La Horde sauvage (film, 1969)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir La Horde sauvage et The Wild Bunch.

La Horde sauvage

Description de cette image, également commentée ci-après

Sam Peckinpah et William Holden sur le tournage du film

Titre original The Wild Bunch
Réalisation Sam Peckinpah
Scénario Histoire :
Walon Green
Roy N. Sickner
Adaptation:
Sam Peckinpah
Walon Green
Acteurs principaux
Sociétés de production Warner Bros.-Seven Arts
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Western
Sortie 1969
Durée 145 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Horde sauvage (The Wild Bunch), est un film américain réalisé par Sam Peckinpah, sorti en 1969, qui raconte l'histoire d'une bande de bandits vieillissants qui tentent d'exister dans un monde moderne qui ne leur correspond plus, sur la frontière entre le Texas et le Mexique.

Le film, controversé pour sa violence, est célèbre pour sa mise en scène très dynamique et complexe, utilisant des effets de multi-angle, de plans de coupes très courts et des ralentis révolutionnaires en 1969.

Le film a reçu en 1970 deux nominations aux Oscars (scénario et musique) et Sam Peckinpah a été nominé aux "Directors Guild of America Award". En 1999 il a été classé 80ème des 100 meilleurs films américains de l'American Film Institute, et le 79ème film plus passionnant. En 2008, l'AFI a révélé son "10 Top 10" des dix meilleurs films de dix genres : La Horde Sauvage est classé comme étant le 6ème meilleur Western.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Pike Bishop et sa bande de hors-la-loi attaquent les bureaux d'une compagnie de chemin de fer et, suite à ce coup manqué, s'enfuient dans un Mexique en pleine révolution. Mais l'ancien frère d'arme de Pike, Deke Thornton, doit les tuer s'il veut pouvoir lui-même retrouver la liberté.

Résumé détaillé[modifier | modifier le code]

1913. Déguisés en soldats, Pike Bishop (William Holden) et sa bande de hors-la-loi - Dutch (Ernest Borgnine), son bras droit, les frères Lyle (Warren Oates) et Tector Gorch (Ben Johnson), Angel (Jaime Sánchez), Clarence "Crazy" Lee (Bo Hopkins) et Buck (Rayford Barnes) - cherchent à s'emparer de la paie des ouvriers du chemin de fer dans la ville frontalière de Starbuck. Ils croisent sur leur chemin une bande d'enfants qui jouent à confronter des scorpions à des fourmis rouges et rient de voir les scorpions périr ainsi. Mais en ville un piège leur est tendu par Harrigan (Albert Dekker), dirigeant de la Compagnie de chemin de fer, qui a condamné Deke Thornton (Robert Ryan), un ancien frère d'arme de Pike, à se retrouver à la tête d'une bande de chasseurs de primes pour tuer ses anciens compagnons, sous peine de retourner en prison sous 30 jours (un flash-back le montre fouetté en prison). La bande de hors-la-loi de Pike, profitant d'un défilé de la Ligue de Tempérance, réussit à prendre la fuite dans un bain de sang provoqué en grande partie par les chasseurs de primes à la solde de Harrigan qui abattent même les civils. Pike abandonne sur place "Crazy" Lee, abattu par Harrigan, et doit achever Buck, aveuglé par une blessure au visage. Une fois à l'abri et retrouvant le membre le plus âgé de la bande, Sykes (Edmond O'Brien), la bande constate que leur "butin" n'est constitué que de rondelles de métal sans valeur. Le soir Pike et Dutch discutent de leur absence d'avenir. Un souvenir commun à Pike et à Deke montre que les deux hommes sont tombés dans une embuscade dans un bordel, mais que Pike s'est enfui en abandonnant son compagnon. Le lendemain Pike et ses hommes décident de s'enfuir au Mexique en traversant le Rio Grande et trouvent refuge dans le village d'Angel, le seul Mexicain de la horde. Le doyen du village, Don José (Chano Urueta), apprend au jeune Angel que son père a été pendu par le "général" Mapache (Emilio Fernández), un tyran local qui a pillé le village et a aussi subordonné sa fiancée, Teresa (Sonia Amelia). Alors que le jeune homme est fou de douleur, le village accueille les hommes de Pike comme des héros lors d'une grande fête. Le lendemain la bande se rend au repère de Mapache, dans la ville d'Agua Verde. Ils voient arriver le dictateur en voiture, au grand étonnement de toute la horde qui n'a jamais vu ce genre de véhicule. Un peu plus tard, Angel retrouve sa fiancée dans les bras de Mapache. Ivre de rage, il la tue, mettant en péril ses compagnons, car Mapache pense qu'il a été victime d'une tentative d'assassinat. Pour calmer le jeu, Pike accepte pour le compte du général et de son conseiller militaire allemand Mohr (Fernando Wagner) d'attaquer un convoi d'armes de l'armée américaine contre 10 000 dollars en or. L'appât du gain est en effet plus fort que la morale qui les empêcherait d’œuvrer pour le compte d'un dictateur. Mais Angel refuse de participer à cette expédition qui fournirait des armes destinées à détruire son peuple. Il finit par accepter, à la condition de récupérer une caisse d'arme du convoi pour son village. Cependant, Deke, toujours sur la piste de la horde, se doute que le train transportant les armes va être attaqué, et obtient de Harrigan de se mêler avec sa bande de chasseurs de primes aux trop jeunes soldats inexpérimentés chargés de protéger le convoi. Il n'arrive cependant pas à empêcher la bande de Pike de voler le chargement, et se retrouve avec sa bande dans la rivière en voulant traverser un pont que la horde de Pike fait sauter à son passage. Pendant ce temps Mapache est attaqué par les troupes de Pancho Villa. Il a un besoin urgent des armes volées par la horde, et aimerait bien les récupérer sans verser à la bande son dû. Mais Pike, méfiant, a piégé le chariot transportant les caisses avec de la dynamite, et lorsque les troupes de Mapache encercle la bande, il menace d'allumer la mèche. Les soldats, menés par Herrera (Alfonso Arau) sont donc forcés de les laisser partir, et d'accepter que Pike applique ses propres règles concernant l'échange entre les armes et l'or promis. Le soir même, alors que la bande fait relâche, des indiens des montagnes, amis d'Angel, viennent chercher la caisse que celui-ci a détourné pour leur compte. Puis le lendemain les échanges ont lieu : Pike se présente seul auprès de Mapache, indiquant où se trouvent quelques caisses, et prenant sa part de l'or. Tout se passe bien jusqu'à ce qu'Angel se présente à son tour : en effet la mère de sa fiancée l'a dénoncé après le meurtre de sa fille, disant à Mapache qu'il avait volé une caisse d'armes pour son village. Angel essaye désespérément de s'enfuir mais Mapache le fait prisonnier sur le champ. Dutch, qui accompagnait Angel, l'abandonne et repart rejoindre le reste de la horde avec sa part de l'or. Cependant la bande est en bien mauvaise posture et se retrouve cernée, sans eau, par les hommes de Deke, qui blessent Sykes. Abandonnant le vieil homme à son sort, Pike et ses trois hommes survivants partent en désespoir de cause se réfugier dans le camps de Mapache. Là, ils assistent au supplice d'Angel, abominablement torturé, trainé derrière la voiture du dictateur. Pike propose en vain de le racheter, mais l'argent n'intéresse pas Mapache. Pike et ses hommes partent alors passer la nuit avec des prostituées, sauf Dutch, visiblement taraudé par le remords d'avoir abandonné Angel à son sort, d'autant plus que celui-ci lui avait sauvé la vie lors de l'attaque du train. Le lendemain, Pike a pris sa décision, et les quatre hommes retournent réclamer Angel. Pour toute réponse, Mapache tranche devant eux la gorge du jeune homme moribond. C'est le signal d'un terrible massacre dans lequel mourront Pike, Dutch et les frères Gorch, non sans avoir abattu Mapache et une bonne partie de son armée. Arrivant bien après à Agua Verde, Deke et ses chasseurs de prime ne trouvent que des cadavres. Laissant les chasseurs de prime repartir avec leur morbide butin, Deke reste sur place, plongé dans ses souvenirs. Des coups de feu dans le lointain lui apprennent que ses hommes sont tombés dans une embuscade. Quelque temps plus tard, Sykes arrive, accompagné des indiens armés grâce à Angel. Il propose à Deke de se joindre à cette nouvelle horde. Dans un éclat de rire amer, il accepte, tandis qu'en surimpression défilent les visages riants des défunts membres de la bande de Pike.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Références scénaristiques[modifier | modifier le code]

