Autant en emporte le vent (film)

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Autant en emporte le vent

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Affiche originale de Autant en emporte le vent

Titre original Gone with the Wind
Réalisation Victor Fleming (ainsi que George Cukor et Sam Wood, non crédités)
Scénario Sidney Howard d'après le roman de Margaret Mitchell
Acteurs principaux
Sociétés de production Selznick International Pictures, Metro-Goldwyn-Mayer
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Drame
Sortie 1939
Durée 224 minutes (3 h 44)

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Autant en emporte le vent (Gone with the Wind) est un film américain de Victor Fleming réalisé en 1939 et adapté du roman éponyme de Margaret Mitchell paru en 1936.

Avec pour acteurs principaux Clark Gable et Vivien Leigh, il raconte l'histoire de la jeune Scarlett O'Hara et du cynique Rhett Butler sur fond de guerre de Sécession. Ce film met également en scène Leslie Howard et Olivia de Havilland. Écrit par le scénariste Sidney Howard et réécrit, dans l'urgence, par Ben Hecht (en particulier), il a reçu dix Oscars dont celui du Meilleur film et du Meilleur réalisateur.

Il est considéré par l'American Film Institute comme le 6e meilleur film américain de l'histoire du cinéma[1] et figure en cinquième position au palmarès historique des films les plus vus en France[2]. Après correction de l'inflation, il est considéré comme le plus gros succès de l'histoire du cinéma avec 3 301 400 000 $[3] américains de recettes.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Géorgie, 1861. Scarlett O'Hara est une jeune fille de la haute société sudiste dont la famille possède une grande plantation de coton appelée Tara. Courtisée par tous les bons partis du pays, Scarlett O'Hara n'a d'yeux que pour Ashley Wilkes. Scarlett a un caractère bien trempé, obstiné, rusé et capricieux qui fera sa force et sa faiblesse, et donnera à Autant en emporte le vent un dynamisme particulier. Ashley cependant est promis à sa cousine, la vertueuse Melanie Hamilton. Scarlett cherche à tout prix à le séduire, mais à la réception des Douze Chênes c'est du cynique et controversé Rhett Butler qu'elle retient l'attention. Ce dernier l'a surprise alors qu'elle avouait son amour à Ashley. Fasciné par l'énergie et la force de caractère de l’héroïne, il n'aura d'yeux que pour elle, malgré son indépendance d'esprit.

Pendant ce temps, la guerre de Sécession éclate, Ashley avance son mariage avec Mélanie, et Scarlett, pour le rendre jaloux, épouse Charles Hamilton, le frère de Mélanie. À la suite du décès de son mari à la guerre, elle se rend à Atlanta chez Mélanie et sa tante. Elle défraie la chronique en valsant, toute de noir vêtue, avec Rhett Butler lors d'un bal de charité. La guerre fait rage, les Sudistes reculent, les blessés affluent à Atlanta. Mélanie accouche avec l'aide de Scarlett et Rhett Butler les aide à fuir la ville menacée par les Nordistes. Elles rejoignent Tara. La mère de Scarlett est morte, son père a perdu la raison, ses sœurs sont affaiblies, les esclaves se sont enfuis. Elle connaît alors la misère, la peur, le travail dans les champs pendant plusieurs années.

La guerre de Sécession prend fin, Ashley rentre de captivité et s'installe à Tara entre deux femmes amoureuses. Les impôts de Tara sont augmentés et Scarlett n'est pas à même d'y faire face. Elle cherche qui pourrait l'aider. Elle pense alors à Rhett Buttler. Elle retourne à Altanta, mais il est en prison (accusé du meurtre d'un noir qu'il a bel et bien commis). Elle lui propose contre les 300 dollars (d'impôt) de devenir sa maîtresse, mais, blessé, il refuse. Furieuse, elle rencontre le fiancé de sa sœur Suellen, Franck Kennedy, apprend qu'il a réussi à constituer quelques économies, lui fait croire que sa sœur va en épouser un autre et finalement l'épouse et arrive à payer les impôts de Tara. Une fois installée à Atlanta, elle se met à faire le commerce du bois (activité florissante liée à la reconstruction), et fait même revenir à Atlanta Mélanie et Ashley Wilkes qu'elle associe à son affaire. Ses affaires prospèrent. Cependant elle ignore que son mari et Ashley ainsi que d'autres anciens sont liés au Klan ; elle se fait agresser en allant à une des ses scieries. Son mari et d'anciens sudistes tuent plusieurs personnes ; son mari décède lors de cet incident, tandis que d'autres sudistes comme Wilkes et le docteur Meade doivent le salut (ils manquent d'être arrêtés) à Buttler.

