Métonymie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec synecdoque.

La métonymie (substantif féminin) est une figure de style appartenant à la classe des tropes qui consiste à remplacer, dans le cours d’une phrase, un substantif par un autre, ou par un élément substantivé, qui entretient avec lui un rapport de contiguïté et peut être considéré comme équivalent sur l’axe syntagmatique du discours. Ainsi, la métonymie est une figure opérant un changement de désignation.

Souvent, cette relation de substitution est motivée par le fait que les deux mots entretiennent une relation qui peut être : la cause pour l’effet, le contenant pour le contenu, l’artiste pour l’œuvre, la ville pour ses habitants, la localisation pour l’institution qui y est installée…

Étymologie[modifier | modifier le code]

Du grec μετωνυμία formé de μετά : meta (« déplacement ») et de ὄνυμα : onuma (« nom »), forme éolienne de ὄνομα (« nom ») ; la metônumia (« changement de nom ») désigne dès l’Antiquité la figure.

Comme les mots homonymie ou synonymie, le terme de métonymie est fondé sur le substantif grec onoma désignant le « nom », précédé du préfixe meta indiquant un « déplacement » et que l’on retrouve dans la métaphore, figure très proche..

Définition[modifier | modifier le code]

La métonymie est une figure très courante, qui consiste à remplacer le terme propre par un autre qui lui est proche ou qui en représente une qualité (cause, possession, partie…) et qui a avec lui une relation logique[1]. Très proche de la métaphore, elle aboutit à une anomalie du discours qui permet de la repérer comme dans ce vers de Paul Éluard intitulé Courage :

« Paris a froid Paris a faim »

Ici, Paris désigne moins la ville en elle-même que ses habitants. Il y a relation métonymique entre les habitants et la ville, ces derniers étant une partie du tout qu’est la « ville lumière ».

La métonymie remplace un mot A par un mot (ou une courte expression) B :

  • A n’est pas explicitement nommé : il est remplacé par B dans la phrase ;
  • la relation entre A et B n’est pas explicitée ;
  • aucun mot-outil ne signale l’opération.

La métonymie est très fréquente, car elle est « utile » : elle permet une expression courte et frappante. Il s’agit même là d’une des façons les plus courantes dont les mots prennent de nouveaux sens. Dès que le nouveau sens s’est bien implanté, on ne peut bien sûr plus parler de figure de rhétorique : par exemple, un mot aussi courant que verre (au sens de récipient) a une origine métonymique, mais n'en est plus une, c'est une catachrèse.

En résumant, et selon les mots de Tzvetan Todorov, la métonymie consiste à employer :

« un mot pour désigner un objet ou une propriété qui se trouve dans un rapport existentiel avec la référence habituelle de ce même mot[2]. »

Cependant, alors que la métaphore opère sur des réalités ressemblantes mais néanmoins éloignées l’une de l’autre (d’où son caractère marquant), la métonymie elle met au contraire en jeu des éléments habituellement voisins dans la langue (comme dans l’exemple ci-dessus : les habitants sont un élément de définition d’une ville par excellence). Ainsi on parle de la métonymie comme d’une figure du voisinage car elle s’appuie toujours sur une relation logique et conventionnelle entre les termes substitués (voir ci-dessous le chapitre métonymie et métaphore).

La métonymie va à l’encontre, en somme, des contraintes syntaxico-sémantiques : elle associe dans une même expression des termes appartenant au même champ sémantique, mais dont la combinaison reste incohérente du point de vue du sens.

Enfin, il est impossible de faire figurer dans la même phrase ou expression le terme propre et le terme métonymique l’un à côté de l’autre, puisque ces termes sont combinés sur l’axe syntagmatique. Les exemples comme « Cette bouteille contient du vin » n’est donc pas une métonymie.

Finalement, certains textes peuvent présenter des métonymies particulières et souvent subtiles, mêlées à des descriptions vives :

« Il remarqua qu’en effet presque tous les cadavres étaient vêtus de rouge. Une circonstance lui donna un frisson d’horreur ; il remarqua que beaucoup de ces malheureux habits rouges vivaient encore. » (Stendhal, La Chartreuse de Parme)

Le langage oral populaire use souvent de métonymies en faisant disparaître la structure canonique de la phrase : dans « après ce livre, je suis allé me coucher », « ce livre » est une relation elliptique fondée sur une métonymie de partie pour le tout et qui supprime la structure : « avoir lu ce livre ».