Walon Green s'est inspiré du personnage d'Howard dans Le Trésor de la Sierra Madre pour créer celui de Sykes.[1] [Note 1]Il a aussi révélé plus tard sa manière de trouver des noms pour ses personnages : "Pike était un nom que j'ai toujours voulu utiliser, c'est une sorte de poisson carnivore[Note 2] et il suggère quelqu'un qui est difficile et prédateur ... Les Gorch ont été [nommés] d'après une famille de vrais pourritures que je connaissais... Mapache signifie "raton laveur" en espagnol, et il me semblait que c'était approprié pour un paysan devenu général.... Coffer a été nommé d'après un cascadeur que je connaissais, nommé Jack Coffer, qui a été tué. Jack m'a inspiré car c'était le genre de gars qui était vraiment sauvage et fou".[1]Dans le livre de Stephen Prince Sam Peckinpah's The Wild Bunch, il donne aussi les détails suivants : "Je venais de lire le livre de Barbara Tuchman Le télégramme Zimmerman, à propos des efforts des Allemands pour entrainer les Américains dans une guerre avec le Mexique pour les garder en dehors de l'Europe ... J'avais aussi vu ce documentaire étonnant, Memorias de Un Mejicano, qui a été réalisé alors que la révolution se passait réellement."[2]Il s'est inspiré aussi d'un autre documentaire appelé Cuando Viva Villa Era la Muerte. Il les a regardé avec Peckinpah, qui, impressionné par ces images, a dit "OK, maintenant je sais à quoi tout ceci doit ressembler[3]"

Réalisation et conditions de tournage[modifier | modifier le code]

En 1968, Sam Peckinpah n'a réalisé que trois films, et il a une très mauvaise réputation, due en grande partie à cause du tournage catastrophique de Major Dundee réalisé trois ans auparavant[4]. C'est alors que Kenneth Hyman, directeur de production à la Warner, lui propose un scénario de Walon Green inspiré d’une idée de Roy Sickne, et l'impose comme metteur en scène pour réaliser cette "Horde Sauvage".

Sam Peckinpah ne dérogera pas à sa réputation pendant le tournage, renvoyant plusieurs techniciens et provoquant la Warner en engageant et payant avec l'argent de la production de véritables prostituées mexicaines pour la scène orgiaque où les frères Gorch batifolent dans une cuve à vin, et en faisant boire réellement Warren Oates et Ben Johnson avant de tourner cette scène[5],[6]

Le tournage au lieu au Mexique dans les lieux suivants : Coahuila, Durango, El Pomeral, El Rincon del Montero, Torreon et Parras[7], qui a été le théâtre de véritables batailles lors de la Révolution Mexicaine. "Agua Verde" est filmé à la Hacienda Ciénaga Del Carmen, une hacienda en ruine dotée d'un aqueduc du XVIIIe siècle. Le lieu a été rénové depuis pour en faire une attraction touristique[8]

Tournage de La Horde Sauvage à la Hacienda Ciénaga Del Carmen. Sam Peckinpah est à droite.

Le tournage débuta avec la scène où les bandits retrouvent le vieux Sykes et se rendent comptent que leur butin n'est constitué que de rondelles de fer. Les acteurs ne connaissaient pas leur texte et Peckinpah menaça de tous les renvoyer s'ils n’apprenaient pas leurs lignes dans les 20 minutes[9].

Les acteurs principaux avaient tous sept costumes identiques, qui ont tous été détruits pendant le tournage. 90.000 cartouches à blanc ont été tirées pendant la bataille finale, plus que pendant la Révolution Mexicaine d'après la Warner ! Cette séquence a nécessité 12 jours sur les 81 jours de tournages du film. Comme Peckinpah n'avait pas assez de figurants, les uniformes des "tués" étaient rapiécés au fur et à mesure, et les acteurs retournaient "mourir" plusieurs fois devant la caméra[10]. Outre les cascadeurs américains déguisés en soldats mexicains, qui ont effectué les cascades les plus dangereuses, toutes les «troupes» impliquées dans la fusillade finale au siège de Mapache étaient de vrais soldats mexicains d'un régiment de cavalerie qui avait été embauché par la société de production[11], qui d'après Ernest Borgnine ont d'abord commencé la scène en tirant à balles réelles car personne ne leur avait dit de tirer à blanc[12].

La scène du train n'était pas dans le scénario, elle fut finalement tournée en une seule journée. De même la célèbre "Dernière Marche" a été improvisé par Sam Peckinpah pendant le tournage. À l'origine, la scène devait commencer avec les quatre hommes qui quittaient le bordel et enchaîner immédiatement avec la confrontation avec Mapache. Une fois que la décision a été prise de prolonger la scène, un grand nombre de figurants mexicains ont été disposés et dirigés tandis que la scène se déroulait[5].

Le film a été tourné avec 6 caméras qui filmaient a des vitesses différentes : 24, 30, 48, 60, 90, et 120 images par secondes, pour réaliser les effets de slow-motion[13].

La dernière scène à être tournée a été l'explosion du pont, sur la rivière Nazas (à la place du Rio Bravo). Le studio, craignant que le pont ne soit pas construit à temps, voulait que Walon Green réécrive la séquence. Mais Pekinpah étant furieux à cette idée, Walon Green, pour le couvrir le temps qu'il réalise la séquence qu'il désirait, et faire patienter le studio, écrivit une scène de substitution très complexe qui bien évidemment ne fut pas tournée[3]. La scène a été tournée en une seule prise. Une des 6 caméras, qui devait montrer l'action du point de vue du pont en train de sauter, a été perdue dans l'eau lors de l'explosion[5]. La séquence n'employait pas de maquettes ou des miniatures, seulement des cascadeurs rembourrés qui portaient des casques sous leurs chapeaux de cowboy pour les protéger contre les chevaux qui nageaient frénétiquement vers la rive. Un des cascadeurs a remercié Peckinpah pour la conception de la cascade la plus grandiose à laquelle il n'avait jamais pris part ; un autre l'a maudit et a quitté le plateau[13].

