lui dit :

« J'ai toujours refusé d'être un pantin qui danse sur un fil tiré par de gros bonnets… Je voudrais que quand mon heure viendra, ce soit toi qui tires les ficelles. »

Cette affiche peut aussi faire référence au très populaire opera de pupi[réf. nécessaire], théâtre de marionnette sicilien du XIXe siècle.

Accueil[modifier | modifier le code]

Box office et sortie du film[modifier | modifier le code]

Le film est un succès commercial, brisant de nombreux records pour devenir le film le plus rentable de l'année 1972. Le film rapporte 81,5 millions $ sur le marché américain au moment de sa sortie dans les cinémas[28]. Lors de sa ressortie en 1973, il rapporte 83,7 millions $ supplémentaires[29]. Le total augmente avec une ressortie limitée en 1997. Mais pour l'année 1972, le total s'élève à prés de 135 millions $. Ce faisant, il est censé battre le précédent record de Autant en emporte le vent comme film le plus rentable. Il gardera cette place jusqu'en 1975 où il sera détrôné par Les Dents de la mer[30]. Des articles de l'époque ont affirmé que Le Parrain était le premier film à franchir la barre des 100 millions $[30]. Toutes ces affirmations s'avèrent être fausses depuis la sortie de La Mélodie du bonheur en 1965. Le film est aussi un succès à l'étranger, rapportant un total de recettes sans précédents de 142 millions $ lors de sa sortie en salle, devenant, à cette époque, le film le plus rentable en recette avant indexation de l'inflation de l'histoire[31]. Les profits sont si importants pour le film que les actions de Gulf & Western Industries, Inc., qui possède Paramount Pictures, grimpe de 77 cents par action à 3,30 $ par action au cours de l'année, selon l'article du Los Angeles Times du 13 décembre 1972[30]. À ce jour, le film a engrangé entre 245 et 286 millions $ au box office mondial et après ajustement de l'inflation le film fait partie des 25 films les plus rentables de tous les temps[32].

En France, le film a totalisé 4 016 877 entrées, dont 767 930 entrées sur Paris, se positionnant en septième place du box-office français en 1972[33].

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Depuis sa sortie, Le Parrain a toujours été acclamé par les critiques. Le site Rotten Tomatoes rapporte que sur 77 critiques donnés au film, le film est très largement considéré comme positif avec une note moyenne de 9,1/10[34]. Metacritic, un autre site internet de critiques, donne, quant à lui, un score de 100 sur une base de 14 critiques de cinéma reconnus[35]. Le film est no 2 du classement des meilleurs films de tous les temps sur le site de référence IMDB avec une note de 9,2/10 (mars 2013). Il est assez largement considéré comme un « classique » du cinéma.

Le Parrain et Le Parrain II sont sélectionnés par Le National Film Registry pour être conservé à la Bibliothèque du Congrès aux États-Unis pour leurs « importances culturelles, historiques ou esthétiques » respectivement en 1990 et 1993. Très largement, les critiques internationales considèrent ces deux films comme étant des chefs d'œuvre du cinéma mondial, parfois considéré comme une seule et même œuvre. En 2002, un enquête auprès de réalisateurs faîtes par Sight & Sound considèrent les deux films comme la deuxième meilleure œuvre de tous les temps. L'enquête auprès de critiques pris séparément les place à la quatrième place. En 2007, Le parrain est classé 2e meilleur film américain de tous les temps par l'American Film Institute, derrière Citizen Kane[36], qui, en 1998, le classait 3e[37]. D'autres sondages et publications le classe premier comme par exemple Entertainment Weekly[38] ou en 2008, le magazine britannique Empire[39]. Il est par ailleurs classé comme meilleur film de gangsters par l'American Film Institute[40].

La bande-son originale de Nino Rota a été très largement acclamée et son thème principal (Speak Softly Love) est largement connu et a fait l'objet de très nombreuses reprises. Toutefois, il s'agit d'une reprise d'un thème que Rota avait composé pour le film italien Fortunella, sorti en 1958.

