La Mélodie du bonheur (film, 1965)

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La Mélodie du bonheur

Description de cette image, également commentée ci-après

Le costume et la guitare de Julie Andrews (Maria)

Titre original The Sound of Music
Réalisation Robert Wise
Scénario Ernest Lehman
Acteurs principaux
Sociétés de production Robert Wise Productions
Twentieth Century Fox
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Film musical
Sortie 1965
Durée 174 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Mélodie du bonheur (The Sound of Music) est un film musical américain de Robert Wise sorti en 1965. Il est adapté de la comédie musicale homonyme de Richard Rodgers et Oscar Hammerstein II créée à Broadway en 1959, elle-même basée sur le livre autobiographique de Maria Augusta Trapp, La Famille des chanteurs Trapp.

Synopsis[modifier | modifier le code]

L'action se situe peu avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en Autriche, au moment de l'Anschluss.

En Autriche, Maria est une jeune femme qui se prépare à devenir religieuse dans une abbaye bénédictine située à Salzbourg (l'abbaye de Nonnberg). Son couvent l'envoie en tant que gouvernante de sept enfants, dans la famille d'un veuf, le capitaine Georg Ritter von Trapp. Au début, les enfants se montrent hostiles et espiègles. Elle tient bon, tout en leur enseignant le chant. Bientôt, elle leur sert d'amie et de confidente.

Le capitaine, de son côté, fréquente une baronne dans le but de trouver une mère pour ses enfants. L'arrivée de cette gouvernante peu orthodoxe l'amènera à revoir ses sentiments vis-à-vis de la baronne. Celle-ci, cependant, ne voit pas cette situation d'un bon œil et incite Maria à quitter la famille von Trapp. De retour au couvent, après quelques jours de prière, l'abbesse lui fera comprendre que l'amour charnel ne peut être éteint par la simple prière. Par la suite, Maria et le capitaine s'avoueront leur amour.

Les leçons de chant de Maria ont tellement porté leur fruit, que l'oncle de la famille a inscrit la famille Trapp à un concert de chants qui se tiendra à Salzbourg. Tous ces événements surviennent alors que les nazis prennent le pouvoir en Autriche.

De retour de voyage de noces avec Maria, le capitaine apprend qu'il doit reprendre du service dans la marine, mais refuse de participer à la guerre. Il entreprend des préparatifs de fuite pour sauver sa famille de la destruction. Ils tentent de s'enfuir le soir où les membres doivent se produire à Salzbourg, mais la famille est surprise par les nazis. Ces derniers accepteront qu'elle se produise en public, mais le capitaine devra se présenter à son poste le lendemain, sous peine de sanction. À la fin du spectacle, bien que surveillée, la famille entière parvient à se cacher à l'abbaye et à s'enfuir vers la Suisse en passant par les montagnes.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Deux chansons, Maria et Climb Ev'ry Mountain, ont été redoublées pour la sortie en DVD de 2006 en raison de l'ajout de couplets absents du montage initial, par Brigitte Virtudes (la Mère supérieure), Bénédicte Lécroart (sœur Margaretta), Sylvie Berge (sœur Berthe), Rachel Pignot (sœur Sophia), Dominique Poulain (sœur Catherine) et Karine Costa (sœur Agatha).

Sources : IMDb ; VF : carton DVD, Dans l'ombre des studios[précision nécessaire]

Chansons du film[modifier | modifier le code]

Toutes les musiques sont de Richard Rodgers et les paroles de Oscar Hammerstein II, sauf I Have Confidence et Something Good écrites par Richard Rodgers après la mort de son parolier.