Métonymie et métaphore[modifier | modifier le code]

Ces deux figures, bien qu’étant des tropes, sont néanmoins de mécanismes différents[3]. En effet la métaphore repose sur un rapport de ressemblance entre deux réalités, or la métonymie se fonde sur un rapport de voisinage et sur un rapport de relation logique entre ces deux réalités. Par exemple, une « bouteille » ne ressemble pas à du « vin », « Paris » ne ressemble pas à ses « habitants », etc. La métonymie s’appuie sur un rapport de contiguïté (Patrick Bacry).

Autre différence entre ces deux tropes : leur portée linguistique. La métonymie provient des possibilités de la langue, alors que la métaphore est une figure très personnelle, réinventée par tous et par chaque auteur au gré de sa subjectivité et de créativité. En cela, la métonymie est davantage conditionnée par la syntaxe et la sémantique, elle ne peut intervenir que sur l’axe syntagmatique (ou axe des combinaisons des mots).

En fait, d’après Bacry, la métonymie fonctionne à l’inverse de la métaphore qui, elle, se déploie sur l’axe paradigmatique (ou axe de la sélection des mots).

Si toutes deux opèrent un déplacement (processus qui explique leur étymologie commune), elles ne le font pas sur le même plan linguistique : « alors que la métaphore met en jeu des termes qui n’appartiennent pas au même champ sémantique, qui donc s’excluent sémantiquement l’un l’autre (…), la métonymie, elle, opère sur des termes qui s’attirent, qui offrent entre eux des combinaisons potentielles et qui présentent (…) une cohérence sémantique[4]. »

De même, dans la métaphore, les termes n’appartiennent pas, par ailleurs, à la même classe syntaxique, la contrainte étant sémantique ; or, dans la métonymie, les deux réalités en contiguïté doivent nécessairement être de même nature grammaticale (« Bouteille » et « verre » sont des substantifs par exemple), afin que la syntaxe de la phrase soit respectée. La métonymie ne peut dépasser cette loi de la contrainte syntaxique : en effet on ne peut substituer un verbe à un substantif dans une expression métonymique (on peut remplacer « vin » par « bouteille » et non par « boire »).

La psychanalyse, dans son jargon, relève cette distinction formelle entre ces deux tropes ; en effet pour Jacques Lacan et, avant lui, pour Sigmund Freud, la métaphore relève de la condensation et la métonymie du déplacement. Pour Lacan par exemple : « Le moi est la métonymie du désir »[5].

En conséquence, la métonymie ne peut se fonder que sur des substantifs. Parfois, pour observer cette contrainte, elle peut avoir recours à une substantivation du terme figuré comme avec le mot « rouge » pour le « vin », couleur devenue substantif et que signale l’emploi de la particule du.

Néanmoins, les relations entre les deux tropes, leur similarité et leur différence à la fois, passionnent les chercheurs. Pour le Groupe µ par exemple

« métaphore et métonymie apparaissent comme des tropes complexes : la métaphore accouple deux synecdoques complémentaires, fonctionnant de façon inverse, et déterminant une intersection entre degré donné et degrés construits (…) Comme la métaphore, la métonymie est un trope à niveau constant, compensant les adjonctions par des suppressions et vice-versa. Mais alors que la métaphore se fonde sur une intersection, la relation entre les deux termes de la métonymie s’effectue via un ensemble les englobant tous les deux[6]. »

Pour Umberto Eco, écrivain et linguiste de renom : « Les métaphores sont des métonymies qui s’ignorent et qui un jour le deviendront »[7].

A. Henry, pour sa part, relève davantage à quel point elles sont proches :

« Pas de métaphore qui ne soit toujours plus ou moins métonymique ; pas de métonymie qui ne soit quelque peu métaphorique [p.74](…). La métaphore est donc fondée sur un double envisagement métonymisant, elle est la synthèse d’une double focalisation métonymisante, en court-circuit[8]. »

Pour résoudre cette question théorique, Marc Bonhomme, dans Linguistique de la métonymie, propose le terme cotopie pour dénommer le processus linguistique qui consiste à séparer les réalités lexicales en autant de parties. Parmi ce processus il existe une possibilité de « violation des relations logico-référentielles incluses dans une cotopie », et Bonhomme l’affecte à la métonymie, qui ne peut dépasser son cadre référentiel, contrairement à la métaphore qui peut explorer d’autres univers sémantiques[9].