Le réalisateur Stanley Kubrick estime que Le Parrain est potentiellement le plus grand film jamais fait et sans aucun doute avec le meilleur casting[41].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Prix Catégorie Nommé Résultat
Oscars Meilleur film Albert S. Ruddy Lauréat
Meilleur réalisateur Francis Ford Coppola Nomination
Meilleur acteur Marlon Brando (refusé) Lauréat
Meilleur scénario adapté Mario Puzo and Francis Ford Coppola Lauréat
Meilleur acteur dans un second rôle Al Pacino Nomination
James Caan Nomination
Robert Duvall Nomination
Meilleur costume Anna Hill Johnstone Nomination
Meilleur montage William H. Reynolds et Peter Zinner Nomination
Meilleur son Charles Grenzbach, Richard Portman et Christopher Newman Nomination
Meilleure musique, bande originale dramatique Nino Rota Disqualifié
Golden Globe Award Meilleur film dramatique Albert S. Ruddy Lauréat
Meilleur réalisateur Francis Ford Coppola Lauréat
Meilleur acteur dans un film dramatique Marlon Brando Lauréat
Al Pacino Nomination
Meilleur scénario Mario Puzo et Francis Ford Coppola Lauréat
Meilleur acteur dans un second rôle James Caan Nomination
Meilleure musique de film Nino Rota Lauréat
BAFTA Awards Meilleur acteur Marlon Brando (aussi pour Le Corrupteur The Nightcomers) Nomination
Meilleur acteur dans un second rôle Robert Duvall Nomination
Meilleur nouveau venu pour un rôle principal Al Pacino Nomination
Meilleurs costumes Anna Hill Johnstone Nomination
Anthony Asquith Award for Film Music Nino Rota Lauréat
Grammy Award Meilleure bande originale pour un film Nino Rota Lauréat
David di Donatello David di Donatello du meilleur film étranger Francis Ford Coppola Lauréat

Analyse[modifier | modifier le code]

Nouvelle vision de la mafia au cinéma[modifier | modifier le code]

Les films précédant Le Parrain sur la mafia montraient un monde criminel marginalisé, un monde en marge d'« outsiders »[42]. Au contraire, Le Parrain présente le gangstérisme du point de vue mafieux comme une réponse à une société corrompue[42]. Bien que la famille Corleone soit présenté comme immensément riche et puissante, il n'y a aucunes scène de prostitution, de paris clandestins, de prêts à taux usuraires ou d'autres formes de rackets[43]. D'autres critiques argumentent que la contre-culture criminelle autorise une apologie des stéréotypes qui apparaît tout au long du film comme quand, par exemple, Don Vito dit à un Johnny Fontane en larme : « Agit comme un homme ! »[44].

Les différences avec le roman[modifier | modifier le code]

Une des parties primaires du roman de Puzo qui n’a pas été utilisée pour le film était l’histoire en flash-back des débuts de Don Corleone, y compris son arrivée en Amérique, son mariage et sa paternité, le meurtre de Don Fanucci, et son ascension dans la mafia, qui a été plus tard utilisé dans Le Parrain, 2e partie.

Beaucoup d’intrigues secondaires ont été éludées dans l'adaptation du roman à l’écran, incluant :

  • les malheurs du chanteur Johnny Fontane avec les femmes et ses problèmes de voix ;
  • l'histoire de la maîtresse de Sonny, Lucy Mancini, et de sa rencontre avec le Dr Segal après l'assassinat de Sonny ;
  • le Dr Segal lui-même, qui répare non seulement le vagin détaché de Lucy, mais met Michael en contact avec le chirurgien qui lui répare les os du visage, brisés par le capitaine McCluskey, et qui diagnostique le problème des cordes vocales de Johnny Fontane ;
  • la pédophilie de Jack Woltz (une scène l'évoquant fut coupée au montage) ;
  • la vie à la maison de Kay Adams ;
  • le passé diabolique de Luca Brasi ;
  • le plan ingénieux de Don Corleone pour faire revenir Michael de son exil en Sicile qui consiste à faire dire à un fils de clan allié, déjà condamné à mort pour trois assassinats, de reconnaître aussi les meurtres de Solozzo et McCluskey, en échange d'une pension à sa femme ;
  • l'expédition punitive contre les deux hommes qui ont assailli la fille de Bonasera, attaque menée par Paulie Gatto et à laquelle il est fait seulement allusion dans le film.