  • Prelude / The Sound of Music - Maria
  • Overture and Preludium (Dixit Dominus) - Chœur des nonnes
  • Morning Hymn / Alleluia - Chœur des nonnes
  • Maria - La Mère supérieure et les sœurs
  • I Have Confidence - Maria
  • Sixteen Going on Seventeen - Rolf et Liesl
  • My Favorite Things - Maria et les enfants
  • Do-Re-Mi - Maria et les enfants
  • The Sound of Music - Maria et les enfants
  • Edelweiss - Le capitaine et Liesl
  • The Lonely Goatherd - Maria et les enfants
  • So Long, Farewell - Les enfants
  • Climb Ev'ry Mountain - La Mère supérieure
  • Something Good - Maria et le capitaine
  • Sixteen Going on Seventeen (reprise) - Maria et Liesl
  • Processional / Maria (reprise) - Chœur des nonnes
  • Edelweiss (reprise) - Maria, le capitaine et les enfants
  • So Long, Farewell (reprise) - Maria, le capitaine et les enfants
  • Climb Ev'ry Mountain (Reprise) - Chœur

Différences avec la comédie musicale[modifier | modifier le code]

  • Deux chansons de la comédie musicale ont été supprimées : How Can Love Survive ? et No Way to Stop It, ce qui rend les rôles de Max et de la baronne Schraeder parlés. On retrouve le thème de How Can Love Survive ? sous la forme d'une des valses.
  • L'ordre de plusieurs chansons est bouleversé par rapport à la comédie musicale. Par exemple, dans la pièce, My Favorite Things est chanté au début, au couvent, par Maria et la Mère supérieure qui l'interroge sur sa vocation religieuse. Ici, My Favorite Things devient le chant entonné par Maria pour rassurer les enfants du capitaine, effrayés par l'orage à la place de The Lonely Goatherd, mis en accompagnement d'un spectacle de marionnettes qui est absent de la version théâtrale. De même, You are Sixteen, chanté en duo par les personnages de Rolf et Lisle, est mis dans le film avant Do-Re-Mi.
  • Quelques chansons ont été écrites spécialement pour le film : I Have Confidence ou Something Good. Something Good remplace le chant An Ordinary Couple de la pièce.
  • Les quatre vers du prélude de The Sound of Music « My day in the hills has come to an end, I know… » sont réduits à une allusion instrumentale au début du film.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Scénario[modifier | modifier le code]

La véritable Maria Augusta Trapp (1905-1987)

Le livre de Maria Augusta Trapp avait déjà fait l'objet d'un film allemand Die Trapp-Familie réalisé par Wolfgang Liebeneiner en 1956.

Auréolé du triomphe de West Side Story, Robert Wise fut d'abord approché pour réaliser le film mais trouvant l'histoire trop sirupeuse, il refusa de la mettre en scène[1]. Richard et Darryl Zanuck, dirigeants de la Twentieth Century Fox, sollicitèrent par la suite Stanley Donen, Vincent Donehue, Gene Kelly et George Roy Hill sans plus de succès[1]. William Wyler accepta finalement[1],[2]. Il commença à retoucher le scénario et à faire des repérages pour le tournage mais finit par abandonner le projet, préférant se concentrer sur la réalisation de L'Obsédé[1]. Robert Wise revint finalement sur sa décision et remplaça Wyler[1]. Ironie de l'histoire, Robert Wise remportera, l'année suivante, l'Oscar du meilleur réalisateur pour La Mélodie du bonheur face à William Wyler, nommé pour L'Obsédé.

Casting[modifier | modifier le code]

Certains acteurs sont doublés pour les chansons : c'est le cas de Christopher Plummer doublé par Bill Lee (la voix chantée de Roger dans Les 101 Dalmatiens) et de Peggy Wood doublée par Margery McKay.

Le film offre un premier vrai rôle au cinéma à Marni Nixon (), qui n'en était pas à son coup d'essai puisqu'elle avait doublé pour les séquences chantées Deborah Kerr dans Le Roi et moi (1956), Natalie Wood dans West Side Story (1961) et Audrey Hepburn dans My Fair Lady (1964)[2]. Jouant ici sœur Sophia, elle double également une deuxième sœur dans Maria.

