Rambo (film, 1982)
Rambo
| Titre québécois | Rambo : Le dévastateur |
|---|---|
| Titre original | First Blood |
| Réalisation | Ted Kotcheff |
| Scénario | David Kozoll William Sackheim Sylvester Stallone d'après le roman de David Morrell |
| Acteurs principaux | |
| Sociétés de production | Anabasis Investments N.V. Elcajo Productions |
| Pays d’origine | |
| Genre | action |
| Sortie | 1982 |
| Durée | 90 minutes |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution
Rambo ou Rambo : Le dévastateur au Québec (First Blood)[1], est un film d'action américain réalisé par Ted Kotcheff, sorti en 1982.
Adaptation du roman First Blood de David Morrell, ce film est le premier volet d'une série de quatre centrés sur le personnage de John Rambo, interprété par Sylvester Stallone.
Sommaire |
Synopsis [modifier]
John Rambo, ancien béret vert et héros de la Guerre du Viêt Nam, erre sans but de ville en ville depuis son retour aux États-Unis. En voulant rendre visite au dernier de ses anciens compagnons d'armes, il apprend la mort de celui-ci des suites d'un cancer (causé par l'« agent orange » largement utilisé au Viêt Nam). Reprenant la route, il arrive dans une petite ville d'une région montagneuse afin de s'y restaurer. Mais le shérif Will Teasle, prétextant ne pas vouloir de "vagabond dans sa ville", le raccompagne à la sortie de la ville. Ulcéré, Rambo tente de faire demi-tour, mais il est alors arrêté sans ménagement par le shérif. Jeté en prison et maltraité par les policiers, Rambo se révolte et s'enfuit du commissariat. Après une dangereuse course-poursuite, il se réfugie dans les bois.
Traqué comme un animal, l'ancien soldat est contraint à la défensive et un des policiers qui tente de l'abattre trouve accidentellement la mort. Usant de son expérience acquise dans la jungle vietnamienne, Rambo neutralise ensuite les sbires de Teasle lancés à sa poursuite avant de s'en prendre au shérif. Le menaçant de son poignard, l'ex-béret vert lui conseille de ne pas s'acharner contre lui : « Fais pas chier, ou je te ferai une guerre comme t'en as encore jamais vu. »[2]
Ignorant ces menaces, Teasle appelle la Garde nationale en renfort. Des moyens considérables sont déployés pour retrouver le fugitif et l'abattre sans sommation. Le colonel Samuel Trautman, ancien mentor de Rambo, intervient pour convaincre Teasle d'abandonner un combat perdu d'avance : face au soldat surentraîné, ils n'auraient aucune chance. Trautman contacte Rambo et tente de le convaincre de se rendre, mais ce dernier clôt la discussion en disant qu'ils ont versé le premier sang (first blood), pas lui. Acculé et blessé, il entre alors en guerre contre les autorités et jure de mettre la ville de Teasle à feu et à sang.