Les personnages qui ont de plus petits rôles dans le film par rapport au roman incluent Johnny Fontane, Lucy Mancini, Rocco Lampone et Al Neri ; ces deux derniers sont réduits à des rôles muets. Les personnages ayant disparu du film sont le Dr Segal, Genco Abbandando (on y fait seulement allusion, il apparaîtra dans le deuxième volet), Nino Valenti (le meilleur ami de Johnny Fontane, qui mourra d'alcoolisme) et le Dr Taza de Sicile. Également dans le livre, Michael et Kay ont deux fils, mais dans le film, ils ont un fils et une fille.

Le roman et le film diffèrent aussi sur le sort des gardes du corps de Michael en Sicile, Fabrizio et Calo. Le film les fait survivre tous les deux. Dans le livre, cependant, Calo meurt avec Apollonia dans l’explosion de la voiture, et Fabrizio, responsable du meurtre, meurt à la fin comme une des victimes de la célèbre « scène du baptême », tué dans son restaurant en Amérique après qu’il a été retrouvé (on peut voir la scène dans The Godfather Saga, qui a été supprimée de The Godfather Part II).

La fin du livre diffère de la fin du film : tandis que Kay se rend compte que Michael est devenu « comme sa famille », le drame est atténué dans le livre, où Tom Hagen laisse entendre des secrets pour lesquels, selon lui, il serait tué si elle en faisait la découverte. Pendant la scène de baptême du film, les cinq chefs des autres familles sont éliminés. Dans le roman, seulement Barzini et Tattaglia sont tués dans des scènes distinctes de celle du baptême. Effectivement, pour des questions de durée du film monté[45], Coppola a eu l'idée de rassembler en une seule séquence la scène du baptême et celles des assassinats, alors que, dans le roman, ces événements se passent à des moments distincts.

Héritage[modifier | modifier le code]

Adaptation vidéoludique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Le Parrain (jeu vidéo).

La société de jeu vidéo Electronic Arts a travaillé sur une adaptation en jeu vidéo du Parrain dont le scénario s'inspire du premier film. Sa sortie a eu lieu le 21 mars 2006. Le joueur a le rôle d'une petite frappe qui gravit les échelons dans l'organisation criminelle de la famille Corleone pour arriver au statut tant convoité de « Don ». Ses missions ont lieu en parallèle avec le scénario du film, le joueur doit donc, par exemple, déposer la tête de cheval au pied du lit, ou encore cacher un pistolet dans les toilettes pour que le fils de Don Vito puisse venger son père sur qui on a tiré. Beaucoup d'acteurs du film ont prêté leur voix comme James Caan, Robert Duvall, et même Marlon Brando avant son décès.

Impact à la télévision[modifier | modifier le code]

Les Soprano[modifier | modifier le code]

Dans la série Les Soprano, crée par David Chase diffusé de 1999 à 2007, plusieurs épisodes font références directement à la triologie des Parrain, notamment le premier opus.

Plusieurs acteurs de la série sont apparus dans Le Parrain, Tony Lip (Carmine Lupertazzi) et Lou Martini, Jr. (Anthony Infante) apparaissent en tant qu'invités au mariage. Dans la version ré-éditée des trois films Le Parrain, Richard Maldone (Albert Barese) a un petit rôle en tant que Joey.

Christopher Moltisanti est fasciné par les films qui traitent de la Mafia. Ils ont tous regardé le film si souvent que, par exemple, Paulie appelle la star du film Al Pacino simplement « Al » lors d'une conversation, l'avertisseur sonore de la voiture de Paulie joue Speak Softly Love (la chanson thème romantique issue du Parrain), et plusieurs personnages se réfèrent aux films par leur nombre, le premier film de la trilogie simplement référé par « un ». Tony et son équipe discutent parfois de leurs scènes préférées des films. Dans la première saison, Christopher débat avec le rapper Massive Genius à propos de la trilogie, ce dernier insistant sur le fait que le troisième volet est « incompris ».