Le lendemain de l'enterrement de son mari, Butler demande à Scarlett de l'épouser. Elle accepte. S'ensuivra une union pleine d'incompréhension, avec la naissance d'une fille que Rhett chérira plus que tout, et une fausse couche au cours de laquelle Scarlett manquera perdre la vie. Les époux s'éloignent, la petite fille meurt dans un accident de poney, en voulant sauter la barrière, laissant Rhett inconsolable. Il perçoit que l'amour de Scarlett pour Ashley ne faiblira pas. Mélanie Hamilton, tente, malgré les recommandations des médecins, de donner la vie à un second enfant. Elle n'y résistera pas, et meurt. Voilà Ashley Wilkes libre, mais la vérité se fait jour dans l'esprit de Scarlett : c'est Rhett qu'elle aime et depuis toujours. Mais trop tard, quand elle lui annonce qu'elle a compris qu'elle l'aimait et qu'il lui dit que son amour pour elle est mort, elle lui demande « que vais-je devenir ? », il lui répond « Frankly, my dear, I don't give a damn » - « Franchement, ma chère, je m'en fous (traduction littérale) » (dans la version française : « Franchement, ma chère, c'est le cadet de mes soucis »).

Le film se termine sur Scarlett O'Hara, résolue à reconquérir Rhett. Elle décide de retourner à Tara afin d'y trouver les forces pour mener à bien cette reconquête. Pendant tout le film chacun aime l'autre à contre temps, et chacun se trompe sur soi-même et sur la vraie nature de ses sentiments.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Acteurs non crédités
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Postérité[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Oscars 1939, attribués le 29 février 1940, avec 13 nominations lui permettant de remporter 8 trophées[4] :

Autant en emporte le vent avait également été nommé dans les catégories Meilleur acteur pour Clark Gable, Meilleure musique de film, Meilleur son et Meilleurs effets spéciaux'

Le film remporta également deux prix spéciaux :

Analyse du film[modifier | modifier le code]

Ce film est analysé par bien des cinéphiles comme la plus grande histoire d'amour de toute l'Histoire du Cinéma. Il ne faut cependant pas négliger la place donnée au temps qui passe et à la nostalgie d'une époque perdue, souvent évoqué par Ashley et Scarlett elle-même. Le titre d'ailleurs en justifie l'importance : Gone with the wind (emporté par le vent) désigne une glorieuse époque pour les sudistes, lumineuse, optimiste... une civilisation emportée par le vent (A Civilization gone with the wind). Les époques ont une place primordiale, d’où la division des quatre heures de film en quatre parties. Une partie à dominante verte évoque la fertilité d'une civilisation à son apogée. La seconde partie est en rouge ; elle est empreinte de sang, de rage et de colère, de la jalousie de Scarlett et de feu destructeur. La troisième période est faite de couleur terne : marron, brun, les couleurs de la sécheresse et de l'infertilité de l’après-guerre. Enfin, la dernière période est baignée de noir, celui de la mort. L'arbre de Tara évoque également ces changements de période : il est tantôt fleuri, tantôt nu. Le choix du procédé Technicolor par Selznick est déterminant pour rendre à la photo la flamboyance voulue par le producteur afin de traduire les différentes époques du récit et leurs atmosphères parfois ternes ou sombres, mais le plus souvent saturées.