Accueil[modifier | modifier le code]

Critiques[modifier | modifier le code]

Malgré l'énorme succès public du film qui lui valut le surnom de The Sound of Money (litt. « le son de l'argent ») de la part de certains journalistes, la célèbre critique Pauline Kael publia un éditorial cinglant dans le magazine McCall's le décrivant comme « un mensonge enrobé de sucre que le public semble disposé à avaler » (« sugarcoated lie that people seem to want to eat »)[3]. Cette charge à contre-courant motiva selon la légende son renvoi[4].

Christopher Plummer quant à lui le surnomma The Sound of Mucus (« la mélodie du mucus »), considérant qu'« un peu de cynisme était nécessaire pour éviter le trop-plein de sentimentalisme »[5]. Il confessa également que, bien qu'étant tombé sous son charme, jouer avec Julie Andrews était « comme être frappé sur la tête avec une carte de vœux Hallmark » (« like being hit over the head with a Hallmark Greetings Card »)[6]

Box-office[modifier | modifier le code]

À l'époque de sa sortie, le film fut un triomphe au box-office et surpassa même Autant en emporte le vent au niveau du nombre d'entrées ce qui n'était jamais arrivé auparavant[2].

Le film se classe troisième pour le nombre absolu de billets vendus (142 415 400)[7] et en brut ajusté(911 458 400 USD) en Amérique du Nord. Il est précédé par Autant en emporte le vent et Star Wars. Combiné au nombre de VHS et de DVD vendus et les diffusions régulières à la télévision, il devient « le film produit par un studio hollywoodien le plus amplement vu »[8].

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • La véritable Maria von Trapp apparait en arrière-plan, dans le numéro I Have Confidence chanté par Julie Andrews.
  • Le film contient plusieurs chansons devenues des succès dont Edelweiss, My Favorite Things, Climb Ev'ry Mountain, Do-Re-Mi, Something Good et The Lonely Goatherd ainsi que la chanson-titre The Sound of Music, reprise notamment dans Moulin Rouge.
  • La famille compte cinq filles et deux garçons : Liesl (16 ans), Friedrich (14 ans), Louisa (13 ans), Kurt (11 ans), Brigitta (10 ans), Marta (6 ans) et Gretl (5 ans).
  • La danse traditionnelle autrichienne que Maria et le capitaine exécutent lors du bal est le landler.
  • Dans les bandes annonces, dans la scène du marché juste avant le numéro Do-Re-Mi une caisse d'oranges est marquée Made in Israel. Cependant, l'état d'Israël n'existait pas encore dans les années 1930. Le film ne contient pas cette scène.
  • Une autre erreur se glisse dans la scène où la famille marche dans les montagnes, soi-disant vers la Suisse. Selon des spécialistes en topographie, les acteurs se dirigent en fait vers l'Autriche.
  • Le film est pratiquement inconnu en Autriche, sauf dans les hôtels de Salzbourg où il est quotidiennement projeté.[réf. nécessaire]
  • En 2000, la comédie musicale Dancer in the dark du danois Lars von Trier fait référence à la comédie musicale originale, le personnage principal interprété par la chanteuse Björk faisant partie d'une troupe de théâtre qui monte The Sound of Music. Dix ans plus tard, le personnage d'Isabelle Carré entonne un couplet en français de la chanson I Have Confidence, en ouverture des Émotifs anonymes de Jean-Pierre Améris.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (en) William Baer, Classic American Films: Conversations with the Screenwriters, Greenwood, 2008.
  2. a, b et c La Mélodie du bonheur sur Allociné.
  3. (en) Pauline Kael, Kiss Kiss Bang Bang, Toronto, Bantam,‎ 1968 (ISBN 0-316-48163-7), p. 214-155.
  4. (en) Ken Tucker, « A gift for effrontery  », Salon.com,‎ 9 février 1999 (consulté le 6 février 2007)
  5. (en) « Plummer joins Sound of Music reunion after 45 years », Reuters, 28 octobre 2010.
  6. (en) Richard Stirling, « Julie Andrews » Thud Magazine, 25 avril 1997.
  7. Box Office Mojo
  8. Amazon.uk

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

  • The Sound of Music (bande originale du film), RCA Victor

Liens externes[modifier | modifier le code]