Audiovisuel

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L'audiovisuel désigne à la fois le matériel, les techniques, méthodes d'information, de communication ou d'enseignement associant le son et l'image.

Historique[modifier | modifier le code]

L'histoire de l'audiovisuel se confond avec l'histoire du cinéma, de la prise de son et de la télévision. Il semble que la première définition du terme s'appliquait à «tout ce qui n'était pas livre ou, de façon encore plus pragmatique, tout document qui nécessite un appareil de lecture »[1].

Aujourd'hui, une œuvre audiovisuelle est définie par son contenu (programme télévisé, documentaire, vidéoclip, etc.) ou par la réglementation en vigueur dans un pays. En France, c'est le Conseil supérieur de l'audiovisuel qui est chargé de contrôler les activités liées à ce secteur.

L'audiovisuel et les historiens[modifier | modifier le code]

L'audiovisuel peut constituer une source pour les historiens. Des spécialistes de l'époque contemporaine comme Marc Ferro ou Pierre Sorlin ont exploité des œuvres cinématographiques pour une partie de leurs travaux.

L'audiovisuel pour les autorités[modifier | modifier le code]

La possibilité d'enregistrer des images et du son a naturellement attiré l'attention des autorités militaires. À partir de la fin du XIXe siècle, l'audiovisuel sert à la fois pour les opérations de renseignement militaire et pour la propagande. La Section cinématographique de l'armée (SCA) est créée en 1915.

L'audiovisuel pour l'éducation[modifier | modifier le code]

En France, les techniques audiovisuelles ont été utilisées très tôt dans les établissements scolaires comme soutien pédagogique. Dans les années 1950, le ministère de l'éducation nationale lance des expériences pilotes de « collèges audiovisuels », notamment à Saint-Cloud et à Marly-le-Roi.

À partir des années 1960, la télévision scolaire commence à faire son apparition dans les salles de classe, avec des programmes pédagogiques spécialement réalisés par le Centre national de documentation pédagogique (CNDP) pour l'occasion : émissions à thèmes historiques, documentaires de sciences naturelles, etc.

Des enseignants et des professionnels du cinéma et de la télévision participent à ces initiatives, comme les philosophes Alain Badiou et Raymond Aron en 1965 ou les sociologues Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron en 1967, ainsi qu'Éric Rohmer, Nestor Almendros et d'autres[2]. Un dispositif national est actif pour les scolaires: école et cinéma, collège et cinéma et lycée et cinéma.

Il est possible de passer au BEPC et au Baccalauréat une option « Audiovisuel ».

L'audiovisuel pour l'art[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960 - 1970, des groupes de plasticiens collaborant avec des musiciens produisaient des light-show. Il s'agissait de projections de diapositives (slides) sur lesquelles les artistes, en temps réel et en musique, produisaient des effets de couleurs et de formes. Ces groupes se sont manifestés notamment à Paris au Musée d'art moderne de la ville de Paris. L'artiste Fred Forest, pionnier de l'art vidéo, propose dès 1965 le « Tableau-écran », qui est une peinture de grande dimension destinée à recevoir des projections de slides et de films[3].

Il généralisera le procédé après avoir déposé un brevet, et le présentera plus tard au 2e Salon de l'audiovisuel à la porte de Versailles avec Luc Ferrari, musicien de musique contemporaine[4]. Fred Forest perfectionnera le procédé lors d'une exposition à la Galerie Paul Facchetti en utilisant un ordinateur et en substituant au nom de « Tableau-écran » celui de « Cybervision ». Le choix de ce nom constitue manifestement à cette époque une anticipation visionnaire pour ce que nous vivons aujourd'hui. C'était, par ailleurs, la première fois qu'un ordinateur était introduit dans une galerie parisienne pour produire de l'art.

Toujours avec Luc Ferrari et Pierre Lafleur, Fred Forest avait réalisé une œuvre en Cybervision pour l’Exposition universelle de 1970 à Osaka[5].

Les activités liées à l'audiovisuel[modifier | modifier le code]

L'audiovisuel représente un vaste secteur qui comporte un ensemble d'activités formant une chaîne de valeur externe (car elle ne se situe pas dans la même entreprise). Un ensemble d'activités peut aussi être désigné comme une filière ou comme un système d'activités, car celles-ci sont liées entre elles.

Le terme Paysage audiovisuel français désigne ce système, composé notamment des chaînes de télévision, des producteurs de contenus audiovisuels, des nombreuses entreprises qui sont liées à ces deux étapes principales pour amener au téléspectateur ou à l'internaute les contenus audiovisuels[6], enfin des autorités publiques qui le régulent (fixent les règles de son fonctionnement et de son financement) voire le subventionnent.

Les chaînes de télévision, également appelées diffuseurs ou éditeurs de services de télévision[7], intègrent dans leurs programmes des produits dits « de stock » et des produits dits « de flux ». Une très large partie de la production des contenus qui sont diffusés par les chaînes de télévision est externalisée (c'est-à-dire relève de producteurs audiovisuels indépendants.