Usage courant dans la langue[modifier | modifier le code]

À l’origine du renouvellement de certains lexèmes, constitués par métonymie, la figure est au fondement de maintes expressions quotidiennes. Lorsque l’on dit : « On boit une bonne bouteille », on emploie une relation métonymique entre le contenu de celle-ci (le vin) et le contenant (la bouteille). D’un point de vue sémantique, l’expression est fausse : on ne boit pas à proprement parler une bouteille mais ce qu’elle contient, ce qui revient à désigner le contenu, par métonymie, ou relation partie pour le tout.

Il peut y avoir également double métonymie, signe d’une complexité lexicale certaine. Dans l’expression « C’est une fine lame », désignant un grand champion de la discipline du fleuret, il y a désignation de l’agent pour un instrument (le champion est figuré par le fleuret), de plus cet instrument est désigné par un autre mot proche : la lame qui fait référence à l’épée, sport antérieur.

Lorsque la figure se banalise on emploie le terme de catachrèse, perçue comme un abus de langage, néanmoins à l’origine de la formation de nouveaux mots comme dans l’expression « On boit un verre » où l’objet est désigné improprement par la matière dont il est fait.

Une métonymie courante et usée aboutit souvent à un cliché : « Deux voiles cinglaient vers le couchant » (où les « voiles » désignent des bateaux).

La métonymie est également souvent à l’origine des néologismes populaires et des expressions dites « consacrées ». Ainsi dans l’usage du terme la panacée on désigne un médicament ; la métonymie résidant dans une relation entre la qualité d’un produit idéal et un nom commun de médicament.

Types de relations métonymiques[modifier | modifier le code]

En plus des différentes relations entre les réalités contiguës formant la métonymie que nous examinerons ici, certains types de métonymie ont reçu un nom particulier :

  • La synecdoque est un cas particulier de métonymie où une relation d’inclusion (matérielle ou conceptuelle) lie le terme cité et le terme évoqué.
  • l’antonomase est une métonymie synecdochique particulière établissant une relation entre un individu et l’espèce ou le type auxquels il appartient.

Les deux sous-chapitres suivants envisagent la nature de ces variantes dans la classe générale des métonymies ; pour de plus amples détails, se reporter aux articles détaillés signalés. Il est à noter enfin que ces relations s’entendent dans les deux sens (exemple : partie pour le tout ; le tout pour la partie) ; la métonymie étant une figure réversible.

La partie pour le tout ou synecdoque[modifier | modifier le code]

Article détaillé : synecdoque.

La synecdoque est une figure de substitution particulière consistant à utiliser la partie pour le tout (ou le tout pour la partie) ; le genre pour l’espèce (ou l’espèce pour le genre) ; etc. On dit qu’il existe une relation synecdochique entre les deux réalités, les deux termes. On parle également de pars pro toto, du latin qui signifie littéralement « partie pour le tout ».

Dans les exemples suivants : « Il découvrit de nouveaux visages » (pour « des personnes nouvelles ») ; « un troupeau de plusieurs centaines de têtes » (pour « de bêtes »), « faire de la voile » (pour « du bateau à voile ») ou encore « un trois mâts » (pour « un voilier possédant trois mâts ») une partie d’un objet désigne celui-ci dans sa totalité.

Pour Dumarsais : « La Synecdoque est donc une espèce de métonymie, par laquelle on donne une signification particulière à un mot (qui dans le sens propre a une signification plus générale ou plus particulière). En un mot, dans la métonymie, je prends un nom pour un autre, au lieu que dans la synecdoque, je prends le plus pour le moins, ou le moins pour le plus » (Des tropes’', II, La synecdoque).

Rimbaud use de nombreuses synecdoques, figure de la modernité[10].