On voit aussi plusieurs hommages visuels à la trilogie du Parrain. Dans la première saison, les personnages se réfèrent à la mort de Brendan Filone par le « Moe Greene special » (un tir dans l'œil). Moe Greene est un personnage dans Le Parrain qui a été tué de la même façon que Filone.

Aux funérailles de Jackie Aprile Sr. dans la première saison, de nombreux détails évoquent la scène des funérailles de Vito Corleone. Tony Soprano et Christopher ont des positions similaires à celles de Michael Corleone et Tom Hagen dans Le Parrain, alors que Junior Soprano est assis de la même façon que Don Barzini du même film. Les deux scènes ont été tournées au même endroit, au Calvary Cimetary, dans le Queens, N.Y.

Après la mort de Livia Soprano dans la troisième saison, il y a un plan subjectif où Tony prend l'ascenseur pour aller au sous-sol de la maison funéraire. Cette scène rappelle celle du Parrain où Vito demande une faveur à Bonasera après la mort de son fils, Santino.

Dans l'épisode Buffet froid, durant la séquence de rêve, Tony cherche un pistolet derrière des toilettes, en référence à la scène du Parrain dans laquelle Michael Corleone va chercher un pistolet au même endroit afin de tuer le capitaine de police.

Lors de la dernière scène de la série, dans Fabriqué en Amérique, un homme inconnu que Tony regarde fixement marche jusqu'aux toilettes du restaurant. La scène finit brutalement avant que l'homme ne revienne, laissant les spectateurs dans le doute sur le fait que l'homme des toilettes ait tué Tony. Dans Le Parrain, Michael Corleone prend une arme dans les toilettes et tue Virgil Sollozzo et son garde du corps policier, Capitaine McCluskey.

Dans le premier épisode de la série, quand Chris Moltisanti attend Big Pussy après avoir tué Emil Kolar, il dit « Louis Brasi dort avec les poissons » et Big Pussy répond « C'est Luca Brasi. ». Quand Tony offre un radio cassette à sa mère, il mentionne « Tony Francis » parmi les chanteurs.

Autres hommages[modifier | modifier le code]

Dans la série Les Simpson, au 9e épisode de la 14e saison, intitulé Les Muscles de Marge, La scène où Marge passe à tabac son agresseur est une référence à une scène similaire avec James Caan dans le film de Francis Ford Coppola. Au 2e épisode de la saison 16, dans l'épisode intitulé Tous les goûts sont permis, L'assassinat de James Caan est un clin d'œil au Parrain. Tout comme Sonny Corleone qu'il incarnait dans le film de Coppola, James Caan meurt assassiné à un péage par les membres d'un gang. Dans le 1er épisode de la saison 18, dans l'épisode intitulé Parrain par intérim, L'intrigue de l'épisode s'inspire de certains éléments ou scènes du Le Parrain comme le fils de Gros Tony s'appelle Michael en référence à Michael Corleone. La rencontre entre Michael et les ennemis de son père est une référence au premier parrain quand Michael Corleone rencontre Virgil Sollozzo et le Capitaine McCluskey dans le restaurant. La dernière scène parodie la scène de l’allégeance des caporegime envers Michael. À la fin de l'épisode on peut entendre La valse du parrain de Nino Rota. Dans le 8e épisode de la saison 3 intitulée Le Poney de Lisa, La scène où Lisa trouve son poney dans son lit fait directement référence au film[46]