La séquence du jeu cruel des enfants avec les scorpions et les fourmis a été suggérée à Peckinpah par Emilio Fernandez (Mapache), qui jouait à ce jeu en étant enfant. Peckinpah, trouvant la métaphore excellente, se fait livrer 2000 fourmis et 50 scorpions et rajoute cette séquence d'introduction[14],[5].

Sam Peckinpah déclara que l'un de ses objectifs pour ce film était de donner au public "une certaine idée de ce que c'est d'être abattu." Un incident mémorable eu lieu sur le tournage. Insatisfait du son des pétards que son équipe utilisait en guise de coup de feu, Peckinpah, exaspéré, cria : "Ce n'est pas ce que je veux! Ce n'est pas ce que je veux! " Alors il saisi un revolver et tira réellement dans un mur à proximité. Le pistolet vide, Peckinpah aboya à son équipe stupéfaite : "C'est l'effet que je veux !!"[15][16]

Sam Peckinpah imposa un rythme éreintant à son équipe. Lui-même visionne les rushes chaque soir et ne dort que 3 à 4 heures par nuit. Le film terminé (le 30 juin 1968)[7], il s'assit et pleura[17].

Choix des acteurs[modifier | modifier le code]

Sam Peckinpah pensa à de nombreux acteurs pour le rôle de Pike Bishop : Lee Marvin, Burt Lancaster, James Stewart, Charlton Heston, Gregory Peck, Sterling Hayden, Richard Boone et Robert Mitchum, avant le choix de William Holden. Marvin avait accepté le rôle mais le laissa tomber lorsqu'on lui offrit une meilleure rémunération pour jouer dans La Kermesse de l'ouest (1969). William Holden refusa catégoriquement de porter une moustache qui selon lui nuisait à son image : il porte un postiche tout le long du film[16][18].

Les deux premiers choix de Sam Peckinpah pour le rôle de Deke Thornton étaient Richard Harris (qui apparaissait déjà dans Major Dundee) et Brian Keith (qui avait travaillé avec Peckinpah dans The Westerner (1960) et New Mexico (1961)). Harris ne fut jamais formellement approché, mais Keith lui, le fut et laissa tomber. Robert Ryan fut finalement engagé après que Peckinpah l'ait vu dans le film d'action sur la deuxième Guerre Mondiale Les Douze Salopards (1967). Les autres acteurs envisagés pour le rôle furent Glenn Ford, Arthur Kennedy, Henry Fonda, Ben Johnson (qui jouera en fin de compte Tector Gorch) et Van Heflin.

Mario Adorf fut envisagé pour le rôle de Mapache, mais il refusa en lisant dans le script qu'il devait égorger un jeune homme[19]. Il regrettera son choix en voyant le film[5]. Le rôle ira à Emilio Fernández, un réalisateur et acteur Mexicain et ami de Peckinpah.

Après avoir envisagé Steve McQueen, George Peppard, Jim Brown, Alex Cord, Robert Culp, Sammy Davis Jr., Charles Bronson et Richard Jaeckel pour jouer Dutch Engstrom, Ernest Borgnine fut engagé pour sa performance dans Les Douze Salopards. Sam Peckinpah au départ était réticent car il imaginait Dutch plus jeune. La claudication de Borgnine dans le film n'est pas feinte : il s'était cassé le pied pendant le tournage de Le crime, c'est notre business (1968) et a dû porter un plâtre tout au long du tournage mexicain[16],[18].

Robert Blake fut choisi à l'origine pour jouer Angel[20], mais il demandait trop d'argent. Peckinpah qui avait vu Jaime Sánchez dans le film de Sidney Lumet Le Prêteur sur gages, fut impressionné et exigea qu'il soit engagé pour jouer Angel[18].

Albert Dekker, un acteur de théâtre, fut engagé pour jouer Harrigan et mourut quelques mois après le film. La Horde Sauvage est son dernier film[5].

Bo Hopkins joua Clarence "Crazy" Lee; il fut engagé après que Peckinpah le vit à la télévision.

Warren Oates joua Lyle Gorch, ayant déjà travaillé avec Peckinpah sur la série TV Le Rifleman et ses films précédents, Coups de feu dans la Sierra (1962) et Major Dundee (1965).

Montage et coupes[modifier | modifier le code]

Echaudé par la mauvaise expérience de Major Dundee, Peckinpah monte son film au fur et à mesure et présente au producteur des scènes complètes, et non pas de simples rushs désordonnés. Après un premier montage de 5h, le film est ramené à 2h40. Le film obtient alors son visa d'exploitation. Mais Peckinpah retravaille encore son œuvre en supprimant des scènes jugées par lui-même trop violentes[14]. Le but est de réduire la violence de la scène du hold-up raté afin de ne pas détourner les spectateurs de l'histoire et de faire paraitre par comparaison le final paroxystique[21]. Le film est ramené à 2h25 et est enfin projeté en salle. Le film contient alors 3643 plans de coupes (2721 sans le générique), ce qui est un record pour l'époque et établit une moyenne de durée de 3 secondes pour un plan, certaines coupes étant imperceptibles à l’œil nu[5]. La scène de "la bataille du porche sanglant" compte 325 plans de coupes pour 5 minutes d'action, ce qui équivaut à des prises d'une seconde[5]. Après le montage, Peckinpah, qui en a terminé à ce moment-là avec le tournage d'Un nommé Cable Hogue, part s'accorder quelques jours de repos[21]. Mais le producteur Phil Feldman prend sur lui de retirer 10 minutes supplémentaires de séquences car il a reçu des plaintes de propriétaires de cinéma jugeant que le film était trop long[13]. Feldman retire tous les flashbacks (Deke en prison, le retour sur "Crazy Lee" et la conversation entre Pike et Sykes à son sujet, la scène du bordel avec Pike et Deke, et Pike et sa maîtresse) et des scènes de la révolution mexicaine où l'armée de Mapache combat contre Pancho Villa, ceux-ci sans le consentement de Peckinpah[14][5]. Comme les copies ont déjà été distribuées, les exploitants américains coupent directement dans le film afin de faire une séance de plus par jour[14].Après quelques semaines circulent ainsi plusieurs versions différentes du film en longueur et en coupes, aucune ne correspondant à la vision de Peckinpah, et aucune ne contenant les flashbacks nécessaires à la compréhension de la relation entre Pike et Deke[13]. Le film n'a donc pas été censuré ou modifié à cause de sa violence puisque ces scènes se sont pas affectées par les coupes, il a été mutilé uniquement pour des raisons économiques[14].En Europe circule cependant une version presque complète, à laquelle ne manque que le flashback concernant Pike et sa maîtresse[4]. Il faudra attendre 1995, bien après la mort de Peckinpah, pour revoir le film tel que le réalisateur l'avait voulu.