  • Un toit (= une maison)
  • Le téléphone rouge entre Moscou et Washington (= les relations entre les deux puissances)
  • Le pupitre des cordes (= l’ensemble des musiciens de l’orchestre jouant d’un instrument à cordes, et lisant pour cela une partition posée sur un pupitre)
  • Une caméra cachée (= l’émission de télévision utilisant plusieurs caméras pour piéger un sujet)

Les tableaux de René Magritte présentent souvent des métonymies[11]. Dans La Belle saison les feuilles sont une métonymie pour les arbres par exemple.

L’espèce pour l’individu, ou antonomase[modifier | modifier le code]

Variante littéraire de la métonymie, l’antonomase désigne un individu par l’espèce à laquelle il appartient (un homme par sa nationalité par exemple), ou bien désigne le nom d’un individu par celui d’un autre individu appartenant à la même espèce ou à la même classe, en littérature : au même type.

C’est ainsi que des personnages littéraires et romanesques en sont devenus à désigner des types de la vie de tous les jours : un « harpagon » pour une personne avare, un « gavroche » pour un enfant rebelle, un « tartuffe » pour un religieux hypocrite etc. La minuscule signale d’ailleurs le changement de classe grammaticale : le terme est passé de patronyme à celui de substantif (on dit de nos jours : « un tartuffe », sans majuscule).

le tartuffe de Molière

L’auteur pour l’œuvre[modifier | modifier le code]

Cette catégorie inclut également la relation entre le nom d’une divinité pour le domaine moral ou symbolique ; la métonymie est souvent ainsi au fondement de l’allégorie :

  • Vénus pour l’amour
  • Un zeppelin pour un dirigeable (du nom de l’inventeur F.Von Zeppelin)

On parle alors d’éponyme lorsque le nom propre donne naissance à un nom générique : Adolphe Sax donne son nom au « saxophone » et le Marquis de Sade au « sadisme ».

Le nom d’un artiste ou d’un écrivain peut aussi désigner son style ou son œuvre :

  • « Je ne me lasserai jamais de lire un Zola ou un Maupassant » (= le nom de l’auteur pour son œuvre)
  • « Ça a l’air d’un Rubens ! »

Cette figure peut donner des phrases curieuses, comme dans l’exemple classique en sémantique :

  • Platon (ou : George Sand, etc.) est sur l’étagère de gauche (comprendre bien entendu : les œuvres de [Platon...] et non l’auteur lui-même).
  • « Le Netter est sur mon bureau » (on parle ici de l’atlas d’anatomie humaine de Frank H. Netter, un classique pour apprendre l’anatomie en médecine).

La conséquence pour la cause ou métalepse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : métalepse.

C'est une sorte de litote de politesse, même si la notion est sujette à divers sens.

  • « Il a perdu sa langue » (pour « il a perdu la parole »)
  • « D’une plume éloquente » (pour « un style éloquent »)
  • « Boire la mort » (pour « boire un breuvage empoisonné »)

Le singulier pour le pluriel[modifier | modifier le code]

  • « L’émancipation de la femme »

Le signe pour la chose[modifier | modifier le code]

Jérôme Bosch : métonymie du chevalier et de la religieuse, détail

La métonymie dans cet emploi est créatrice de symboles :

  • « La faucille et le marteau » (= le communisme)
  • « Le trône »
  • « le sceptre »
  • « la couronne » (= le pouvoir royal)
  • « une vieille barbe » (= une personne âgée)

Le physique pour le moral[modifier | modifier le code]

  • « Avoir peu de cervelle » (pour « peu d'intelligence »)

L’objet propre pour la personne[modifier | modifier le code]

  • « Deux perruques » (= « deux hommes portant des perruques »)

Le contenant pour le contenu[modifier | modifier le code]

  • Boire un verre (= le récipient pour le liquide)
  • Manquer de tête (= l’intelligence pour la partie du corps qui lui correspond)
  • Avoir du cœur (= une qualité morale est désignée par la partie du corps censée en être le siège)
  • À l’entrée des joueurs, tout le stade s’est levé
  • La direction (= les directeurs, le directeur et ses collaborateurs)
  • Je n'ai plus de batterie (= l'énergie que la pile accumule)

De nombreux plats gastronomiques tirent ainsi leur nom de l’ustensile traditionnellement utilisés pour les préparer : tajine, paella etc.