Fiche technique [modifier]
- Titre original : First Blood
- Titre français : Rambo
- Réalisation : Ted Kotcheff
- Scénario : David Kozoll, William Sackheim, Sylvester Stallone d'après l'œuvre de David Morrell, First Blood
- Directeur de la photographie : Andrew Laszlo
- Décors : Wolf Kroeger
- Costumes : Tom Bronson
- Montage : Joan E. Chapman
- Musique : Jerry Goldsmith
- Production : Buzz Feitshans
- Sociétés de production : Anabasis Investments N.V. et Elcajo Productions
- Sociétés de distribution : Orion Pictures Corporation (États-Unis), Columbia-EMI-Warner (Royaume-Uni), S.N. Prodis (France)
- Budget : 15 000 000 de dollars[3]
- Pays d'origine :
États-Unis - Langue originale : anglais
- Format : couleur – 2.35:1 - 35 mm - Dolby
- Genre : action
- Durée : 90 minutes
- Dates de sortie :
- Film interdit aux moins de 12 ans lors de sa sortie en salles en France et classé R aux États-Unis
Distribution [modifier]
- Sylvester Stallone (VF : Alain Dorval) : John Rambo
- Richard Crenna (VF : Gabriel Cattand) : Colonel Samuel Trautman
- Brian Dennehy (VF : Marc de Georgi) : Shérif Will Teasle
- Bill McKinney (VF : Serge Lhorca) : Capitaine Dave Kern, de la Police d’État
- Jack Starrett (VF : Georges Aminel) : Arthur Galt
- Michael Talbott (VF : Jacques Ferrière) : Balford
- Chris Mulkey (VF : Mario Santini) : Ward
- John McLiam (VF : Georges Aubert) : Orval
- Alf Humphreys (VF : Max André) : Lester
- David Crowley (VF : Georges Poujouly) : Shingleton
- David Caruso (VF : Lambert Wilson) : Mitch
- Patrick Stack (VF : Hervé Bellon) : Clinton Morgan, lieutenant de la Garde Nationale
- Don MacKay : Preston
- Charles A. Tamburro : Pilote d'hélicoptère
- David Petersen : Soldat de la garde nationale
- Craig Huston (VF : Vincent Violette) : Opérateur radio
- Bruce Greenwood : Gardien no 5
Production [modifier]
Genèse du projet [modifier]
Rambo est l'adaptation du roman First Blood (1972), de David Morrell, un ancien professeur dont certains des élèves avaient été soldats au Viêt Nam. Il avait écrit ce livre pour parler du problème de la réinsertion des vétérans qui avaient quitté l'Amérique de Kennedy sûrs de leur bon droit pour retrouver une Amérique hippie et moralisatrice, qui formulait de sévères critiques à leur encontre.
Casting [modifier]
Le personnage de Rambo devait être joué par Dustin Hoffman qui jugea finalement le scénario trop violent[4]. D'autres acteurs l'ont refusé comme Al Pacino, qui le jugea pas assez sauvage, ainsi que Nick Nolte, Kris Kristofferson, Jeff Bridges, Robert De Niro et Michael Douglas. Le rôle du colonel Trautman devait quant à lui être tenu par Kirk Douglas qui exigea néanmoins au réalisateur Ted Kotcheff que des modifications soient apportées au scénario. Mais Sylvester Stallone avait le dernier mot et refusa de modifier le scénario original[5]. D'autres acteurs comme Lee Marvin devait aussi endosser le rôle de Trautman tandis que Gene Hackman devait endosser le rôle du shérif Will Teasle.
Tournage [modifier]
Le tournage s'est déroulé d'octobre 1981 à décembre 1981 au Canada, dans la province de Colombie-Britannique, principalement à Hope. D'autres scènes ont été tournées au Golden Ears Provincial Park, à North Vancouver, à Pitt Meadows et à Port Coquitlam[6].
Musique [modifier]
La bande originale a été composée par Jerry Goldsmith, dont le thème 'It's A Long Road' sera repris dans les trois suites et la série d'animation. L'album sera édité en 33 tours par Regency Records, puis en CD avec des titres bonus par Intrada Records et Varese Sarabande. La composition complète de Goldsmith sera publiée dans un double CD par Intrada le 23 novembre 2010.
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Réception [modifier]
Rambo connut un succès considérable, notamment aux États-Unis, mettant en lumière les frustrations engendrées par la défaite camouflée de la guerre du Viêt Nam et le besoin de reconnaissance des soldats qui y avaient vu leurs idéaux bafoués. Le film, qui peut être interprété comme une démonstration (cinématographique) de force et de la capacité d'intervention de l'armée américaine, inspira d'autres films (Portés disparus, Delta Force, etc.) au succès moindre.
Avec 3 039 138 entrées[7], le film est le second meilleur résultat au box-office français derrière le second volet (5 851 030 entrées)[8].