Erreur d'accessoire[modifier | modifier le code]

La mitrailleuse offerte par les frères Gorch à Mapache est une Browning 1917 refroidie par eau — arme qui n'existait pas en 1913.

Bande originale[modifier | modifier le code]

La musique est composée et dirigée par Jerry Fielding, orchestrée par Greig McRitchie, Al Woodbury et Art Beck. Les séances d'enregistrement se sont déroulées le 6 janvier, le 7, 27 et 28 février, les 6, 7, 14, 17 mars et 7, 14 et 15 avril 1969, au Warner Bros. scoring stage, Burbank, en Californie[22]Jerry Fielding a travaillé très régulièrement avec Peckinpah dans les années 60 et 70 (il a aussi illustré musicalement Junior Bonner, Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia, Tueur d'élite, Noon Wine pour la television et a créé une bande-son non utilisée pour The Getaway.)[23]La bande originale a été nominée aux Oscars[24]

1969 Soundtrack album[22][Note 3]

1. Song From The Wild Bunch 3:53
2. Main Title 4:08
3. Aurora Mi Amor 2:34
4. Assault on the Train and Escape 5:34
5. Drinking Song 2:01
6. Adelita 3:00
7. Adventures on the High Road 2:29
8. Bodega el Bodega de Baño 2:59
9. Dirge and Finale 4:16
10. End Credits (La Golondrina) 2:23

D'après le compositeur, "La horde sauvage [lui] a donné la chance de montrer à l'industrie du divertissement public que si on donne à un compositeur une réelle liberté de création, il peut produire un score qui ne ressemble à aucun autre jamais écrit."[25]

Réception[modifier | modifier le code]

Awards, reconnaissance et nominations[modifier | modifier le code]

Après la sortie du film, Peckinpah a été l'un des dix réalisateurs à recevoir une nomination de la "Directors Guild of America Award" dans la catégorie "Meilleur réalisateur - Long métrage". Le film a reçu deux nominations aux Oscars, une pour le meilleur scénario original (Walon Green, Roy N. Sickner, Sam Peckinpah) et l'autre pour la meilleure musique originale (Jerry Fielding). Des décennies plus tard, "l'American Film Institute" a placé le film dans plusieurs de ses listes des "100 ans":

Le film est classé numéro 94 sur la liste du magazine Empire des "500 plus grands films de tous les temps"[26]. En 1999, le "U.S. National Film Registry" l'a sélectionné pour le conserver dans la Bibliothèque du Congrès comme film "culturellement, historiquement et esthétiquement important"[27].

Documentaire[modifier | modifier le code]

La Horde Sauvage a fait l'objet d'un documentaire : The Wild Bunch: An Album in Montage (1996, 32min23s) réalisé par Paul Seydor. L'origine de ce documentaire est la découverte de 72 minutes de séquences de film muet, en noir et blanc montrant Peckinpah, ses acteurs et ses techniciens, dans le nord du Mexique, pendant le tournage de La Horde Sauvage. Nick Redman est le narrateur et Ed Harris parle pour Sam Peckinpah. Le documentaire montre la préparation des scènes cruciales du film en commençant par la fin, lorsque la horde veut récupérer Angel. On voit le maquillage de Jaime Sánchez, le détail de la direction des acteurs, la mise en place de la marche et comment Peckinpah a improvisé celle-ci, puis le tournage de l'explosion du pont avec le détail de la mise en place logistique de cette scène dangereuse à réaliser[9]. Ce documentaire a été nominé en 1997 aux Oscars du Cinéma catégorie "Meilleur documentaire, sujet court" (Paul Seydor, Nick Redman) et aux American Cinema Editors catégorie "Meilleur film documentaire paru" (Paul Seydor). Toujours en 1997, il a gagné le prix du "Meilleur documentaire court" au Chicago International Film Festival (Paul Seydor)[28]

Analyse[modifier | modifier le code]

Esthétiquement, on retrouve dans ce film les deux caractéristiques des films de Sam Peckinpah, les ralentis et le montage très découpé des scènes d'actions, qui sont moins une démonstration de virtuosité qu'une manière d'exprimer le désordre et la violence[29]. Avec La Horde sauvage, Sam Peckinpah, dans une vision nihiliste[30], semble entraîner le western classique vers la sortie. Ce film est avant tout une épopée de la défaite, et de toutes les valeurs[21], de "morts qui marchent"[31] pour échapper à un monde qui n'est plus le leur.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Alors que le western témoignait jusqu'alors de l'Histoire et des valeurs qui avaient constitué les États-Unis (instaurer l'ordre tout en repoussant les frontières de la colonisation, de la culture et de l'élevage), ces valeurs s'essoufflent avec la découverte de la réalité de la colonisation et du massacre des Amérindiens. Lorsque La Horde Sauvage sort en 1969, en pleine guerre du Viêt Nam, les allusions aux exactions de la colonisation sont explicites. Ce n'est pas par hasard que Pike (identifié dès le générique à Peckinpah[32], le nom du réalisateur apparaissant à côté de son visage figé en noir et blanc) dit : "Nous partageons très peu de sentiments avec notre gouvernement" et "Il y a des gens qui ne peuvent pas supporter d'avoir tort", Dutch répondant "par fierté". Il ne fait aucun doute qu'il fait allusion à ceux qui continuent à soutenir l'action américaine dans une guerre au Viêt Nam qui s'enlise[21],[33].La période choisie, l'action se déroulant vers 1913, ne l'est pas non plus au hasard. À ce moment les États-Unis, soucieux d'élargir encore leur territoire, sont en guerre contre le Mexique. Ainsi lorsque la horde propose ses services au Général Mapache, tortionnaire local, Peckinpah dénonce le soutien au dictateur, et non au peuple mexicain martyrisé[14]. À noter la présence auprès de Mapache de conseillers allemands, rappelant que le gouvernement Huertiste, à l'époque, avait effectivement reçu des armes de fournisseurs allemands[34].

