Rêve américain

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La perspective de prospérité par l'enrichissement personnel fait partie intégrante du rêve américain.

Le rêve américain (American Dream en anglais) est l'idée selon laquelle n'importe quelle personne vivant aux États-Unis, par son travail, son courage et sa détermination, peut devenir prospère[1]. Si cette idée a été incarnée par plusieurs personnalités ou émigrés revenus investir dans leurs pays d'origine, la réalité sociale américaine a fait déchanter de nombreux immigrants. Ce concept a néanmoins été, et demeure encore un des principaux moteurs du courant migratoire vers les États-Unis, l'un des plus importants dans l'histoire de l'humanité.[réf. nécessaire]

La notion de cette possibilité pour n'importe quel immigrant de réussir à partir de rien, a été fortifiée par l'étendue territoriale, les ressources naturelles, et le libéralisme politique et économique qui caractérisent les États-Unis.[réf. nécessaire] Cette idée est aussi vieille que la découverte du continent américain, même si sa formulation a évolué (on peut ainsi penser au mythe de l'Eldorado, et à la conquête de l'Ouest).[réf. nécessaire]

Notions corollaires[modifier | modifier le code]

L'American way of life (« style de vie américain ») qui désigne un mode de vie fondé sur une société de consommation, symbole de prospérité capitaliste représenté par les appareils électroménagers, l'automobile, Hollywood[2], la mode, le contenu des séries télévisées américaines, etc., est notamment très envié par les Européens, surtout entre les années 1920 et 1960.

On peut également rapprocher le concept de rêve américain avec la notion de Frontier (« frontière »), désignant un front pionnier, la progression de la nation et de la civilisation face à la nature sauvage, comme ce fut le cas lors de l'expansion du Far West (au détriment des Amérindiens), qui a marqué l'histoire américaine au cours du XIXe siècle. Cette idée est devenue un état d'esprit typiquement américain et pas seulement lié à une expansion économique et territoriale, comme en témoigne le concept développé par l'administration du président John Kennedy au début des années 1960 : la Nouvelle Frontière, qui ne se référait pas seulement à la conquête de l'espace, mais aussi à des changements dans la société et les mentalités.

Histoires[modifier | modifier le code]

La statue de la Liberté à New York symbolise l'idée de rêve américain pour des milliers de migrants venus par l'interface atlantique.
Le Golden Gate Bridge (ici avec vue sur la baie de San Francisco) représente un symbole de même portée pour les migrants de l'interface pacifique.

Dès l'époque coloniale, le roi d'Angleterre utilisait le rêve américain pour stimuler l'immigration et le peuplement de l'Amérique du Nord. Il vantait l'immensité du territoire, synonyme d'opportunités quasi illimitées, ainsi que l'accès facile à la terre, qui constituait l'aspiration de nombreux paysans dans la métropole. Celui qui réussissait à devenir propriétaire acquérait de fait le droit de vote pour les députés de la Chambre des communes. Cependant, les migrants des XVIIe et XVIIIe siècles trouvaient bien souvent des conditions de vie difficiles lorsqu'ils arrivaient en Amérique : attaques des Amérindiens, maladies, climat rigoureux, etc. Pour les puritains anglais, la Nouvelle-Angleterre est idéalisée comme la « Terre promise » où ils pourraient prendre un nouveau départ et construire une société neuve, loin des persécutions en vigueur en Europe.

La Révolution américaine fait progresser l'idée du rêve américain. Dans la Déclaration d'indépendance américaine de 1776, la « poursuite du bonheur » figure parmi les droits inaliénables de l'Homme, à côté de la liberté et de l'égalité.

Avec la Révolution industrielle, de nombreux Américains avaient réussi à s'enrichir au cours du XIXe siècle, à force de courage et d'esprit d'entreprise (Andrew Carnegie, John D. Rockefeller). Des centaines de milliers d'Européens quittaient à cette époque le Vieux Continent pour échapper aux persécutions religieuses (Juifs d'Europe de l'Est), à la pauvreté (Italiens) ou à la famine (Irlandais). L'accès aux immenses territoires de l'ouest ouvrait des possibilités d'accès à la propriété foncière.

L'expression « rêve américain » est utilisée pour la première fois par James Truslow Adams dans son livre The Epic of America (1931)[3]. Elle signifie alors l'accès aux libertés fondamentales et l'ascension sociale par le mérite.

Le XXe siècle est marqué par la lutte des minorités (Noirs, Amérindiens, femmes, homosexuels) à participer pleinement au rêve américain, en ayant les mêmes droits que les autres Américains. Martin Luther King prononce son fameux discours I have a dream (J'ai un rêve) pour l'abolition des discriminations.

Du rêve à la réalité[modifier | modifier le code]

Le rêve américain est un idéal et un concept et a été pris comme modèle par des milliers de colons venus trouver la richesse et la gloire en Amérique.

Selon une étude de The Pew Charitable Trusts via leur Economic Mobility Project datant de 2007, la mobilité économique qui fait que d'une génération à une autre les revenus augmentent n'a pas de réalité statistique. Les autres pays font même mieux, comme c'est le cas de la France (où la mobilité est 1,2 fois plus forte par rapport à celle des États-Unis), de l'Allemagne (1,5 fois), du Canada (un peu moins de 2,5 fois) ou encore du Danemark (un peu moins de 3,2 fois)[4].