Évolution des protagonistes

Scarlett traverse ces époques et reste obstinée, forte, sans scrupules, aveuglée et mue par ses deux passions : Tara et son amour d'adolescente pour Ashley. C'est sans doute l'une des héroïnes les plus fortes jamais évoquées dans un film romanesque. Son caractère s'oppose à celui d'Ashley, droit, lucide, mais las de tous, immobile et incertain. Il présente cependant deux intérêts dans le film : sa poésie et sa nostalgie, qui ravivent dans l'esprit du spectateur les jours heureux du Sud à son apogée. Le caractère de Scarlett s'oppose à Melanie, mais pas autant que certains critiques voudrait nous le faire croire : Melanie est un peu bas-bleu, certes, mais elle sait braver les interdits. Courageuse, elle est droite et bonne, elle est la gardienne de toute la dignité élégante d'une époque et d'une aristocratie de gens d'honneur. Si elles sont rivales en amour, les deux femmes savent parfois s'unir et s'apprécier. La reine du bon sens reste cependant Mama, nounou de Scarlett, la seule qui connaît Scarlett mieux que quiconque (avec Rhett), Mama forte qui veille sur Scarlett jusqu'à la fin du film. Rhett est quant à lui le personnage qui dit ressembler le plus à Scarlett, il le lui fait d'ailleurs remarquer (« nous ne sommes pas des gentlemen, Scarlett »). Il comprend très tôt que Scarlett est la femme de sa vie. Le drame de celle-ci va être de découvrir trop tard son amour pour Rhett, le seul qui la comprenne et lui ait révélé le plaisir sexuel (assez osée, cette scène pour le Hollywood de 1939). Ces deux forts caractères donnent à Autant en emporte le vent un dynamisme et un charme ravageur qui font la magie du film. La musique de ce film est en parfait accord avec à la fois la nostalgie et la force de caractère de Scarlett, l'espoir, l'énergie, la volonté de survivre, le désir, la rage de vaincre.

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • La dernière réplique du film de Rhett : « Franchement, ma chère, c'est le cadet de mes soucis. », en réponse à la question de Scarlett « Mais Rhett que vais je devenir ? », a été élue officiellement plus grande réplique du cinéma américain en 2005, alors qu'elle aurait pu être censurée lors du tournage par le code Hays.
  • Les lois raciales de l'époque empêchèrent Hattie McDaniel d'assister à la première du film à Atlanta le 15 décembre 1939. Ne voulant pas mettre son producteur dans l'embarras, elle lui signala qu'elle n'était pas disponible pour s'y rendre. Clark Gable refusa dans un premier temps de se rendre à la première du film si Hattie en était exclue, mais cette dernière le convainquit d'y participer. Cependant, l'esprit ségrégationniste de l'époque n'empêcha pas Hattie McDaniel de recevoir l'Oscar du Meilleur second rôle féminin. Elle fut d'ailleurs la première artiste noire à recevoir cette récompense.
  • Le producteur David O. Selznick, lui-même juif, refusa toute allusion racialiste envers les Noirs dans la mesure du possible, donnant comme raison les lois anti-juives qui sévissaient en Europe.
  • Afin de capter les premières impressions du public, David O. Selznick fit organiser une avant-première qui eut lieu dans un petit cinéma à la suite de la projection du film "Beau Geste" séance dans le secret le plus total, avant même que la musique fût composée. Le film fit un triomphe.

Choix des acteurs[modifier | modifier le code]

Les personnages de Rhett, Melanie et Ashley ont été distribués rapidement, notamment celui de Rhett, pour lequel Clark Gable a été très vite réclamé par le public. Celui de Scarlett a en revanche posé problème très longtemps, si bien que le tournage du film a commencé sans héroïne. Tous les grands noms de l'époque ont auditionné pour le rôle, mais c'est finalement une relative inconnue, Vivien Leigh, qui emporte la mise au dernier moment. Le public est au début réfractaire à l'idée qu'une Britannique incarne la sudiste Scarlett, mais les habitants du Sud finissent par accepter ce choix car, disent certains, « mieux vaut une Anglaise qu'une Yankee ! ».

Afin de conserver l'image de jeune fille prude de l'héroïne, la production interdit à l'actrice Vivien Leigh de rencontrer son compagnon Laurence Olivier durant le tournage et ce jusqu'à la première. Ils durent user de divers stratagèmes pour se voir.

L'actrice jouant la mère de Scarlett avait au moment du tournage 28 ans, soit 2 ans de plus que sa « fille » Vivien Leigh.

Différences avec le roman[modifier | modifier le code]

De nombreux personnages non essentiels à l'intrigue ont été supprimés dans le film : la famille Fontaine, Cade Calvert, le grand-père Merriwether, tous les Tarleton à l'exception de Brent et Stuart, etc. Toutefois, certains personnages relativement importants n'ont pas obtenu non plus leur ticket pour Hollywood :