Progrès et destruction[modifier | modifier le code]

Dans La Horde Sauvage le progrès technique est synonyme de destruction et de mort. La voiture devient un instrument de torture, le train transporte des armes et l'apparition d'une mitrailleuse couronne le tout, bien loin des classiques duels au pistolet, celui de Pike restant ironiquement dans son étui lors du massacre final[35]. L'étonnement des membres de la horde en voyant arriver une voiture est explicite : ils sont en décalage avec un monde qu'ils ne comprennent plus et dans lequel ils n'ont déjà plus leur place[36]. L'automobile comme symbole de progrès négatif apparaîtra aussi dans les films Coups de feu dans la Sierra et Un nommé Cable Hogue[37]

L'impossible retour en arrière[modifier | modifier le code]

Sam Peckinpah montre des hommes en mouvement, mais n'allant nulle part. Le pont détruit symbolise l'impossible retour en arrière[38]. Au générique, déjà, les images se figent en sépia, comme de vieilles photos d'une époque révolue[14]

La religion[modifier | modifier le code]

Beaucoup de références (et critiques) religieuses traversent le film, qui débute alors que la horde arrive dans une ville où s'apprête à se dérouler un défilé de la ligue de tempérance, qui chante un cantique, ce qui attribue au massacre la dimension d'un sacrilège[21]. Lorsque Pike achève un de ses hommes blessé au visage, les frères Gorch s'indignent qu'il soit laissé sans sépulture. Dutch propose alors ironiquement de chanter un cantique, en allusion au massacre précédent[21]. Le personnage du chasseur de prime Coffer porte de manière blasphématoire un énorme crucifix où le Christ est remplacé par une balle et le spectacle final lui inspire le mot de "paradis"[21]. Angel (prononcé à l'américaine par ses comparses, ce qui accentue son appartenance au divin)[39], littéralement sacrifié[31], est trahi par Dutch, qui accepte sa part de l'or et l'abandonne à Mapache, comme une sorte de Judas de ce Christ-là (même si c'est la dénonciatrice, la mère de Teresa, qui est traitée de Judas)[21]. La jeune prostituée à l'enfant avec laquelle Pike passe sa dernière nuit forme une nativité, symbole d'une innocence perdue que représentait aussi le village d'Angel, la croix sur le mur achève de transformer cette image en icône[21]. La même jeune femme a été auparavant aperçue juste avant le meurtre de Teresa par Angel. Elle regarde Pike, vêtue d'une simple robe bleue et blanche (les couleurs associée à la Vierge dans les représentations de l'église catholique). Entre en scène Teresa, habillée d'une onéreuse et clinquante robe blanche de satin. Selon Paul Seydor c'est une "prodigieuse ironie". La jeune prostituée est réellement virginale dans sa nature authentique, alors que Teresa, qui était le symbole de la pureté incorruptible pour Angel, est devenue selon les mots de Don José "la putain de Mapache"[40]. Enfin, le village d'Angel a les apparences d'un paradis perdu.

La violence[modifier | modifier le code]

Chez Peckinpah la violence n'est pas un spectacle. Elle est crue, sauvage, hystérique[17], les personnages sombrent dans la violence car ils n'arrivent pas à accomplir leurs desseins, dans une dialectique de convoitise et de frustration[41]. La violence au cinéma, ce n’est pas (seulement) des jets d’hémoglobine et des corps disloqués : ce n’en sont là que sa représentation formelle, et au fond superficielle. La violence au cinéma, c’est un type de rapport des personnages au monde, et du film au spectateur[42], Peckinpah le renvoyant à l'ambiguïté du désir[21] et voulant lui mettre le nez dans la laideur de la violence[13]. Le cinéaste se double d'un moraliste, contraignant le spectateur à être conscient de son goût naturel pour la violence[43]. Fondamentalement sceptique, le cinéaste ne croit pas à l'empreinte profonde de la civilisation sur notre nature[21]et au final la violence des personnages est aussi dirigée contre eux-mêmes[21]. Peckinpah critique aussi violemment la violence institutionnalisée. Ainsi la Compagnie des chemins de fer, organisme d'état, engage des chasseurs de primes pour protéger ses fonds, ce qui génère une boucherie et entraine la mort de citoyens innocents, et le "Général" Mapache n'est qu'un bandit en uniforme[41]. L'action des personnages se déroule dans un monde où la violence est une fièvre qui exprime une volonté de vivre qui ne rencontre aucun interdit et qui donne, pour un temps, un sens à leur existence avant la destruction qu'elle engendre inévitablement[42].

Peckinpah a utilisé la violence comme catharsis, croyant que son public pourrait être purgé de la violence, en en étant témoin de manière explicite via l'écran. Il a admis plus tard avoir eu tort, que le public était venu en profiter plutôt que d'être horrifié par la violence de ses films, et c'était quelque chose qui le troublait[44].

La trahison, l'abandon et la parole donnée[modifier | modifier le code]

C'est un des thèmes majeur du film. Deke Thornton a donné sa parole au chemin de fer, ce qui provoque une dispute entre Dutch et Pike (Pike : "Il a donné sa parole" Dutch : "ce qui compte, c'est à qui on la donne !")[45]. Les personnages souffrent moralement. Lorsqu'ils reviennent pour tenter de sauver Angel après l'avoir abandonné, c'est un moyen de se racheter après avoir violé leur propre code d'honneur quand ça les arrange. Pike a beau clamer "Il faut que l'on reste ensemble, si on abandonne ses amis, on n'est plus un homme, mais un animal", il est le premier a abandonner "Crazy" Lee lors de l'attaque de la banque, soit-disant pour couvrir la fuite du reste de la horde, et plus sûrement car Crazy Lee de part sa folie représente un danger pour la horde. Il n'a pas hésité non plus dans le passé à abandonner Deke Thornton pour sauver sa peau. Pike décide d’abandonner dans le désert le blessé Sykes, le patriarche du groupe ; Dutch trahit Angel, en l’abandonnant aux mains du tortionnaire Mapache. Il faut souligner l’importance de ces membres trahis, finalement les porteurs symboliques des principes mêmes qui auraient garanti la survivance du groupe[46]. L'abandon d'Angel, martyr du groupe, seul personnage (au nom symbolique), qui incarne une forme d'intégrité[21], va provoquer un revirement de la horde. David Weddle écrit que «Comme celui de Lord Jim de Conrad, l'héroïsme de Pike Bishop est propulsé par la culpabilité écrasante et un désir de mort désespéré». La horde se condamne car elle ne peut soutenir son idéal d'unité disciplinée[38]

L'alcool et le rire[modifier | modifier le code]

Deux activités rituelles, le rire et l'alcool, ponctuent le film.

L'alcool[modifier | modifier le code]

L'alcool est présenté comme un moyen de rassemblement et d'unification[47], par exemple après le hold-up raté, et après l'attaque réussie du train. L'alcool montre aussi comment les personnages tentent, sans succès, d'utiliser ce moyen pour apaiser leur chagrin ou leur anxiété. Or c'est le contraire qui est démontré : Pike qui discute avec Dutch se rend compte qu'il n'a nulle part où aller, Angel saoul rumine des idées de vengeance lorsqu'il apprend l'assassinat de son père, la culpabilité de Pike, enfin, est décuplée lorsqu'il boit après sa nuit avec la prostituée[47]. Lyle Gorch, frénétique coureur de jupons, annonce ses "fiançailles" après son séjour dans une cuve à vin avec des prostituées[47] .Lorsque Mohr invite la horde à venir boire avec Mapache, il essaye de créer un lien qui ne prendra jamais effet [47] . Enfin l'alcool rend aussi le Général Mapache encore plus détestable car son état symbolise sa dégénérescence despotique[21].