Box-office [modifier]
États-Unis : 47 212 904 $[3]
France : 3 039 138 entrées [9]
Mondial : 125 212 904 $[3]
Analyses [modifier]
Commentaires [modifier]
Si on peut interpréter ce film comme une glorification de la capacité d'intervention des Bérets verts pendant la guerre du Viêt Nam, on peut y voir également une dénonciation des horreurs de la guerre, ainsi qu'une accusation grave contre une Amérique bureaucratique qui se moquerait des soldats partis combattre pour elle (dans sa tirade finale, Rambo clame : « C'était pas ma guerre ! C'est vous qui m'aviez appelé, pas moi ! »). Le film serait donc plus complexe que ce que la critique professionnelle en avait dit alors[10]. De ce point de vue, on pourrait presque considérer que Rambo[11], transformé en machine à tuer par les militaristes de Washington, se retourne contre les civils militaristes de l'Amérique profonde (le colonel Trautman déclare d'ailleurs : « Je ne suis pas venu sauver Rambo de la police, je suis venu vous sauver de Rambo. »), qui soutiennent pourtant l'utilisation de la force et les interventions militaires à l'étranger, et n'hésitent pas à utiliser une débauche de policiers et de réservistes là où un peu d'humanité aurait suffi à éviter le conflit.
Erreurs [modifier]
- Lorsque le shérif Teasle dépose Rambo après le pont, on peut apercevoir le micro de la caméra dans le reflet d'une des vitres de la voiture au moment où celle-ci démarre.
- Lorsque Rambo s'évade du commissariat vêtu d'un simple Tee-shirt "Marcel" après avoir mis K.O. tous les adjoints du shérif ainsi que ce dernier, il enfourche une Yamaha XT 250, laissant son propriétaire sur le ventre (on voit bien à l'image qu'il s'agit du monocylindre 4 Temps de 250cm3 de la XT). Or durant tout le travelling, le shérif poursuivant le fugitif jusque dans la montagne avec sa voiture de service, le bruit du moteur 4 Temps de la Yamaha est remplacé au montage-son par le bruit d'un moteur 2 Temps. Une erreur relevée par beaucoup de motards.
- Lors de la poursuite en moto entre Rambo et le shérif, après quelques cascades, il manque sur certains plans l'enjoliveur arrière droite à la voiture de celui-ci. Pourtant, l'enjoliveur réapparait juste après.
- Lorsque Rambo franchit le pont et le barrage de police au volant d'un camion de l'armée, il fait jour. Quand il entre dans la ville, normalement peu après, il fait nuit.
- La séquence de fin avec le shérif Teasle dans le commissariat vide est assez surprenante, alors qu'il devrait y avoir au moins des standardistes et un officier tenant l'accueil.
Différences roman / film [modifier]
Dans une certaine mesure, le film respecte fidèlement l'intrigue du roman mais a changé des aspects importants de l'histoire pour plaire au plus grand nombre :
- Dans le roman, Rambo a des cheveux très longs et une grosse barbe ; Dans le film, il n'a que des cheveux mi-longs et une barbe de 2-3 jours.
- Dans le roman, le shérif Teasle appréhende Rambo dans un Fast food ; Dans le film, il l'arrête dès que celui-ci fait demi-tour au pont.
- Dans le roman, Galt est un personnage naïf et pas très adroit ; Dans le film, il est un homme odieux, violent et sans scrupules.
- Dans le roman, Rambo s'échappe du commissariat tout nu ; Dans le film, il reste habillé.
- Dans le roman, Rambo massacre un par un les policiers qui le pourchassent ; Dans le film, il n'en tue qu'un seul, par légitime défense, et se contente de blesser ses poursuivants.
- Dans le roman, Rambo détruit la prison et le palais de justice ; Dans le film, il détruit le commissariat et des magasins de jouets, de sports et d'armes, symboles de la vie moderne américaine.
- Dans le roman, Rambo épargne le shérif Teasle (il le blesse mais ne l'achève pas) car ce dernier a été décoré lors de la guerre de Corée et Rambo respecte l'ancien héros de guerre ; Dans le film, Rambo s'apprête à l'achever mais est interrompu in extremis par Trautman.
- À la fin du roman, Rambo est abattu par le colonel Trautman. Cette fin avait été adaptée telle quelle mais les spectateurs de la projection-test l'avaient trouvée trop sombre. Les scénaristes ont finalement opté pour une fin plus heureuse : Trautman convainc Rambo de se rendre, ce que celui-ci finit par faire.
