Platoon

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Platoon

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Oliver Stone, présentation du film au festival de Cannes 2006, en présence de Charlie Sheen, Willem Dafoe et Tom Berenger

Titre original Platoon
Réalisation Oliver Stone
Scénario Oliver Stone
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis, Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre Guerre
Sortie 1986
Durée 115 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Platoon est un film de guerre américain écrit et réalisé par Oliver Stone en 1986, dont l'action se déroule pendant la guerre du Viêt Nam. Il est en partie inspiré par la propre vie du réalisateur, qui s'est lui-même engagé comme volontaire pour la guerre du Viêt Nam où il a été blessé à deux reprises[1].

Il est le premier film d'une trilogie ayant pour thème la guerre du Viêt Nam. Il sera suivi par Né un 4 juillet en 1989 et Entre Ciel et Terre en 1993.

Le film remporte l'Oscar du meilleur film en 1986. En 2007, the American Film Institute classe Platoon à la 83ème place des 100 meilleurs films du cinéma américain dans son top 100 de l'American Film Institute.

Résumé[modifier | modifier le code]

En 1967, le jeune Chris Taylor souhaitant servir son pays, s'engage volontairement dans la guerre du Viêt Nam. Il est affecté à la 25e division d'infanterie, dans une section (« platoon » en anglais signifiant « peloton » ou « section ») qui a subi des pertes lors de récents combats. Son enthousiasme s'évanouit rapidement tandis qu'il effectue d'interminables patrouilles jour et nuit et s'épuise à creuser des trous servant comme position de défense, corvée avec plusieurs autres affectée aux bleus. Après une embuscade lors de laquelle il est légèrement blessé, Taylor s'intègre peu à peu avec les soldats plus expérimentés.

Lors d'une opération dans la jungle, son unité découvre un complexe de casemates. Alors qu'ils fouillent une cache, deux soldats sont tués par une boite piégée avec une bombe. Après avoir quitté les casemates, les soldats découvrent le cadavre de l'un des leurs (Manny), disparu alors qu'il était posté en sentinelle lors de la fouille des bunkers. L'unité poursuit alors sa route jusqu'à un village paysan où des combattants Viêt-Cong auraient été aperçus. Ils y trouvent de la nourriture en masse et des caches d'armes. Les habitants disent avoir été forcés par les forces vietnamiennes du nord à les aider. Fatigués et à cran, des soldats passent leur frustration relative à la perte récente de leurs camarades sur plusieurs paysans qu'ils torturent et tuent. Lors d'un interrogatoire, le sergent Barnes exécute la femme du chef de village devant les yeux de nombreux soldats et menace sa fille quand le sergent Elias intervient. S'ensuit une bagarre entre les deux hommes. De son côté, Taylor sauve deux filles du village sur le point d'être violées par plusieurs soldats. La section repart après avoir mis le feu au village.

Après l'incident de l'interrogatoire, le sergent Elias se plaint à son capitaine qui promet la cour martiale à Barnes si les faits sont avérés. La sympathie de Taylor, d'abord acquise à Barnes, penche maintenant pour le sergent Elias tandis que ceux qui sont derrière Barnes parlent d'assassiner Elias pour l'empêcher de témoigner.

Lors d'une nouvelle patrouille, la section est prise en embuscade par des Viêt-Congs et subit de nouvelles pertes. Le lieutenant Wolfe se trouve plus ou moins désemparé et Elias propose alors d'emmener quelques hommes avec lui pour parer à une probable attaque ennemie sur leur flanc. Le lieutenant Wolfe n'est pas d'accord, mais Elias a l'approbation de Barnes. Elias part donc avec trois hommes, dont Taylor. La tactique marche, mais le sergent Barnes vient chercher les trois soldats et leur dit d'évacuer tandis qu'il affirme aller chercher Elias. En fait, une fois qu'il l'a retrouvé, il l'abat froidement et, croisant Taylor qui revient aussi chercher Elias, lui annonce qu'Elias a été tué. Tandis que les derniers hélicoptères d'évacuation décollent avec Barnes, Taylor et d'autres hommes voient Elias courir en direction du lieu d'évacuation, poursuivi par des dizaines de soldats Viet-Cong, mais il est trop tard et il est achevé par ses poursuivants.

Taylor soupçonne Barnes d'avoir assassiné Elias.

La compagnie est renvoyée sur le front dans la même zone où une attaque ennemie d'envergure se prépare. Presque tous les membres de la section meurent dans la bataille sous le feu ennemi et une attaque aérienne américaine au napalm. Taylor y survit. Il retrouve conscience à l'aube après la bataille, il se saisit d'un fusil d’assaut AK-47 et commence à errer sans but dans la jungle jonchée de cadavres. Parmi ceux-ci, il retrouve le sergent Barnes, blessé durant les combats et l'abat.