Le rire[modifier | modifier le code]

Comme l'alcool, le rire permet l'unification, désamorçant une situation tendue après le hold-up raté. Le rire marque aussi un retour à l'enfance. Lorsque les frères Gorch jouent au village d'Angel avec la jeune fille, ils retrouvent un rire d'enfants innocents, ce que Pike et Don José ne manqueront pas de relever[48]Quand Angel est capturé et entouré par la foule d'ennemis, leurs rires sont une promesse de souffrance et de mort[21][49]. Le rire de Mapache, lorsqu'il comprend qu'Angel a voulu tuer sa fiancée infidèle, transgresse un interdit en associant la joie à la mort[21]Enfin, l'éclat de rire de Dutch avant le carnage final équivaut à une acceptation de la horde face à la mort à venir[50], et à la vacuité de leurs actes manqués[51]. Une série de flash-back montre les membres de la horde, après leur mort, riant, un des aspects heureux de leur vie précaire[39]

L'enfance et la perte de l'innocence[modifier | modifier le code]

Pour Peckinpah, l’enfant est déjà un homme, et l’homme encore un enfant[52].Dans la Horde Sauvage les enfants sont confrontés à la violence, et en sont acteurs. Les enfants rient de confronter les scorpions aux fourmis (métaphore du carnage à venir), et de mettre le feu au tout. L'innocence est en ruine, et ce drame Nietzschéen se rejoue tout le long du film[53]. Après le massacre de l'attaque ratée du bureau de la Compagnie de Chemin de fer, ils reproduisent en riant et en mimant les coups de feu dans les rues. Un plan montre une Mexicaine donnant le sein à son bébé, le torse sanglé d'une cartouchière, métaphore de la violence nourricière[21]. Lorsque les enfants aggravent le supplice d'Angel en se jetant sur son dos alors qu'il est trainé par la voiture, ils se montrent d'une violence digne de celle des adultes, rendue encore plus épouvantable par la clarté de ces jeunes visages sur lesquels coexistent, mêlés, l'innocence et la cruauté, la joie et la barbarie, l'idéalisme et la soif de sang[38]. Lorsque Mapache se bat contre Pancho Villa, il refuse courageusement de se mettre à l'abri, se sachant admiré par un enfant télégraphiste habillé en militaire comme une version miniature de lui-même. Et c'est un enfant-soldat qui abattra Pike[54].

Les adultes aussi se conduisent de manière enfantine. Le village d'Angel en particulier sert de révélateur. Les frères Gorch jouent vraiment comme des enfants, sans la moindre once de violence. Lorsque Don José dit "Nous rêvons tous de redevenir des enfants, même les pires d'entre nous, surtout les pires", il souligne la perte de l'innocence d'Angel, qui vient de perdre son père et son amour idéalisé. Par le commentaire "pour lui, Teresa était une déesse, a adorer de loin, Mapache, lui, a vu qu'elle était une mangue mûre", il suggère qu'Angel n'a jamais eu de relation sexuelle avec sa fiancée, qui a rejoint de son plein gré Mapache qui lui proposait une relation charnelle, et donc la considérait comme une femme[55][56]. Par ailleurs les chasseurs de primes font semblant d'abattre Deke en mimant un révolver et en imitant le son d'un coup de feu (comme les enfants qui mimaient le carnage au début du film)[57].

L'érotisme des femmes et des armes[modifier | modifier le code]

Les femmes[modifier | modifier le code]

Les armes[modifier | modifier le code]

Dans le film le rapport aux armes est aussi intense que la sexualité. Avant le carnage perpétré au début du film, Coffer embrasse son arme dans un geste intime[58]. Lorsque Mapache reçoit la mitrailleuse, il entame avec elle une véritable "danse de mort[58]".

Le thème du double et la répétition des événements[modifier | modifier le code]

Le thème du double[modifier | modifier le code]

Le film montre un affrontement entre deux bandes de mexicains : les gens de Mapache, corrompus, et les hommes du village d'Angel, qui les combat ; deux figures masculines rivales (Pike et Deke) qui dirigent deux bandes moralement opposées composées d'associés hétéroclites, qui contiennent chacune un couple comique : les frères Gorch d'un côté, T.C et Coffer de l'autre[59]. Il y a aussi deux personnages âgés (Don José et Sykes), deux oppresseurs (Mapache et Harrigan)[60]. Angel, homme d'un seul amour, est opposé à Mapache, dépravé[21], qui a tué deux personnes dans sa vie : l'une littéralement (son père) l'autre figurativement (Teresa)[61]. Il y a deux personnages mexicains qui détiennent un secret mortel mais qui l'utilisent différemment : la mère de Teresa qui par vengeance dénonce Angel, alors que les fusils vont servir à libérer son peuple opprimé[62], et Angel, qui sait la complicité du reste de la horde dans le détournement des armes, mais garde le silence[63].

Répétition des événements[modifier | modifier le code]

La horde mène deux attaques (les bureaux du chemin de fer, et l'attaque du train), Angel est fait deux fois prisonnier par Mapache, il y a deux massacres qui ouvrent et ferment le film, le premier égoïste (l’appât du gain, l'argent chacun pour soi), le second altruiste (pour la libération d'Angel qui représente la fidélité idéale)[64]La mitrailleuse est utilisée deux fois, par Mapache et ses hommes (les oppresseurs), et par Pike et les siens (les libérateurs)[63]. Il y a aussi deux triangles amoureux qui se terminent avec la mort de la femme infidèle : Pike et sa maîtresse (Aurora) tuée par son son mari d'un côté et Mapache, Teresa tuée par Angel, de l'autre[55]. Les images du moment où la horde quitte le village d'Angel, accompagnées de la chanson "La Golondrina", sont aussi reprises à la toute fin, accompagnant une dernière fois la horde[65].

Postérité[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

  • Mon nom est Personne (1973) de Tonino Valerii, où la destruction de la horde sauvage signifie la fin d'une époque, et où le nom de Sam Peckinpah apparait sur une croix dans la scène du cimetière.
  • Buffy contre les vampires, où de nombreux personnages portent des noms en référence au film, un des préférés de Joss Whedon. Ainsi on peut y voir Angel, mais aussi dans un épisode appelé Oeufs Surprise les frères Lyle et Tector Gorch. Dans le film Buffy se trouve aussi un personnage appelé Pike.[66]

Influences[modifier | modifier le code]

Remake[modifier | modifier le code]

Le 19 Janvier 2011 la Warner Bros a annoncé qu'un remake de La Horde Sauvage était en chantier. Le suicide en 2012 de Tony Scott, qui devait le réaliser, a suspendu le projet. En 2013 Will Smith annonce qu'il réalisera, produira et jouera dans le film qui se situera à l'époque contemporaine[67].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

En français[modifier | modifier le code]

  • Camy, Gérard, Sam Peckinpah - Un réalisateur dans le système hollywoodien des années soixante et soixante-dix, Harmattan, 1997 (ISBN 2-7384-5823-8)
  • Causse, François, Sam Peckinpah, la violence du crépuscule, Dreamland, 2001 (ISBN 2910027724)
  • Revault, Fabrice, La Horde sauvage de Sam Peckinpah, éd. Yellow Now, collection « Côté films », 2007 (ISBN 978-2873402112)

En anglais[modifier | modifier le code]