L’instrument pour l’agent[modifier | modifier le code]

  • Mon père est un bon fusil et une sacrée fourchette !
  • Alors le premier violon de l’orchestre attaqua son solo.
  • Le gouvernement présente son projet.

Le lieu d’origine pour le produit[modifier | modifier le code]

Cette métonymie concerne surtout certains produits : « le bourgogne » (avec une minuscule) pour le vin produit dans la région Bourgogne.

  • « acheter un cantal » (on utilise le nom du lieu pour désigner la chose qu’on y fabrique) ;
  • « Londres adresse une protestation » (= le nom de la ville pour le gouvernement qui y siège) ;
  • « le quai d’Orsay » (= le ministère des Affaires étrangères en France)
  • « l’Élysée » (= la Présidence de la République française) ;
  • « Bercy » (= le ministère de l’Économie et des Finances en France) ;
  • « la rue de Valois » (= le ministère de la Culture et de la Communication en France) ;
  • « la place Beauvau » (= le ministère de l’Intérieur en France) ;
  • « la Maison Blanche » (= la présidence des États-Unis) ;
  • « Langley » (= le siège de la C.I.A. en Virginie aux États-Unis ) ;
  • « 10, Downing Street » (= le siège des services du Premier ministre du Royaume-Uni) ;
  • « Matignon » (= pour le siège des services du Premier ministre français) ;
  • « 16, rue de la Loi » (= pour le siège des services du Premier ministre belge) ;
  • « Le Pentagone » (= Désigne le quartier général du département de la défense des États Unis).

La matière pour l’objet[modifier | modifier le code]

Métonymie très populaire et très employée, où l’on remplace alors l’objet par la matière le composant : un contenant à liquide est un « verre » alors qu’il existe d’autres matières pour contenir un liquide ; ici on se focalise sur la silice.

Le « papier » d’un journaliste désigne l’article, écrit sur une « feuille de papier ». Tout comme dans « néon » pour « tube de néon »[12]ou « halogène » pour « lampes à halogène », ou encore « micro-ondes » pour « four à micro-ondes », il s’agit bien souvent d’une ellipse de la première partie de la phrase.

  • « Contempler un bronze de Rodin » ;
  • « nettoyer les cuivres de la maison » ;
  • « par ce temps-là, mieux vaut mettre une petite laine ».

Hiérarchie des métonymies[modifier | modifier le code]

La métonymie peut s’appuyer sur un réseau sémiotique et sémantique complexe, une arborescence des relations entre les mots. Par exemple, l’expression boire un liquide (catégorie sémantiquement large) peut se décliner en :

  • Boire du vin
  • Boire une bonne bouteille
  • Boire du bourgogne
  • Boire du rouge
  • Boire du 11 °
  • Boire du picrate
  • etc.

En conclusion, et suivant la théorie de D. Fass[réf. nécessaire] : les métonymies élaborent un sens complexe, et ne sont pas seulement des sortes de raccourcis linguistiques et référentiels.

Dans le cadre des réseaux sémantiques, François Rastier fait remarquer que les métonymies, contrairement aux synecdoques, « ne mettent pas en jeu des liens hiérarchiques (comme est-un ou sorte-de) au sein d’un même graphe, mais des liens non-hiérarchiques entre des graphes au sein d’un hyper-réseau »[13]. Il s’agit plutôt de liens casuels et de contiguïtés, comme celle de client / nourriture dans l’exemple d’école mentionné par Jackendoff : l’omelette est parti(e) sans payer (= le client qui avait commandé une omelette).

Figures proches[modifier | modifier le code]