Suites [modifier]
Rambo a aussi donné lieu à trois suites, mettant en scène le personnage de John Rambo. Tandis que le premier film tire plutôt vers le drame psychologique tout en étant un film d'action, les 2e et 3e volets utilisent le personnage dans le but de produire des films que l'on peut rentrer dans la catégorie de cinéma de sécurité nationale. Le succès de Rambo, qui était au départ basé sur les douleurs et problèmes psychologiques engendrés par le conflit au Viêt Nam, se serait donc inversé après le 1er opus pour donner naissance à des films ouvertement patriotiques, de l'Amérique reaganienne qui rompt avec les discours culpabilisants sur la Guerre du Viêt Nam et célèbre la force et l'initiative individuelle. Le 4e volet reviendra davantage au style du premier film, bien que l'action et la violence y occupent une place importante.
Adaptations [modifier]
Nouvelles [modifier]
- David Morrell, First Blood, Fawcett, 1972.
- David Morrell, Sylvester Stallone, James Cameron, Kevin Jarre, Rambo: First Blood Part II, Jove Books, 1er avril 1985.
- David Morrell, Sylvester Stallone, Sheldon Lettich, Rambo III, Jove Books, 1er avril 1988.
Série d'amination [modifier]
Jeux vidéo [modifier]
Parodies et clins d’œil [modifier]
En 1990, dans Gremlins 2, la nouvelle génération de Joe Dante, Gizmo se met un bandeau rouge avant d'affronter ses adversaires.
En 1993, le personnage de John Rambo fut partiellement repris dans le film Hot shots! 2 de Jim Abrahams où les clichés des deuxième et surtout troisième épisodes de Rambo furent exploités de manière comique. Richard Crenna y parodie même son personnage de colonel.
En 2008, sort Le Fils de Rambow, un film hommage à Rambo. L'action se déroule en 1982, au moment de la sortie de Rambo au cinéma. Deux enfants découvrent une version pirate du film et décident de tourner un remake...
Notes et références [modifier]
- Littéralement « Premier sang ». En version originale, Rambo est le titre du quatrième film de la saga, traduit en français par John Rambo.
- Don't push it or I'll give you a war you won't believe.
- (en) Budget et box-office - Box Office Mojo. Consulté le 17 septembre 2010.
- Dustin Hoffman, « Dustin Hoffman a refusé Rambo », Commeaucinema.com, 2008-06-09
- Kirk Douglas sur le plateau de Rambo
- Lieux de tournage - Internet Movie Database
- http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=2007.html
- (en) Saga Rambo - JP's Box-office. Consulté le 17 septembre 2010.
- (fr) Rambo - JP's Box-Office. Consulté le 17 septembre 2010.
- Lire à ce sujet « Le cinéma des années Reagan. Un modèle Hollywoodien ? », sous la direction de Frédéric Gimello-Mesplomb (Éditions du nouveau monde)
- Lire à ce sujet la critique dans « Dimon's cinema » de Novembre 92 N° 153, dont voici un extrait (traduction libre) : « Rambo est une des meilleures critiques de la guerre vues au cinéma, mieux que Full Metal Jacket » ou encore « Pour apprécier l'étendue de la critique, il faut bien entendu le voir en Version Originale, mais surtout bien le replacer dans son cycle. Nous conseillons vivement de voir l'intégralité du cycle John Rambo, dans un souci d'une critique welfariste complète » et aussi « La scène du bandeau, comme beaucoup le suppose, n'est pas juste une scène hollywoodienne, c'est une métaphore kerouacienne du combat contre ses démons, dans une évidente référence à Jimi Hendrix plaçant du LSD dans son bandeau et confondant sa guitare avec un serpent (symbole de la vie, voir les livres de Carlos Castaneda) ».
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Antoine de Baecque, Rambo ou la Fierté de l'Amérique dans L'Histoire, no 238, février 2008, p. 23, pour les suites militaristes.
Liens externes [modifier]
- (en) Rambo sur l’Internet Movie Database
- Rambo sur AlloCiné