Titre à l'internationale[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.the-numbers.com/movies/1972/0GDFT.php
  2. http://www.history.com/topics/the-godfather-and-the-mafia-in-popular-culture
  3. "The National Film Registry List – Library of Congress". loc.gov. Retrieved March 12, 2012
  4. Le dialecte sicilien entendu dans le film est le vrai dialecte parlé dans le village de Corleone, situé dans la province de Palerme en Sicile.
  5. (en) Le Parrain sur l’Internet Movie Database
  6. Le Parrain, sur AlloCiné
  7. (en) Dates de sortie sur l’Internet Movie Database
  8. Voir sur le site.
  9. Frayling, Christopher, 1981. In Spaghetti Westerns. Routledge Kegan & Paul. p. 215. ISBN 0-7100-0503-2. Google Book Search. Retrieved on January 6, 2009.
  10. C'est George Lucas qui a tourné le plan où Michael apprend la tentative d'assassinat de son père.
  11. a et b Voir sur nytimes.com.
  12. D'ailleurs Brando effectua un essai, à son insu (Coppola lui dit que c'était pour des réglages de lumière et de maquillage) alors qu'il n'en avait plus effectué depuis 20 ans. C'est pendant cet essai qu'il trouva la fameuse grimace en « bulldog » à l'aide d'un bout de fromage qui faisait partie du décor.
  13. Voir sur independent.ie.
  14. a, b et c The Godfather DVD Collection documentary A Look Inside, 2001.
  15. Voir sur vanityfair.com.
  16. a et b Jenny M. Jones, p. 37
  17. Jenny M. Jones, p. 75
  18. Sofia Coppola played roles in the later Godfather movies. In Part II, she plays a nameless immigrant girl on the ship that brings Vito Corleone to New York. In Part III, she played the major speaking role of Michael Corleone's daughter Mary.
  19. http://www.webcitation.org/68934wjmw
  20. Lebo, Harlan (2005). The Godfather Legacy. Fireside. p. 76. ISBN 978-0-7432-8777-7.
  21. The Godfather DVD commentary featuring Francis Ford Coppola, [2001]
  22. a, b et c http://thegodfathertrilogy.com/gf1/gf1scene.html
  23. Bruno, Anthony. "Fact and Fiction in The Godfather: The Little Man, the Dapper Don, and the Moe Greene Special". Crime Library. Retrieved July 30, 2012.http://www.trutv.com/library/crime/gangsters_outlaws/mob_bosses/the_godfather/7.html
  24. Photo of Bellevue side entrance". Douging. smugmug.com. Retrieved March 4, 2010.
  25. NY State Supreme Court steps". Douging. smugmug.com. Retrieved March 4, 2010.
  26. Kim Potts (May 6th 2010 4:45PM). "Famous Movie Locations: Corleone Mansion from 'The Godfather'". Moviefone (Staten Island, NY: Inside Movies - On the Scene).
  27. Jones, Jenny M. (2007). The Annotated Godfather. Black Dog & Leventhal. p. 214 (ISBN 1-57912-811-4).
  28. http://news.google.com/newspapers?id=O1FmAAAAIBAJ&sjid=IIsNAAAAIBAJ&pg=3532,3440664
  29. http://news.google.com/newspapers?id=MBQyAAAAIBAJ&sjid=2qEFAAAAIBAJ&pg=4954,1823132
  30. a, b et c http://www.tcm.com/tcmdb/title/443184/The-Godfather/notes.html
  31. Jacobs, Diane (1980). Hollywood Renaissance. Dell Publishing. p. 115. ISBN 978-0-440-53382-5. "The Godfather catapulted Coppola to overnight celebrity, earning three Academy Awards and a then record-breaking $142 million in worldwide sales."
  32. http://www.boxofficemojo.com/alltime/adjusted.htm
  33. http://www.jpbox-office.com/fichfilm.php?id=8654&affich=france
  34. http://www.rottentomatoes.com/m/godfather/
  35. http://www.metacritic.com/movie/the-godfather
  36. (en) Afi's 100 years… 100 movies, 10th anniversary edition.
  37. (en) Afi's 100 years… 100 movies.
  38. Burr, Ty. The 100 Greatest Movies of All Time. Time-Life Books. ISBN 1-883013-68-2.
  39. (en) Voir sur empireonline.com.
  40. (en) Voir sur afi.com.
  41. http://www.visual-memory.co.uk/sk/memories/mh.htm
  42. a et b De Stefano, p. 68.
  43. De Stefano, p. 119.
  44. De Stefano, p. 180.
  45. Commentaire du réalisateur sur la version DVD du film.
  46. Jean, Al (2003). The Simpsons season 3 DVD commentary for the episode "Lisa's Pony" (DVD). 20th Century Fox.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]