  • Bliss, Michael, Justified Lives: Morality & Narrative in the Films of Sam Peckinpah, Southern Illinois University, 1993 (ISBN 0809318237)
  • Bliss, Michael, Doing it Right: The Best Criticism on Sam Peckinpah, SIU Press, 1994 (ISBN 0809318636)
  • Prince, Stephen, Sam Peckinpah's The Wild Bunch, Cambridge Film Handbooks, 1999 (ISBN 9780521586061)
  • Seydor, Paul, Peckinpah, the Western Films - a Reconsideration, University of Illinois Press, 1999, 440 p. (ISBN 0252068351)
  • Simmons, Garner, Peckinpah, A Portrait in Montage, University of Texas Press, 1982 (ISBN 0-292-76493-6)
  • Weddle, David, If they move...Kill'em !, Grove Press, 1994 (ISBN 0802137768)

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le village d'Angel ressemble aussi comme deux gouttes d'eau à celui des paysans mexicains qui accueillent Howard dans le film de John Huston.
  2. En anglais, "Pike" signifie "brochet".
  3. Une nouvelle édition de la musique complète du film, incluant toutes les prises alternatives, est entièrement détaillée dans ce lien sur le site Films Score Monthly (en anglais).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « The Wild Bunch », sur Tcm.com (consulté le 26/08/2014) : « Walon Green based the character of Freddie Sykes on Howard, the prospector played by Walter Huston in The Treasure of the Sierra Madre (1948) (...) "Pike was a name I always wanted to use, it's a kind of carnivorous fish and it suggested someone who is tough and predatory...Gorch was [named] after a real mill-trash family I knew...Mapache means raccoon in Spanish, and it seemed to me something a peasant risen to a general might call himself....Coffer was named for a stuntman I knew named Jack Coffer who was killed. Jack was a real inspiration to me for the kind of guys who are really wild and crazy." »
  2. (en) Prince, Stephen, Sam Peckinpah's The Wild Bunch, Cambridge Film Handbooks,‎ 1999 (ISBN 9780521586061), p.43 : "I had just read Barbara Tuchman's book The Zimmerman Telegram, which is about the Germans' efforts to get the Americans into a war with Mexico to keep them out of Europe...I had also seen this amazing documentary, Memorias de Un Mexicano, that was shot while the revolution was actually happening."
  3. a et b Djoumi, Rafik, « S'ils bougent, tuez-les tous ! Entretien avec Walon Green », sur Capture Mag,‎ 02/06/2014 (consulté le 27/08/2014)
  4. a et b « DVD Classik : La Horde Sauvage, analyse et critique » (consulté le 12/08/2014)
  5. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) « IMDb : Trivia "The Wild Bunch" » (consulté le 13/08/2014)
  6. « Ecran Large : La Horde Sauvage, review » (consulté le 14/08/2014)
  7. a et b « The Wild bunch (1968) Sam Peckinpah », sur Cinéma Encyclopédie (consulté le 23/08/2014)
  8. (en) « The ruins of La Hacienda Ciénaga del Carmen » (consulté le 14/08/2014)
  9. a et b (en) « Seydor on Peckinpah » (consulté le 14/08/2014)
  10. « Studiociné : La Horde Sauvage » (consulté le 14/08/2014)
  11. (en) « Film Friendly Mexico : The Wild Bunch » (consulté le 14/08/2014)
  12. (en) Hutchinson, Heidi, « A Wild Ride Interview: Ernest Borgnine », sur Citizen L.A (consulté le 27/08/2014) : « …Our very first scene we were shooting it out with some soldiers and if I remember correctly they had some real Mexican soldiers in there. And we’re supposed to shoot…OK, ‘Boom, Bam, Bim.’ And, I hear “Pzzz, pzzz!” [Motions past both ears.] …What the HELL?! I shout, “Hold it!” …They were shooting real bullets ! (...) Somebody forgot to tell somebody to empty their barrel. »
  13. a, b, c, d et e (en) Eggert, Brian, « Deep Focus Review : The definitive : The Wild Bunch »,‎ 28/07/2013 (consulté le 17/08/2014)
  14. a, b, c, d, e, f et g « Le Déblocnot : La Horde Sauvage de Sam Peckinpah » (consulté le 14/08/2014)
  15. (en) « Classic Movie Hub : The Wild Bunch Trivia » (consulté le 14/08/2014)
  16. a, b et c (en) « IMDb : The Wild Bunch Trivia » (consulté le 14/08/2014)
  17. a et b « Forez Info : Sam P. Retro » (consulté le 14/08/2014)
  18. a, b et c (en) Weddle, David, If They Move...Kill 'Em !, Grove Press,‎ 1994 (ISBN 0802137768), p.321
  19. (de) « Los Wochos Pistoleros » (consulté le 14/08/2014) : « "Deux ans plus tard, Peckinpah me propose un rôle dans La Horde sauvage ". J'ai lu le scénario et réalisé que je devrais jouer un Mexicain à nouveau, un rôle beaucoup plus petit mais plus important que dans "Major Dundee", à savoir un général. Eh bien, ce serait une belle carrière en tant que Mexicain, de passer de sergent à général ! Mais j'ai lu que je devrais couper la gorge d'un grand garçon. J'ai lu les autres scènes d'une violence incroyable (...) Néanmoins, quand j'ai vu le film trois ans plus tard au cinéma, j'ai regretté ma décision, bien sûr (...)" »
  20. (en) « IMDb : Robert Blake Trivia » (consulté le 15/08/2014)
  21. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q et r Causse, François, Sam Peckinpah : La Violence Du Crépuscule, Dreamland,‎ 2001 (ISBN 2910027724), p.58 à 86
  22. a et b (en) « The Wild Bunch (score) », sur Filmscoremonthly (consulté le 25/08/2014)
  23. (en) « Wild Bunch composer Jerry Fielding Honored », sur Film Music Society,‎ 13/11/2009 (consulté le 26/08/2014)
  24. « Oscars 1970 », sur Cinemovies (consulté le 26/08/2014)
  25. (en) « IMDb : Jerry Fielding », sur IMDb (consulté le 26/08/2014) : « La horde sauvage (1969) gave me a chance to illustrate to the public, and the entertainment industry, that if a composer is given real freedom to create, he can produce a score that is unlike any other ever written. [on the film score that put him on the map] »
  26. (en) « The 500 Greatest Movies of all time », sur Empire on line (consulté le 20/08/2014)
  27. (en) « National Film Preservation Board, Films selected for the National Film Registry, Library Of Congress »,‎ 1999 (consulté le 20/08/2014)
  28. (en) « IMDb : The Wild Bunch: An Album in Montage, Awards », sur IMDb (consulté le 19/08/2014)
  29. « La Horde Sauvage, critique » (consulté le 10/08/2014)
  30. « la Horde sauvage : la mauvaise conscience de l’Amérique » (consulté le 10/08/2014)
  31. a et b Chemin, Nicolas, « Objectif cinéma : La Horde Sauvage : Des morts qui marchent » (consulté le 15/08/2014)
  32. (en) Bliss, Michael, Justified Lives : Morality and Narrative in the films of Sam Peckinpah, p.95