Le flux télévisuel est doublement composé d'un flux d'images et d'un flux sonore. On peut s'interroger de savoir si la musique enregistrée ou captée pour la télévision relève du système audiovisuel. Stricto sensu, cela peut être le cas puisque le terme même « audio-visuel » renvoie au sonore et à l'image. De plus, il n'est pas rare que le producteur audiovisuel réalise directement l'enregistrement de la musique qu'il utilise dans une œuvre audiovisuelle qu'il produit.

Techniquement, l'incorporation de musique dans le contenu audiovisuel (que ce soit un film ou téléfilm, un documentaire voire un spot publicitaire) se fait par le mixage : tout son est mixé et synchronisé avec l'image et les autres éléments du contenu[8]. Cependant, il est préférable de considérer que les œuvres musicales qui sont incorporées dans l'audiovisuel renvoient à un système d'activités autonome de l'audiovisuel (dont les acteurs clés sont les auteurs-compositeurs, les artistes interprètes, les éditeurs de musique, les producteurs phonographiques). Les interactions sont fortes entre les deux systèmes ; elles sont régies par des règles (droits de la propriété intellectuelle, contrats de travail pour les interprètes etc.) et donnent lieu à rémunération[9].

D'une manière générale, il convient de considérer qu'une œuvre audiovisuelle est une œuvre de collaboration, car elle a plusieurs auteurs (auteur du texte, scénario ou script, réalisateur et compositeur de musique) ayants droit. On peut également considérer l’œuvre audiovisuelle comme un contenu audiovisuel, en référence directe à la notion d'industries de contenus (immatériels)[10].

Cette notion permet de rendre compte des différentes logiques de production qui sont en présence (même si elle s'inscrit dans un format :

« Les contenus audiovisuels sont produits à l’unité, de manière quasi-artisanale, même si l’on fait aussi appel à des technologies numériques sophistiquées (image animée, image de synthèse, etc.) (...) nécessite de réunir un ensemble de ressources (dont des ressources créatives et artistiques) pour obtenir une unité produite. Cette phase supporte donc directement un ensemble de coûts fixes peu substituables (...) En revanche, c’est la diffusion télévisuelle de masse (lorsqu’elle peut toucher de larges audiences) qui présentera les caractéristiques d’une activité s’inscrivant dans la loi des économies d’échelle[11] »

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Formations aux métiers de l'audiovisuel[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Formation audiovisuelle.

Les formations aux métiers de l'audiovisuel englobent tant les métiers techniques de l'image et du son ainsi que des métiers artistiques qui y sont spécifiquement liés (sound designer par exemple) mais aussi de nombreux métiers que l'on peut qualifier de gestion et de management comme producteur audiovisuel.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Isabelle Giannattasio Mazeaud, De l'audiovisuel aux multimédias, Département de la Phonothèque et de l'Audiovisuel, Bibliothèque nationale de France.
  2. Voir l'exposition Pour une histoire de l’audiovisuel éducatif (1950-2007) organisée par le Centre national de documentation pédagogique (CNDP) et la Bibliothèque nationale de France en novembre 2007.
  3. Tableau écran de Fred Forest
  4. Photographie nouvelle, n° 48, mars 1971 p.50.
  5. œuvre de Fred Forest en Cybervision pour la Foire universelle d'Osaka.
  6. Pierre-Jean Benghozi, Jean-Charles Paracuellos (dir.), La télévision à l’ère numérique, Paris, La documentation française, 2011.
  7. Cf. CSA, Deux années d’application de la réglementation de 2010 relative à la contribution des éditeurs de services de télévision au développement de la production audiovisuelle, rapport 2013.
  8. Mario d'Angelo, La musique dans le flux télévisuel, Paris, Observatoire musical français-Paris Sorbonne, 2014, p. 28-32.
  9. Cf. Mario d'Angelo, op. cit., p. 67-75
  10. Bernard Miège, Les industries du contenu face à l'ordre informationnel, Grenoble, PUG, 2000.
  11. Mario d'Angelo, op. cit., p. 52-53 et p.61

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) (de) Observatoire européen de l'audiovisuel, L’avenir des aides d’Etat pour l’audiovisuel, Strasbourg, Les Éditions du Conseil de l'Europe,‎ 2012, 45 p. (ISBN 9789287173782)
    Vers une nouvelle communication sur le cinéma, étude de l'Observatoire européen de l'audiovisuel sur l’importance économique des aides d’Etat au cinéma ;
  • Pierre-Jean Benghozi, Jean-Charles Paracuellos (dir.), La télévision à l’ère numérique, Paris, La documentation française, 2011 ;
  • Mario d'Angelo, La musique dans le flux télévisuel, Paris, OMF-Paris Sorbonne, 2014 ;
  • Jean-Louis Missika, La fin de la télévision, Paris, La République des idées, 2006 ;
  • François Jost, « Un continent perdu. Le son à la télévision », dans Dominique Nasta et Didier Huvelle (dir.), Le son en perspective : nouvelles recherches, Bruxelles, Peter Lang, 2004 ;
  • Rick Altman, « Television and Sound », dans Tania Modleski (dir.), Studies in Entertainment: Critical Approaches to Mass Culture, Bloomington, Indiana University Press, 1986, p. 39-54. Disponible sur http://journal. sonicstudies.org/vol03/nr01/a01 ;
  • CNC, L’économie de la télévision (2003-2012), novembre 2013 ;

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]