  • Dans le roman, Scarlett O'Hara donne naissance à trois enfants, un avec chacun de ses maris, alors que seule Bonnie, la fille qu'elle a avec Rhett, apparaît dans le film. Des deux autres enfants, seul Wade Hampton Hamilton, son fils aîné, tient une place importante dans le roman. Ella Lorena, fille de Frank Kennedy, est peu évoquée dans le livre, si ce n'est pour dire qu'elle n'est pas très jolie. Cependant, le nom de Wade Hampton apparaît dans le film: c'est le lieutenant qui annonce par lettre à Scarlett que son premier mari, Charles Hamilton, est mort.
  • Les personnages d'India et Honey Wilkes, sœurs d'Ashley, sont fusionnés en un seul, celui d'India, dans le film.
  • Le vieux et répugnant Archie, qui accompagne India Wilkes au moment où ils découvrent Scarlett et Ashley enlacés, n'apparaît pas non plus dans le film. A l'écran, c'est Mme Meade qui est avec India à ce moment crucial de l'intrigue.
  • Dilcey, épouse du majordome Pork et mère de Prissy, très attachée aux O'Hara et aide précieuse à la plantation pour Scarlett pendant les années de disette, disparaît à l'écran.
  • Le vieil oncle Henry Hamilton, personnage pittoresque, ne figure pas au générique du film.
  • Le personnage le plus important du roman à ne pas apparaître à l'écran est toutefois celui de Will Benteen, ex-soldat recueilli à Tara après la guerre et qui finit par s'y fixer en épousant Suellen.
  • Gérald O'Hara meurt à la suite d'une chute de cheval lors d'une course poursuite avec la voiture des Slattery. Pourtant, dans le livre, il meurt bien plus tard, au cours d'une crise de folie.

Autres différences :

  • Le drame personnel de Carreen, benjamine des sœurs O'Hara, est lui aussi passé sous silence.
  • Dans la scène de la réunion d'Atlanta, lorsque le soldat demande aux deux jeunes femmes de lui remettre leurs bijoux ce n'est pas Mélanie qui donne son alliance en première mais bien Scarlett qui d'après le livre jeta son alliance "d'un geste de défi".

Impacts dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Dans le film The Mask (1994), Jim Carrey fait un clin d'œil au film après s'être pris une balle au Coco Bongo : « Dis à Scarlett que ce n'est pas l'cadet de mes soucis. »

Osamu Tezuka fit un pastiche d'Autant en emporte le vent dans son manga Astro, le petit robot. Dans une des histoires, Astro se retrouve coincé au Japon de 1969 avec Scara, une femme extra-terrestre immature et superficielle, qui a fui son mari Ohara et son rival Butler.

Il y a également une référence dans le film Les Noces funèbres (2005) de Tim Burton avec le personnage de Butler en squelette qui entonne la réplique finale à sa femme qu'il retrouve dans le monde des vivants.

De nombreuses références apparaissent également dans divers épisodes des Simpson, notamment autour de la fin du film[5].

Dans le film L'Armée des ombres (1969) de Jean-Pierre Melville, Paul Meurisse et Lino Ventura sortent d'un cinéma londonien après avoir vu Autant en emporte le vent et Paul Meurisse dit : « Pour les Français, la guerre sera finie quand ils pourront lire le Canard enchaîné et voir ce film merveilleux. »

Dans le film The Outsiders, on compte de nombreuses références au film et au roman, que les deux fugitifs lisent en cavale.

Dans la série Dead Like Me, Daisy était soit-disant une actrice de ce film.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Top 100 de l'American Film Institute
  2. Points Communs.com
  3. http://cinemaclassic.free.fr/gwtw/gwtw.htm
  4. Judy Cameron et Paul Christman, La fabuleuse histoire d'un film - Autant en emporte le vent, Nathan Image, 1989, p. 251
  5. « Références › Films › Autant en emporte le vent », sur The Simpsons Park,‎ 21 avril 2006 (consulté le 9 juin 2009)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Zimmer, Autant en emporte le vent, J'ai lu Cinéma, 1988
  • Adrian Turner, Authentiques images d'un film - Autant en emporte le vent, Vent d'Ouest, 1989
  • Judy Cameron et Paul Christman, La fabuleuse histoire d'un film - Autant en emporte le vent, Nathan Image, 1989
  • Roland Flamini, Le Fabuleux tournage d'Autant en emporte le vent, L'Étincelle, 1990
  • Aljean Harmetz, Autant en emporte le vent : les coulisses du film, Plume, 2000
  • « Portrait n°3 : Autant en emporte le vent », Cinémania, 1978
  • « Histoire d'une légende : Autant en emporte le vent », Studio magazine no55, 1991

Liens externes[modifier | modifier le code]

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