Ce constat est partagé par le Center for American Progress, qui rapporte, dans une étude consacrée à la mobilité aux États-Unis, que « la mobilité intergénérationnelle aux États-Unis est plus basse qu'en France, Allemagne, Suède, Canada, Finlande, Norvège et Danemark. Parmi les pays à hauts-revenus pour qui des estimations comparables sont disponibles, seul le Royaume-Uni a un taux de mobilité inférieur à celui des États-Unis » [5]. Plusieurs autres études convergent dans ce sens[6],[7].

Le rêve américain dans les arts et la littérature[modifier | modifier le code]

Plusieurs auteurs reconnus ont écrit des livres qui parlent d'une Amérique de l'ombre, bien éloignée de celles que les gens s'imaginent en pensant en rêve américain. Des livres parlant de la désillusion du rêve américain.

Un des plus grands livres à ce sujet est L’empire de l’illusion (2009) de Chris Hedges. Cet ancien « correspondant de guerre pour le New York Times, Chris Hedges a reçu le Prix Pulitzer pour ses reportages sur le terrorisme et écrit aujourd’hui pour Harper’s, The Nation, Mother Jones entre autres. Aux États-Unis, ses livres sur le militarisme américain et la crise morale qui sévit au pays ont été acclamés. Hedges est un penseur qui s’inscrit dans l’héritage de Arendt, Keynes et Polanyi, mais son expérience en tant que reporter lui a aussi appris à écouter les gens et ses nombreux séjours dans les pays en guerre en ont fait un homme d’action, comme en témoignent ses nombreuses interventions militantes »[8]

« Son brillant livre est une critique bien argumentée des dérives actuelles de la société Américaine: L’empire de l’illusion détaille en quatre plans — la culture, la sexualité, le savoir et le bonheur —, les effets désastreux de l’ascension d’un système autarcique et évidé de toute réalité, et décrit l’Amérique estropiée qui en résulte. Un nombre grandissant de personnes se replient dans le culte d’un soi fabriqué et imposé, dupes de la marchandisation de leur univers et de leur être. Ainsi, grâce à la culture de l’illusion et à la propagation de la pensée magique, l’État-entreprise réussit à occulter les véritables enjeux politiques de la crise généralisée qu’il provoque. Et la population, prise d’assaut, perd progressivement sa force de réplique. »[8]

Musique[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

  • « On l’appelle rêve américain parce qu’il faut être endormi pour y croire » George Carlin.
  • « La société américaine est si exemplaire sur beaucoup d'aspects » Nicolas Sarkozy, 2006[10].

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne-Marie Bidaud, Hollywood et le rêve américain : cinéma et idéologie aux États-Unis[11], Armand Colin, 2012 (ISBN 9782200276638)
  • Serge Courville, Immigration, colonisation, et propagande: du rêve américain au rêve colonial. Éditions MultiMondes, 2002 - 699 pages.
  • Marc-Olivier Bherer, États-Unis : Nouvelle lutte des classes, Éditions Omniscience, 239 pages[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gérard-François Dumont, Rêve américain, 2011, Paris, Ellipses, p. 623
  2. (fr) « Arrêt sur image d’une alliance stratégique : Hollywood et les instances de pouvoir des États-Unis », les cahiers du Cérium,‎ 19 avril 2011 (consulté le 4 octobre 2012)
  3. DUMONT G.-F, Rêve américain, 2011, Paris, Ellipses, p. 623
  4. (en) Isabel Sawhill et John E. Morton, « Economic mobility: Is the American Dream Alive and Well? », The Pew Charitable Trusts,‎ 21 février 2007 (consulté le 29 septembre 2007), p. 5 [PDF]
  5. (en) Tom Hertz, « Understanding Mobility in America », Center for American Progress,‎ 26 avril 2006 (consulté le 15 avril 2008)
  6. (en) Anna Cristina d'Addio, Transmission of Disadvantage: Mobility or Immobility across Generations? - A Review of the Evidence for OECD Countries « Intergenerational Transmission of Disadvantage: Mobility or Immobility across Generations? - A Review of the Evidence for OECD Countries », OCDE,‎ 2007 (consulté le 15 avril 2008)
  7. (en) Arnaud Lefranc et Alain Trannoy, earnings mobility in France: Is France more mobile than the US ? « Intergenerational earnings mobility in France: Is France more mobile than the US? », sur Université de Cergy-Pontoise,‎ 13 août 2003 (consulté le 15 avril 2008)
  8. a et b http://www.lekti-ecriture.com/editeurs/L-empire-de-l-illusion.html
  9. (fr) «L'Appât» c'est quand le rêve américain tourne au cauchemar, L'Humanité,‎ 21 février 1995 (consulté le 19 septembre 2012)
  10. (fr) « Le rêve américain de Nicolas Sarkozy », L'Humanité,‎ 12 septembre 2006 (consulté le 19 septembre 2012)
  11. (fr) « Hollywood et le rêve américain. Cinéma et idéologie aux États-Unis », Armand Colin,‎ 22 août 2012 (consulté le 4 octobre 2012)
  12. De la lutte des classes au pays du rêve américain États-Unis. Nouvelle lutte des classes, sous la direction de Marc-Olivier Bherer. 02/11/2012

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]