Taylor, blessé durant l'attaque, est finalement évacué par hélicoptère.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Genèse du film[modifier | modifier le code]

Oliver Stone pensait réaliser un film sur la guerre du Vietnam depuis plus de vingt ans, lorsqu'il fut engagé volontaire dans le bourbier asiatique. Son film d'école dans la classe de Martin Scorsese, L'Année dernière au Vietnam évoquait déjà son traumatisme de l'expérience de la guerre. Son premier scénario rédigé en 1976, est une version brute de ce qui deviendra Platoon. Mais son script est refusé partout. Il lui sert quand même à se faire accepter comme scénariste pour l'écriture du succès critique et commercial Midnight Express en 1979. Par ce biais, il devient l'un des scénaristes les plus en vue d'Hollywood (Conan le Barbare, Scarface ou L'Année du dragon). Il accepte même de tourner son premier film, Salvador, sans être payé, à condition d'avoir le financement, six millions de dollars, pour Platoon qui sortira en décembre 1986 aux États-Unis et mars 1987 pour la France[5].

Production[modifier | modifier le code]

Le tournage du film faillit être purement annulé du fait du déclenchement d'une révolution contre le leader des Philippines Ferdinand Marcos quelques jours avant le début du tournage. Oliver Stone décida de tenter sa chance et tourna juste au sortir de la révolution.

Afin de les préparer au mieux à leur rôle, Oliver Stone et son conseiller militaire, Dale Dye, décidèrent de recréer un camp d'entrainement et de faire subir aux acteurs deux semaines d'entrainement à la guerre telle qu'elle était en 1967-1968. Après s'être fait raser les cheveux, les acteurs ont suivi un programme comprenant des marches à pied, des embuscades, des tours de garde, des attaques nocturnes… Le but était de les imprégner de la vie des vrais soldats au Viêt Nam et leur faire perdre leur aspect « civil » et les faire devenir des « soldats » auxquels les vétérans pouvaient s'identifier.

Dans le DVD du film (version ultimate collection), les acteurs racontent à quel point Oliver Stone était tyrannique sur le tournage, se comportant avec eux comme un officier l'aurait fait avec ses soldats.

Commentaire[modifier | modifier le code]

Le sujet central du film est le combat des deux sergents, Barnes et Elias, deux figures paternelles pour le jeune soldat qui hésite entre les deux. Barnes symbolise la force brutale, aveugle, le bras armé d'un État, celui qui ne sait que tuer dans la vie. Finalement, cette force se révèle incontrôlable. À l'opposé Elias est la conscience morale, celui qui refuse de s'avilir, même quand l'ennemi est lui-même cruel. Il représente une figure christique dans le film, à plusieurs reprises on le voit les bras en croix, notamment lorsqu'il meurt. C'est aussi celui qui est sans doute le plus lucide, il ne croit pas à la victoire. Finalement, comme il le dit à la fin du film, Taylor se sent comme né de ces deux pères différents. À un second niveau, on peut y voir une Amérique scindée entre les va-t'en-guerre qui veulent une victoire quel qu'en soit le prix et ceux qui pensent qu'à ce jeu l'Amérique perd son âme dans un conflit perdu d'avance. [réf. nécessaire]

Ce film montre des aspects dérangeants de la guerre du Viêt Nam comme l'abus d'autorité des soldats aguerris sur les bleus, l'assassinat d'officiers impopulaires (on parlait de « fragging » ou « fragmentation » dérivé de la grenade à fragmentation car ils étaient ainsi, afin de ne pas révéler que le tueur utilisait des balles américaines), le fait que la plupart des simples soldats sont des gens du peuple, les représailles sur la population civile. On peut faire un parallèle autobiographique, Stone lui-même s'étant engagé volontairement. Mais le film n'en est pas moins antipatriotique ou anti-guerre. De plus, le langage dans les répliques est la plupart du temps injurieux ou vulgaire, on sent que le dérapage de ces soldats, plongés dans une guerre qu'ils ne comprennent pas et à laquelle ils n'étaient pas préparés, est à chaque instant possible (dérapage qui aura lieu lors de la séquence du village vietnamien).[réf. nécessaire]

Bande originale[modifier | modifier le code]

  1. Samuel Barber - Adagio for String / The Village
  2. Smokey Robinson et The Miracles - Tracks of my Tears
  3. Merle Haggard - Okie from Muskogee
  4. The Doors - Hello, I Love You
  5. Jefferson Airplane - White Rabbit
  6. Orchestre symphonique de Vancouver - Barnes Shoots Elias
  7. Aretha Franklin - Respect
  8. Otis Redding - (Sittin' on) The Dock of the Bay
  9. Percy Sledge - When a Man Loves a Woman
  10. The Rascals - Groovin'
  11. Orchestre symphonique de Vancouver - Adagio for String…

Distinctions principales[modifier | modifier le code]

Source et distinctions complètes [6]:

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Classements honorifiques[modifier | modifier le code]


Impacts du film dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Oliver Stone, un rebelle à Hollywood, Arte, 10 septembre 2006
  2. a et b ProCinéma, consulté le 16 décembre 2011.
  3. (en) Boxofficemojo, consulté le 16 décembre 2011.
  4. Internet Movie Database
  5. Le Point du 21 juillet 2011, n° 2027 « Quand la guerre des films fait des morts », section « La guerre Kubrick-Stone » (1987) p.82-83
  6. (en) Awards - Internet Movie Database

Liens externes[modifier | modifier le code]