  33. (en) Jason Fraley, « The Wild Bunch (1969) », sur The films spectrum,‎ 09/08/2012 (consulté le 25/08/2014) : « It’s no coincidence that Pike says, “We share very few sentiments with our government” and “There’s a hell of a lot of people that just can’t stand to be wrong … and they can’t forget it, that pride, being wrong, or learn by it!” He is no doubt speaking of those who hold steadfast that it was a good idea to go into Vietnam and insist that the war ended in a tie. The ultimate fulfillment of this statement comes when we see a man hobbling down the street on one leg. Similar images of wounded vets covered the TV every night in ’69. »
  34. (en) « Mexican Revolution: Occupation of Veracruz » (consulté le 12/08/2014)
  35. (en) « What Latin America tells us at the Movies : The Wild Bunch » (consulté le 15/08/2014)
  36. « DVD Classik : La Horde Sauvage, analyse et critique » (consulté le 15/08/2014)
  37. (en) Simmons, Garner, Peckinpah, A Portrait in Montage, University of Texas Press,‎ 1982 (ISBN 0-292-76493-6), p.82
  38. a, b et c Camy, Gérard, Sam Peckinpah: un réalisateur dans le système hollywoodien des années soixante et soixante-dix, Harmattan,‎ 1997 (ISBN 2-7384-5823-8, lire en ligne), p.175
  39. a et b (en) « Projections : What Latin America tells us at the Movies, The Wild Bunch » (consulté le 15/08/2014)
  40. (en) Bliss, Michael, Doing it Right: The Best Criticism on Sam Peckinpah, SIU press,‎ 1994 (ISBN 0809318636, lire en ligne), p.99
  41. a et b Costes, Jean-Philippe, « Dans les entrailles de la violence avec Sam Peckinpah, définition, contradictions et désacralisation d'un mythe. », sur Dictionnaire critique du cinéma anglo-saxon (consulté le 17/08/2014)
  42. a et b Minas Ouchaklian, « Éclairs dans le crepuscule », sur JGCinema.com (consulté le 17/08/2014)
  43. Chauvin, Serge, « Films à l'affiche : La Horde sauvage et Apportez-moi la tête d’Alfredo Garcia », sur Les Inrocks,‎ 01/01/2001 (consulté le 17/08/2014)
  44. (en) Weddle, David, If they move...Kill'em !, Grove Press,‎ 1994 (ISBN 0802137768), p.334
  45. (en) Bliss, Michael, Justified Lives : Morality and Narrative in the films of Sam Peckinpah, Southern Illinois University,‎ 1993 (ISBN 0809318237, lire en ligne), p.112
  46. Adela Pineda Franco, « Amerika Revue : Once upon a Time in the... West, Le cinéma nord-américain de la Révolution Mexicaine » (consulté le 15/08/2014)
  47. a, b, c et d (en) Bliss, Michael, Justified Lives : Morality and narratives in the films of Sam Peckinpah (lire en ligne), p.87 à 89
  48. (en) Bliss, Michael, Justified Lives : Morality and Narrative in the films of Sam Peckinpah, p.89
  49. (en) Seydor, Paul, Peckinpah: The Western Films - A Reconsideration, University of Illinois Press,‎ 1999, 440 p. (ISBN 0252068351, lire en ligne), p.184
  50. (en) Bliss, Michael, Justified Lives : Morality and Narrative in the films of Sam Peckinpah, p.92
  51. Avenel, Vincent, « Death is not the end, la Horde Sauvage », sur Critikat.com,‎ 22/05/2007 (consulté le 17/08/2014)
  52. Dechamps, Christophe, « Straw dogs (chiens de paille), de Sam Peckinpah (1971) », sur Penser le cinéma (consulté le 23/08/2014)
  53. (en) Moody, Rick, « Inside the head of Sam Peckinpah », sur The Guardian,‎ 09/01/2009 (consulté le 19/08/2014) : « "The opening title sequence, in which the outlaw posse controlled by Holden's character Pike Bishop enters town and attempts to rob a railroad, is noteworthy for the way it juxtaposes its theme music and its incipient outlaw bloodlust with a scene of local children pitting two scorpions against an army of fire ants. In this way is innocence ruined, the title sequence seems to say, after which it reenacts this Nietzschean material, in the course of the film, again and again. Children, for example, ride the body of the martyred Angel, token Mexican member of the posse, as he is being dragged behind horses of the evil general; and, later, it's a child, serving as a sniper, who administers the coup de grace to Pike Bishop, when he is busy trying to clean out the general's entire army with a machine gun. " »
  54. (en) « Film site movie Review : The Wild Bunch », sur Filmsite.org (consulté le 17/08/2014)
  55. a et b (en) Bliss, Michael, Doing it Right: The Best Criticism on Sam Peckinpah, SIU Press,‎ 1994 (ISBN 0809318636, lire en ligne), p.98 : "Angel lost Teresa because he workshipped her from a celibate distance, treated her as she were a virginal godess. Mapache, on the other hand, won her over (...) when he offered her the pleasures of food and wine and carnality.(...) Angel's subsequent slaying of Teresa echoes Pike's own responsability for Aurora's death"
  56. (en) Bliss, Michael, Justified Lives : Morality and Narrative in the films of Sam Peckinpah, p.90
  57. (en) Bliss, Michael, Justified Lives : Morality and Narrative in the films of Sam Peckinpah, p.91
  58. a et b Causse, François, Sam Peckinpah, la violence du crépuscule, p.71
  59. (en) Bliss, Michael, Justified Lives : Morality and Narrative in the films of Sam Peckinpah, p.85
  60. (en) Bliss, Michael, Justified Lives : Morality and Narrative in the films of Sam Peckinpah, p.80
  61. (en) Bliss, Michael, Justified Lives : Morality and Narrative in the films of Sam Peckinpah, p.89-90
  62. (en) Bliss, Michael, Justified Lives : Morality and Narrative in the films of Sam Peckinpah, p.111
  63. a et b (en) Bliss, Michael, Justified Lives : Morality and Narrative in the films of Sam Peckinpah, p.87
  64. (en) Bliss, Michael, Justified Lives : Morality and Narrative in the films of Sam Peckinpah (lire en ligne), p.85
  65. (en) Bliss, Michael, Justified Lives : Morality and Narrative in the films of Sam Peckinpah, p.87
  66. (en) « Slayerword Buffy » (consulté le 27/08/2014) : « The 1969 film The Wild Bunch by Sam Peckinpah is one of Joss Whedon’s favourites. (...) Lyle and Techtor Gorch, who appeared in Bad Eggs, are named after characters from The Wild Bunch. In that movie, the Gorches were brothers in William Holden’s gang, played by Warren Oates and Ben Johnson. Pike from the Buffy movie was named after William Holden’s character in The Wild Bunch and Angel was another character from the film. »
  67. « Will Smith dans le Remake de "La Horde sauvage" de Peckinpah », sur Allociné,‎ 15/05/2013 (consulté le 27/08/2014)