Figure mère Figure fille
trope synecdoque et antonomase
Antonyme Paronyme Synonyme
Méronymie, Synecdoque et métonymie synecdoque (partie pour le tout et inversement), antonomase (individu pour l’espèce et inversement)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Définition : Métonymie n. f. », sur www.lettres.org (consulté le 25 avril 2010)
  2. in Ducrot et Todorov, Dictionnaire encyclopédique des sciences du langage, Paris, Seuil, 1972, page 354
  3. « Métonymie et métaphore : parcours partagés dans l’espace de la communication de Michele Prandi », sur Semen (consulté le 25 avril 2010)
  4. Patrick Bacry, Les figures de style, pages 86-87
  5. « Glossaire sur la métonymie dans l’œuvre de J.Lacan », sur www.lutecium.org (consulté le 25 avril 2010)
  6. Rhétorique de la poésie, Seuil, 1990, p.53-54
  7. Sémiotique et philosophie du langage, 1988, PUF, p. 177
  8. Métonymie et métaphore, Académie Royale de Belgique, 1984, p.9
  9. « étude complète », sur www.info-metaphore.com (consulté le 25 avril 2010)
  10. « la synecdoque chez Rimbaud », sur Lettres.org (consulté le 25 avril 2010)
  11. « Quelques figures de rhétorique », sur lucmonnin.net (consulté le 25 avril 2010)
  12. Il s'agit, en fait, d'une double métonymie, car le gaz contenu dans ces tubes n'est pas du néon. Celui-ci donnerait à l'éclairage une couleur rouge-orangée et non pas diverses nuances de blanc, selon le type de tube.
  13. François Rastier, Sémantique et recherches cognitives’', PUF, 2001 (2e éd.)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marc Bonhomme, Linguistique de la métonymie, Peter Lang, 1987
  • Fass, D. (1997), Volume 1 : Processing Metonymy and Metaphor, London, Ablex Publishing Corporation.

Bibliographie des figures de style[modifier | modifier le code]

  • Quintilien (trad. Jean Cousin), De L’institution oratoire, t. I, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Budé Série Latine »,‎ 1989, 392 p. (ISBN 2-2510-1202-8).
  • Antoine Fouquelin, La Rhétorique françoise, Paris, A. Wechel,‎ 1557 (ASIN B001C9C7IQ).
  • César Chesneau Dumarsais, Des tropes ou Des différents sens dans lesquels on peut prendre un même mot dans une même langue, Impr. de Delalain,‎ 1816, 362 p. (ASIN B001CAQJ52)
    Nouvelle édition augmentée de la Construction oratoire, par l’abbé Batteux. Disponible en ligne.
  • Pierre Fontanier, Les Figures du discours, Paris, Flammarion,‎ 1977 (ISBN 2-0808-1015-4, lire en ligne).
  • Patrick Bacry, Les Figures de style et autres procédés stylistiques, Paris, Belin, coll. « Collection Sujets »,‎ 1992, 335 p. (ISBN 2-7011-1393-8).
  • Bernard Dupriez, Gradus, les procédés littéraires, Paris, 10/18, coll. « Domaine français »,‎ 2003, 540 p. (ISBN 2-2640-3709-1).
  • Catherine Fromilhague, Les Figures de style, Paris, Armand Colin, coll. « 128 Lettres »,‎ 2010 (1re éd. Nathan, 1995), 128 p. (ISBN 978-2-2003-5236-3).
  • Georges Molinié et Michèle Aquien, Dictionnaire de rhétorique et de poétique, Paris, LGF - Livre de Poche, coll. « Encyclopédies d’aujourd’hui »,‎ 1996, 350 p. (ISBN 2-2531-3017-6).
  • Henri Morier, Dictionnaire de poétique et de rhétorique, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Grands Dictionnaires »,‎ 1998 (ISBN 2-1304-9310-6).
  • Michel Pougeoise, Dictionnaire de rhétorique, Paris, Armand Colin,‎ 2001, 16 cm × 24 cm, 228 p. (ISBN 978-2-2002-5239-7).
  • Olivier Reboul, Introduction à la rhétorique, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Premier cycle »,‎ 1991, 15 cm × 22 cm, 256 p. (ISBN 2-1304-3917-9).
  • Hendrik Van Gorp, Dirk Delabastita, Georges Legros, Rainier Grutman et al., Dictionnaire des termes littéraires, Paris, Honoré Champion,‎ 2005, 533 p. (ISBN 978-2-7453-1325-6).
  • Groupe µ, Rhétorique générale, Paris, Larousse, coll. « Langue et langage »,‎ 1970.
  • Nicole Ricalens-Pourchot, Dictionnaire des figures de style, Paris, Armand Colin,‎ 2003, 218 p. (ISBN 2-200-26457-7).
  • Michel Jarrety (dir.), Lexique des termes littéraires, Paris, Le Livre de poche,‎ 2010, 475 p. (ISBN 978-2-253-06745-0).

Liens externes[modifier | modifier le code]